Burkin@tmosphère : Fatigue et climat
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Fatigue et climat
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        Le 4 mars, retour en France. Paris : aéroport aseptisé. Dehors : paysage gris, métal, verre, ciel blanc et bleu mais très clair, presque transparent.

        Dans la voiture, pas de bruit, pas de trous dans la route. Sortie de Paris : paysage vert et bleu, climat doux. Ici, vision nette, car pas de fumée, pas de poussière, pas de voile devant les yeux.

         Mais pas seulement. Plus de poussière dans le nez, dans la respiration, dans la bouche, dans les bronches, sur la peau, sur la crasse. On avait une pellicule sur nous, à l'intérieur et à l'extérieur du corps.

         Sans compter la chaleur écrasante. Dès que nous sortions, nous étions écrasés par la chaleur, par la lumière, le jaune et le rouge, le feu, la transpiration, la poussière. Chaque mouvement étant calculé, car difficile, lourd.

        Dès mon arrivée en France, malgré la fatigue, qui aurait dû me clouer au sol, je me suis mise à voler. Même fatiguée, je pouvais gigoter dans tous les sens, sans me fatiguer vraiment.

        Impression en bleu et vert, froid et aseptisation, couleur froide, léger frais. Impression de fraîcheur en opposition au rouge et au jaune mais aussi au bleu dur d'Afrique et pas du tout transparent, mais dense.

         La France, ton pastel et inconsistant. Ton aquarelle, on peut passer à travers. Aujourd'hui, il pleuviote. Le lavage est à son comble. Je me sens légère, impression d'être là sans y être (pas de consistance) que je suis moi-même transparente.

        Je pense moins à mon corps, je l'oublie, il n'existe plus puisqu'il est devenu léger. Soulagement - retirer le fardeau. Là-bas, impression d'avoir un truc sur le dos. Un soleil de plomb, les épaules se courbent, notre poids augmente.

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         La lutte contre le climat implique une fatigue permanente, mon corps improvise, il n'est pas habitué. Comme un débutant qui n'a pas le geste et qui fatigue plus vite, car il cherche.

         Nous ne connaissons pas les gestes pour lutter contre le soleil, la poussière, la faim et la soif. Une foule d'atteintes directes ou indirectes que le corps doit contrer. Retour en France : renaissance, je me lave, je renais (physiquement).

        Renaissance mentale, spirituelle, psychique et philosophique là-bas, mais renaissance corporelle le jour de l'arrivée en France. En tout cas la conscience de renaître ce jour-là.

         Mais la renaissance s'était faite pendant ces trois semaines, lorsque je découvris un à un mes muscles et les parties de mon corps qui me semblaient lourdes.

        C'est l'arrivée en France et donc la disparition de ce corps lourd qui m'en a révélé l'existence. J'appris à ressentir mon corps, le poids de mon corps comme si j'avais oublié qu'il en avait un.

        Autrement qu'à travers une fatigue morale mais cette fois au travers d'une fatigue physique due au climat. Influence des lieux sur la fatigue. En revenant, comparaison entre les deux lieux. Relations entre ces lieux et mes fatigues.

 



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