Né à Bourges (Cher) le 5 novembre 1874. Fils de Charles
Boutet , auteur du projet du " Pont sur la Manche " qui lui valut son heure
de célébrité sous le second empire.
Frédéric Boutet fit ses études au Lycée
Janson de Sailly, il débuta à vingt ans à peine dans
la littérature par la publication d’un volume de contes : Drames
baroques et mélancoliques qui suscita de bienveillantes critiques
où il fut comparé à Edgar Poë.
Il collabora à de grands quotidiens et hebdomadaires et publia
de nombreux contes et chroniques ainsi que des romans qui lui valurent
la faveur du grand public en raison de son imagination féconde,
son sens aigu de l’observation, sa merveilleuse psychologie et l’élégance
et la pureté de son style.
Ses œuvres ont été traduites dans presque toutes les langues.
De nombreux auteurs et scénaristes se sont " inspirés " de
ses contes et romans…Certaines de ses œuvres furent adaptées à
l’écran.
Frédéric Boutet se fit remarquer par une modestie et une
simplicité telles que non seulement il ne brigua jamais aucun honneur
mais se refusa toujours absolument à accomplir la moindre démarche
en vue d’obtenir les distinctions que méritait son grand talent.
Son épouse Lucienne était la fille du poète symboliste
et critique d’art Gustave Kahn.
Une de ses sœurs, Elisabeth, fit une carrière littéraire
sous le pseudonyme de Valdor et écrivit des contes et des romans
pour enfants à La Maison de la Bonne Presse, Semaine de Suzette,
et aux éditions Mame, elle participa à la rédaction
du texte du premier album Bécassine.
F. Boutet vécut à Paris et à Montfort l’Amaury.
Il est décédé le 31 Janvier 1941 à Arcachon
où il s’était retiré au moment de la guerre.
Auteur d'une cinquantaine de volumes parus de 1898 à 1941, Frédéric
Boutet est un de ces écrivains qui semblait promis à la gloire
littéraire, tant ses premiers recueils de contes firent appréciés.
Après quelques ouvrages décadents teintés de symbolisme,
il écrivit près d'un millier de contes de tous genres. C'est
dans le domaine du merveilleux et du fantastique que se révèle
de manière éclatante son talent de conteur. Ses " Contes
dans la nuit " sont un des sommets de son oeuvre et la famille Ewers
ne s'y trompa pas, qui traduisit ses contes en allemand dès 1908.
Certains thèmes sont régulièrement abordés
comme celui du double (La Double vie de Claude Mercoeur), la nécrophilie
(La
Victoire véritable) la mort (La Dernière aventure),
les
masques (Masques différents). Ecrits dans un style alerte,
ces contes n'ont pas vieilli et leur auteur reste injustement oublié.
Biographie sommaire :
Frédéric Boutet naît le 5 novembre 1874 à
Bourges (Cher). Son père, ingénieur des Ponts et chaussées,
auteur d'un projet de pont sur la Manche, a construit de nombreux ouvrages
en France et à l'étranger. Très rapidement, Frédéric
Boutet et ses parents partent vivre à Paris sa vraie patrie.
Il
est porté vers les sciences naturelles et envisage de faire
Polytechnique. Ses premiers écrits datent de 1892. Il prend l'habitude
d'écrire la nuit ce qui amènera une lente dégradation
de sa vue. Il s'intéresse dès 1893 aux sciences occultes
et à la criminologie avant de voyager en Angleterre, au Maroc, en
Espagne, en Egypte...
Son premier livre, Contes dans la nuit, paraît en 1898
; ce recueil de treize contes merveilleux et fantastiques fortement
influencés par les décadents et les syrnbolistes est accueilli
très favorablement par la critique, et bénéficie
du
soutien d'écrivains comme Maurice Barrès, H. de Régnier,
Rachilde qui apprécient ses dons d’imagination de composition et
de style.
Drames baroques et mélancoliques (1899), puis Les Victimes
grimacent (1900) sont des recueils de nouvelles dialoguées prêtes
à être portées à la scène. Frédéric
Boutet est vite comparé par les critiques à Edgar Poe . À
cette époque, il devient journaliste et fréquente les cafés
et salons littéraires où il rencontre Oscar Wilde, avec lequel
il semble s'être lié. Il est alors considéré
comme un grand besogneux des lettres, un esprit curieux et original,
volontiers caustique.
Avec en 1902, L'Homme sauvage et Julius Pingoin", deux
romans fantaisistes, Frédéric Boutet reste dans le domaine
de la littérature fantastique mais l'aborde de l’humoristique.
Le 17 mai 1903, Frédéric Boutet rencontre Apollinaire
à La Closerie des Lilas où celui-ci, au hasard d'une beuverie,
est venu échouer. Leur amitié naît alors. Frédéric
Boutet aurait encouragé Apollinaire, à cette époque
à la dérive, à continuer à écrire.
Un poème lui est dédié dans Calligrammes.
Les Contes dans la nuit sont réédités, en
1904, avec une préface élogieuse de Paul Adam. Le texte a
été revu en éliminant les scories d'un livre de débutant.
L'ouvrage comporte maintenant douze nouvelles dont neuf issues de la première
édition et trois textes tirés de Drames Baroques etmélancoliques.
L'ensemble
du volume a été réorganisé, les nouvelles réécrites
et édulcorées. L'influence de Wilde, Baudelaire, de Nerval,
Beardsley et Villiers de l'Isle Adam s'exhale des pages et permet de mieux
comprendre l'attrait d'Ewers pour cet écrivain tout à la
fois baroque, gothique et fantastique.
Après plusieurs années de silence, en 1908, Frédéric
Boutet fait paraître Histoires vraisemblables. Ce recueil
de contes lui permet de renouer avec le fantastique et les thèmes
qui lui sont chers. Pour des raisons alimentaires, il publie dans divers
journaux des contes de tous genres avec une prédilection pour les
sujets sentimentaux ou humoristiques qui l'éloignent du domaine
fantastique où il excellait.
En 1920, il renoue avec la littérature fantastique en publiant
"Le Reflet de Claude Mercoeur ", excellent roman où mystère,
amour et fantastique sont intimement liés. Puis en 1922, Flammarion
sort Le Spectre de Mr Imberger, nouveau recueil de contes recélant
quelques pépites dignes de la littérature fantastique dont
certains textes parus dans des Quotidiens avant 1914.
Frédéric Boutet participe, en 1927, avec Albert Pigasse,
à la création de la collection de littérature policière
Le
Masque. Dans les revues de cette collection, il multiplie les articles
sur l'occultisme domaine qui l'a toujours passionné et il publiera
en 1936 un important " Dictionnaire " sur ce sujet. Sa santé
se dégrade fortement alors et il meurt en 1941 à Arcachon
où il s’était réfugié au début de la
guerre.
Bibliographie rédigée par Claude Deméocq
Bibliographie sommaire française: (Domaine Merveilleux et Fantstique)
Bibliographie sommaire française:(Domaine
Merveilleux et Fantstique)
1) – Contes dans la nuit : a) Paris : Chamuel,
1898.La Dernière aventure ;
Florence ; La Victoire véritable ; La Mort de Fax-Angélia ; L’Idole ; La Vallée
nommée Solitude ; La Vérité ; La
Fin d’un Dieu ; Descente au Gouffre de la Mort ; L’Invincible Maître
; Visions dans le silence ; Ce qui vient des Ténèbres.b) Paris Carrington, 1903, réédition avec
préface de Paul Adam.La Dernière
aventure ; La Victoire véritable ; Florence ; L’idole ; Visions dans le silence
; Fax-Angélia, prince de Belsédène ; Les Ombres clémentes ; La Vallée
nommée Solitude ; Comme les enfants qui courent après un masque ; Le Refuge
; La Cité des morts ; Masques différents.(Les contes surlignés en gras sont communs dans les deux éditions
mais ont parfois des titres différents.)
2) – Drames baroques et mélancoliques : Nouvelles et
pièces de théâtre ; Paris: Chamuel, 1899.
3) – Les Victimes grimacent : Nouvelles et pièces de
théâtre ; Paris: Chamuel, 1899.
4) – L’Homme sauvage et Julius Pingouin, deux
petits romans fantaisistes: a) Paris : Juven, 1902.b) Flammarion, 1922.
5) –Histsoires vraisemblables : contes.Paris, Société Générale d’Editions,
1908.L’Aquarium ; Une Fabrique
d’hommes doubles ; Le Miracle du lierre ; Un Fantôme ; Le Chien qui parle ; Un
Philanthrope, histoire vraisemblable et vraie ; La Tante Gordon triomphe et
meurt ; Carnaval ; Le Jeune homme aux vipères ; L’Insistance de Lucie ; Quand
nous aurons passé ; L’Homme qui disait la vérité ; Gabrielle et son faune ; Le
Voleur repentant, histoire mexicaine ; Le Néuphar ; Gordon et l’astre chevelu ;
L’Authentique antinquité ; La Tragédie du Wattman sur son tramway
6) – Le Reflet de Claude Mercoeur : roman.
Paris, Flammarion, 1921, suivi de L’Homme qui a été fou; L’Île ingrate ; Le
Meurtre de l’américain ; Lenoir et Keller.
7) – Le Spectre de M. Imberger: roman. Paris,
Flammarion, 1921, suivi par Le Jardin du pirate.Quelesques chantages: Un Chantage ;
Mémoire ‘ Une réputation ‘ Une Enquête ;L’Amateur ; La Tache ; Scandale mondaine.Mystère: L’Apparition ; La Devineresse ; Hypnotisme. Contes: M. Arthur ; Hippolyte :
L’Equilibre ; Complicité ; Le Marcheur ; Berthe ; Le Simulateur ; Le passager ;
Les Plume du paon ; L’Héritage ; Un Bon conseil ‘ Monsieur Paul ; Un voleur; La
Niveleuse.
8) -Tableau de
l’Au-delà : Paris, Nrf, 1927, il lustré Ed. Goerg.
9) -Les
Aventuriers du mystère, (Tableau de l’au-delà): Paris, Nrf, Documents bleus
numéro 36, 1937, contient : Le Pacte ; M. Barbelon ; L’Éveil ; Candeur ;
Intimité ; L’Illusion ; Charité ; Marceline ; Christine ; La Femme Maîtresse ;
Mademoiselle Constance ; Un Début ; Une Leçon ; Un Profiteur ; La Dame aux
jades ; Confiance ;
Être aimée ; La Princesse russe ; Le Vrai mérite ; Dans le
placard ; Tu es si bon…L’Irrésolue.
10) – Dictionnaire des sciences occultes, suivi d’un Dictionnaire
des songes. a) Paris, Librairie des Champs Elysés, 1937, ouvrage publié
sous la direction de Frédéric Boutet.b) Paris, Pygmalion, Gérard Watelet, 1976, Réédition en fac-similé, 412
p.
Traductions en allemand:
1) Geschichte in der Nachte
(Contes dans la nuit), paraît chez Georg Muller à Munich en 1909,
traduction d’H.H. Ewers.
En 1927, La Dernière aventure
paraît chez Muller à Munich dans une traduction d’Ewers sous le titre Das
Letzter Abendteuer.
2) Seltsame Masken: Georg
Muller, Munich, 1913.Traduction par
Marie Ewers aus’m Werth de 21 contes parus dans La Lanterne rouge (6), Histoires
vraisemblables (3), Drames Baroques et mélancoliques (1), les autres
contes (11) n’ont pas été édités en volume, en France, à cet époque.
Paru en 1971, Die Dame in grün
chez Muller à Munich semble être la deuxième édition des Seltsame Masken
en allemand.
3) Mr. Barfin & Co.
Parue en 1913 chez Richard Taendler à Berlin W50, ce recueil de 22 contes
comprend 4 titres issus d’Histoires Vraisemblables, un titre issue de La
Lanterne rouge et 17 textes inédits alors en volume en France.La traductrice est Maria Dôring et la
préface d’Alfred Richard Meyer.
Note:
L’écrivain belge Jean Ray dans un article paru le 28-07-1922, (Le Journal de
Gand), assure, mais il faut souvent prendre ses affirmationos avec des
pincetttes, que des contes de Frédéric Boutet traduits par Ewers se
trouveraient dans: Das Buch des saltsamen Geschichten chez
Ulstein et Cie à Berlin et Dans Buch des Groteskenchez Georg
Mûller à Munich.Ces informations
restent à vérifier.
Claude Deméocq
Si vous souhaitez plus d'informations sur Frédéric Boutet , adressez un e-mail à
karpman@noos.fr.