Comprendre sa maladie

 

LE CANCER


Ce premier chapitre reprendra de façon synthétique les multiples notions déjà vues dans la première partie. Il se justifie par deux raisons intimement liées : le concept même de cancer dérive d'un abus langagier et de spéculations purement intellectuelles ; il répand une inquiétude aux fondements erronés mais qui en font un des grands "démons" de la mythologie médicale. Les lois biologiques permettent de remettre de l'ordre dans tout le fatras diagnostique en usage et de faire renaître l'espoir là où règnent la panique et l'aveuglement.

Reconsidérons d'abord les grands thèmes de la cancérologie officielle. Le critère ultime de distinction entre les tumeurs dites bénignes et celles dites malignes (les cancers) ne repose pas sur l'observation simple des organes, que celle-ci soit faite à l'œil nu ou par des examens d'imagerie, ou la palpation. Cette observation servira à la rigueur à parler de métastases quand on verra des images anormales à la scintigraphie osseuse, aux radiographies, scanners etc. Le critère réside dans l'étude anatomopathologique, c. à d. dans l'observation au microscope des anomalies cellulaires du tissu prélevé par biopsie et plus encore sur la pièce opératoire enlevée. Or cet examen est centré sur les organites internes de reproduction de ces cellules ; le fameux verdict entre bénin et malin tient au degré d'activité de ce système reproducteur et se veut binaire c'est blanc ou noir, mais sans toutes les nuances de gris ! Pour prendre une métaphore, c'est comme si l'on changeait complètement d'identité suivant que l'on se promène ou que l'on court parce qu'on ne prend en considération que les paramètres d'activité musculaire, de sueur, de rythme cardiaque et de tension artérielle dans ces deux cas extrêmes ; et cela sans tenir compte de toutes les variations possibles dans la vitesse du déplacement... et de la motivation de cette vitesse. La barre est fixée suivant des choix statistiques et les inévitables cas ne pouvant être rangés dans un des deux camps seront récupérés par des concepts de "dysplasie", de lésions "précancéreuses" etc.

Mais les faits démentent le discours prédictif d'après lequel ces cellules, simplement en plus grande activité de reproduction, ne peuvent que "concourir" au développement continuel de la tumeur… à moins d'un exorcisme thérapeutique par opération, radiothérapie ou chimiothérapie. Ainsi les tumeurs qui cessent de croître et deviennent stables ; celles qui régressent en durcissant et se délimitant davantage ; ou même celles qui disparaissent, souvent par infection. Le parcours dans le labyrinthe de la cancérologie expérimentale réserve aussi des surprises, comme la greffe de cellules microscopiquement cancéreuses qui redeviennent normales après leur injection à un animal au stade embryonnaire ; expérience aussi cruciale que méconnue, qui démontre l'influence de l'environnement sur ces cellules considérées comme incontrôlables et anarchiques.

Le concept de métastase est aussi plutôt littéraire que vraiment scientifique (c. à d. basé sur l'observation complète et répétitive des faits) : comment une seule cellule cancéreuse peut-elle jouer au saumon dans la circulation (ce qui n'a jamais été découvert), échapper aux armées d'anticorps, d'interférons, de macrophages et autres cellules tueuses (dixit le discours de l'immunologie) pour finir par imposer sa loi dans un organe sain et y fonder famille ? Naissance qui ne sera parfois tragiquement célébrée que cinq ou dix ans après. Mais plus magique encore : comment peut-elle changer de nature suivant l'organe qu'elle envahit quand on sait que chaque tissu fait toujours sa propre métamorphose ? Ici le critère anatomopathologique se met en contradiction : quand on prétend que les cellules d'un adénocarcinome du sein a essaimé dans une vertèbre, on ne trouve pas d'adénocarcinome dans l'os mais seulement une destruction (lyse osseuse). De même, les taches rondes au poumon sont toujours de la nature d'un adénocarcinome ; comment peuvent-elles être les métastases d'une tumeur qui a la nature d'un épithélioma ?

Les commentaires qui précèdent apparaîtront peut-être revêches à plus d'un lecteur mais il faut bien que tout patient, potentiel ou déjà pris en charge, puisse garder son esprit critique devant des affirmations dogmatiques et truffées d'exceptions et d'incohérences. A défaut de savoir débusquer les contradictions et l'inefficacité de certains discours "professionnels", on peut au moins voir des réalités bien plus évidentes. Ainsi un diagnostic de métastase osseuse d'un cancer du sein repose essentiellement sur la constatation que beaucoup de femmes, après l'ablation du sein, développent des lésions osseuses ; d'où la conclusion que ce cancer métastase avec prédilection dans les os. Mais au-delà de cette assertion prématurée et gratuite, la prise en compte de l'ensemble des faits est autrement concluante : toutes les femmes - et loin de là - ne font pas d'atteinte osseuse, alors pourquoi l'une et pas l'autre ? Pourquoi les mêmes atteintes osseuses sans cancer du sein ou sans aucun autre cancer ? Pourquoi parfois des métastases dans d'autres organes que les os ?

Ces questions nous ramènent aux lois biologiques et en premier lieu à la loi d'airain du cancer. Quel est le ressenti d'une femme qui n'a plus son sein, ou chez qui on l'a déformé ? Ou qui a été dramatiquement perturbée d'apprendre qu'elle a un cancer à cet endroit de son corps, avec tout ce que cela implique pour elle ? Quel genre de conflit trouve-t-on toujours à l'origine des atteintes osseuses ? Les réponses ici ne s'appuient pas sur des "statistiques à exceptions" mais sur des relations constantes entre maladies et conflits.

La description tissulaire des tumeurs est d'une très grande complexité mais le phénomène de prolifération est d'une grande simplicité : il correspond à l'un des deux cas de figure énoncés dans la troisième loi biologique. Rappelons encore une fois qu'une tumeur est, soit une prolifération en première phase (conflictuelle) d'un tissu dérivant de l'endoderme ou d'une partie du mésoderme soit une prolifération à visée réparatrice en deuxième phase, d'un tissu dérivant de l'ectoderme ou de l'autre partie du mésoderme. Ajoutons en passant que ce qu'on appelle kyste est une prolifération de deuxième phase dans les organes qui n'ont pas de capsule propre. La différence fondamentale entre les tumeurs n'est donc pas d'ordre microscopique et ne se ramène pas à la classification binaire entre bénin et malin (et toutes les sous-classes de chaque catégorie, comme par exemple kyste bénin ou kyste malin). Les différences à considérer sont autres : la différence de nature et de signification tient à la présence de la tumeur dans une des deux phases (en même temps que son appartenance embryologique et sa liaison avec une partie du cerveau). La différence du point de vue importance et gravité éventuelle est d'ORDRE QUANTITATIF ET NON QUALITATIF. LA SEULE CHOSE A BIEN COMPRENDRE EST LE SENS DE LA PROLIFERATION ET SON AMPLEUR EN FONCTION DE L'INTENSITE/DUREE DU CONFLIT.

Prenons deux exemples pour illustrer l'universalité de cette réalité. Un petit conflit touchant notre intégrité donnera une petite prolifération sous-cutanée qui sera déblayée en deuxième phase par le travail microbien : diagnostic bénin, et même anodin, de furoncle. Le même conflit mais infiniment plus dramatique donnera le même processus de prolifération mais beaucoup plus rapide et important : diagnostic malin de mélanome et qui peut effectivement avoir une taille imposante comme celle d'une orange ou d'une tête humaine! Entre les deux : toutes les nuances sont possibles, tel l'acné où les petits conflits se répètent pendant souvent des années jusqu'à l'époque où l'adolescent aura trouvé les ressources nécessaires pour mettre un terme à son ressenti douloureux.

Un petit conflit de dévalorisation mais touchant des cordes plus profondes provoquera une petite décalcification osseuse qui sera réparée par une prolifération appelée exostose, ostéophyte ou plus communément bec de perroquet : diagnostic bénin d'arthrose, avec déjà tant de variations d'une personne à l'autre. Le même conflit beaucoup plus intense et la tumeur de réparation sera diagnostiquée d'ostéosarcome : un grave cancer de l'os et métastasant.

La vie d'un organisme et la multitude de ses mouvements (intracellulaires, cellulaires, organiques etc.) ne sont pas réductibles par des catégories simplistes destinées à combler les carences dans la compréhension de leurs diversités et à créer statistiquement des solutions de continuité qui n'existent pas. Le seul hiatus existant réellement est le dérapage du psychisme lors du DHS et qui déclenche la mise en route du programme de modification cellulaire ; programme réversible si le conflit se résoud. Et l'échelle énorme de variations que l'on constate dans les pathologies - en l'occurrence tumorales puisque l'on parle de cancers, mais valables pour toutes les affections - peut s'expliquer et se vérifier en gardant toujours à l'esprit l'interrelation constante de la triade psychisme-cerveau-organes.