Les actions déjà entreprises

 

Des actions ont bien entendu déjà été entreprise par les différentes associations et mouvements d'internautes mécontents.

Le Boycott du 13 décembre 1998 :

Organisé par l'ADIM, l'IMC, l'éclaireur et Netexit, ce boycott fut une réussite. Le Monde titra : "Le dimanche 13 décembre restera sans doute dans l'histoire de l'Internet en France" (15/12/98). Les résultats furent à la hauteur de nos espérances : sur Transpac, Wanadoo et Infonie constatèrent une baisse de trafic de 10% ; Club-Internet avec -15% parla de "bon chiffre, significatif" ; sur AOL jusqu'à -20%. Worldnet, seul FAI à publiquement soutenir ce mouvement, parle de "véritable succès" avec -48%. Les internautes s'étaient donc réellement mobilisés pour ce boycott.
Les politiques entrèrent alors dans le "jeu" : après les prises de positions positives de Laurent Fabius (Président de l'Assemblée Nationale) et Alain Madelin (Démocratie Libérale), le gouvernement est intervenu. Dominique Strauss-Kahn (Ministre de l'Economie) et Christian Perret (Secrétaire d'Etat à l'Industrie) ont demandé à l'ART "de rechercher, en concertation avec les opérateurs, une solution qui soit à la fois respectueuse de la concurrence et plus favorables aux internautes". France Télécom, de son côté, "annonce qu'il va faire de nouvelles propositions à l'ART". (Tous chiffres et citations source Le Monde 15/12/98 et Libération 14/12/98)
A la suite de ce boycott, la machine était véritablement lancée.

Le Boycott du 31 janvier 1999 :

Toujours coordonné par les mêmes mouvements, ce boycott fut nettement moins réussi. Il faut pour cela rappeler le contexte. Le boycott était initialement prévu pour le 17 janvier. Or une réunion entre France Télécom, l'ART et différents mouvements se déroula quelques jours avant (le 5 janvier exactement). Devant les résultats de cette réunion, nous décidâmes de repousser ce boycott. Il s'avéra que cette décision n'était sûrement pas la meilleure à prendre : la communication fut ratée, les médias et les internautes ne suivirent pas le mouvement. C'est pour éviter ce genre de loupés que nous avons décidé de prendre notre temps pour organiser le boycott du 6 juin.
Voici quand même les chiffres du boycott du 31 janvier :
selon France Télécom, sur Transpac (qui véhicule 70% du trafic), la baisse serait estimée à 3%. Ponctuellement, "du côté des annuaires et moteurs de recherche, seul Nomade a enregistré une baisse de 25%". Chez Yahoo! une baisse de 10% est qualifiée de "peu significative". Worldnet, qui reste le seul FAI à publiquement soutenir ce mouvement, annonce une baisse de 45%. (Tous chiffres et citations source Libération, AFP et ZDNet 02/02/98)

Une bonne nouvelle : la future (peut être) action du gouvernement :

Laurent Fabius s'était prononcé pour l'instauration d'un forfait 100h/100FF. C'est un forfait qui pourrait emporter l'adhésion des internautes. M. Fabius a promis de légiférer si rien de nouveau et d'avantageux n'a été fait d'ici juin. Nous comptons donc sur son action mais attention, son action ne signifie pas forcément réussite. En effet, la loi doit être adoptée par la majorité, l'ART doit aussi se prononcer sur cette proposition et enfin, il faut supposer que le futur forfait proposé (on parle de 20h/100F, cf. Comment FT se moque de nous) ne soit pas pris en compte par nos dirigeants.

Des lettres envoyées à titre individuel à certains élus :

Selon les modèles de lettres gracieusement préparés par Samuel Austin-Lemaux, n'hésitez pas à écrire à vos élus. Pour cela, téléchargez le fichier zip qui contient les modèles de lettres et les adresses internet des personnes visées.

Envoi avec la facture France Télécom d'une lettre de mécontentement :

Ca ne coûte rien et ça peut permettre aux employés de France Télécom qui lisent ces lettres de mieux comprendre l'action. De plus, il arrive souvent que le service clientèle de France Télécom vous rappelle... Nul doute que cela leur prend du temps et leur montre que nous sommes nombreux et motivés ! Vous pouvez télécharger le modèle de lettre.

Répandre le message sur IRC, sur vos mails, ... :

Il faut parler du boycott sur IRC, cela permet de mettre pas mal de monde au courant et en même temps de leur expliquer le pourquoi du boycott. De même, dans les mails, modifiez votre signature en rajoutant une ligne : "France Télécom, par ses tarifs, tient le Net en otage... Battons nous pour un forfait : www.multimania.com/boycott" (ce n'est qu'un exemple :-))

Discours au Sénat :

Lors de la fête de l'Internet organisée du 19 mars au 21 mars 1999 (surnommée défaite de l'internet par certains), une rencontre avait lieu au Sénat appelée : "loi de l'Internet : un espace de citoyenneté a conquérir". Le principe était que des internautes de tous horizons étaient invités à voter une loi sur Internet. Cette loi comportait quatre articles : un sur le droit à l'anonymat, un sur le service public universel que doit être l'accès au Net, un sur le temps de travail qui parlait des télétravailleurs et un sur les standards du Net qui ont pour vocation de n'appartenir à personne.
L'IMC et l'ADIM participaient à cette rencontre. Les internautes étaient regroupés en 4 "partis" :
- Cyber colbertistes qui prônaient une intervention de l'Etat sur le Net pour garantir les libertés et l'accès à tous ;
- Parti pour l'Internet Francophone qui souhaitait le développement du Net francophone ;
- E-parti surtout concerné par l'économie et le commerce sur le Net ;
- Netiquette, le parti des internautes libres mais responsables : pour ceux-ci (dont les associations présentes se réclamaient), c'est aux internautes de se maîtriser seuls et de palier aux abus entre eux (spam par exemple)
Cette manifestation avait beau être un jeu de rôle, (les juristes savent que cette "loi" n'a aucune valeur), les opinions se sont, pour une fois, réellement exprimées. Il y avait parmi les personnes présentes de vrais sénateurs et de vrais députés (Mr Martin-Lalande par exemple) qui ont parus intéressé par notre combat sur la baisse des coûts d'accès au Net. En conclusion, cette "loi" pourra servir aux législateurs de point de départ dans leurs réflexions et est pour cela particulièrement utile.
A l'occasion de cette rencontre, l'ex-responsable de communication de l'IMC, Pierre-Alexandre VOYE, a prononcé un discours que vous pouvez lire en cliquant ici !

 

 

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© 1999. Collectif des internautes mécontents.