Intérêts divers Introduction

I) Pourquoi un tel projet ? Quelques remarques préalables.

A) Atouts de l'ordinateur et d'Internet

B) Le temps

               C) Les limites de l'usage du réseau Internet

               D) L'élaboration de pages Web et le projet d'école

               E) La répartition des tâches
 
 

II) La réalisation de pages Web avec une classe de CE2

Conditions d'enseignement

1ère partie: présentation du projet aux élèves

2ème partie: Discussion sur le contenu du site

3ème partie : Activités liées à lélaboration des pages Web

               1) L'autoportrait

               2) Le plan de la classe

               3) Les contes

               4) L'organisation des pages

III) Remarques et questions diverses nées de ce projet

A) Gestion du temps et gestion de la classe

B) Les représentations mentales de l'enfant

C) L'implication des enfants dans ce projet

D) La motivation

E) Quelques problèmes liés aux facilités procurées par lordinateur

Bibliographie

Remerciements
 
 











INTRODUCTION


 


Lordinateur tend à devenir aujourdhui un outil pédagogique de plus en plus usité. Les récentes évolutions technologiques en permettent désormais un usage de plus en plus varié, principalement au plan de la production, de linformation, et de la communication. Ce dernier point découle naturellement du développement en France, à linstar dautres pays européens ou américains, du réseau Internet.

Devançant le plan informatique de Claude Allègre visant à informatiser les écoles d'ici l'an 2000, le Conseil Général de la Vienne a, depuis neuf ans, commencé à doter chaque école d'un ordinateur équipé d'une imprimante, voire d'un scanneur. De plus, depuis la rentrée 1997, chaque école primaire de la Vienne s'est vue progressivement dotée d'un modem et d'une connexion au réseau Internet.

Cela a permis la découverte, tant pour les élèves que pour les enseignants, de ce nouveau moyen de communiquer, ainsi que des autres possibilités liées à lutilisation de loutil informatique, notamment la réalisation de pages Web.

Mintéressant depuis de nombreuses années au phénomène informatique, et depuis quelques temps à Internet, jai souhaité, lors de mon stage en responsabilité, élaborer avec mes élèves des pages Web.

Cette démarche tenait cependant plus de lexpérimentation pour plusieurs raisons. En premier lieu, mon stage sest effectué dans une école classée en Zone dEducation Prioritaire, où les élèves rencontrent certaines difficultés, notamment un manque dautonomie et une difficulté à se représenter dans le temps et lespace. De plus, il nexiste à ce jour que peu de témoignages relatant la démarche à suivre pour mener un tel projet. Enfin, bien que métant renseigné auprès denseignants pionniers en la matière, certaines données me faisaient défaut, notamment le temps nécessaire à un tel projet, que javais sous-estimé.

Les objectifs de ce projet nétaient pas uniquement lacquisition dun savoir-faire, cest-à-dire la manipulation de lordinateur, mais également lapproche du réseau Internet, et la construction par les enfants doutils et de compétences dans différents domaines, leur permettant de réaliser ces pages.

Nous verrons également ici en quoi lordinateur était un outil servant à finaliser ce projet faisant appel à divers savoirs et compétences.
 
 





I) Pourquoi un tel projet ? Quelques remarques préalables.

A) Atouts de lordinateur et dInternet


 










Lutilisation de loutil informatique joue un grand rôle au plan de la motivation des élèves, ainsi que je le montre dans un chapitre ultérieur. Il semblerait en effet que les enfants se sentent plus responsables et plus soucieux de la qualité du travail réalisé sur lordinateur. Dans le cadre dun travail qui a vocation à être présenté sur le réseau Internet, les enfants sont sensibles aux messages et commentaires venant du monde entier. Enfin, il a été constaté un grand intérêt pour loutil multimédia de la part délèves en difficultés scolaires, et qui jusque-là étaient réfractaires aux méthodes " traditionnelles " denseignement. Même si cet engouement nest pas généralisé, un travail approfondi à partir de loutil multimédia peut ramener ces élèves vers des méthodes plus " classiques ", bien que complémentaires.

Les nouveaux réseaux de communication électronique ont également vocation à briser lisolement dans lequel certaines écoles, notamment rurales, sont confinées. Des écoles à classe unique, à linstar de lécole de Piquecos, dans le Tarn-et-Garonne, acquièrent une notoriété nationale et internationale par la qualité et le sérieux de leur travail, présenté sur Internet. De plus, les écoles qui sont présentes sur Internet participent au développement de notre langue et de notre culture sur le réseau des réseaux. A une époque où lon craint une hégémonie de la culture anglo-saxonne dans de nombreux domaines, surtout celui de linformatique, Internet permet un rééquilibrage culturel certain.

Enfin, lordinateur offre de nombreuses possibilités de travail aux élèves hospitalisés, qui peuvent ainsi rester plus facilement en contact avec le monde éducatif, et aux élèves handicapés ; Stephen Hawking, cet astrophysicien qui, paraplégique, communique à laide dun ordinateur, en est un exemple frappant.
 

B) Le temps Le temps est un concept qui devrait prendre de plus en plus dimportance avec le développement généralisé de l'informatique à lécole. Lordinateur apporte en effet un gain de temps considérable dans lexécution de certaines tâches.

Dans le domaine de lécriture et de la réécriture, le traitement de texte peut éviter davoir recours au travail souvent fastidieux de recopiage dun texte entier lorsque, par exemple, sy sont glissées quelques erreurs dorthographe, de grammaire ou de mise en page. Il ne sagit bien évidemment pas de mettre de côté tout le travail nécessaire de recherche des erreurs ni de " mise au propre ", mais déviter à lélève de se consacrer à un pensum au détriment dactivités plus enrichissantes.

De même, la recherche dinformations via lordinateur (avec Internet notamment ou les cédéroms), réduit le temps dattente nécessaire à la collecte de ces informations. Il arrive en effet souvent que ce que lon cherche ne soit pas disponible dans lentourage immédiat, notamment les BCDI ou les bibliothèques familiales et municipales. Internet offre alors laccès à une gigantesque base de données où lon peut, avec un peu de pratique, trouver les documents souhaités sans avoir à passer par une demande classique par courrier, qui nécessite un temps dattente certain, voire par un déplacement physique sur le lieu où linformation se trouve.

De plus, grâce au courrier électronique, la communication entre les élèves décoles différentes, pour envoyer un simple message ou un document (avec le transfert de fichiers) peut devenir plus fréquente, car plus rapide. Il en va de même pour lenseignant qui peut alors communiquer plus rapidement avec ses collègues ou avec ladministration.

Toutefois, cette recherche de la vitesse et du gain de temps nest pas sans poser quelques problèmes. Comme le souligne Philippe Breton (in Libération du 24/10/97, cahier multimédia pp VI) , chercheur en sciences de la communication au CNRS, " la vitesse est antagoniste avec le temps de la réflexion ". De fait, la volonté " daller plus vite " dans une recherche sur le réseau Internet, et ceci souvent par souci déconomie (Internet ayant un coût financier non négligeable), peut amener lutilisateur, et donc lenfant, à glisser sur certaines étapes, certains messages plus ou moins essentiels. On cherche à se dépêcher, et ce faisant, on ne lit pas " consciencieusement " ce que lon rencontre, on ne cherche pas les informations les plus pertinentes, bref, on se contente de ce que lon trouve en premier. Il convient donc de traiter avec mesure cette prépondérance du gain de temps sur la pertinence de linformation, et dapprendre aux enfants qui souhaitent effectuer une recherche sur Internet à définir à lavance le but exact de leur recherche et les limites quils fixent à cette même recherche.

Enfin, lapport de ces nouvelles technologies dans la pédagogie pose une fois de plus la question de laménagement des rythmes scolaires. Il deviendra particulièrement difficile, et ce dès que les enfants sauront utiliser aisément loutil informatique, de prévoir une plage horaire spécifique à lutilisation de lordinateur, à linstar dune séance plus traditionnelle. Comme lindique Guy Pouzard, Inspecteur Général de LEducation Nationale et auteur dun rapport sur le multimédia à lécole (Rapport officiel de lInspection Générale de lEducation Nationale sur lutilisation du Multimédia dans les enseignements), il faudra alors entamer une réflexion sur la modification des formes de travail, particulièrement en ce qui concerne les rythmes scolaires. Lune des solutions envisageables et applicables dans létat actuel des choses est la mise en place, lors des activités détudes dirigées, dun accès à lordinateur pour les élèves désireux de poursuivre un travail commencé.
 
 
 
 

C) Les limites de lusage du réseau Internet Lune des premières démarches à mettre en uvre dans loptique dun usage pédagogique dInternet est damener les enfants à adopter un réflexe de proximité. En effet, il ny a nul besoin pour les enfants de se lancer dans une recherche complexe sur Internet, si les documents susceptibles de les aider peuvent se trouver aisément à la BCD ou chez eux. Cela implique donc de considérer Internet non comme une sorte de gadget quil faut utiliser en nimporte quelle occasion, mais comme un outil de plus au service de la recherche des enfants.

Un autre problème très important surgit avec lusage dInternet, celui de la fiabilité des informations collectées. Il ne faut pas oublier que lon peut trouver à peu près tout et nimporte quoi sur Internet, le meilleur comme le pire, linformation la plus sérieuses comme la plus fantaisistes. Cest une occasion pour lenseignant dinformer les élèves sur le statut de linformation, du support sur lesquels elle se trouve, et sur la nécessité de vérifier les informations reçues.

Un autre danger inhérent à Internet est celui du contenu des sites visités. Récemment, les personnes qui visitaient le site officiel américain de lentreprise de jeux vidéos Sega, marque bien connue des enfants, ont pu contempler un bandeau publicitaire vantant les mérites de léglise de Scientologie. Ce cas de figure nest pas rare, et il existe de gros risques pour les enfants dêtre ainsi confrontés au prosélytisme de sectes en tous genres, lors dune recherche sur tel ou tel sujet. Cela pose également le problème de la législation concernant Internet qui, lorsquelle existe, varie selon les différents pays. De même, des enfants faisant une recherche sur la seconde guerre mondiale par exemple, pourraient très bien se retrouver sur un site négationniste si lon ny prend pas garde.

Enfin, la plus grande crainte, notamment des parents, concerne le nombre de plus en plus important de sites pornographiques, voire pédophiles, sur lesquels les enfants risqueraient de tomber au hasard dune recherche. Un exemple parmi tant dautres : des écoliers américains souhaitant se connecter sur le site de la NASA afin de collecter des images de Mars, se sont retrouvés sur un site de femmes nues. Ils avaient juste commis lerreur de saisir comme adresse du site " www.nasa.com " au lieu de " www.nasa.gov "...

Des solutions commencent à apparaître pour palier ce problème, mais elles ne sont pas encore tout à fait au point. Lune delle, par exemple, concerne lutilisation de programmes filtrants. Cela consiste en la saisie de certains termes (sexe, meurtre,...) dans une sorte de glossaire, afin de paramétrer à lavance les sites que les enfants pourront visiter sans faire de " mauvaises rencontres ". Toutefois, cette solution pose linconvénient de bloquer laccès à de nombreux sites tout à fait respectables, mais qui comportent des mots qui, employés dans un certain contexte, sont de nature à choquer les enfants. Ainsi, un de ces programmes filtrants, ne permet pas laccès au site de la Maison-Blanche, car il y reconnaît le mot " couple " !

Lune des solutions les plus envisageables, dans un premier temps, celle que j'ai moi-même utilisée durant mon stage, peut consister dans létablissement dun corpus de sites intéressants, à stocker sur le disque dur ou à glisser dans la liste des sites favoris. Ainsi, les enfants qui ne maîtrisent pas suffisamment loutil et la démarche de recherche peuvent être initiés au monde dInternet en toute sécurité.
 
 



D) Lélaboration de pages Web et le projet décole


 







L' un des atouts inhérent à la création de pages Web est que celle-ci peut fort bien sintégrer au sein dun projet décole.

En effet, la plupart des pages créées par des écoliers jusqu'à présent ne se limitent pas à une seule classe, mais à plusieurs, voire à lensemble des classes de létablissement scolaire, permettant ainsi un travail en commun de la part délèves de niveaux différents. De plus, les pages Web dune école ont lavantage de pouvoir être modifiées à tout moment par les élèves. Ainsi, on peut voir dune année sur lautre un ou une élève présenter un conte, une recette, un dessin dans une classe de cycle 2, puis voir le travail de ce même enfant dans la classe supérieure. Ceci permet à lenfant non seulement de conserver une autre trace de son travail passé, mais également de faire évoluer celui-ci au fil de ses acquisitions de connaissances. Une enquête menée par une classe pourra par exemple être étoffée de cette manière, et donner en fin de compte un résultat plus intéressant et plus riche.

Enfin, ce type de projet a lavantage de ne pas se terminer avec la fin de lannée (ou la représentation finale dans le cadre dun projet théâtre, par exemple), mais dêtre au contraire reconductible dannée en année, impliquant ainsi les enfants dans un projet quils mèneront tout au long de leur scolarité à lécole élémentaire. Toutefois, ceci implique un fort engagement de la part de léquipe pédagogique, afin quun site décole ne se limite pas en réalité aux pages de deux ou trois classes.

Pour ma part, le cadre dans lequel jai été amené à proposer lélaboration de pages Web à des élèves de CE2 ne favorisait pas ce genre de démarche : nétant présent que pour quatre semaines, je nallais pas imposer au reste de léquipe enseignante un projet qui navait pas fait lobjet dune discussion. Ceci, allié aux autres problèmes que jai pu rencontrer, explique en partie le caractère non-abouti de mon projet éducatif durant ce premier stage en responsabilité.
 
 



E) La répartition des tâches


 










L'un des problèmes qui reste à approfondir concerne la répartition des tâches qui incombent aux enfants d'une part, à l'enseignant d'autre part, quant à l'utilisation proprement dite de l'ordinateur.
 
 

1) Chez l'élève Dans la plupart des cas, le travail des élèves correspond grosso modo en la saisie de leur texte au traitement de texte. C'est en effet souvent la seule tâche que des élèves novices dans le domaine de l'outil informatique sont à même d'exécuter. Dans les classes où, matériel et temps aidant, les élèves ont des connaissances plus approfondies, ceux-ci sont généralement à même de pouvoir, sous Microsoft Publisher, créer et gérer des cadres comportant soit du texte, soit des images. Une fois encore, nous n'avions pas les moyens, en l'espace de quatre semaine, de développer ces compétences chez ces enfants. Toutefois, un tel travail est possible tout au long de l'année, notamment durant les études dirigées, où les élèves peuvent, par deux et en autonomie, uvrer ensemble à la manipulation de tel ou tel logiciel et à l'acquisition des compétences visées.

                                       2) Chez l'enseignant

Concernant la création de pages Web, au-delà des deux compétences précédemment citées, les élèves ne maîtrisent pas encore la mise en relation des pages au moyen des liens hypertextes, ainsi que la mise en page "au propre" des pages. Aussi, dans l'attente d'un approfondissement de ces compétences chez les élèves, c'est à l'enseignant que revient la tâche de configuration des pages Web. Pour cela, il faut bien évidemment que celui-ci ait le temps et les connaissances appropriées, ce qui implique une formation adéquate. Toutefois, dans l'état actuel des choses, il faut bien reconnaître que les enseignants qui s'impliquent le plus dans ce domaine sont souvent ceux qui manipulent l'outil informatique depuis plusieurs années, et qui ont su s'adapter aux différentes innovations de ce milieu.

Il va de soi, bien entendu, que de nombreux autres enseignants volontaires et motivés ont su récemment s'intéresser à cet outil, le découvrant généralement en même temps que leurs élèves, et parvenant à fournir un travail très intéressant, que ce soit dans le domaine de la création multimédia ou de la correspondance électronique.

Pour ma part, mon travail a été principalement la scanérisation des dessins, la relecture et la correction des textes saisis, et surtout la mise en relations des pages entre elles, ce qui, de loin, constitue la partie la plus ardue de l'ouvrage.
 
 





II) La réalisation de pages Web avec une classe de CE2

Conditions d'enseignement


 






Les activités décrites ici se sont déroulées durant les quatre semaines de mon stage en responsabilité. En règle générale, elles étaient parties intégrantes des séances de classe "classique", à raison d'environ une heure pour chaque pour la partie préparatoire, les élèves travaillant soit individuellement, soit collectivement.

Concernant les activités liées spécifiquement à la manipulation de l'outil informatique, celles-ci ont eu lieu soit durant les études dirigées dans la classe, soit, à quelques reprises, dans la BCD durant une partie de la récréation. Il arrivait également qu'un élève ayant terminé son travail plus tôt que les autres profite de ce décalage pour utiliser l'ordinateur.

Les dix-sept élèves disposaient comme outil d'un ordinateur multimédia de type PC équipé d'une imprimante couleur, et commençaient à apprendre à utiliser le logiciel Microsoft Publisher pour saisir des textes.

Généralement, les élèves saisissaient leurs textes seuls, mais il me fallait néanmoins être présent pour les aider en cas de problème.

Enfin, il m'a fallu revenir passer deux jours dans cette classe après le stage, afin de terminer avec les pages avec les enfants. A ce moment, deux ou trois élèves venaient avec moi à la BCD pendant que le reste se trouvait dans la classe avec l'enseignante, et finissaient leur travail, qu'il s'agisse de saisie, de dessin, voire d'écriture pour les plus en retard. Lors de ce retour, un élève a élaboré la page de présentation, le sommaire, et a saisi les noms des élèves. J'ai dû quant à moi, faire la mise en page finale et créer tous les liens, avant d'envoyer les pages Web au centre de ressources informatiques de Châtellerault afin qu'elles soient publiées.
 
 



1e partie : Présentation du projet aux élèves


 






Dans une situation de classe classique, un projet de classe devrait normalement naître d'un besoin ressenti et exprimé par les enfants. Dans le cas présent, n'étant présent que pour quatre semaine dans cette classe, j'ai bien dû forcer l'élément déclencheur.

C'est à la suite d'une discussion avec les élèves sur les différents moyens d'apprendre et de communiquer que le terme "Internet" est apparu. Dans cette classe, seuls trois ou quatre élèves avaient déjà entendu ce mot, un ou deux savaient que cela se rapportait aux ordinateurs, et un seul a évoqué les lignes téléphoniques. Le concept d'Internet, déjà abstrait pour un adulte, l'est encore plus pour un enfant de 9-10 ans. J'ai dû donc expliquer rapidement et oralement en quoi consistait le réseau des réseaux, cest-à-dire des ordinateurs reliés entre eux par le biais de lignes téléphoniques, grâce auquel on peut consulter des sites Web (sortes de journaux pouvant comprendre du texte, des images, de la vidéo, du son et des animations), et échanger du courrier électronique.

Afin que tous ceci ne reste pas trop abstrait, j'ai invité les élèves, par groupe de trois environ, à consulter des pages Web d'écoles que j'avais au préalable "aspirées" sur le disque dur de l'ordinateur. Ces sites étaient ceux des écoles du Planty à Buxerolles (http://www-ecoles.vienneinfo.org/sites/buxerolles-planty/index.html), dAmfreville dans le Calvados (http://www.etab.ac-caen.fr/amfrevil/), et de Viville à Champniers dans la Charente (http://www.viville.org).
Les élèves avaient donc pour tâche de consulter ces pages, et de répondre à un questionnaire que je leur avais fourni :

Nom du site :________________________________________

Ville :_______________________________________________

1) Y a-t-il une présentation de l'école? OUI NON
2) Y a-t-il une présentation des élèves? OUI NON
3) Y a-t-il une présentation de la ville? OUI NON

4) Y a-t-il une présentation de travaux d'élèves? OUI NON

Si oui, lesquels? -----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

5) Y a-t-il des dessins? OUI NON

6) Y a-t-il des photos? OUI NON

7) Note une ou deux choses qui te semblent intéressantes sur ce site : ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
 
 

Les élèves avaient donc à procéder à un traitement de l'information, en vue de procéder à une sélection de ce qu'ils pensaient être pertinent. Cette activité avait également pour but de confronter les enfants pour la première fois à une nouvelle manière de chercher des informations, au moyen dun nouvel outil que peu denfants issus de ce milieu spécifique ont loccasion de manipuler chez eux.

Cette activité était également un moyen détourné pour moi de proposer aux enfants la trame des futures pages Web de leur classe. De fait, par la suite, le contenu du site sera " calqué " sur celui de lécole du Planty de Buxerolles.
 
 



2e partie : Discussion sur le contenu du site


 






La première approche de ce qu'est un site Web étant faite, il a fallu alors décider de ce que l'on allait inclure dans nos propres pages. Ceci a d'ailleurs donné lieu à un débat intéressant sur ce que les enfants désiraient ou non "dévoiler" au grand public. Ainsi, certains craignaient d'être obligé de confier sur les pages leurs secrets. Il m'a fallu alors rappeler aux enfants que ceux-ci étaient tout à fait libres de refuser la mise en ligne de telle ou telle information, et que c'était au groupe-classe de déterminer le contenu du site, dans le respect de la volonté commune et des réticences de quelques-uns.

Une fois cette mise au point effectuée, l'inventaire des possibilités a été dressé avec les enfants. Bien sûr, le questionnaire qu'ils avaient à remplir a servi de tremplin aux propositions. Les élèves ont d'abord décidé que le site contiendrait une présentation de la classe, avec leur nom et leur photo. J'ai du tout de suite mettre le holà, la publication de photos étant fortement déconseillée par les temps qui courent, et je les ai plutôt invités à faire leur autoportrait dessiné.

Puis, concernant la présentation de la classe proprement dite, ils ont finalement émis l'hypothèse que l'on pourrait joindre un plan de la classe, activité qui sera menée lors des séances de géographie.

L'une des dernières possibilités auxquelles je pensais était la présentation de contes qu'ils avaient rédigés au début de l'année, et qu'ils avaient commencés à saisir au traitement de texte. J'ai pensé que ce serait l'occasion d'intégrer à ce projet une activité que les enfants avaient déjà entamée avant ma venue.

Toutefois, les enfants n'ont pas immédiatement songé à la mise en ligne de leurs contes. Ils ne semblaient pas se souvenir de cette activité, ce qui, somme toute, n'était pas très étonnant, étant donné la difficulté qu'ont les enfants scolarisés en Z.E.P. à se repérer dans le temps. Il ne leur est déjà pas aisé de se souvenir d'une activité qui s'est déroulée une semaine auparavant; un conte écrit au début de l'année n'est donc plus présent dans l'esprit de certains.

Cependant, en insistant lourdement sur "quelque chose que vous avez écrit au début de l'année", les enfants ont finalement compris que leurs contes pouvaient également mériter de figurer sur les pages Web de la classe. Ces contes individuels seraient par ailleurs accompagnés d'une illustration qui venait d'être le prétexte à une séance d'arts plastiques.
 
 



3e partie : Activités liées à lélaboration des pages Web


 






Une fois lapproche dInternet effectuée, le projet proposé et les discussions inhérentes au contenu des pages menées, la classe a pu se mettre à louvrage afin de concrétiser ce projet, et ce au travers de plusieurs activités.
 
 


1) Lautoportrait


 






Nous avions décidé de procéder dans un premier temps à une présentation deux-mêmes, avant de se lancer dans dautres travaux. Ces présentations ont été loccasion dun travail en français (vocabulaire et production décrit), et en arts plastiques.

a) Autoportrait écrit (deux séances) Avant de rédiger demblée leur portrait, il fallait que les enfants construisent les outils qui leur permettraient de se présenter à lécrit. Dans un premier temps, une séance de vocabulaire sur les différentes caractéristiques du portrait a eu lieu : à partir dun court texte narrant linterrogatoire dun témoin par un commissaire de police, les élèves avaient à retrouver les éléments caractérisant le suspect, puis à classer les informations ainsi recueillies selon quelles sapparentaient au physique, à lexpression donnée par le visage, ou à lallure générale. Puis, ils devaient à leur tour, lors dune séance de production décrit, faire leur propre autoportrait, en ne mettant toutefois ni leur prénom, ni, pour lélève ayant une année davance, leur âge. Ensuite, je lisais chaque autoportrait à la classe qui, collectivement, devait essayer den retrouver lauteur, et dexpliquer les détails pertinents qui les avaient mis sur la bonne voie.

Par la suite, afin denrichir leur vocabulaire et de perfectionner ainsi leurs outils de production décrit, je les ai amené à travailler sur un texte plus élaboré, à savoir un portrait de Willy Wonka, lun des protagonistes de Charlie et la chocolaterie de Roald Dahl. Là encore, le travail consistait en un repérage des différents éléments du portrait, ainsi quen leur classement.

Toutefois, bien quayant étudié les différentes caractéristiques dun portrait, les productions écrites des enfants sont restées à mon sens assez sommaires, ceci principalement par manque de temps, et par ma volonté de " boucler " ces pages Web avant la fin de mon stage. Bien sûr, cet inconvénient ne devrait normalement pas être de mise dans une classe travaillant sur un tel projet tout au long de lannée.

                                        b) Autoportrait graphique (1 séance)
Parallèlement à ce travail écrit, les élèves ont eu à travailler sur leur autoportrait dessiné. Le travail était scindé en deux étapes.

Dans un premier temps, les élèves devaient dessiner leur autoportrait sur une feuille de format A4. Puis, ils devaient ensuite reproduire ce même dessin sur une feuille au format " photo didentité ". Les élèves avaient donc à reporter les dimensions correspondant à un format A4 sur un format plus petit. Ces deux représentations pouvaient ainsi être comparées aux illustrations que lon peut trouver sur des pages Web, le petit format correspondant à un aperçu du grand.

Cependant, bien que les élèves se soient appliqués à effectuer ce travail destiné à être communiqué à une (éventuelle) large audience, cette activité conservait néanmoins à mon sens un certain côté artificiel, car nétant pas directement la réponse à un besoin exprimé par les enfants. Pour ceux-ci, un texte écrit aurait suffi, et une photo deux aurait éventuellement pu compléter les portraits. Les photos denfants me semblant exclues pour des raisons déjà évoquées ici, une réflexion plus longue sur des moyens parallèles de se présenter aurait pu avoir lieu. Mais, là encore, le temps faisait cruellement défaut.

De plus, ainsi quon me la fait remarquer, une approche de lautoportrait graphique aurait pu être menée, un peu à la manière de ce que nous avions fait avec les portraits écrits, avec la présentation duvres de Van Gogh, Léonard de Vinci ou autres...
 
 


2) Le plan de la classe (trois séances)


 


D'une autre manière, la présentation de la classe pouvait se faire à l'aide d'un plan montrant l'organisation spatiale des éléments de la classe. Celui-ci a été effectué lors des séances de géographie.

Les objectifs étaient dans un premier temps bien sûr d'obtenir un nouveau travail susceptible d'être présenté sur les pages Web, mais également la structuration de l'environnement proche et la comparaison des différents plans exécutés par les élèves.

Tout d'abord, les enfants ont été invités à représenter leur classe sur une feuille de papier, de manière à ce que l'on puisse reconnaître le maximum de choses. Il leur fallait également signaler, sur les éléments représentant les tables, le nom des élèves occupant ces tables. Puis, au cours de la séance suivante, j'ai accroché les dessins au tableau en les classant selon des critères que les enfants devaient découvrir: dessin tracé à la règle, plan comportant deux représentations différentes (vue de haut et vue de face), éléments pertinents (table, tableau, bureau) représentés ou non, etc. Par la suite, nous en sommes arrivés à définir les critères inhérents à la bonne réalisation d'un plan, ainsi qu'une légende, et des dimensions à respecter concernant les tables, chaises et bureau. Cette activité mêlant géographie et mathématiques a abouti à des résultats intéressants, notamment de la part d'un élève pourtant en grande difficulté; en effet, celui-ci suivait normalement les cours de la classe de perfectionnement, et rejoignait ma classe lors des séances de mathématiques et de géographie, matières dans lesquelles il ne se débrouillait pas si mal que cela. Cet élève a dès la première séance de géographie utilisé les outils et symboles permettant de dessiner correctement un plan, et envisageait même d'exécuter celui-ci sur un format A3, en scotchant deux feuilles A4, afin qu'un maximum d'éléments soient représentés. Bien que, faute de temps, cette activité n'ait pu s'achever durant mon stage, j'envisageais sérieusement de choisir le plan de cet élève comme travail à inclure sur les pages Web de la classe. Il s'agirait là en effet d'un facteur indéniable de motivation pour cet enfant habitué normalement à être dans le peloton de queue des élèves.
 
 


3)Les contes


 






Les contes rédigés par les élèves sont une des composantes familières aux sites de classes ou d'écoles. Il est en effet très fréquent de rencontrer de telles productions d'écrit lors d'une navigation sur Internet, ce qui n'est pas surprenant étant donné que ce type de texte est celui que les élèves sont le plus souvent amenés à rédiger à l'école élémentaire.

Au début de mon stage, les contes étaient la seule matière déjà disponible et susceptible d'être présentée sur les pages Web de la classe. De plus, certains enfants avaient déjà entrepris de saisir leurs productions au traitement de texte. C'est donc tout naturellement que je les ai invités à poursuivre cette démarche.

Cependant, étant donné la vitesse de saisie de la plupart des enfants, les contes n'ont pu être terminés durant mon stage. Ceux-ci devaient donc être présentés sur les pages Web de la classe au cours de l'année, une fois leur saisie achevée.

Les enfants connaissaient pour la plupart les rudiments de la saisie au traitement de texte. Pour saisir leurs textes, ils avaient pris l'habitude d'utiliser Microsoft Publisher. Ce logiciel présente certains avantages. En effet, outre les symboles faisant appel à l'intuition des élèves (le "A" pour évoquer le texte et le dessin pour l'importation d'images), un écran correspond exactement à une feuille au format A4. Les élèves n'ont ainsi pas de difficultés à se représenter mentalement le contenu final de leur production, à l'inverse d'un traitement de texte classique.

Cependant, ce logiciel fait appel à certaines manipulations, telle la création et la gestion de cadres, manipulations que mes élèves n'avaient pas encore appris à effectuer. Il a donc fallu, dans un souci d'apprentissage de l'autonomie, que chaque enfant vienne avec moi essayer de lancer eux-mêmes le logiciel, de créer un cadre de texte, de le saisir et d'enregistrer leur composition; autant de manuvres qu'il est difficile de mener avec un seul ordinateur dans la classe...

De plus, contrairement à un traitement de texte plus élaboré, cette version de Publisher ne reconnaît pas, et donc ne souligne pas les fautes dorthographe et de syntaxe. Cest pourtant là un moyen damener lenfant à sinterroger sur ce quil écrit, à chercher lui-même les corrections à apporter à ses erreurs, et par là même de le conduire vers une certaine autonomie dans son travail.

Enfin, Publisher présente l'inconvénient majeur pour l'enseignant de nécessiter un certain nombre de manipulations périlleuses lorsque l'on veut créer des pages Web non pas d'un bloc, mais une par une.
 
 


4)L'organisation des pages (deux séances)


 






La dernière activité impliquant les enfants dans la création des pages Web était un travail de réflexion et d'élaboration de l'architecture de ces pages.

Je tenais à ce que la notion de lien hypertexte apparaisse chez ces enfants, et quils puissent ainsi saisir la différence existant entre un simple journal, où les pages se tournent lune après lautre, et des pages Web et leur système darborescence, faisant appel à une logique particulière.

Dans ce dessein, jai eu dans un premier temps recours à une explication collective, au tableau, de larchitecture de lun des sites consultés par les élèves. Puis, après avoir représenté un cadre où figurait le mot " sommaire ", je leur ai demandé ce qui se passait si lon cliquait sur le mot " sommaire ". Peu à peu, les enfants commençaient à comprendre que lorsque lon cliquait sur certains mots, on accédait à des pages qui elles mêmes pouvaient renvoyer à dautres pages, ce qui, représenté au tableau, donnait une arborescence de cadres, avec dans chacun deux le mot " sommaire ", qui renvoyait au premier cadre.

Lors de la séance suivante, je leur ai demandé de représenter sur une feuille lorganisation de leurs pages Web. La plupart semblaient avoir saisi le principe de lorganisation en arborescence, mais certains navaient pas représenté les liens renvoyant à une page précédemment consultée1. Dautres enfin semblaient être à même de manipuler mentalement cette logique darborescence combinée avec des liens hypertexte2, ce qui était lobjectif principal que je métais fixé.
 
 

III) Remarques et questions diverses nées de ce projet

A) Gestion du temps et gestion de la classe


 







Un tel projet nécessite avant tout de la part de l'enseignant une démarche préliminaire d'organisation importante, tant au niveau du temps de travail que de la classe.

Lorsque la classe ne possède qu'un seul ordinateur, il est impératif de faire en sorte que chaque élève puisse, à un moment ou à un autre, accéder à l'ordinateur afin d'y effectuer un travail donné. Le cas échéant, le projet n'est plus alors le fruit d'un travail collectif, mais simplement celui de quelques individus, et donc cesse d'être un projet de classe. Ceci implique, entre autres, que l'ordinateur soit disponible chaque fois qu'un élève ressent le besoin de s'en servir. De la même manière qu'un enfant doit pouvoir accéder à tout moment à un dictionnaire, l'ordinateur ne doit pas être allumé uniquement lors de séances ou de plages horaires prévues à cet effet. Faisant partie intégrante de leur environnement, les élèves apprendront petit à petit à se servir de cet outil de manière opportune.

Confronté à cette situation, j'ai dû essayer de faire participer tous les élèves d'une manière ou d'une autre. Les études dirigées m'ont paru être un mode d'organisation satisfaisant pour cela, les élèves ayant alors le temps et l'occasion d'accéder à l'ordinateur

Toutefois, il ne m'a jamais été possible de programmer les tâches à effectuer sur la semaine, le maximum, pour mes élèves, étant la journée. Ainsi, les études dirigées, qui semblent être le mode d'organisation idéal pour les travaux à l'ordinateur dans une classe où chaque élève a l'habitude de planifier sur toute la semaine ce qu'il a à faire, se sont révélées ici d'une aide bien médiocre pour le travail sur les pages Web.

L'autre possibilité offerte est le travail durant les récréations, qui se pratique dans certaines classes, où les élèves qui le souhaitent peuvent rester dans la classe pour utiliser l'ordinateur. Mais cette éventualité a posé également des problèmes dans le cadre de mon stage.

En effet, outre les textes réglementaires qui disposent qu'un élève ne peut être privé de récréation (de gré ou de force), on m'a vivement déconseillé, dans l'école, de laisser les élèves déambuler dans les couloirs. Aussi, lorsqu'un élève souhaitait rester dans la classe afin, par exemple, de saisir un texte, il me fallait impérativement être présent avec lui. Or, on m'a souvent déconseillé, par les temps qui courent, de ne jamais rester seul avec un enfant...

De plus, je préférais éviter que deux élèves soient ensemble pour saisir un texte, ayant remarqué que, en règle générale, dans ma classe, un élève se chargeait de la tâche pendant qu'un autre bayait aux corneilles. De fait, cette situation devenait vite ingérable, et par la suite, le seul endroit où les élèves pouvaient saisir leur texte était la B.C.D., et ce uniquement les lundi et mardi, jour de présence d'une aide-éducateur dans ce lieu.

Ainsi, du fait qu'un seul ordinateur était disponible dans la classe, et de par le caractère "particulier" de mes élèves, il a été très difficile pour ceux-ci de pouvoir tous saisir leurs textes durant les quatre semaines de mon stage. Cela donnait néanmoins la possibilité à l'enseignant que je remplaçais de poursuivre les travaux entamés, de la même manière que j'avais poursuivi la saisie des contes.
 
 


B) Les représentations mentales de l'enfant


 







L'un des premiers problèmes auquel ont été confrontés les enfants a été la représentation, sinon la compréhension, de ce en quoi consistait le réseau Internet.

La plupart n'ayant jamais entendu parler du réseau, et ayant déjà des difficultés de structuration spatiales et temporelles, il ne leur était pas aisé de se figurer qu'au moyen d'un ordinateur convenablement équipé et d'une ligne téléphonique, on pouvait communiquer avec plusieurs personnes, que celles-ci se trouvent à Châtellerault, Poitiers ou Oulan-Bator

Certes, l'analogie faite avec "un journal consultable à distance sur l'ordinateur" et du "courrier qui arrive à destination quelques secondes après avoir été envoyé" leur a permis de se faire une idée de la chose. Toutefois, il reste à effectuer un long travail chez ces enfants pour qui un journal et un courrier se trouvent forcément sur un support papier.

Une autre manière d'appréhender le concept d'Internet, et à laquelle je n'ai malheureusement pas songé durant le stage, peut être le rapprochement du réseau Internet avec le fonctionnement du minitel, instrument plus familier pour les enfants, qui par ailleurs a été et continue d'être utilisé dans certaines classes, notamment celles de type Freinet, afin de communiquer. On peut alors partir du minitel, en précisant qu'Internet s'adresse non plus uniquement aux Français, mais également au monde entier, en y ajoutant des fonctions propres à l'ordinateur multimédia (photos, sons, animations).

D'une manière générale, afin de ne pas rendre l'approche d'Internet trop abstraite, mieux vaut dans un premier temps, je pense, ne pas évoquer le fonctionnement réel du réseau, cest-à-dire la mise en relations d'ordinateurs par le biais de serveurs appartenant à des fournisseurs d'accès, mais plutôt se cantonner à une explication d'où il ressortira que les ordinateurs sont simplement reliés entre eux. N'est-ce pas d'ailleurs l'explication que l'on fournit généralement pour expliquer sommairement le fonctionnement du téléphone ?
 
 

C) L'implication des enfants dans ce projet


 







Il semble que les enfants scolarisés en Zone d'Education Prioritaire aient plus de difficultés que les autres à s'impliquer dans un travail à long terme, non pas qu'ils jugent celui-ci inintéressant, mais du fait de leur représentation du temps, qui les amène souvent à "oublier" une activité commencée la semaine passée. De fait, les élèves m'ont parfois paru ne pas être impliqué à fond dans le projet. Il n'était pas rare que ceux-ci aient l'air pour le moins surpris lorsque je leur parlais du projet, celui-ci leur semblant loin de leurs préoccupations immédiates. Il convenait donc de relancer l'intérêt des élèves à intervalles réguliers.

Dans ce dessein, et sur les conseils d'une conseillère pédagogique, j'ai entrepris de mettre en parallèle deux représentations du travail sur l'autoportrait. L'une de ces présentations n'était ni plus ni moins que le texte manuscrit et le dessin d'un enfant scannérisés, l'autre était ce même texte, mais saisi, mis en page et accompagné du dessin sous Publisher1.

La comparaison, en collectif, de ces deux représentations a permis aux élèves de se faire une idée du résultat final de leur travail, et, ayant constaté la qualité de la présentation assistée par ordinateur, a relancé leur motivation et leur désir de parvenir à un résultat similaire.

Le dernier jour du stage, je leur ai présenté une version sommaire de ce que devraient être les pages de la classe, en y incluant des liens hypertextes. J'avais dû élaborer cette présentation seul, par faute de temps, mais en me fondant sur les schémas des enfants. Cette version a eu pour objectif principal de relancer l'intérêt des enfants afin qu'ils poursuivent ce projet après mon départ, en leur montrant enfin le résultat, certes temporaire et en grande partie élaboré par mes soins, d'un projet dont ils tardaient à voir l'aboutissement. Toutefois, étant revenu quelque deux mois plus tard dans l'école, l'enseignante que j'avais remplacée me confiait que les enfants étaient soucieux de voir leur travail terminé, et posaient des questions quant à mon retour, à l'occasion duquel nous pourrions achever les pages Web.
 


D) La motivation


 





La création de pages Web, en en règle générale lutilisation de loutil informatique, revêt un fort caractère motivant qui se manifeste dans les activités des élèves, et ce pour plusieurs raisons.

Pour des élèves, surtout pour ceux qui sont défavorisés socialement et culturellement, loutil informatique possède un certain attrait, en raison notamment de son caractère nouveau, mais également de par son aspect ludique. Dans lesprit de nombreux enfants, lordinateur reste intimement lié à lidée de jeux. Je lavais déjà remarqué lannée dernière lorsque, en classe de petite et moyenne section, des enfants avaient émis le souhait de " jouer avec lordinateur ". Par la suite, cette première représentation étant dépassée, les élèves se rendent peu à peu compte que lordinateur est également un outil mis à leur disposition, afin quils puissent développer certaines compétences et effectuer un travail donné.
 
 

1) Appréhensions face à lécrit Jai également remarqué que lordinateur permettait à certains enfants de surmonter lappréhension quils peuvent éprouver vis-à-vis du support écrit traditionnel, et particulièrement " langoisse de la feuille blanche ". Un collègue ma ainsi narré lexemple dun élève de CP qui, bloqué dans toute situation décriture sur support papier, se révélait être particulièrement enthousiaste dès lors quil sagissait dutiliser un traitement de texte.

De même, une de mes élèves de CE2, par ailleurs en grande difficulté scolaire, na pas hésité à écrire un conte dune page, alors que ses camarades sétaient contentés de quelques lignes, sachant que celui-ci allait ensuite être dactylographié. Certes, le conte en lui-même nétait pas particulièrement satisfaisant, au regard des compétences que lon est en droit dattendre de la part dune élève de CE2. Toutefois, le fait que delle même, cette élève souhaitait spontanément écrire, et ensuite insistait pour utiliser le traitement de texte durant la récréation, était un signe évident de motivation, et donc de possible réussite.

De la même manière, un de mes élèves, qui avait une calligraphie pour le moins illisible, comprenant bon nombre de pattes de mouche et de fautes dorthographe, ne voyait pas dinconvénient majeur à utiliser le traitement de texte. Celui-ci lui permettant de sexprimer clairement et surtout lisiblement, lenfant ne se voyait ainsi plus cantonné au rôle de lélève malhabile, incapable de rendre un travail soigneusement présenté. Nous verrons cependant plus bas les réserves que j'émets à ce sujet.
 
 

                     2)Appréhensions face aux uvres plastiques

Enfin, jai pu constater le soin que certains élèves apportaient à leur production darts plastiques, sachant que celle-ci allait être visible par de nombreuses personnes. Le même élève qui éprouvait des difficultés à écrire lisiblement, rencontrait des problèmes similaires dès lors quil sagissait deffectuer un travail en arts plastiques.

En effet, lors de lillustration de son conte, celui-ci me déclarait que " de toute façon, je sais pas dessiner, je dépasse sur les traits, etc. ". Effectivement, jai remarqué quà la fin de la séance, il y avait plus de traces de craies grasses sur sa table et sur son visage que sur sa feuille... Quant au dessin proprement dit, il nétait pas à proprement parler très soigné. Toutefois, à partir du moment où j'ai expliqué aux enfants que leurs dessins pourraient figurer sur les pages Web de la classe, cet élève sest appliqué à dessiner son autoportrait, et a fourni un travail somme toute honnête, compte tenu de ses uvres précédentes. Sans doute, là encore, lidée que son dessin pourrait être vu par le plus grand nombre a convaincu cet élève de donner une image positive de lui-même, au travers justement de cet autoportrait.
 
 


E) Quelques problèmes liés aux facilités procurées par lordinateur


 






Il va de soi que loutil informatique procure une aide certaine aux élèves. Nous lavons vu, que ce soit dans le domaine de lécriture avec le traitement de texte, ou de la présentation générale dun travail avec lélaboration de pages Web, lordinateur permet de désinhiber certains élèves en leur fournissant une manière alternative de travailler.

Toutefois, il faut sans doute veiller, dans létat actuel des choses, à faire en sorte que ces élèves ne restent pas figé dans un mode de travail parallèle, qui, pour attirant quil soit, est encore minoritaire par rapport aux formes plus classique de travail. Certes, " lutilisation raisonnée dun traitement de texte " figure bien dans les programmes du Cycle 3, il nen reste pas moins que la maîtrise correcte du geste graphique y figure également. On peut bien entendu prétendre que, tôt ou tard, les élèves auront à leur disposition sur leurs tables des écrans avec clavier pour travailler, et qualors, le stylo et la feuille blanche seront à ranger dans un écomusée, aux côtés de la plume doie et du parchemin. Néanmoins, pour lheure, je pense que ce ne serait pas spécialement rendre service à ces enfants que de les figer dans une manière décrire sans chercher à les ramener vers des formes plus classique de travail.

De plus, concernant plus spécifiquement la motivation engendrée par lélaboration de pages Web, il est clair quil faut uvrer pour que celle-ci ne sessouffle pas dès que lon passe à un projet ne faisant pas appel à loutil informatique et à ses qualités de présentation. Là encore, le problème de la présentation aux enfants de lordinateur, de ses possibilités, de ses limites, et surtout des objectifs de son utilisation se pose. Il ne faudrait pas, suite à lengouement que procure cet outil aussi bien auprès des enfants quauprès des enseignants, que les élèves simaginent pouvoir travailler exclusivement avec lordinateur, et laisser ainsi de côté les autres médias, ainsi que le stylo et la feuille blanche.
 
 


CONCLUSION


 







Mener un tel projet en quatre semaines, dans les conditions que jai rencontrées, et en essayant de tenir compte des compétences et des habitudes des élèves dont javais la charge nest guère possible. En revanche, étaler ce projet sur plusieurs mois, en allant au rythme des enfants, permet sans doute dobtenir des résultats intéressants.

Outil de production comme de communication, Loutil informatique se doit dêtre maîtrisé par les élèves, qui seront de plus en plus amené à lutiliser, tant au plan personnel quau plan professionnel. Il appartient donc à lécole, dans un souci dégalité des chances, de permettre à tous les élèves daccéder aux nouvelles technologies de la communication et de linformation. Lélaboration de pages Web est un des moyens mis à disposition de lenseignant pour éveiller lintérêt des élèves envers les Nouvelles Techniques de lInformation et de la Communication.

Cest un projet susceptible de motiver les élèves, de développer chez eux certaines compétences tel le soin apporté à un travail, laccès à lautonomie, et la construction de repères spatio-temporels.

Certes, certains problèmes évoqués ici restent à résoudre. Ils ne doivent cependant en rien freiner lélan impulsé par les pionniers de linformatique et dInternet, mais au contraire amener chacun à approfondir sa réflexion quant à lutilisation de loutil informatique et des projets auxquels il peut contribuer.
 
 

Bibliographie


 







BRETON Philippe, " Démagogie électronique ", in Libération du 24/10/97, cahier

multimédia pp VI
 
 

LEFEBVRE, David, Pratiques de linformatique, Paris, Nathan, coll. Les

pratiques de la pédagogie, 1994
 
 

Rapport officiel de lInspection Générale de lEducation Nationale sur

lutilisation du Multimédia dans les enseignements,chap.5, présenté par M.Guy

POUZARD, Inspecteur Général de lEducation Nationale.
 
 

SABATIER Patrick, " Parents apeurés cherchent Net nettoyé ", in Libération du

12/12/97, cahier multimédia pp.V
 
 
 
 

CONFERENCE
 
 

(Cette conférence a été organisée par lEspace Mendès-France de Poitiers dans le

cadre dun cycle dédié aux nouvelles technologies de la communication et de

linformation ; la communication na pas été publiée à ce jour).
 
 

La documentation au service de lacte dapprentissage à lheure dInternet., par

M.Jean-Louis DURPAIRE, Inspecteur dAcadémie, directeur du C.R.D.P.,

(29/01/98)
 
 

Documents consultables uniquement sur Internet

DUBOIS Laurent, Internet à l'école primaire ? http://www.edunet.ch/classes/c9/didact/edu.htm
 
 

Ecole Lamastre, Mise en uvre de l'informatique scolaire

http://www.inforoutes-ardeche.fr/~ec-lampr/pedagogie/pedagogie.html
 
 

RISSO Jacques, Un ordinateur dans la classe, pourquoi faire ?

http://perso.wanadoo.fr/lencrier/risso.htm
 
 

RUTAR Pascal, Bilan d'un pionnier d'Internet

http://perso.wanadoo.fr/lencrier/fermetu.html
 
 

TORTON Samuel, 25 élève et 1 ordinateur...Oui, mais comment?

http://www.cri.cc-pays-de-gex.fr/documentation/7-dossiers/1pc-25eleves/25-eleves-et-1-ordinateur.PDF
 
 



REMERCIEMENTS


 






Je tiens ici à remercier en premier lieu mon directeur de mémoire, M. Olivier LASSAGNE, de même que Mmes Jeannine RAPIN et Françoise DAVIGNON, conseillères pédagogiques, et M. Thierry AUDOUSSET, maître d'accueil temporaire, qui, par leurs conseils et remarques, m'ont aidé à mener ce projet à bien.

Il me faut également remercier mes collègues professeurs des écoles stagiaires, Mlle Emmanuelle NOBLET et M. Bertrand PROUX, qui ont eu l'amabilité de me faire part de leurs expériences et idées.

Enfin, je fais part de mes remerciements à Mme Marie-Lise BEUROIS, que j'ai remplacée durant mon stage, et qui m'a permis de revenir passer deux jours dans sa classe, afin de terminer mon projet, ainsi qu'à Muriel, pour son soutien et sa relecture éclairée.
 

Et maintenant, dites-moi ce que vous avez pensé de ce mémoire, en cliquant ici