The Marcel Proust Files

This Swann is gliding

THE MARCEL PROUST CONNECTION

Après avoir par inadvertance consommé une madeleine radioactive, Marcel Proust a été aspiré dans la spirale temporelle créée par la mise en abîme du Temps Retrouvé. Devenu de ce fait immortel, et après avoir fait croire à sa propre mort (le Marcel Proust que l'on connaît par les photographies n'était que le pantin du vrai Marcel Proust, ventriloque de génie dont le véritable visage demeure à ce jour inconnu), Marcel Proust a fait le coup de poing dans quelques séries télévisées (Le prisonnier, en 1968, Bonanza, 1959) avant de retourner à ses premières amours (les siennes et non celles de Swann), l'écriture. Il a accepté de collaborer aux premiers numéros de la non-zone comme enquêteur spécial, mais comme il n'est pas drôle, il se peut que notre collaboration cesse très rapidement. Les méfaits des rayons gamma sur les écrivains de génie


 

La princesse de Clèves, par L.F.

 
 

 

Pour la plupart des gens, la carrière de Lou Ferrigno est surtout synonyme de culturisme et de cinéma. On se souvient d'œuvres importantes comme Pumping Iron, ou encore l'extraordinaire Hercule de Luigi Cozzi, qui propose une relecture originale du mythe grec en y introduisant les équivalents contemporains des motifs antiques, à savoir les thèmes propres au space-opera. Peu de gens connaissent en revanche la carrière littéraire brillante de Lou Ferrigno; ou plus exactement, tout le monde la connaît sans le savoir. En effet, c'est sous le pseudonyme de Mme de Lafayette que Lou Ferrigno a publié une œuvre majeure de la littérature française : La princesse de Clèves. J'imagine que face aux moniteurs informatiques, les sourcils se froncent devant l'apparente incohérence de mes propos. Pourtant, tout devient parfaitement clair dès lors que l'on considère la biographie détaillée de Lou Ferrigno. Contrairement aux idées reçues, Lou Ferrigno est assez âgé, puisqu'il est né le 12 mai 1613, à Versailles, de parents d'origine italienne (Tigrou et Coyotta Ferrigno). Un problème lors de l'accouchement provoque une surdité dommageable chez le jeune Lou, qui durera jusqu'à la fin des années 1970. C'est donc enfermé dans le silence que Lou Ferrigno commence sa carrière littéraire. Vers 1645, il a déjà publié à titre privé cinquante pièces (qui serviront de base à la série Hulk) et treize essais sur des sujets divers ; pourtant, ses pièces sont celles qui lui tiennent le plus à coeur. Personne en revanche n'accepte de les monter, ce qui le rend encore plus sourd. On remarque alors que Lou Ferrigno est tellement intelligent qu'il vieillit huit fois moins vite qu'un être humain normal ; une aubaine, car Lou a du pain sur la planche. En 1678, il publie de manière anodine, dans un petit format in octavo, l'ouvrage qui va poser les bases de la littérature romanesque française : La princesse de Clèves, l'année même où Jean Racine fait jouer sa pièce Carrie au bal du diable à la cour du roi Louis XIV. Le roman de Ferrigno est dans un premier temps publié sous son véritable nom, mais très vite, craignant que le succès ne l'étouffe, Lou décide de prendre le pseudonyme de Mme de Lafayette en hommage à sa nourrice. Fatigué par ce travail, Lou Ferrigno se retire pendant plus de deux siècles, vendant sa plume à des magazines divers. A la fin des années 60, misérablement émigré aux USA, Lou Ferrigno décide de réaliser le projet qui lui tient le plus à cœur, à savoir la création d'une série de pièces inspirées de ses écrits de 1645. Finalement, c'est le mécène Kenneth Johnson qui finance le projet, sur les conseils de Billy Dee Williams, alors détenteur d'une chaire de littérature grecque et latine à Princeton. Au milieu des années 80, Johnson envisage de produire une mini-série d'action directement calquée sur l'intrigue de La princesse de Clèves, avec Kate Jackson dans le rôle titre et éventuellement Carl Weathers. Le projet ne voit pas le jour, faute d'un accord financier entre Lou Ferrigno, l'ayant droit officiel. C'est un peu dommage. Ah ! Je vois que j'ai mon quota de mots ! Salut !

Marcel Proust, Paris, juillet 1999


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L'affaire Mirapolis
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