Mano Solo Paroles Je sais pas trop
Mano
Solo
Je sais pas trop
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Te
souviens-tu
Te souviens-tu de cet enfant
et de ses yeux qui lui mangeaient le visage
Te souviens-tu des deux dents de devant
volées dans la nuit par toute une bande de
souris
Te souviens-tu de cet enfant
de sa panoplie de Zorro
de tout ce qu’il trouvait beau
De ses grimaces devant la glace
qu’on avait peur qu’il reste québlo
si les cloches sonnent
Je me souviens de rien maman
Plus j’avance et moins j’me retourne
Tu sais pour tout ça j’ai pas le temps
Tout s’efface et la roue tourne
Te souviens-tu de cet enfant
si petit mais déjà si chiant
Un ange malin petit diable hautin
qui de toutes ses facéties
ramenait toujours l’attention sur lui
Te souviens-tu de cet enfant
de notre amour si fort nos joies nos réconforts
nos millier de pourquoi
Te souviens-tu mon fils
Te souviens-tu de toi
Je me souviens de rien maman
Plus j’avance et moins j’me retourne
Tu sais pour tout ça j’ai pas le temps
Tout s’efface et la roue tourne
Te souviens-tu de cet enfant
quand son auréole s’allumait d’un sourire
dans la cour d’école voyant sa mère
venir
quand la tête entre deux mamelles
il disait maman t’es la plus belle
Je me souviens de rien maman
Plus j’avance et moins j’me retourne
Tu sais pour tout ça j’ai pas le temps
Tout s’efface et la roue tourne
Les
fées
Y’en avait des fées
autour de mon berceau
Y’en avait des fées
Des fées et des salauds
et tout ce beau monde
s’est battu pour moi
et j’ai tout pris les bons sorts
les mauvais sangs
ils ont donné tout en même temps
à ce petit corps maladresse et talent
Les farfadets de la misère
m’ont pris pour leur cimetière
venant déposer en moi
leur dernière lumière
leur dernier combat ont fini là
remplissants mon sourire nerveux
ils m’ont donné leurs dernières cartouches
ils comptent sur moi ils comptent sur moi
Au-dessous de mon berceau
volaient les anges
si beaux trop beaux pour être honnêtes
ils souillèrent mon cœur de leur fange
et percèrent ma peau de leurs flèches
je reste là Saint-Sebastien de l’amour
épouvantail à demoiselles
souffrance pourtant si belle
qu’elles tournent autour
La
liberté
La liberté se paie
d’un linceul de regrets
mais ai-je vraiment eu tort
Tous les chemins ne mènent-il pas à
la mort
qui n’échangerait pas cent ans d’ennui
contre trente cinq ans de vie
J’ai voulu voler pas voulu marcher
voulu réchauffé ma couenne de palier
J’ai joué avec le soleil
qui m’a cramé les ailes
mais je l’ai vu de si près
que peu de gens peuvent en dire autant
J’ai vécu si fort
que j’ai tué ce corps
fondu désintégré en plein élan
comme une statue éphémère
en suspend dans l’air
les plus belles femmes du monde
se sont penché sur mon cas au moins 5 secondes
J’ai été riche à millions
de tous ces petits corps si mignons
La liberté ou la mort
j’aurai eu les deux
La liberté ou la mort
c’est mieux que finir vieux
J’ai joué avec le soleil
qui m’a cramé les ailes
mais je l’ai vu de si près
que peu de gens peuvent en dire autant
La liberté ou la mort
j’aurai eu les deux
La liberté ou la mort
c’est mieux que finir vieux
Sens-tu
Les anges aux dents cariées
n’attendent rien d’un sourire
Les anges aux poches percées
n’ont que leur grappin pour pas mourir
Tu verras qu’on s’en sortira
sans devenir durs comme du bois
nous porterons nos montagnes
on se rencontrera
N’aies pas peur viendra le jour et l’heure
en douceur la vie soufflera ses vraies couleurs
Sens-tu que l’amour est en moi
que mon cœur te montre du doigt
Sens-tu cette liberté nouvelle
débarrassée d’un fantôme cruel
Vois-tu la beauté dans mes yeux
quand ils s’éclairent de ta lumière
Vois-tu la paix que tu leur confère
quand mon poing s’ouvre enfin
N’aies pas peur viendra le jour et l’heure
en douceur la vie soufflera ses vraies couleurs
Vois-tu ta joie dans les larmes
d’un combattant que tu désarmes
fourbu de fourbir chaque soir
ses rasoirs pour trancher dans le noir
sais-tu que tes bras
seront tout un monde
où réchauffer mes guerres
Sais-tu que tes bras
seront pour moi tout un monde
Ou peut-être enfin
je pourrais me taire
N’aies pas peur viendra le jour et l’heure
en douceur
Le
drapeau
Ca fait des mois
que je t’attends
tant et tellement que j’attendais plus
j’étais presque mort
j’ai fait milles fois dans ma tête
le Picasso de ton portrait
un œil par ici une oreille par là-bas
tu paraissais d’un autre monde
mais j’étais loin de me douter
cette couleur sur ta peau
la même que quand on ferme les yeux
parce que tout va bien
couleur que portent les hommes comme moi
couleur d’anarchie de pirate
tu seras le drapeau et moi la tête de mort
et nous claquerons dans la brise
au milieu des cris d’oiseaux
dans cette vie qui s’amenuise
nous résisterons jusqu’au dernier lambeau
Tu es si jolie
Je ne sais quoi te dire
j’ai dans la bouche
une colonie de cafards
et si je l’ouvre
ils se jetteront sur toi
pour manger dans ton regard
jusqu’à la moindre lueur d’espoir
tu es si jolie et moi je suis si noir
Derrière ma peau il fait nuit froide
putain pourtant j’ai la fièvre
je me suis vu tout contre toi
à noircir ma bouche sur ta peau
mais toi peut-être ne vois-tu là
qu’un petit crapaud blanc qui te fait de l’œil
couvert de pustules venimeuses
et qui fume tant qu’il explose
mais j’ai vu dans le noir comme un chat
que tu étais belle à en mourir
mais j’ai pas vu ton cœur bondir
ni ta peau crier vers moi
Tu es si jolie
Ca
n’a pas marché
Alors ça n’a pas marché
tu ne m’as pas laissé
l’ombre d’une chance
d’être vivent
pour toi je suis déjà mort
et tu ne veux t’approcher
voir ce cœur décomposé
et c’est mon cadavre qui rentre chez moi
ravaler son envie de pleurer tristement
mais il n’y a plus de rivières dans ce corps
sur cette terre je suis déjà mort
je ne pleure ni ne ris
alors que mon espoir s’enfuis
j’avais caressé des deux mains
l’idée que nous aurions pu nous aimer
J’ai remis de la paille sur mon feu
et brasier au fond de mes yeux
mais tu n’as vu là que vision d’enfer
une camarade en pleine prière
sur cette terre je suis déjà mort
pourtant tu sais-je bande encore
je bande encore
j’ai plus de forces qu’il n’en faut
pour te prendre dans mes bras
j’aurai voulu déposer sur ta peau
toute cette tendresse en moi
quand je pose les yeux sur toi
Janvier
Janvier à ma fenêtre
je regarde la rue
où sont plantés les êtres
un rayon de soleil ne serait pas superflu
au balcon de mon deux pièces
je fume en hiver
en crachant de bons vieux glaires
comme j’aurai craché le noir de ma nuit
comme j’aurai craché la haine ou l’amour
comme le fit ma mère en me crachant moi
Janvier à ma fenêtre
à mes pieds se dégorge le monde
je sais qu’en bas au coin
quelque chose m’attend ou bien quelqu’un
les gens m’aiment parce que je suis triste
alors pourquoi ils veulent que je change
et les gens m’aiment parce que je suis seul
et les gens m’aiment parce que j’ai mal
et les gens m’aiment parce que je meurs à
leur place
en quelque sorte
Drôle d’histoire j’y comprends rien
Janvier à ma fenêtre
je tire le rideau
rien sera plus jamais beau
Les gens qui vivent autour de moi
savent bien à quel point je t’aime
ils ne voient pas bouger mes lèvres
mais ils savent qu’elles parlent de toi
Les gens qui vivent autour de moi
ne me demandent plus à quoi je pense
ils savent que je vis un monde de glace
ils savent que leur sourire
ne réchauffe que son porteur
ils savent que jamais plus
tu me tendras la main
ils voudraient bien que je t’oublie
que je les aime autant que tu me fais la gueule
les gens qui m’aiment sont bien seuls
et moi je suis bien tout seul avec
tous ces gens qui m’aiment
tous ces gens qui m’aiment
Il
m’arrive encore
Il m’arrive encore de temps en temps
de sortir voir s’il y a des enfants
Il m’arrive encore des mariages soudains
frôlés dans la rue le temps d’un parfum
Il m’arrive toujours de leur faire l’amour
De mentir un instant
Il m’arrive encore de pleurer sur mon sort
d’avoir peur de la mort mais je suis vivant
Il m’arrive encore de penser à toi
de poser mes yeux morts sur le souvenir de ton corps
Il m’arrive encore de rire de moi
d’oublier tous les torts tous les remords
Il m’arrive encore de pleurer sur mon sort
d’avoir peur de la mort mais je suis vivant
Il m’arrive encore des matins de soleil
Après des nuits sans sommeil
Reput de lune et de miel
Il m’arrive encore de les trouver belles
Il m’arrive aussi d’être cruel avec elles
Il m’arrive encore
de pleurer sur mon sort
d’avoir peur de la mort
Mais je suis vivant
Que
reste-t-il à vivre
Que reste-t-il à vivre
qui ne soit pas déjà sali
piétiné par l’histoire
Que reste-t-il à savoir
n’en avons nous pas
les mais trop pleines
de tout ce que l’homme peut croire
Que reste-t-il à vivre
pour atteindre enfin
la béatitude du dégout
Tout bas tout s’en va
tout qui nous file entre les doigts
Que reste-t-il à vivre
les hommes aboieront-ils encore
quand les chiens seront tous morts
De quelle chape de plomb
se tailleront-ils de nouveaux poumons
comment brûleront-nous demain
ces tours de fer et de verre
de quelle charrue pourra bien renaître la terre
Tout bas tout s’en va
tout qui nous file entre les doigts
Que reste-t-il à suivre
qui ne soit pas le dernier maillon
de la grande chaîne des pièges à
la con
n’avons nous vraiment rien à apprendre
de tous ces gens qui se sont fait descendre
allons-nous longtemps laisser les urnes
se remplir de peste brune
Tout bas tout s’en va
tout qui nous file entre les doigts
Tout bas
Je
suis venu vous voir
Je suis venu vous voir
avant de partir
y’avait personne
ça vaut mieux comme ça
je savais pas trop quoi vous dire
croyez pas que je vous abandonne
même si encore une fois
je vous laisse le pire
les larmes qu’on verse
sur la mort d’un homme
adieu mes amis
je me serais bien battu encore
Adieu mes amours priez pour moi
toi que j’aime que j’ai aimé
compagnon d’un jour ou d’une année
déjà tu sais que dans mon cœur même
moisi flotte encore violence et tendresse
mon existence ne tient pas qu’a ma graisse
je suis esprit avant d’être un corps
je suis mort mais rien n’est fini
il reste ma voix et bien peu d’écrits
J’avais surtout une grande gueule
pour chanter des chansons d’amour
pour Paris sur la petite scène du tourtour
Mes amis ne pleurez pas
le combat continue sans moi
tant que quelqu’un écoutera ma voix
je serai vivant dans votre monde à la con
Avec du sang plein les orbites
et même du plastique sur la bitte
je vais sûrement être recalé
à l’examens du Grand Sage
mais j’en profiterai quand même
pour lui dire ce que j ‘en pense
de l’existence cette engeance
et s’il ne voit pas que je suis un ange
alors qu’il change de boulot
et s’il veut moi je prends sa place
y’aura des filles et de la ganja
des passions sans limites
nous nous battrons des ailes
et nous volerons bourrés
nous mangerons des pommes envenimées
et nous cracherons le mal comme un pépin
nous serons sincère comme jamais
nous serons beaux pour ça.
Je suis venu vous
voir avant de partir
y’avait personne
ça vaut mieux comme ça
je savais pas trop quoi vous dire
croyez pas que je vous abandonne
même si encore une fois
je vous laisse le pire
les larmes qu’on verse
sur la mort d’un homme
adieu mes amis
priez pour moi
C’est
plus pareil
J’ai tellement parlé de la mort
que j’ai cru la noyer
la submerger de ma vie
l’emmerder tant et tellement
quelle abandonne l’idée même
de m’emmener avec elle
j’ai tout essayé j’ai peint j’ai hurlé
j’ai pénétré le pays entier
je lui ai dit c’est pas possible
je suis trop petit pour mourir
J’y ai cru tout le monde y a cru
et puis un matin c’est plus pareil
au pied de ton lit ça ricane
et se secoue le paquet dos
et ça fait une petite musique
et ça te regarde de toute sa sale gueule
et ça te dit ca va ?
Faut que t’y passes
comme tout les autres
t’as pu blouser les hommes
mais pas ton destin
t’as noyer le poisson
mais son odeur dégueulasse
ne t’as jamais quitté
C ‘est un long voyage
cette pensée sur des années
Tous ces sentiments qui vont
et viennent en hurlant
ils repartent en rampant
et reviendront plus fort
alors la nuit se réveille
les peurs et les cris
tout ce qu’on ravale
et tout ce qu’on planque
tout ce que l’on ne veut pas voir
mais le rêve ne sait mentir
et la nuit m’épuise
Je suis là je marche mes trente-quatre ans
je me demande combien de fois
une vie peut-elle basculer
de combien de naufrages
peut-on se retrouver chié
épuisé sur une plage aux vapeurs mortelles
de marée noire je suis là salut toubib
je suis sur la route
la mauvaise pente comme toujours
tout ça c’est pas beaucoup mais
on fera avec
J’ai passé ces années sans phare
échouant sur mille récifs
j’aurais bu toute cette mer
de la planète des femmes
j’ai rallié mon île à d’entiers
continents
baragouinant mon idiot idiome
espérantiste la langue du baiser
j’ai passé ces années du suie
à faire la cheminée
attrapant au passage dans la fumée
l’histoire de ce feu en moi
dévorant comme le renard du petit spartiate
j’ai passé ces années de vent
un voile dans le sourire
à tempêter dans le courant ascendant
plus haut que mon cul
dispensant mon odeur aux alizés
Novembre
Je me dois d’un poème
en cette journée
de novembre à la con
je me dois d’une lutte fut-elle minuscule
je me dois d’un crachat je me dois d’un éclat
je me dois d’un souffle sur ce monde entier
qui se refuse à moi je me dois ta conquête
ça m’aurait plu d’écrire une chanson
d’amour
qui ne soit pas qu’une douleur
ça m’aurait plu de pendre à ton cou
un petit sourire de vainqueur
peut-être même que mon discours aurait
changé d’odeur
et les gens se seraient dit tiens pour une fois
qu’il ne chiale pas sa mère celui-là
Je me dois d’un poème
en cette journée de novembre à la con
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