ITINERAIRES dans la ville de MAJUNGA   
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Généralités sur
MADAGASCAR
La région de
MAHAJANGA
MAHAJANGA et
ses caractéristiques
La ville de
MAHAJANGA
Le peuple
MALAGASY



INTRODUCTION
"Qu'y a-t-il à voir à Mahajanga ?" demandent les touristes. C'est pour eux que ce petit guide a été conçu. Il pourra être utile aussi aux Mahajangais eux-mêmes pour découvrir certaines données historiques concernant leur ville.

Majunga désigne la ville MJI ANGARA en langue antalaotra-arabe qui signifie la Cité des Fleurs (MJI : cité, Angara : fleur).

La ville de Mahajanga est certes très étendue mais on peut se repérer facilement grâce au baobab, qui peut servir de point de départ et aussi grâce à quelques avenues bien tracées qui partagent la ville en quartiers.

Si on se place face à la mer, le dos vers le baobab, on a :

- A droite, la route de la corniche qui monte vers la pointe du caïman et le port Schneider

- A gauche, l'avenue qui conduit à la pointe de sable et au port aux boutres

- Derrière le dos, l'avenue de France, à deux voies, qui part du baobab et partage la ville d'ouest en est vers la RN4 en direction de Tananarive.

LE BAOBAB
Le baobab est l'emblème de la ville. Il constitue une attraction par sa corpulence et sa longévité. Il mesure 21,70m (à 1m du sol) mais n'a pas plus de 10m de hauteur. C'est l'un des plus gros baobab que l'on connaisse à MADAGASCAR. Pendant les premières années de la présence française, après le débarquement du Corps Expéditionnaire en 1895, le baobab mesurait 19m de circonférence et put servir de poteau d'exécution pour les condamnés à mort.

A Mahajanga, un autre baobab, moins connu, se trouve dans la cour des établissements BONNET. Il n'en mesure pas moins 19,30m de circonférence.

La longévité de ces arbres est difficile à déterminer. Le nom même de baobab, d'origine sénégalaise, signifie "arbre de 1000 ans". Selon une mission de botanistes qui a examiné notre baobab en 1938, il aurait plusieurs centaines d'années d'existence. Qui donc a planté la graine ? D'où venait la graine ? A quelle occasion a-t-on décidé d'avoir un baobab à cet endroit ?

Questions sans réponses.


ITINERAIRE I
DU BAOBAB vers la POINTE DU CAÏMAN, Boulevard MARCOZ,
TSARAMANDROSO MAHABIBO.
Proche du baobab s'élève la résidence du chef de province, réalisée en 1901-1902, dont les plans sont de Jully, architecte des bâtiments administratifs. Elle fut construite à l'emplacement d'un cimetière sakalava.

Un peu plus loin, sur la droite, un grand bâtiment à étages, anciennement école de l'Aga-Khan, est devenu un centre de la CNAPS (Caisse Nationale de Prévoyance Sociale).

En remontant la corniche qui porte le nom de BOULEVARD MARCOZ, s'étalent, à flanc de colline, des villas résidentielles qui ont vue sur la baie de Bombetoka et sur la mer.

La PISCINE est logée dans les roches.

Le JARDIN DAMOUR dont on a fait romantiquement le JARDIN D'AMOUR, comporte des terrasses étagées, délimitées par des colonnettes et surplombant la mer.

Le jardin fait partie de la POINTE du CAÏMAN qui porte aussi le nom d'Anorombato. La tête du caïman est constituée par le surplomb au-dessus de la mer et le corps s'étire vers l'actuel hôpital principal et le camp militaire du ROVA.

A l'emplacement du phare situé sur la hauteur, signalant l'entrée de la baie, se trouvait autrefois un fort militaire de forme arrondie, pour le guet. Il n'en reste rien.

Quelques restaurants offrent à leurs clients une vue reposante sur la baie, le KANTO sur le plateau, les ROCHES ROUGES et le BOINA BEACH sur la corniche.

En poursuivant sur la droite les MONUMENTS aux MORTS de la FRANCE, de la Campagne du Corps Expéditionnaire de 1895, et de la Guerre de 1939-1945. C'est le Général Galliéni, gouverneur général de 1896 à 1905, qui fit ériger ces monuments.

Le Cimetière de la CORNICHE s'ouvre sur le terre-plein. Des soldats de 1895 puis des soldats anglais de la prise de Mahajanga en 1942, y reposent.

Dans le contrebas, l'Ecole Charpente Marine et la digue du Port Schneider. Cette digue avait été commencée vers les années 1930, pour que les navires de haute mer puissent accoster et transborder passagers et marchandises. Les hostilités de 1939 ont interrompu les travaux qui, ensuite, n'ont pas été poursuivis. Actuellement, la digue supporte les conduits qui acheminent les carburants depuis le pétrolier jusqu'aux bassins de stockage.

Le LYCEE TECHNIQUE et INDUSTRIEL qui suit se compose d'un internat, de salles de classe et d'ateliers avec un terrain de sport.

Le dépôt de carburants de la SOLIMA se distingue par d'énormes cuves de stockage, par l'embouteillage de gaz domestique et par un terre-plein couvert de fûts de lubrifiants.

Si l'on tourne à gauche après le terre-plein de la SOLIMA, on prend la route qui conduit au VILLAGE TOURISTIQUE. Construites avant 1970, durant la Ière République, les villas de vacances ou bungalows en dur au nombre de 14 ont été presque totalement abattues par les vents du cyclone Kamisy en avril 1984, et sont maintenant englouties par la mer qui a emporté une partie de la plage.

La plage du village touristique est certes fréquentée par les promeneurs mais n'est pas conseillée aux baigneurs.

Le MOZEA AKIBA (Musée AKIBA) a été aménagé dans le bâtiment qui avait été destiné aux réunions de l'Assemblée Provinciale Populaire au temps de la IIème République. Il a été inauguré en mai 1993. On y trouve exposés des spécimens des richesses géologiques, paléontologiques, plantes, bois, animaux propres à la région de Mahajanga, des articles de l'artisanat local, des photos et un résumé de l'histoire de la ville et de la côte ouest. Pour que ce musée soit plus accessible à la population, il serait souhaitable de le placer en ville.

Revenant du boulevard MARCOZ, au croisement du dépôt de la SOLIMA, nous trouvons le bâtiment de la COUR D'APPEL, à droite de la route, puis le Plateau des Tombes, jadis cimetière Sakalava, aujourd'hui, cité des logements pour le personnel cadre de la COTONA, sur la hauteur.

De l'autre côté de la route, vers la mer, se dresse le MITABE, construction de gradins en béton, financée par les Nord-Coréens qui en ont doté tous les chefs-lieux de province et qui devait servir lors des fêtes populaires pour les mouvements d'ensemble.

La route bifurque un peu plus loin vers le BLOC ADMINISTRATIF dont on aperçoit l'ensemble imposant des bâtiments au sommet de la colline.

Le Boulevard MARCOZ se termine par le CEG MARCOZ composé de salles de classe réparties sur une plate-forme dégagée. Ce MARCOZ qui a donné son nom à une avenue et à un CEG fut l'un des premiers administrateurs civils après la direction des militaires, au début de ce siècle. 


ITINERAIRE II
DU BAOBAB vers la POINTE DE SABLE, le PORT aux BOUTRES, la DOUANE
Partant du baobab, on suit la corniche plantée de cocotiers, mise en place avant 1950, on longe à gauche les bâtiments administratifs de la sécurité routière et des Travaux Publics, puis, faisant le coin, un grand bâtiment à étages, facile à identifier, l'ALLIANCE FRANCAISE, centre très actif d'activités culturelles avec bibliothèque, cinéma, vidéo, danse, jeux, expositions, conférence, etc ... Puis on longe les bâtiments du Cercle Mess militaire et le domicile du commandant en chef de la 4ème Région Militaire.

C'est ensuite un grand espace non planté appelé JARDIN des FILAOS à cause de la présence de quelques filaos sur les bords. Il correspond à l'étendue d'un lagon qui, au début du siècle était relié au port aux boutres par un chenal qui servait de bassin de radoub pour les petits bateaux ...

Pendant la campagne de 1895, il permettait le montage des chalands de transport. La marée haute remplissait le lagon et la marée basse le vidait.

C'est en 1902 qu'il fut décidé de le combler : 25.000m3 de terre furent nécessaire pour ce travail.

Le vice-consulat de FRANCE, situé dans un coin de jardin, face au Commissariat de Police du 1ère arrondissement est reconnaissable au drapeau français qui flotte sur la façade.

Les bâtiments à étage, le long du jardin, sont ceux des services des Eaux et Forêts et de l'Agriculture.

Au bout du jardin des Filaos, s'élève la CHAMBRE de COMMERCE, centre économique très actif et lieu de réunions diverses.

Le jardin des Filaos a toujours été un terrain de fêtes, foires et kermesses.

Vient ensuite l'ENEM (Ecole Nationale d'Enseignement Maritime), ouverte dès 1962 dans les 1ères années de la République. Elle fait face à la baie et à la mer, permettant l'emploi d'instruments de marine. La durée de formation des futurs officiers malgaches de ponts et de machines est de 3 ans en internat.

Les services de la capitainerie et du port font suite à l'ENEM avec un phare signalant l'entrée de la baie, en concordance avec celui de Katsepy, de la pointe du caïman et de BOANAMARY.

La POINTE de SABLE, maintenant aménagée, était déserte. Elle s'inclinait vers la plage de sable qui se prolonge assez loin et forme un banc de sable à marée basse.

C'est sur cette pointe plutôt inhospitalière que le Corps Expéditionnaire français débarqua le matériel militaire en 1895, tout le long de la plage jusqu'au port aux boutres et jusqu'au village Sakalava.

Après le tournant, on aperçoit à droite les restes de ferrailles rouillées, plantées dans l'eau. Ce sont les restes d'un WARFF construit en 1895 sous la direction de l'ingénieur REVOL pour le débarquement des marchandises. Il ne put s'avancer en mer que jusqu'à 80m alors qu'on avait prévu 180m de longueur, mais les bancs de coraux qui succèdent au sable résistèrent aux pieux. Il fallut renoncer aux 180m. Le Warff n'en rendit pas moins de grands services, et pendant des dizaines d'années, il servit de débarcadère pour les passagers des paquebots, offrant un cadre sympathique pour la réception des grands personnages, hôtes de la ville.

A la hauteur de l'ancien Warff, on a une panoramique de l'ensemble du port de Mahajanga, de ses quais, de ses hangars, des bateaux qui peuvent rester à quai à marée basse.

Le "port aux boutres" est formé par une anse délimitée par une digue qui met les boutres à quai à l'abri des cyclones. Il arrive que les hautes marées atteignent et parfois dépassent le haut du quai. Malgré ses dimensions restreintes, le Port aux Boutres retient l'attention des touristes lorsqu'un certain nombre de boutres sont en cours de chargement ou de déchargement : cocos, oranges, ciment, farine, sel, savon et diverses marchandises sont déversés sur le quai.

La rue longeant le quai aux boutres est bordée de vieilles maisons indo-arabes qui forment, avec celles de l'arrière, où se trouvait le quartier général en 1895, le VIEUX MAHAJANGA, la partie la plus ancienne de la ville. Au temps de la reine Sakalava Ravahiny (1778-1808), seuls les Arabes et les Indiens pouvaient construire des maisons en pierres. Les Sakalava habitaient des cases en feuilles de "Satrana" (latanier) comme leurs ancêtres.

A l'angle de la rue du ROVA qui monte au camp militaire situé sur la colline et de la rue du quartier général s'élevait une maison arabe à deux étages qui servait de repère pour les bateaux entrant dans la baie et que l'on trouve représentée sur quelques dessins de navigateurs. Elle n'existe hélas plus car elle s'est écroulée lors du cyclone Kamisy en avril 1984. C'est dans ce vieux quartier que l'on trouve encore des portes sculptées à deux battants, divisées en panneaux, décorées de motifs floraux, y compris les chambranles et les linteaux. Elles viendraient de Zanzibar ou même de l'Inde. Ce quartier a été masqué au cours du siècle par des constructions nouvelles. Un archéologue a fait l'inventaire de ces vieilles maisons dans l'espoir de les sauver de la dégradation progressive du temps, voire de la disparition.

Sur le terre-plein qui suit le port aux boutres, s'élèvent les entrepôts du port de Mahajanga, souvent flanqués de nombreux conteneurs en attente, et désormais protégés par une clôture en mur de parpaings.

De l'autre côté de la rue du bord de mer, une mosquée dédiée au martyr de Kerbala est fréquentée par les Indiens et les Pakistanais.

L'ex-magasin de la Compagnie Marseillaise rappelle la présence à Mahajanga des puissantes sociétés commerciales françaises.

Les bureaux de la douane, tout proches, sont très actifs.

Repassant l'avenue, on entre vers un plan incliné qui descend vers la mer, c'est l'embarcadère de KATSEPY, village qui se trouve sur la rive opposée de la baie. Un bac pouvant recevoir des voitures et des camions assure la liaison Mahajanga/Katsepy, aller et retour, en moins d'une heure selon l'état de la mer. La distance est de 7,5Km. Dans les environs du village de Katsepy, il faut signaler un gisement de célestite quartz bleuté cristallisé.

Toute cette partie du rivage était occupée autrefois par un important groupement de cases Sakalava, construites en feuilles de latanier. Les hommes se livraient à la pêche en pirogue à balancier, en baie et à proximité des côtes.

L'USINE THERMIQUE est ravitaillée en fuel par la mer, par des chalands-citernes. Depuis son implantation par les français elle fournit l'électricité à la ville. C'est en 1911 que le quai que nous venons de parcourir a été éclairé à l'électricité pour une meilleure surveillance. Le reste de la ville a été doté d'un modeste éclairage au pétrole.

L'avenue du bord de mer se ferme en ail de sac sur l'entrée des ateliers de réparation navale de Marolaka, jadis très florissants, où sur le rivage, plusieurs bateaux de petit tonnage sont abandonnés à la rouille.

En tournant à gauche, on traverse le marché d'Analakely et l'on s'engage dans la grande avenue qui mène à l'Hôtel de ville.

Du port aux boutres aux ateliers de réparation navale, les quais portent des noms de personnes qui ont contribué à l'honneur de la ville. QUAI ORSINI situé au port aux boutres. QUAI WILLEMIN le long des quatre entrepôts du port, QUAI MORICEAU bordant l'embarcadère pour Katsepy et quelques sociétés commerciales, QUAI BARRIQUAND qui fait suite à l'embarcadère et donne accès à un terre plein en partie occupé par la société Réfrigépêche, QUAI MAROFOTOTRA, parallèle au quai BARRIQUAND et faisant suite au QUAI MORICEAU. 


ITINERAIRE III
DU BAOBAB vers L'HOTEL DE VILLE
L'avenue qui part du baobab et conduit vers le carrefour dit BONNET, porte encore maintenant le nom d'avenue de France, puis la portion qui conduit à l'Hôtel de ville s'appelle avenue de Mahabibo.
 
Elle partage le Centre Ville en deux blocs qui regroupent les banques, la gendarmerie, les compagnies d'assurances, les maisons de commerce en gros et en détail, etc... et le BAZAR BE, le grand marché du centre ville.

Près du Baobab, au commencement de l'Avenue de France, à droite, s'élève un vieux tombeau, de forme carrée et basse, celui des 2 frères d'Amode Ibrahim Khoja, décédés l'un vers 1891, l'autre vers 1893. A cette époque, les alentours du baobab étaient une terre de repos pour les défunts. La résidence du chef de province fut construite sur le terrain du cimetière sakalava dont on exhuma les tombes et transféra les défunts sur le Plateau des Tombes.

En 1968, il fallut une nouvelle fois exhumer les corps en vue de la construction de la cité de la SOTEMA, prévue pour les futurs cadres de l'usine textile.

La Présidence du CHEF de PROVINCE a été construite en 1901 et inaugurée en 1902. Les plans sont de l'architecte principal Jully, chef du Service des Bâtiments civils de l'Ile, durant le commandement du général Galliéni.

Derrière la résidence, la Rue Pasteur monte en faisant deux tournants vers l'entrée du camp militaire ROCHERON et vers l'hôpital principal, tous deux implantés sur le Plateau de la Pointe du Caïman, comme formant le corps du caïman. Durant la royauté Sakalava ce plateau n'était pas habité mais couvert de manguiers. C'est après la défaite des Sakalava, en 1824, que RADAMA Ier occupa le plateau et en fit un camp militaire, le ROVA, entouré de palissades et l'un fossé large et profond.

Au bout de la descente de la Rue Pasteur, le groupe scolaire Charles Renel étale son long bâtiment avec préau et étage, auquel a été ajouté un autre bâtiment de classes. Charles Renel a été Directeur de l'Enseignement au temps de Victor Augagneur en 1906. Il est connu comme écrivain, avec une dizaine d'ouvrages. Il s'est intéressé aux coutumes malgaches dont témoigne son livre "La coutume des ancêtres" paru en 1913.

Derrière le groupe scolaire Charles Renel, désormais enfermé dans un enclos, se trouve le plus vieux cimetière de la ville. On y compte plus d'une centaine de tombes. C'est le cimetière bohra. Les plus anciennes inscriptions portent la date de 1769.

L'avenue de France, une fois passée Charles RENEL, coupe une rue historique, la rue du ROUM. A droite, elle rejoint le Quai aux boutres et le vieux Mahajanga. A gauche, elle monte vers le Plateau du gouverneur, le ROVA et aboutit à une porte d'entrée en pierres de taille, érigée au temps de la reine Ranavalona Ière qui régna de 1828 à 1861. C'est elle qui organisa les camps militaires Merina dans le BOENY.

Au siècle dernier, les commandants des navires étrangers se faisaient un devoir d'aller faire une visite de courtoisie au gouverneur Merina du BOENY, et empruntaient la rue du ROVA, tantôt à pied, tantôt en FILANJANA. Certains nous ont laissé une description détaillée de leur visite du ROVA, de l'état du camp au temps des fortifications, des canons, du village, des soldats et du palais du gouverneur.

L'avenue de France longe ensuite une ancienne caserne de gendarmes, utilisée actuellement pour logements de familles de gendarmes. Faisant suite au TRESOR et au TRIBUNAL, se trouve l'état major de la GENDARMERIE, au camp des manguiers, auquel succède le camp BOSTANY. Une vieille maison à étages de style colonial reste le témoin de la présence du corps expéditionnaire français à Majunga. Ce quartier était le centre d'activités intenses, en particulier pour la distribution du ravitaillement des troupes et des convois de charrettes Le Fèbvre partant vers le front.

Le carrefour dit BONNET du nom de l'établissement tout proche fondé en 1955 mais présent à Madagascar depuis 1889 est une étoile à cinq branches.

L'avenue, à droite, qui va vers la douane et la mer, conduit au BAZAR BE, grand marché constitué d'une vaste charpente métallique construite au temps de Galliéni. L'emplacement et les environs appartenaient à une dame sud-africaine, Madame Becker qui, après avoir échappé à un naufrage sur la côte de SOALALA, était venue à habiter à Majunga. Elle fut consul d'Angleterre et de France durant le gouvernement malgache. Elle fut inhumée sur ce terrain, situé entre la vieille ville et le village Sakalava de Marofototra. Galliéni déposséda les héritiers de Madame Becker et fit construire le marché actuel.

Revenons au carrefour BONNET. Nous suivons à gauche, l'avenue de la Libération. Nous longeons d'abord la Gendarmerie et une grande maison à étages de style colonial remontant au temps de la présence des troupes françaises.

En face de cette maison coloniale, la cour des établissements BONNET possède 2 GROS BAOBABS auxquels on ne prête guère attention et pourtant l'un d'entre eux a une circonférence de 19,30m.

En continuant sur le trottoir gauche, voici l'Ecole Technique DON BOSCO, animée et dirigée par les Pères Salésiens. Les élèves y étudient la mécanique (tournage des pièces métalliques) et l'électricité (bobinage de moteurs électriques et montage d'installations électriques). Le bâtiment en pierre et béton, et le grand atelier, dont l'initiateur a été Mgr Jean BATIOT, évêque de Mahajanga de 1947 à 1953, datent de 1951. C'est le Frère Spiritain Alphonse Quémeneur qui a repris l'úuvre et l'a achevée. En 1953, les Frères de Saint GABRIEL ont commencé la première année scolaire. Ce fut la première école technique de la Province de Mahajanga.

En face de l'entrée de l'Ecole DON BOSCO, l'Hospice Jeannine Henrion, fille d'un chef de province de Mahajanga, décédée prématurément a été ouvert en 1947 par le service social du Consulat de France pour les ressortissants français âgés.

Depuis 1995, il est devenu un centre d'accueil pour enfants.

Après le centre d'accueil pour enfants en difficulté, ancien hospice Jeannine Henrion, la Maison de la Culture (et des arts révolutionnaires) a été construite durant la 2ème République grâce à des fonds nord coréens. On y donne fréquemment des galas de chants, de musique instrumentale et des réunions diverses.

Un cimetière indien se cache derrière de hauts murs, pour les défunts indiens qui ne sont pas incinérés.

Le Lycée Philibert TSIRANANA date de 1954. Il a été construit sur un terrain vague où passaient les búufs et les chèvres avant l'indépendance de 1960.

Le GYMNASE couvert, construit en 1962, est un centre sportif très fréquenté surtout pour les matches de basket et de volley-ball.

Fait suite au gymnase couvert, le stade Alexis Rabemananjara, lieu de rencontre pour les matches de foot-ball, avec possibilité de nocturnes.

Après le stade Rabemananjara, l'ancienne Ecole Montfort, tenue par les Frères de St GABRIEL, a été cédée à l'administration qui en a fait le service provincial de la jeunesse et des sports.

L'avenue de la LIBERATION que nous venons de suivre, débouche sur la grande avenue à 2 voies Philibert TSIRANANA.

Au carrefour BONNET, l'avenue de FRANCE se continue par l'avenue GALLIENI vers le sud et par l'avenue de Mahabibo vers l'Est.

La Cathédrale catholique apparaît littéralement sur le côté gauche. La rue qui passe le long de la Salle d'åuvre catholique à l'arrière de la Cathédrale porte le nom de l'entrepreneur malgache Jean Baptiste Rakotobe qui a repris les travaux de construction commencés avant lui et les a menés à terme.

Les plans de cette cathédrale qui ne s'est guère démodée, sont de l'architecte français FONTERME de Tananarive. Cet énorme monument, tout en pierres de Belobaka est l'úuvre de Mgr Jean Batiot, alors curé d'une modeste paroisse, sise sur le terrain de l'actuel évêché qui fut la toute première paroisse de la ville.

C'est en pleine guerre, le 25 Octobre 1942, que la première pierre fut bénie et posée en présence de quelques Anglais, dont l'armada avait occupé Mahajanga en septembre 1942. Le 23 novembre 1947, la première messe fut célébrée par Mgr Jean Batiot. Puis le 5 septembre 1948, Mr Jean Wolff alors vicaire apostolique (évêque) de Diego-Suarez, consacra solennellement la cathédrale. Quelques années après, le 13 Janvier 1953, un violent cyclone décoiffa la toiture en tuiles rouges et les pluies abondantes endommagèrent l'orgue. Une nouvelle fois, le 13 Janvier 1976, le cyclone Clotilde détruisit la toiture de tuiles. Lors de la restauration les tuiles furent remplacées par des tôles galvanisées. Une nouvelle catastrophe frappa la cathédrale dans la nuit du 11 au 12 avril 1984. Le cyclone Kamisy, d'une violence exceptionnelle, enleva le tiers de la toiture de tôles ainsi que les tuiles rouges de la salle d'úuvre.

L'avenue qui fait face à l'entrée de la Cathédrale a été dédiée à Mgr Jean BATIOT qui méritait bien cet honneur pour le bâtiment bien situé en centre ville. La cathédrale mesure 47,50m sur 22m ; sa nef est de 16m sous plafond et son clocher atteint 42m au sommet de sa croix.

En prenant l'avenue Jean BATIOT, vers Mahabibo, on longe le bâtiment de la Croix Rouge, d'abord appelé la GOUTTE de LAIT, fondée en 1930. Centre de Nivaquine, elle comporte aussi une garderie d'enfants, les jours ouvrables.

L'HOTEL DE VILLE marque bien le centre ville. Il a été construit en 1955 par l'entreprise majungaise Chevalier. Il a été inauguré le 6 Juillet 1956 par le haut commissaire général André Soucadaux, en présence de M. Henrion, chef de la Province et de M. Durand, administrateur maire.

Les sculptures en hauts reliefs de la grande porte d'entrée sont de l'artiste Max Leclerc. En franchissant le seuil, la devise de la ville est mise en évidence sur le pavage : "HO VELONA FA TSY HO LEVONA" (Puisse-t-elle être vivante mais pas anéantie). La devise joue sur deux mots qui font allitération velona (vivant) et levona (anéanti). On peut remarquer sur le pavage le baobab qui accompagne la devise ; il est l'emblème de Mahajanga où les habitants sont nombreux.

Les peintures murales au rez-de-chaussée et dans la grande salle de réception, à l'étage, ont été conçues et réalisées par un européen majungais, M. Gianelli.

Devant l'Hôtel de Ville, dans un enclos rond planté de fleurs, se dresse le socle qui porte le buste du président Philibert TSIRANANA, úuvre d'un artiste malgache. Père de l'Indépendance malgache, acquise en 1960, et fondateur de la Ière République Malgache, Tsiranana se disait originaire de Mahajanga, malgré ses origines tsimihety.

En remontant à gauche, la grande avenue à deux voies, Avenue Ph. Tsiranana, nous trouvons à gauche les trois bâtiments qui servent de logements aux professeurs des lycées d'Etat, inaugurés par le Président Ph. Tsiranana en octobre 1962.

A droite, de l'autre côté, la petite Eglise orthodoxe qui reste entretenue malgré le départ des familles grecques orthodoxes.

Tout à côté, le Temple et l'Ecole adventistes - bâtiments de part et d'autre d'une grande cour, appartiennent à l'Ecole Notre Dame, construite tous deux par le Frère spiritain Alphonse Quémeneur. Les premières classes primaires ont commencé en 1954. Au fil des années, les effectifs ont grossi. Ils atteignent 2400 élèves, primaires et secondaires confondus et 80 enseignants (1995).

Voisin de l'Ecole Notre Dame, le Collège Saint Gabriel est composé, lui aussi, de deux grands bâtiments : celui de droit a été construit à partir de 1955 par le Frère Quémeneur, et celui de gauche par l'entreprise Chevalier. Le premier bâtiment a été inauguré en octobre 1962 par le Président Ph. Tsiranana, en même temps que le premier bâtiment de Notre Dame.

L'effectif scolaire du Collège St Gabriel tourne autour de 2500 élèves pour 80 enseignants (1995).

Une clôture mitoyenne sépare le collège St Gabriel du Temple Protestant Calviniste appelé ZIONA VAOVAO (La nouvelle sion), le plus grand temple de la ville. Il a été construit en 1960.

Dans la même rue qui descend vers le quartier de Tsaramandroso se trouve en contrebas le Temple Luthérien.

En reprenant le Boulevard Marcoz vers Mahabibo, un panneau indique l'Eglise Anglicane, devenue en août 1995 siège d'un évêché.

Plus bas, bien détachés, les deux clochers d'un temple datant de 1925 et servant maintenant de salle de réunion. Le bâtiment atteste de sa vétusté.

Nous repartons de l'Hôtel de Ville pour entrer dans le quartier populaire de Mahabibo. 


ITINERAIRE IV
De l'Hôtel de Ville à Mahabibo
Remontant vers le carrefour de Mahabibo, nous trouvons à gauche, les magasins de commerce de demi-gros et de détail dont les propriétaires sont des indo-pakistanais établis dans le pays depuis longtemps.

A droite de l'avenue, la mosquée dite Chazouli, maintenant enserrée par l'Ecole Normale Niveau I (Primaire).

Parvenu au carrefour, on tourne à droit et on parvient à une autre mosquée dite Vendredi, où se déroulent les cérémonies officielles musulmanes à l'occasion de la Fête Nationale Malgache et autres événements nationaux.

Le marché de Mahabibo est un centre commercial très fréquenté, malgré ses installations rustiques.

La grande avenue qui prend la direction du nord vers l'aéroport Ph. Tsiranana (situé à Amborovy), dite Avenue de l'Eglise, est bordée de nombreux magasins, la plupart sont tenus par les indo-pakistanais.

Les points de vente de friperie et lingerie, installés par des petits commerçants malgaches, débordent jusque sur les trottoirs.

L'Eglise Catholique de Mahabibo a toujours été un point de convergence du quartier populaire de Mahabibo. Le bâtiment actuel, tel qu'il se présente, date de 1934, agrandissement d'une Eglise de 1921. La toute première Eglise, une "paillote" a-t-on écrit, datait de 1902.

De part et d'autre de l'avenue de l'Eglise, s'étendent des quartiers populaires : Manga à l'ouest, Morafeno, Ambalavola, Mahabibokely, Antanambao, Ambalavato à l'est. Les maisons s'entassent le long des rues ravinées, en mauvais état.

Au bout de la grande avenue du Gal De Gaulle, qui vient de l'Hôtel de Ville et se dirige vers le sud, une stèle rappelle le souvenir des morts des événements de rébellion qui ont commencé le 19 mars 1947. Chaque année, le 29 mars est une journée fériée. Une cérémonie de dépôt de gerbes a lieu au pied de cette stèle du 29 mars.

A la sortie de la ville, sur la droit, l'usine FITIM, qui a employé jusqu'à 300 ouvriers, continue certaines activités de tissage de toile de jute et de sacs d'emballage.

Depuis une quarantaine d'années, une route digue traverse la lagune plantée de palétuviers, bras de mer qui se rétrécit peu à peu jusqu'au quartier de Tsararano. Cette lagune est accessible aux pirogues et subit les marées.

En continuant de suivre la RN4 (Route Nationale N°4), un autre complexe industriel, la SIB s'étend sur la droite, à la fois savonnerie, huilerie et rizerie.

Plus loin encore, après le carrefour du cimetière, l'importante usine de textile Ex-SOTEMA, actuellement COTONA, fondée en 1969, étale ses vastes bâtiments où sont diversifiées les diverses activités de production : filature, tissage, teinture et confection. Le coton provient en grande partie de la région de Mampikony, Port-Bergé et Ambato-Boeni. Il est d'excellent qualité. 


LES ENVIRONS DE MAHAJANGA
Le DOANY Sakalava
Sur la route d'Amborovy, au point kilométrique 1, on tourne à droite vers le quartier de Tsararano, et à 2Km, on trouve le Doany Sakalava où sont vénérés les restes des premiers rois Sakalava. Chaque année, au mois de juillet, se déroulent de grandes cérémonies, très fréquentées par la population de toute la région.
L'Aéroport Philibert TSIRANANA (à Amborovy)
Au bout de la route-digue, l'aéroport actuel, de classe internationale, qui a été mise en service en 1960, a succédé à une première piste construite avant la 2ème guerre mondiale, à quelques centaines de mètres de l'actuelle. En 1942, les anglais y bombardèrent quelques avions au sol.
La Plage d'Amborovy
Avant l'ancien aéroport, on tourne à gauche et l'on emprunte une piste de terre poussiéreuse. Après 2Km, on bifurque vers la gauche et on longe des villas et bungalows qui ont été aménagés le long de la plage rectiligne. Puis on arrive au complexe hôtelier Zahamotel.
Le Cirque Rouge
Au lieu de tourner vers le Zahamotel, on continue la piste de terre. On rencontre, sur la gauche, un ancien restaurant, jadis bien fréquenté, Le Grand Pavois. Après 2Km, en suivant la piste ou en logeant la plage, on atteint le Cirque Rouge qui doit son nom à une colline de latérite rouge. D'innombrables cheminées de fées, petites colonnes d'argile dues à l'érosion, se dressent, coiffées de leur petit chapeau de pierre qui les protège de la destruction.
Le Fort Militaire d'Ambohitrombokely
Si l'on prend le RN4, on bifurque à droite au kilomètre 549, ou bien on prend la direction de Boanamary et, après quelques kilomètres, on s'engage à gauche par une piste de terre vers Ambohitrombokely, ancienne forteresse hova, qui avait été organisée après la prise de Mahajanga (1824) et de sa région pour faire face aux incursions Sakalava. Ce camp militaire qui s'étend sur un plateau calcaire à 120m d'altitude, d'une longueur de 2Km et d'une largeur de 600m avait un périmètre de 1600m. Il fut abandonné par l'armée hova en 1895 lors de l'avancée du corps expéditionnaire français.

Quelques archéologues, voulant redonner au site un intérêt historique et touristique, travaillent à retrouver les emplacements des divers bâtiments et des batteries de canons.

Boanamary
A 17Km de Mahajanga, une bifurcation conduit aux localités de Boanamary et Amboanio. Dans les premières années du siècle, une usine de conserverie de viande fut fondée et se développa au point de regrouper dans le village une population de 7000 personnes et quelques familles d'européens, anglais et français, répartis dans des villas très confortables. L'usine a subi une grave incendie en août 1956, qui amena sa fermeture complète.
Amboanio
Une rizerie de la société franco-malgache y était implantée, aujourd'hui fermée et une cimenterie qui tourne encore jusqu'à maintenant.
Les Grottes d'Anjohibe (ou d'Andranoboka)
Au point kilométrique 19, à la Station Forestière de Marohogo, une route secondaire, à gauche, vers le nord-est, conduit après 63Km de parcours à l'entrée des grottes d'Anjohibe qui se classent parmi les plus belles et les plus étendues de l'île. Le réseau de galeries atteint un développement de 2Km sur une cinquantaine d'hectares. D'innombrables concrétions calcaires, stalactiques et stalagmites, présentent de fines aiguilles ciselées ou d'épaisses colonnes. On y trouve des gouffres au fond desquels croissent des arbres et des lianes géantes provenant d'un phénomène d'affaissement ou d'effondrement. La colline qui abrite les grottes s'étend sur une longueur de 1200m et une largeur de 500m. La région est difficile d'accès et assez désertique.
La Côte des Iles Vierges
Mahajanga, ville des Antalaotra, se situe sur la côte que l'on a parfois appelée La Côte des Iles Vierges. De nombreux îlots et îles inhabités ou quasi- inhabités sont connus des navigateurs pour les dangers qu'ils représentent.

Roland BARQ



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