L'avenue qui part du baobab et conduit vers le
carrefour dit BONNET, porte encore maintenant le nom d'avenue de France,
puis la portion qui conduit à l'Hôtel de ville s'appelle avenue
de Mahabibo.
Elle partage le Centre Ville en deux blocs qui regroupent
les banques, la gendarmerie, les compagnies d'assurances, les maisons de
commerce en gros et en détail, etc... et le BAZAR BE, le grand marché
du centre ville.
Près du Baobab, au commencement de l'Avenue de
France, à droite, s'élève un vieux tombeau, de forme
carrée et basse, celui des 2 frères d'Amode Ibrahim Khoja,
décédés l'un vers 1891, l'autre vers 1893. A cette
époque, les alentours du baobab étaient une terre de repos
pour les défunts. La résidence du chef de province fut construite
sur le terrain du cimetière sakalava dont on exhuma les tombes et
transféra les défunts sur le Plateau des Tombes.
En 1968, il fallut une nouvelle fois exhumer les corps
en vue de la construction de la cité de la SOTEMA, prévue
pour les futurs cadres de l'usine textile.
La Présidence du CHEF de PROVINCE a été
construite en 1901 et inaugurée en 1902. Les plans sont de l'architecte
principal Jully, chef du Service des Bâtiments civils de l'Ile, durant
le commandement du général Galliéni.
Derrière la résidence, la Rue Pasteur monte
en faisant deux tournants vers l'entrée du camp militaire ROCHERON
et vers l'hôpital principal, tous deux implantés sur le Plateau
de la Pointe du Caïman, comme formant le corps du caïman. Durant
la royauté Sakalava ce plateau n'était pas habité
mais couvert de manguiers. C'est après la défaite des Sakalava,
en 1824, que RADAMA Ier occupa le plateau et en fit un camp militaire,
le ROVA, entouré de palissades et l'un fossé large et profond.
Au bout de la descente de la Rue Pasteur, le groupe scolaire
Charles Renel étale son long bâtiment avec préau et
étage, auquel a été ajouté un autre bâtiment
de classes. Charles Renel a été Directeur de l'Enseignement
au temps de Victor Augagneur en 1906. Il est connu comme écrivain,
avec une dizaine d'ouvrages. Il s'est intéressé aux coutumes
malgaches dont témoigne son livre "La coutume des ancêtres"
paru en 1913.
Derrière le groupe scolaire Charles Renel, désormais
enfermé dans un enclos, se trouve le plus vieux cimetière
de la ville. On y compte plus d'une centaine de tombes. C'est le cimetière
bohra. Les plus anciennes inscriptions portent la date de 1769.
L'avenue de France, une fois passée Charles RENEL,
coupe une rue historique, la rue du ROUM. A droite, elle rejoint le Quai
aux boutres et le vieux Mahajanga. A gauche, elle monte vers le Plateau
du gouverneur, le ROVA et aboutit à une porte d'entrée en
pierres de taille, érigée au temps de la reine Ranavalona
Ière qui régna de 1828 à 1861. C'est elle
qui organisa les camps militaires Merina dans le BOENY.
Au siècle dernier, les commandants des navires
étrangers se faisaient un devoir d'aller faire une visite de courtoisie
au gouverneur Merina du BOENY, et empruntaient la rue du ROVA, tantôt
à pied, tantôt en FILANJANA. Certains nous ont laissé
une description détaillée de leur visite du ROVA, de l'état
du camp au temps des fortifications, des canons, du village, des soldats
et du palais du gouverneur.
L'avenue de France longe ensuite une ancienne caserne
de gendarmes, utilisée actuellement pour logements de familles de
gendarmes. Faisant suite au TRESOR et au TRIBUNAL, se trouve l'état
major de la GENDARMERIE, au camp des manguiers, auquel succède le
camp BOSTANY. Une vieille maison à étages de style colonial
reste le témoin de la présence du corps expéditionnaire
français à Majunga. Ce quartier était le centre d'activités
intenses, en particulier pour la distribution du ravitaillement des troupes
et des convois de charrettes Le Fèbvre partant vers le front.
Le carrefour dit BONNET du nom de l'établissement
tout proche fondé en 1955 mais présent à Madagascar
depuis 1889 est une étoile à cinq branches.
L'avenue, à droite, qui va vers la douane et la
mer, conduit au BAZAR BE, grand marché constitué d'une vaste
charpente métallique construite au temps de Galliéni. L'emplacement
et les environs appartenaient à une dame sud-africaine, Madame Becker
qui, après avoir échappé à un naufrage sur
la côte de SOALALA, était venue à habiter à
Majunga. Elle fut consul d'Angleterre et de France durant le gouvernement
malgache. Elle fut inhumée sur ce terrain, situé entre la
vieille ville et le village Sakalava de Marofototra. Galliéni déposséda
les héritiers de Madame Becker et fit construire le marché
actuel.
Revenons au carrefour BONNET. Nous suivons à gauche,
l'avenue de la Libération. Nous longeons d'abord la Gendarmerie
et une grande maison à étages de style colonial remontant
au temps de la présence des troupes françaises.
En face de cette maison coloniale, la cour des établissements
BONNET possède 2 GROS BAOBABS auxquels on ne prête guère
attention et pourtant l'un d'entre eux a une circonférence de 19,30m.
En continuant sur le trottoir gauche, voici l'Ecole Technique
DON BOSCO, animée et dirigée par les Pères Salésiens.
Les élèves y étudient la mécanique (tournage
des pièces métalliques) et l'électricité (bobinage
de moteurs électriques et montage d'installations électriques).
Le bâtiment en pierre et béton, et le grand atelier, dont
l'initiateur a été Mgr Jean BATIOT, évêque de
Mahajanga de 1947 à 1953, datent de 1951. C'est le Frère
Spiritain Alphonse Quémeneur qui a repris l'úuvre et l'a achevée.
En 1953, les Frères de Saint GABRIEL ont commencé la première
année scolaire. Ce fut la première école technique
de la Province de Mahajanga.
En face de l'entrée de l'Ecole DON BOSCO, l'Hospice
Jeannine Henrion, fille d'un chef de province de Mahajanga, décédée
prématurément a été ouvert en 1947 par le service
social du Consulat de France pour les ressortissants français âgés.
Depuis 1995, il est devenu un centre d'accueil pour enfants.
Après le centre d'accueil pour enfants en difficulté,
ancien hospice Jeannine Henrion, la Maison de la Culture (et des arts révolutionnaires)
a été construite durant la 2ème République
grâce à des fonds nord coréens. On y donne fréquemment
des galas de chants, de musique instrumentale et des réunions diverses.
Un cimetière indien se cache derrière de
hauts murs, pour les défunts indiens qui ne sont pas incinérés.
Le Lycée Philibert TSIRANANA date de 1954. Il a
été construit sur un terrain vague où passaient les
búufs et les chèvres avant l'indépendance de 1960.
Le GYMNASE couvert, construit en 1962, est un centre sportif
très fréquenté surtout pour les matches de basket
et de volley-ball.
Fait suite au gymnase couvert, le stade Alexis Rabemananjara,
lieu de rencontre pour les matches de foot-ball, avec possibilité
de nocturnes.
Après le stade Rabemananjara, l'ancienne Ecole
Montfort, tenue par les Frères de St GABRIEL, a été
cédée à l'administration qui en a fait le service
provincial de la jeunesse et des sports.
L'avenue de la LIBERATION que nous venons de suivre, débouche
sur la grande avenue à 2 voies Philibert TSIRANANA.
Au carrefour BONNET, l'avenue de FRANCE se continue par
l'avenue GALLIENI vers le sud et par l'avenue de Mahabibo vers l'Est.
La Cathédrale catholique apparaît littéralement
sur le côté gauche. La rue qui passe le long de la Salle d'åuvre
catholique à l'arrière de la Cathédrale porte le nom
de l'entrepreneur malgache Jean Baptiste Rakotobe qui a repris les travaux
de construction commencés avant lui et les a menés à
terme.
Les plans de cette cathédrale qui ne s'est guère
démodée, sont de l'architecte français FONTERME de
Tananarive. Cet énorme monument, tout en pierres de Belobaka est
l'úuvre de Mgr Jean Batiot, alors curé d'une modeste paroisse, sise
sur le terrain de l'actuel évêché qui fut la toute
première paroisse de la ville.
C'est en pleine guerre, le 25 Octobre 1942, que la première
pierre fut bénie et posée en présence de quelques
Anglais, dont l'armada avait occupé Mahajanga en septembre 1942.
Le 23 novembre 1947, la première messe fut célébrée
par Mgr Jean Batiot. Puis le 5 septembre 1948, Mr Jean Wolff alors vicaire
apostolique (évêque) de Diego-Suarez, consacra solennellement
la cathédrale. Quelques années après, le 13 Janvier
1953, un violent cyclone décoiffa la toiture en tuiles rouges et
les pluies abondantes endommagèrent l'orgue. Une nouvelle fois,
le 13 Janvier 1976, le cyclone Clotilde détruisit la toiture de
tuiles. Lors de la restauration les tuiles furent remplacées par
des tôles galvanisées. Une nouvelle catastrophe frappa la
cathédrale dans la nuit du 11 au 12 avril 1984. Le cyclone Kamisy,
d'une violence exceptionnelle, enleva le tiers de la toiture de tôles
ainsi que les tuiles rouges de la salle d'úuvre.
L'avenue qui fait face à l'entrée de la
Cathédrale a été dédiée à Mgr
Jean BATIOT qui méritait bien cet honneur pour le bâtiment
bien situé en centre ville. La cathédrale mesure 47,50m sur
22m ; sa nef est de 16m sous plafond et son clocher atteint 42m au sommet
de sa croix.
En prenant l'avenue Jean BATIOT, vers Mahabibo, on longe
le bâtiment de la Croix Rouge, d'abord appelé la GOUTTE de
LAIT, fondée en 1930. Centre de Nivaquine, elle comporte aussi une
garderie d'enfants, les jours ouvrables.
L'HOTEL DE VILLE marque bien le centre ville. Il a été
construit en 1955 par l'entreprise majungaise Chevalier. Il a été
inauguré le 6 Juillet 1956 par le haut commissaire général
André Soucadaux, en présence de M. Henrion, chef de la Province
et de M. Durand, administrateur maire.
Les sculptures en hauts reliefs de la grande porte d'entrée
sont de l'artiste Max Leclerc. En franchissant le seuil, la devise de la
ville est mise en évidence sur le pavage : "HO VELONA FA TSY HO
LEVONA" (Puisse-t-elle être vivante mais pas anéantie). La
devise joue sur deux mots qui font allitération velona (vivant)
et levona (anéanti). On peut remarquer sur le pavage le baobab qui
accompagne la devise ; il est l'emblème de Mahajanga où les
habitants sont nombreux.
Les peintures murales au rez-de-chaussée et dans
la grande salle de réception, à l'étage, ont été
conçues et réalisées par un européen majungais,
M. Gianelli.
Devant l'Hôtel de Ville, dans un enclos rond planté
de fleurs, se dresse le socle qui porte le buste du président Philibert
TSIRANANA, úuvre d'un artiste malgache. Père de l'Indépendance
malgache, acquise en 1960, et fondateur de la Ière République
Malgache, Tsiranana se disait originaire de Mahajanga, malgré ses
origines tsimihety.
En remontant à gauche, la grande avenue à
deux voies, Avenue Ph. Tsiranana, nous trouvons à gauche les trois
bâtiments qui servent de logements aux professeurs des lycées
d'Etat, inaugurés par le Président Ph. Tsiranana en octobre
1962.
A droite, de l'autre côté, la petite Eglise
orthodoxe qui reste entretenue malgré le départ des familles
grecques orthodoxes.
Tout à côté, le Temple et l'Ecole
adventistes - bâtiments de part et d'autre d'une grande cour, appartiennent
à l'Ecole Notre Dame, construite tous deux par le Frère spiritain
Alphonse Quémeneur. Les premières classes primaires ont commencé
en 1954. Au fil des années, les effectifs ont grossi. Ils atteignent
2400 élèves, primaires et secondaires confondus et 80 enseignants
(1995).
Voisin de l'Ecole Notre Dame, le Collège Saint
Gabriel est composé, lui aussi, de deux grands bâtiments :
celui de droit a été construit à partir de 1955 par
le Frère Quémeneur, et celui de gauche par l'entreprise Chevalier.
Le premier bâtiment a été inauguré en octobre
1962 par le Président Ph. Tsiranana, en même temps que le
premier bâtiment de Notre Dame.
L'effectif scolaire du Collège St Gabriel tourne
autour de 2500 élèves pour 80 enseignants (1995).
Une clôture mitoyenne sépare le collège
St Gabriel du Temple Protestant Calviniste appelé ZIONA VAOVAO (La
nouvelle sion), le plus grand temple de la ville. Il a été
construit en 1960.
Dans la même rue qui descend vers le quartier de
Tsaramandroso se trouve en contrebas le Temple Luthérien.
En reprenant le Boulevard Marcoz vers Mahabibo, un panneau
indique l'Eglise Anglicane, devenue en août 1995 siège d'un
évêché.
Plus bas, bien détachés, les deux clochers
d'un temple datant de 1925 et servant maintenant de salle de réunion.
Le bâtiment atteste de sa vétusté.
Nous repartons de l'Hôtel de Ville pour entrer dans
le quartier populaire de Mahabibo.