Pourquoi ce boycott et que faire ?

 

Beaucoup d'internautes croient que le monopole de France Télécom n'est pas détrônable et que la situation de l'internet en France est définitive. Des solutions existent, des hommes politiques sont prêts à les soutenir, mais il nous faut votre soutien !

Pourquoi ce boycott ?

Comme indiqué précédemment, le boycott n'a pas pour but principal de faire perdre de l'argent à France Télécom. De toutes façons, même si nous le voulions, étant donnés les bénéfices que dégage ce service public, nous ne serions qu'une goutte d'eau dans l'océan FT. Le collectif des internautes mécontents (regroupant toutes les associations et mouvements dédiés à la défense des internautes) a donc décidé de réorganiser un boycott le 6 juin 1999 afin de montrer notre détermination, de nous dénombrer et de faire parler de nous.

Pourquoi une date aussi éloignée de l'annonce du boycott ?

Effectivement, l'annonce du boycott a été faite dès la fin mars par l'IMC pour un boycott prévu début juin. Cela peut paraître long mais il faut bien comprendre que notre action ne doit pas rester "entre initiés" mais que toute la population doit être prévenue. Aussi, trois mois d'organisation ne sont pas de trop pour prévenir les médias, les webmasters, créer un site commun, ... Des délais plus courts nous ont prouvés que l'organisation ne suivait pas (cf. les actions), et nous espérons que votre participation à ce boycott nous montrera que nous avions raison.

Pourquoi un dimanche ?

Cette question nous a partagé lors de l'organisation du premier boycott. Il faut savoir que la majeure partie du trafic en semaine est générée par les entreprises. Les particuliers se connectent en majorité le soir, c'est à dire pendant une fenêtre relativement courte. Après avoir pris contact avec des entreprises, nous nous sommes vite aperçus que les entreprises ne suivraient pas un boycott en semaine : beaucoup ont un besoin impératif du Net pour fonctionner et ce ne sont pas leurs factures téléphoniques qui les convaincront du contraire (il faut savoir que France Télécom réserve beaucoup d'avantages aux entreprises). Nous avons donc pris la décision arbitraire d'organiser ces boycotts le dimanche, jour où la majeure partie des particuliers se connectent.

Les raisons économiques et sociales de ce boycott

Il faut bien prendre conscience que la France est en retard par rapport à beaucoup d'autre pays sur le plan de l'Internet. On peut citer les Etats-Unis bien sûr mais aussi et surtout les pays d'Europe du Nord, les pays scandinaves en particulier. A l'heure où l'e-commerce se développe et où la plupart des échanges internationaux entre entreprises se font par l'intermédiaire de mails, sites Internet, ... la France, avec ses tarifs élevés, prend du retard. Aujourd'hui, ce retard n'est pas encore préjudiciable au pays, mais pour nos enfants il le sera si nous ne faisons rien.
De plus, ces tarifs font que les particuliers adhèrent encore peu à ce formidable outil qu'est Internet. C'est paradoxal à une époque où l'on peut acheter des ordinateurs à très bas prix et où les tarifs des FAI (Fournisseurs d'Accès à Internet) sont peu élevés en regard des prestations. Preuve en est le peu de lycées, collèges ou écoles primaires reliés au Net : demain, les jeunes arriveront sur le marché du travail avec les mêmes connaissances que leurs parents au point de vue du réseau des réseaux....Quasi nulles pour la grande majorité.
Il faut penser que Internet en 1999 est, comme le chemin de fer en 1848, ou les autoroutes en 1948, un facteur déterminant de développement.

Que dois-je faire le jour du boycott ?

C'est simple ! Le boycott a lieu du samedi 5 juin 1999 à 00H00 au dimanche 6 juin 1999 à 00h00. Durant cette période, ne vous CONNECTEZ PAS à Internet, même pour récupérer des mails. Vous pouvez aussi cesser toutes communications téléphoniques.
Pour les webmasters, fermez vos sites le 6 en utilisant le kit fourni par ce site et inscrivez-vous sur la liste des sites en berne.
Vous pouvez aussi fermer votre ou vos channels IRC si vous en possédez.

Quand aurons-nous les résultats du boycott ?

Les résultats du boycott paraîtront environ deux jours après le boycott. Jusqu'à présent, les chiffres de connexion transmis aux médias et internautes venaient de France Télécom (analyse du trafic Transpac). On peut donc sincèrement douter de la véracité des chiffres. C'est pour cela que nous avons fait appel à une société américaine indépendante pour le boycott du 6 juin (www.internettraficreport.com). D'autre part, certains FAI (WorldNet notamment) nous font parvenir leurs statistiques de connexions. Ainsi, la moyenne des différentes sources devrait permettre d'obtenir des chiffres proches de la réalité. En espérant qu'ils seront très élevés, grâce à VOUS !

Comment vous permettez-vous de critiquer les tarifs de ce média qui est un bien de consommation de luxe ?

Il est vrai que l'ensemble de l'équipement nécessaire à l'utilisation du Net coûte cher (ordinateur + modem + accès). Mais est-ce une raison pour ne pas nous plaindre ? En ne disant rien, nous favorisons le retard du net POUR TOUS. De plus, lorsque vous achetez un bien de consommation, vous comparez les prix ? Pour Internet cela devrait être pareil. Or nous n'avons pas le choix ce qui est totalement arbitraire et anormal. Il nous faut donc demander des aménagements de tarifs.

Nos demandes ont-elles une chance d'aboutir ?

Il est évident que nous n'allons pas vous dire le contraire, sinon nous arrêterions tout de suite ces actions. Plus franchement, des éléments externes nous permettent d'espérer une réussite dans notre action.
Ainsi France Télécom a commencé à réaliser un sondage par téléphone auprès des internautes, pour savoir s'ils seraient interessés par un forfait de 50/100/150 ou 200 heures par mois. Cependant, ils ne proposent pas encore d'offre "illimitée" (200 heures par mois équivalent à environ 7 heures de connexion par jour). Ils demandent aussi une estimation du prix que les internautes seraient capables de payer.
D'autre part, en Italie, le gouvernement est intervenu pour que les internautes italiens profitent de tarifs avantageux suite à leurs revendications. Le gouvernement italien a voté une loi le 19 novembre afin de réduire la facture de téléphone de tous les internautes italiens. Le Parlement a confié à Télécom Italia le soin de fixer des tarifs au forfait, pour un temps de connexion qui pourrait aller jusqu'à quatre heures par jour. Aussitôt, le ministre des Télécommunications a annoncé, à titre d'exemple, des frais de 250 000 lires pour un an d'Internet (environ 850 FF). Le tarif d'une heure de connexion passerait donc de 7 FF à 58 centimes en Italie. À titre de comparaison, en France, une heure de connexion avec France Télécom coûte de 8,35 FF à 16,70 FF selon l'horaire.
Enfin, jeudi 1er avril, les sénateurs ont adopté un amendement proposant que les collectivités territoriales "puissent mettre à disposition de tout exploitant autorisé, qui en ferait la demande, tout ou partie de leurs infrastructures de télécommunications, dans des conditions objectives, transparentes et non discriminatoires", alors qu'un amendement du gouvernement restreignait cette possibilité au seul cas où France Télécom ne proposerait pas un service équivalent. D'apparence technique, ce texte ouvrirait la porte du téléphone local aux concurrents de France Télécom qui pourraient ainsi exploiter les réseaux de fibre optique construits par les collectivités. Certaines, dont Besançon, Nancy, Castres, Mazamet ont déjà posé leurs fibres. Dans une déclaration à l'AFP, le sénateur Pierre Hérisson indiquait "pour 5 millions de F d'investissements, la ville de Besançon réussit à économiser 1,3 million par an sur les communications de la ville et de l'hôpital". La Commission supérieure du service public des postes et télécommunications a apporté son soutien à l'amendement. L'ART y est favorable. Le Conseil de la concurrence soutient aussi une ouverture de nature à promouvoir la concurrence dans le téléphone local. En revanche, le ministère de l'Industrie se montre plus prudent. (les Echos - La Tribune - 29/03/1999)

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