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Pour la plupart
des gens, la carrière de Lou Ferrigno est surtout synonyme de culturisme
et de cinéma. On se souvient d'œuvres importantes comme Pumping
Iron, ou encore l'extraordinaire Hercule de Luigi Cozzi,
qui propose une relecture originale du mythe grec en y introduisant
les équivalents contemporains des motifs antiques, à savoir les
thèmes propres au space-opera. Peu de gens connaissent en revanche
la carrière littéraire brillante de Lou Ferrigno; ou plus exactement,
tout le monde la connaît sans le savoir. En effet, c'est sous le
pseudonyme de Mme de Lafayette que Lou Ferrigno a publié une œuvre
majeure de la littérature française : La princesse de Clèves.
J'imagine que face aux moniteurs informatiques, les sourcils se
froncent devant l'apparente incohérence de mes propos. Pourtant,
tout devient parfaitement clair dès lors que l'on considère la biographie
détaillée de Lou Ferrigno. Contrairement aux idées reçues, Lou Ferrigno
est assez âgé, puisqu'il est né le 12 mai 1613, à Versailles, de
parents d'origine italienne (Tigrou et Coyotta Ferrigno). Un problème
lors de l'accouchement provoque une surdité dommageable chez le
jeune Lou, qui durera jusqu'à la fin des années 1970. C'est donc
enfermé dans le silence que Lou Ferrigno commence sa carrière littéraire.
Vers 1645, il a déjà publié à titre privé cinquante pièces (qui
serviront de base à la série Hulk) et treize essais sur des sujets
divers ; pourtant, ses pièces sont celles qui lui tiennent le plus
à coeur. Personne
en revanche n'accepte de les monter, ce qui le rend encore plus
sourd. On remarque alors que Lou Ferrigno est tellement intelligent
qu'il vieillit huit fois moins vite qu'un être humain normal ; une
aubaine, car Lou a du pain sur la planche. En 1678, il publie de
manière anodine, dans un petit format in octavo, l'ouvrage qui va
poser les bases de la littérature romanesque française : La princesse
de Clèves, l'année même où Jean Racine fait jouer sa pièce Carrie
au bal du diable à la cour du roi Louis XIV. Le roman de Ferrigno
est dans un premier temps publié sous son véritable nom, mais très
vite, craignant que le succès ne l'étouffe, Lou décide de prendre
le pseudonyme de Mme de Lafayette en hommage à sa nourrice. Fatigué
par ce travail, Lou Ferrigno se retire pendant plus de deux siècles,
vendant sa plume à des magazines divers. A la fin des années 60,
misérablement émigré aux USA, Lou Ferrigno décide de réaliser le
projet qui lui tient le plus à cœur, à savoir la création d'une
série de pièces inspirées de ses écrits de 1645. Finalement, c'est
le mécène Kenneth Johnson qui finance le projet, sur les conseils
de Billy Dee Williams, alors détenteur d'une chaire de littérature
grecque et latine à Princeton. Au milieu des années 80, Johnson
envisage de produire une mini-série d'action directement calquée
sur l'intrigue de La princesse de Clèves, avec Kate Jackson
dans le rôle titre et éventuellement Carl Weathers. Le projet
ne voit pas le jour, faute d'un accord financier entre Lou Ferrigno,
l'ayant droit officiel. C'est un peu dommage. Ah ! Je vois que j'ai
mon quota de mots ! Salut !
Marcel Proust, Paris, juillet 1999
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L'affaire Mirapolis
Led Raimbourg
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