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Mémoire professionnel
Lambin Vincent
CAAPSAIS option C
CNEFEI de Suresnes
année 1997/1998
SOMMAIRE
Introduction
I ] Problématique
I-1 Internet ?
1-1-1 ) Un bref historique
1-1-2 ) Les écoles
1-1-3 ) Que faut-il pour se connecter ?
1-1-4 ) Les masses d'informations
I-2 Travailler sur l'écrit
1-2 Son rapport avec la langue
1-2-1 ) Lecture
1-2-2 ) La production d'écrit
1-3 Son rapport avec la communication
1-4 -2 ) Travailler en équipe
1-4 Son rapport au groupe.
1-4 -1 ) Travailler avec l'ordinateur
1-5 Le rapport aux technologies d'information
et de communication
1-5 -1 ) Le matériel
1-5 -2 ) Le logiciel
1-6 Un projet de production d'écrit
II ] Mise en place dans la classe: difficultés
rencontrées, remédiations
2-1 ) Introduction du projet
2-2 ) La première écriture
2-3 ) Structurer son récit dans le temps
2-4 ) Les changements de noms
2-5 ) La réécriture
2-6 ) La présentation de l'ensemble
et la relecture
2-7 ) Finaliser la production
2-8 ) La publication sur Internet
2-9 ) Les retours et les contacts
III ] Analyse des résultats
3-1 ) La production d'écrits par ordinateur
3-2 ) Intérêt pédagogique
3-3 ) Socialisation et autonomie
3-4 ) Perspectives, propositions
Conclusion
Bibliographie
Annexes.
Remerciements à Sonia Jacob, institutrice à l'hôpital de l'Institut
National de Rééducation
de St Maurice.
La partie pratique de ce mémoire a été réalisé
dans la classe de CM de L'I.N.R. St Maurice.
Cette activité a été mené en plus de l'atelier pédagogique
hebdomadaire du CNEFEI de Suresnes.
La durée de l'intervention, s'est faite sur une dizaine de séances
à l'I.N.R. St Maurice.
L'évolution de notre société offre une place de plus en plus
importante aux nouveaux
moyens de communication, à l'heure où les Instructions officielles
de 1995 nous incitent, en restant dans le cadre de l'enseignement des champs disciplinaires
au cycle des approfondissements, à approcher les principales fonctions des
micro-ordinateurs, parmi lesquelles la communication.
En parcourant le réseau Internet, il arrive que l'on rencontre le fruit de
travaux scolaires visant un tel objectif, sous la forme de pages élaborées
par des classes d'écoles primaires, et présentant les élèves,
leurs centres d'intérêt, les dossiers déjà conçus
et les projets qu'ils aimeraient mener. Ces sites Internet leur fournissent en outre
une adresse électronique, et servent ainsi de support à des correspondances
interclasses.
Mais l'utilisation de l'informatique semble modifier l'approche traditionnelle de
la production d'écrit. Quels peuvent être les apports et les spécificités
d'une telle démarche ?
La production d'écrit et la correspondance scolaire par le biais de l'outil
Internet présente-t-elle un réel intérêt pédagogique?
Un sous objectif de ce mémoire est d'étudier l'impact de l'utilisation
de Internet dans une classe de handicapés moteurs.
I ] Problématique
A la suite de plusieurs années de travail dans l'éducation spécialisée
( j'ai travaillé un an en S.E.G.P.A., un an en I.M.E. et un an en C.R.F.),
je me suis aperçu que les enfants de l'A.I.S. avaient de gros problèmes
à s'exprimer en langue française. De plus les handicapés moteurs
avaient souvent un retard scolaire car les rééducations et l'école
se partagent leurs emploi du temps.
L'idée de travailler sur le moyen de donner à ces enfants une possibilité
de mieux connaître et découvrir leurs environnement m'est venue. C'est
alors que j'ai commencé à réfléchir sur la notion :"
les aider à découvrir la création et la production d'écrit
".
Travailler sur les activités de français, aussi bien écriture
que lecture, les deux étant liées, m'a tout d'abord amené à
penser aux moyens à mettre en oeuvre pour motiver les enfants.
De là, je me suis orienté vers l'utilisation de l'informatique dans
la production d'écrit. Puis m'est venue une idée complémentaire
: exposer les productions écrites sur internet pour les motiver.
Cette nouvelle idée avait l'avantage que l'on ne peut plus dans notre société
se passer de
l'écrit. En fait le niveau demandé aux personnes dans notre société
est de plus en plus élevé. On demande de savoir rédiger. Lire
et écrire sont devenus des outils indispensables.
De là viennent les questions :
Comment faire écrire les enfants ?
Que faut-il leur donner comme base pour débuter ?
Sur quel support travailler ?
Savoir rédiger mais pour quoi faire ?
Comment les motiver à produire des écrits ?
Au cours de mon expérience professionnelle, j'ai remarqué un engouement
des élèves pour le travail sur ordinateur. Est-il possible de concilier
les deux : la production d'écrit et une utilisation intéressante de
l'ordinateur ?
Avec les handicapés moteurs, on travaille souvent sur les outils informatiques
du fait de leur impossibilité d'écrire à la main.
Comment varier les supports pour garder une attention au sujet en cours ?
Quelle notion d'apprentissage aborder pour bien structurer la démarche de
production de textes en langue française et se l'approprier ?
Quelle est la place de l'enseignant dans cette approche ?
Dans cette optique, il sera intéressant d'étudier le rapport des élèves
avec l'écrit.
Une fois l'apprentissage de base effectué, observer et apporter aux élèves
une aide spécifique.
Est-ce qu'il est productif de travailler sur leurs travaux de correspondances, ou
bien sur leur projet ?
Le tout avec l'enseignant qui resterait en satellite, sans perdre de vue l'acquisition
de connaissances en français à chaque fois que cela sera possible.
En fait, laisser les élèves maître de leur investissement, pour
accentuer la motivation.
Est-ce que cela permettra, grâce aux échanges que l'on envisage de faire
par courrier électronique, de pouvoir travailler tous les champs du français,
de l'écrit?
Est-ce que la publication des travaux de la classe sur le " WEB " apportera
une aide pour les élèves, une plus grande qualité de production
de l'écrit ?
I-1 Internet
?
Internet est le nom donné à un réseau mondial de communication
entre ordinateurs.
1-1-1 ) Voici un bref historique :
1957-1969 LA PREHISTOIRE D'INTERNET
Tout commence en 1957, quand le Département américain créé
l'Arpa, un organisme de recherche militaire. En pleine guerre froide, l'Arpa se préoccupe
notamment de mettre au point des réseaux de communication capables de rester
opérationnels en cas de destruction partielle.
En 1962, une étude réalisée pour le compte de l'US Air Force
énonce ainsi l'idée générale des réseaux décentralisés
et maillés: Relier chaque centre de calcul de l'armée à tous
les autres, plutôt que d'avoir une tête qu'il suffirait de neutraliser
pour interrompre les communications. Parallèlement, la recherche sur les réseaux
dits "à communication de paquets" aboutit à la fin des années
60.
En 1969 naît Arpanet, l'ancêtre d'Internet. L'université californienne
Ucla s'y connecte aussitôt, bientôt suivie par d'autres facultés.
LES ANNEES 70 LA DEFINITION DES REGLES DU JEU
Les possibilités entrevues lors de ces premiers essais débouchent en
1972 sur la création de l'Internet Working Group, présidé par
l'universitaire Vinton Cerf. En 5 ans, cette organisation définira les grands
protocoles (c'est à dire les règles qui permettent aux ordinateurs
de se parler) concernant, notamment, les transferts de fichiers et la messagerie
électronique. De même, en 1979, apparaît le 1er protocole créant
les "Newsgroups" ces groupes de discussion thématiques alimentés
et consultés de n'importe quel point du réseau.
Dès lors les principales fonctions d'Internet sont en place, mais elles restent
cantonnées dans les universités américaines.
LES ANNEES 80 L'EXTENSION GEOGRAPHIQUE : La France se dote, avec le Minitel, d'un
réseau centralisé, à l'opposé des principes d'Internet.
Internet oublie ses origines militaires : en 1983 le Pentagone quitte Arpanet et
se replie sur son propre réseau, Milnet. En raison de l'augmentation de la
puissance des ordinateurs et de la vitesse des transmissions, ce sont des réseaux
locaux entiers qui se connectent maintenant aux autres. Surchargé, Arpanet
est en 1986, supplanté par NSF-NET (Réseau de la National Science Foundation,
une agence gouvernementale destinée à financer la recherche).
Mais ce nouveau venu est, rapidement, dépassé à son tour.
Dès 1987, sa gestion est confiée à l'exploitant du réseau
universitaire du Michigan, en partenariat avec les géants IBM (informatique)
et MCI (télécommunications) car les "tuyaux utilisés"
sont les lignes téléphoniques.
Objectif: Développer Internet au delà du monde universitaire. Le réseau
Internet quitte ainsi son berceau américain pour arriver en Europe en 1988.
Le 28 juillet, l'Institut National de Recherche Informatique et Automatique (INRIA)
devient le premier site Français connecté.
1989-1994 LE GRAND PUBLIC ACCEDE A INTERNET
Depuis la fin des années 80, plusieurs innovations ont facilité l'utilisation
du réseau. En 1989 le Centre Européen de Recherche Nucléaire
(CERN) à Genève s'est doté du "World Wide Web" . Ce
système de présentation des serveurs d'informations sous forme de documents
"hypertextes" (offrant un accès direct à d'autres documents)
permet de "surfer" d'un site à l'autre. Depuis 1993, grâce
aux logiciels Mosaïc puis Netscape et Explorer, se promener sur le réseau
est un jeu d'enfant.
Entre temps, le thème des autoroutes de l'information est devenu à
la mode. D'ailleurs en 1992, le vice-président américain Al Gore y
consacre un grand discours.
DEPUIS 1995 L'EXPLOSION...
1997 : INTERNET 2
Le gouvernement américain met en place un nouveau réseau permettant
un débit de 2,4 gigas octets/secondes.
1-1-2 ) Les écoles
En 1997, les premières pages des écoles ont fait leur apparition. En
septembre, en consultant un moteur de recherche ( altavista ) avec le mot clé
" école", je n'avais eu comme réponse à l'époque
que 300 mentions du mot sur une recherche mondiale, mais en décembre, il y
avait déjà près de 27 000 réponses au mot école.
De toute évidence, les pédagogues s'intéressent au réseau
Internet.
L'utilisation d'Internet bouleverse déjà le fonctionnement des écoles
et des universités, en ouvrant des possibilités illimitées d'accès
aux connaissances, en autorisant tous les échanges et en permettant des innovations
pédagogiques dès l'école primaire. Mais le Web n'est pas la
solution miracle aux problèmes d'éducation.
Quel sera le rôle d'Internet dans l'enseignement ?
Aux Etats-Unis, Internet est un outil déjà largement utilisé,
la plupart des établissements scolaires et des dizaines de millions de foyers
sont équipés. Mais, pour l'instant, à l'école comme à
la maison, Internet sert essentiellement au courrier ( email ) et à des recherches
dans les bases de données, alors qu'il a pourtant un autre usage : l'accès
aux personnes : l'équivalent du téléphone en direct ou en différé.
Un accès qui peut se faire par la voix et l'image. En fait, le grand apport
d'Internet dans l'enseignement sera de permettre cette mixité, conversation
et accès aux données.
Les bases de données ne sont pas en elles-mêmes suffisamment explicatives
et elles contiennent énormément d'informations, plus ou moins élaborées,
plus ou moins vérifiées, plus ou moins à jour. Elles nécessiteraient
- surtout dans le cadre de l'enseignement - d'être complétées
par des explications, qui pourraient être fournies par des personnes intervenant
sous la forme de conversations en ligne, comme dans les forums. On peut donc imaginer
que des élèves, avec ou sans leur professeur, appellent des personnes
sur le Net pour obtenir des commentaires sur certains sujets.
En réalité, Internet devrait faciliter le déplacement de l'enseignement
vers une relation mentor-élève, où les professeurs deviennent
des compagnons pour la découverte éducationnelle de l'enfant. Les enfants
les plus isolés en milieu rural auront accès aux mêmes univers
de la connaissance que ceux qui habitent dans les quartiers favorisés. On
aurait ici un moyen d'accès démocratique à l'information si
tout le monde était équipé de micro-ordinateur et familiarisé
avec cet outil.
La possibilité pour les maîtres des réseaux d'aides, de suivre
les travaux de leurs élèves à distance, semble désormais
possible. Mais cette éventualité ne concerne que la correction de travaux
ou la réponse à des questions dont l'élève aurait besoin
dans l'immédiat.
C'est la grande force d'Internet.
Gérard PUIMATTO et Robert BIDEAU, dans "Comment informatiser l'école
? ", expliquent : "Les technologies d'Internet marquent incontestablement
un tournant dans les pratiques télématiques. Elles garantissent d'abord
une totale indépendance entre le support, le transport et les services, ce
qui permet d'assurer une continuité internationale du service. En outre, les
applications concernées font preuve d'une efficacité et d'une convivialité
inconnues jusqu'à ce jour dans le domaine de la télématique.
Enfin ( mais est-ce étonnant si on tient compte de l'origine universitaire
d'Internet ) les applications proposées sont extraordinairement adaptées
à nos besoins : messageries et listes de diffusion pour travailler à
plusieurs sur un même projet, groupes de discussions pour les débats
entre spécialistes, et enfin le "Web" pour publie les informations.
Trois niveaux indispensables pour créer les conditions d'une nouvelle productivité
électronique. " (p 248, comment informatiser l'école ? )
1-1-3 ) Que faut-il pour se connecter
?
Pour se connecter à Internet et au World Wide Web ( sa représentation
graphique) un micro-ordinateur doté d'un modem, lui-même relié
au réseau téléphonique, constitue l'équipement de base,
du moins dans l'attente de la disponibilité commerciale d'équipements
plus simples et moins coûteux tels que les " Network Computers "
(NC), ordinateurs dépouillés de leurs périphériques ou
des " Web Phones ", téléphones de haut de gamme dotés
d'un écran et d'un clavier. Cet ordinateur, qui peut être un PC , un
Macintosh ou un AMIGA, ne doit pas être nécessairement de la toute dernière
génération mais ses performances conditionnent grandement sa souplesse
d'utilisation.
1-1-4 ) les masses d'informations
Comment s'orienter dans ces masses d'informations ?
Pour l'internaute, repérer l'information est effectivement l'une des premières
difficultés. Mais, même quand il l'a trouvée, il ne sait pas
quelle en est la portée réelle. Le vrai problème, c'est celui
du choix. Quand on achète le livre d'un éditeur, on sait qu'un travail
de choix a été réalisé par ce dernier et l'on s'appuie
sur son image de marque, qui garantit un certain niveau de qualité. Avec Internet,
ce n'est pas du tout le cas. On n'a aucune garantie sur le sérieux des informations.
Une des fonctions essentielles à développer, c'est le " guidage
" de l'utilisateur.
Il y aura sur Internet des sites de référence, des sites guides. Des
éditeurs électroniques diront : " Si vous pensez que notre site
est de qualité, nous vous recommandons d'autres sites qui offrent le même
niveau d'intérêt et de sérieux. "
Internet va être utilisé, d'une part, pour la recherche d'informations,
d'autre part, pour l'insertion de ces informations validées dans des "
productions " - c'est-à-dire des commentaires, documents, présentations
multimédias, etc. Ainsi, dans les écoles françaises, on voit
de plus en plus d'essais réalisés sur ordinateur à partir de
textes et d'images produits en interne par la classe mais aussi téléchargés
depuis l'extérieur. L'étape suivante consiste à envoyer ces
créations sur le Net, où elles seront affichées et consultées
par d'autres classes.
Cette technique devrait connaître en effet un développement considérable.
Les écoles, voire peut-être toutes les classes, auront des pages d'accueil.
Certains des produits imaginés par les élèves, dans leur classe
ou même avec des camarades d'autres établissements seront édités
sur le réseau.
L'intérêt de cette multi-composition, c'est que tout fera partie du
domaine public. Les travaux pouvant être lus par tout le monde; l'école,
la classe, l'élève ne voudront pas sortir des oeuvres de qualité
médiocre. Les élèves feront probablement plus attention à
leur travail que lorsqu'ils écrivent uniquement pour leur professeur. Cette
potentialité d'affichage est un outil extraordinairement puissant pour les
maîtres, quant à l'exigence de qualité du produit final.
I-2 Travailler sur l'écrit
Quelle démarche adopter pour travailler sur les écrits ?
On peut travailler sur un petit nombre d'écrits que l'on considère
comme exemplaires et à propos desquels on estime pouvoir mettre en place le
maximum d'éléments utiles et pouvoir les réinvestir. Mais cette
position a ses limites, on travaille souvent avec les mêmes types de textes.
Une deuxième option serait d'écrire le maximum de textes diversifiés.
On aborde ainsi tous les types de textes.
Quels sont les différents types de textes ?
- Le texte narratif, c'est le type à l'architecture la plus codée,
il se caractérise par une succession d'événements, organisée
en une intrigue en plusieurs étapes, autour d'au moins un acteur humain, le
tout doit être susceptible d'être compris et évalué globalement.
- Le texte descriptif a une architecture moins codée. Il peut se définir
comme la mise en scène d'un lieu, d'un personnage, d'un objet. Cette architecture
se caractérise par un thème, des propriétés, des situations
dans l'espace et le temps. Son organisation comprend des plans énumératifs,
temporels ou spatiaux.
- Le texte explicatif a une codification plus floue, fondée sur le "comment
?" ou le "pourquoi", qui se caractérise notamment par le passage
d'un schéma initial à un problème, à une explication
et à une conclusion.
- Le texte argumentatif a une architecture plus souple que celle du récit,
consiste en la construction d'un texte visant à modifier les représentations
ou les opinions du destinataire à propos d'un objet du discours, démontrant
ou réfutant une thèse.
- Le texte dialogal est sans doute encore moins structuré. Il consiste en
une coconstruction, en une succession d'échanges hiérarchisés,
avec des phrases d'ouverture et de clôture marquées par des formules
rituelles et des phases de transactions.
Les problèmes de la pédagogie de l'écriture:
Les objectifs de l'enseignement du français écrit sont bien connus.
- favoriser la complémentarité de la lecture et de l'écriture
dans le processus d'élaboration de la production d'écrit.
- inciter l'élève à réviser son texte.
- amener l'élève à s'interroger sur l'orthographe des mots.
- faire développer des automatismes pour l'application des règles de
grammaire.
- exiger de lui des textes " convenables " du point de vue de la grammaire
et de
l'orthographe.
- promouvoir la pratique de l'écriture en dehors des cours de français.
I-2 Son rapport avec la
langue
Les Instructions Officielles précisent, dans le cadre du cycle des approfondissements,
que l'élève sera conduit à " multiplier les occasions de
manier , pour faciliter les activités de communication, une langue au fonctionnement
maîtrisé " . Tout projet d'écriture est l'occasion de faire
retrouver à la langue, de manière très explicite, cette finalité
d'outil de communication. C'est même un des objectifs premiers. Précisons
le caractère particulier du type d'écrit utilisé : le courrier
électronique et la publication des écrits sur le Net.
Par sa spécificité, l'outil Internet et le message électronique,
bien qu'appartenant au monde de l'écrit, possèdent une structure temporelle
proche du dialogue et des pratiques linguistiques orales. En effet, la rapidité
d'échange, mais surtout les contraintes de lisibilité impliquant des
textes brefs et ne comportant souvent qu'une seule idée, induisent un comportement
semblable par quelques traits à celui qu'on peut adopter lors d'une conversation.
Les possibilités des logiciels de communication actuels permettent même
de faire parvenir le même message à plusieurs interlocuteurs, d'où
la création de véritables discussions.
I - 2 -1) Lecture
L'utilisation de l'informatique entraîne de surcroît un mode de lecture
particulier. Le seul espace de travail est celui de l'écran, très petit,
et à travers lequel on communique avec des logiciels à l'interface
de plus en plus visuelle, dont les commandes sont déclenchées par des
icônes (représentation, symbole de l'action à effectuer). L'utilisation
de ces petits dessins, très intuitive, permet à l'enfant, par une lecture
d'image, " d'agir, d'exécuter une consigne. "
Le message électronique possède une superstructure très proche
de la lettre, même si, comme on le verra, une partie des éléments
de la silhouette est prise en charge par le logiciel de communication :
De manière plus concise et plus assistée que la lettre, par sa structure
rigide, le message permet donc à l'enfant d'entrer dans l'écrit en
utilisant ses indices externes. La brièveté des contenus peut de plus,
dans un premier temps, permet à l'élève d'embrasser la globalité
de l'écrit sans éprouver de lassitude ou être submergé
par un texte trop important.
Yves Reuter site dans " enseigner et apprendre à écrire "
: " Une idée maîtresse de la didactique du français à
l'heure actuelle s'élabore et se précise: si lire peut aider à
écrire, écrire peut aider à lire." ( p 33)
I -2 -2 ) La production d'écrit
Au fur et à mesure de la progression dans la maîtrise de l'outil, viendra
pour l'élève le besoin d'étoffer ses idées, de les préciser,
de complexifier l'écrit.
Le travail commencera, le plus souvent par un brouillon, où l'élève
écrira ses premières
idées. Puis, il passera sur traitement de texte ( cette étape peut
être très courte quand il en a pris l'habitude ).
Les logiciels de messagerie électronique ne sont souvent pas suffisamment
élaborés pour permettre, de manière lisible, la création
d'autres textes que des messages courts à la présentation sommaire,
et dans le cas d'une production plus travaillée, on sera amené à
utiliser un traitement de texte dont on " attachera " le fichier produit
à un message d'accompagnement.
Fortement liée à ce qu'on a déjà pu dire sur la situation
de lecture, la production d'écrit par ordinateur, que ce soit pour l'élaboration
d'un courrier électronique ou par l'usage plus général d'un
traitement de texte, offre, en outre, en milieu scolaire, des particularités
remarquables :
En 1987, Rachel Cohen, après deux ans de recherche au sein du Groupe Apprentissage
du Centre Mondial Informatique, affirmait que le logiciel de traitement de texte,
en simplifiant le travail de correction et de retranscription des compositions, réduisait
la résistance des élèves face aux tâches d'écriture.
Elle argue de plus : l'introduction de l'ordinateur dans l'utilisation du "
langage écrit " permet, en modifiant le milieu, en l'enrichissant, d'inciter
l'enfant à rechercher des modes d'adaptation nouveaux lui permettant de faire
face à de nouvelles situations :
- interactivité avec le milieu : l'enfant peut observer directement sur l'écran
les effets de son activité, il peut en suivre les changements et peut intervenir
pour en provoquer d'autres...
La langue écrite apparaît dès le début dans sa fonction
réelle : un mode de communication, un outil fonctionnel à la portée
de l'enfant qui peut s'exprimer par écrit et qui devient maître de son
écrit. En effet, l'écrit produit par l'enfant est parfait, les caractères
sont impeccables et son texte est immédiatement communicable à autrui.
Pour les handicapés moteurs un tel résultat est très intéressant,
nous venons d'effacer tous les problèmes qui viennent des mouvements parasites.
Ce dispositif favorise de plus la prise de conscience de trois caractéristiques
importantes de l'écrit :
- Structuration de l'espace : sur l'écran, les lettres s'affichent de gauche
à droite, ce qui permet à l'enfant de structurer l'espace et d'éviter
les inversions et les écritures en miroir.
- Identité d'une lettre : chaque fois que l'enfant tape une lettre, il la
voit s'afficher à l'écran; la production d'une lettre devient ainsi
un geste moteur significatif pour l'enfant.
- Identité d'un mot : le geste physique (de presser la barre d'espacement)
permet à l'enfant de séparer les mots de la phrase.
Bien que ces remarques se soient à l'origine appuyées sur l'étude
de groupes d'enfants de cycle des apprentissages premiers ou fondamentaux, elles
ne perdent guère de leur validité dans le cas d'un cycle des approfondissements,
où les difficultés de langue sont souvent bien réelles chez
certains handicapés moteurs.
L'usage du traitement de texte dans le rapport de l'élève à
l'écrit doit pourtant être introduit avec précaution, car s'il
offre des particularités qui peuvent provoquer certains déblocages,
il modifie aussi profondément ce rapport, principalement sur trois niveaux
: physique, psychologique et social.
L'écriture en soi, la trace écrite à la main, est une réalité
physique, contraignante par les règles qu'elle impose et par les efforts qu'elle
demande aux élèves, surtout au niveau de la préhension et du
maniement de l'outil. Elle apporte en échange la sécurité, la
stabilité, elle acquiert un caractère définitif. Avant tout
tirage sur imprimante, l'écriture électronique n'est quant à
elle jamais définitivement fixée, elle est sans traces et ne garde
aucun cheminement de la pensée, mot ou erreur effacés.
L'écriture manuscrite est aussi l'expression de la personnalité, un
moyen à travers lequel l'enfant cherche, pour lui-même, à traduire
" la photographie " qui lui correspond le mieux.
Après avoir expérimenté le micro-ordinateur en classe, Michèle
Caillot-Gary et Alain Glykos écrivent : "En tant qu'inscription physique,
l'écriture est une activité qui prolonge les premiers graphismes de
l'enfant. Dès la petite enfance le dessin, comme rencontre du corps et de
l'extérieur, matérialisé dans la trace, est doublement intéressant
:
- il est processus : il participe directement à la constitution de la personnalité.
- il est résultat : il est le signe lisible de la faculté de l'enfant
à se construire. "
Le traitement de texte pourrait donc apparaître comme un instrument de facilitation
pour des élèves présentant des difficultés en graphisme,
mais ne peut en aucun cas se substituer totalement au travail sur papier, surtout
à une époque où l'on se cherche une écriture, une signature,
où l'esthétique de l'écriture apparaît comme une recherche
pour l'enfant.
Les nombreuses fonctionnalités (apportant à la fois souplesse et rigidité
dans la production) des logiciels de traitement de texte actuels permettent, de plus,
de développer des méthodes de travail, notamment de " savoir présenter
son travail avec rigueur, clarté et précision ... de structurer un
texte par sa présentation (paragraphes, graphie...), notamment par le recours
à un traitement de texte, c'est-à-dire utiliser de façon raisonnée
des objets techniques (ordinateur...) et d'en identifier les principales fonctions..[...]..
L'élève reprend, corrige, améliore ses productions antérieures
avec le souci de la qualité, de la forme et de l'expression. "
COHEN Rachel, Les jeunes enfants, le découverte de l'écrit et l'ordinateur
( p 33 ).
C'est enfin un outil de communication, de socialisation, servant à donner
aux autres une certaine image de soi. En classe, le message s'établit souvent
entre deux personnes, et il est principalement de deux types :
- Soit, entre l'élève et le correcteur, souvent le maître, parfois
un camarade, rapport dans lequel le statut de " l'erreur " est souvent
exacerbé, mais où le respect d'une norme peut jouer un rôle de
socialisation.
- Soit d'élève à élève, notamment à l'occasion
de la valse des petits mots que tout enseignant a pu voir un jour circuler dans la
classe, et à travers lesquels, hors du cadre rigide de l'institution et de
ses erreurs, les enfants établissent des relations privilégiées,
autres facteurs de socialisation.
L'usage qu'on fait du traitement de texte en milieu scolaire brise souvent la confidentialité
de ces rapports bipartites, les travaux effectués étant souvent destinés
à l'affichage ou à la publication, mais " le masque " que
procure la machine, qui permet d'un coup d'avoir une écriture parfaite, donc
d'être socialement parfait, suscite souvent plus d'excitation et de motivation
à écrire, ainsi qu'une plus grande vigilance orthographique et syntaxique,
et le maître devient alors la ressource pertinente qui évitera le retour
critique des lecteurs. Les conséquences psychologiques pour l'élève
handicapé moteur sont de plusieurs ordres:
- une intégration sociale, du fait de sa capacité de produire des textes
comme les autres élèves
- une intégration scolaire, par la reconnaissance de ses travaux auprès
des enseignants
On pourra donc, suivant l'usage qu'on en fait, privilégier, soit l'écrit
public, source de reconnaissance par une communauté, soit un écrit
plus " intimiste ", dans une correspondance interindividuelle, par exemple,
que ce soit entre deux élèves de classes différentes, ou bien
pourquoi pas, au sein du groupe classe, pour peu qu'on ait attribué à
chaque élève une boîte à lettre personnelle.
I-3 Son rapport avec la communication
D'après les instructions Officielles, l'enfant doit, au cycle 3, " s'entraîner
à passer de l'espace au temps " vécus " à l'espace
et au temps " pensés ". " C'est le prolongement de la compétence
visée en cycle 2, qui vise à lui faire " réaliser des représentations
d'un espace plus abstrait, éloigné d'une expérimentation concrète
".
Outre son rôle de moteur de l'écrit, la communication à travers
la correspondance, permet à l'élève, d'une part, d'élargir
la vision qu'il peut avoir du monde, d'autre part, à cause de ce besoin de
communiquer, de voir avec des yeux neufs la réalité la plus banale.
Tout échange avec un groupe éloigné peut être en classe
prétexte à l'utilisation d'une carte, d'un globe, à l'étude
de milieux différents, non seulement d'un point de vue physique, mais aussi
socioculturel, pour peu que les partenaires soient judicieusement choisis. La correspondance,
qu'elle soit épistolaire ou télématique, permet d'ailleurs souvent
de franchir certaines frontières raciales ou sociales. C'est la découverte
de l'altérité et de son espace. La charge affective liée à
cette découverte peut être d'autant plus forte qu'on individualise les
échanges, chaque élève dans la classe pouvant avoir son correspondant
attitré.
Le besoin de se présenter, de décrire son milieu de vie requiert souvent
de la part de l'enfant un regard neuf sur son environnement, un regain d'attention
particulier sur le familier, l'habituel. Il est alors capable d'apporter des éléments
à " l'étude de sa région et sa comparaison avec d'autres
régions. ". Cette étude du milieu local pourrait être l'occasion
de développer des actions dans des domaines particuliers, notamment en géographie
(connaissance des abords de l'école, rencontre de personnages typiques du
quartier, etc.).
Mais aussi, dans le cadre des productions écrites exposées sur le Net,
les lecteurs de ses pages seront amener à nous poser des questions par le
biais du courrier électronique. Cela nous amène à faire des
enquêtes sur le milieu qui nous entoure pour pouvoir mieux le décrire
à nos interlocuteurs. Les questions peuvent être de l'ordre de l'emplacement
géographique de l'école, du type de commerce du quartier, des emplois
du temps des élèves ( scolaire et extrascolaire ), des habitudes alimentaires...
Tous ces renseignements créent des liens entre les personnes avec qui l'on
correspond, de là, il n'y a pas très loin pour trouver une personne
qui ait les mêmes sujets de préoccupations et ainsi engager une vraie
correspondance.
Les nouvelles technologies d'information et de communication, dont le présent
mémoire étudie une sommaire mise en place en milieu scolaire, font
évoluer notre approche actuelle d'acquisition de l'information, et par suite
des situations d'apprentissage. On détaillera plus loin ce point important.
I-4 Son rapport au groupe
I - 4 -1) Travailler avec l'ordinateur
Un des objectifs de ce mémoire est d'étudier la possibilité
d'introduire un micro-ordinateur dans une classe avec une connexion à Internet.
Cela implique la possibilité d'une utilisation quotidienne, mais impose une
accessibilité partagée entre les élèves de la classe,
selon leurs disponibilités et leurs besoins.
Chacun pourra alors " prendre conscience des règles de la vie en commun
dans la classe (..., entraide, coopération) ". D'après Michèle
Caillot-Gary et Alain Glykos, il n'est pas nécessaire de faire travailler
un seul élève à la fois, sans que le nombre idéal soit
fixé, il peut dépendre d'après eux de quelques facteurs.
La psychologie de l'élève :
La prise de possession du clavier facilite et amplifie des relations d'ascendance
qui ne sont souvent pas souhaitables au sein du groupe classe. Par contre, la lisibilité
de l'écran peut certainement permettre un travail fructueux de deux ou trois
élèves, pour peu qu'ils se soient répartis les tâches
à accomplir de manière satisfaisante.
Le style d'exercice proposé :
En se limitant à des exercices qu'on pourra être amené à
rencontrer dans le travail de correspondance, on peut distinguer trois types d'activités.:
- La lecture d'un texte proposé à l'écran
Si le texte est long, il semble préférable que l'élève
soit seul, à moins que des consignes de lecture silencieuse ne soient clairement
posées.
- La mise au propre ou de recopier un texte qui a été travaillé
sur papier.
- La création d'un texte directement à l'écran.
Bien que le travail seul soit tout à fait possible, il semble qu'un travail
à deux soit plus rapide, les élèves se répartissant les
tâches : celui qui dicte, celui qui frappe, l'alternance permettant à
chaque élève d'expérimenter " les différents points
de vue ".
Dans le cas d'un travail à plusieurs, les élèves chercheront
certainement à faire prévaloir leurs propres phrases, ce qui peut avoir
un effet positif pour le développement des capacités argumentaires,
mais éloigne alors de l'objectif de production, dont on ne peut faire l'économie.
On peut citer Mr Reverbel dans " je vous écoute écrire "
: " apprendre à écrire est un geste pour toute la vie, un geste
qui devrait être naturel, comme apprendre à parler, à marcher.
Il ne viendrait pas à l'idée de massacrer l'apprentissage de la marche,
par exemple. On donne bien le temps à un enfant de faire ses premiers pas,
on accepte qu'il chancelle, qu'il trébuche, qu'il tombe, on lui tend les bras.
Pourquoi ne pas avoir la même attitude face à l'écriture? "
A l'intérieur du groupe classe, à l'instar de beaucoup de démarches
de projet, la production d'écrit permet certaines compétences transversales
:
- savoir organiser son travail dans le temps, planifier
- connaître et exercer des responsabilités personnelles
- être capable de communiquer ses démarches
et peut permettre, par une production faite en commun, de renforcer le sens du travail
en équipe, l'écoute et le respect de la parole de l'autre.
De plus la production de texte à l'écran permet d'avoir un résultat
non tremblé de l'écriture que l'on rencontre avec les écrits
des handicapés moteurs. La possibilité de pouvoir effacer autant de
fois que l'on veut permet à l'élève de pouvoir mieux envisager
différents mots pour son idée. Il peut ainsi changer du vocabulaire,
échanger des verbes plus pertinents qui augmenteront le sens de sa production.
I - 4 - 2 ) Travailler en équipe
Par leur essence même, les outils que nécessite la mise en place de
la correspondance électronique ( email ) permettent très facilement
la création d'un réseau de groupes de travail, de la taille d'une classe,
voire d'une école, et dépendant d'une circonscription, ou d'un organisme
éducatif d'ordre plus important. C'est d'ailleurs essentiellement de cette
manière que sont élaborés la plupart des projets qui ont vu
leur jour sous l'impulsion du Ministère de L'Education Nationale et du CRDP
de Poitiers. Citons, parmi des actions de plus en plus nombreuses, le journal Sac
d'école de la circonscription de Sarrebourg II. Celle-ci, par exemple, déplorant
l'isolement des écoles et des enseignants, a mis en place un réseau
dans lequel chaque école connectée est responsable de rédaction
d'une ou de plusieurs rubriques du magazine, et collecte auprès de ses partenaires
les productions propres à son thème, puis, après analyse critique
et réécriture éventuelle, renvoie celles-ci à l'école
rédactrice.
Cette pratique permet, par le travail en équipe, par la mise en commun de
moyens et par la confrontation de pratiques et l'échange de compétences,
de valoriser le travail du groupe, mais aussi d'enrichir les situations d'apprentissage
et de créer des liens privilégiés avec les autres groupes.
Ajoutons que la création de réseaux, à l'intérieur même
de l'école ou bien vers l'extérieur, constitue pour le ministère
de l'Education Nationale " un instrument nouveau et important d'aménagement
du territoire ".
I-5 Le rapport aux technologies
d'information et de communication
I - 5 -1 ) le matériel
Bien que le micro-ordinateur fasse, de manière croissante, partie de notre
environnement, il produit toujours, auprès du néophyte, " l'extase
de ceux qui découvrent ce qu'ils viennent d'obtenir sur l'écran, sans
qu'une relation évidente de cause à effet soit immédiatement
perceptible. " C'est une des causes majeures de l'amplification des effets :
la cassure entre la cause et l'effet, sans que l'esprit soit vraiment préparé
à cette nouvelle façon de percevoir et de penser .
L'objet moderne ( l'ordinateur ) ou d'allure moderne est revêtu d'un pouvoir
d'efficacité presque surnaturelle. Cette confusion pourrait peut-être
inciter à prêter à l'ordinateur des pouvoirs " magiques
", et si c'est un penchant dont l'enseignant doit se méfier dans "
l'utilisation raisonnée " qu'on lui demande d'en faire, l'aspect ludique
qui en découle est certainement un facteur très motivant pour l'élève,
en sus de l'image de support de jeux vidéos que véhicule l'ordinateur.
Cette incursion du " monde moderne " peut aussi permettre de revaloriser
l'image de l'école, de renforcer son rôle de centre d'intérêt,
auprès de populations parfois en situation d'échec scolaire.
L'introduction des TIC (technologie information communication) à l'école
entre en outre dans un cadre plus large que celui de cette étude, et d'après
Bernard Dizambourg, directeur de la DISTNB, en favorisant des pratiques de formation
différentes, "[...] (elles) ont toutes chances de modifier profondément,
à moyen terme, le paysage éducatif... Les apprentissages trouveront
davantage de points d'appui à l'extérieur du système éducatif
proprement dit, du fait de la diversification des sources d'information, de la simplification
des accès, et de la multiplication des opérateurs concernés
par la diffusion du savoir ".
La télématique scolaire apparaît donc comme un moyen de fournir
aux élèves certaines des compétences qui feront d'eux ces citoyens
de demain , adaptés au monde qui les entoure
.
I - 5 - 2 ) les logiciels
Les élèves sont amenés, lorsqu'ils sont devant un écran
de micro-ordinateur, à côtoyer deux types de logiciels.
Les premiers sont appelés logiciels fermés ou didacticiels. Ce sont
eux les plus souvent utilisés dans les écoles. L'utilisateur doit en
général accomplir différentes tâches qui sous-tendent
des objectifs éducatifs. Il est assisté de manière à
pouvoir construire son apprentissage, mais ne peut souvent faire preuve que de peu
de créativité. Ces logiciels ont souvent comme utilisations un objectif
d'entraînement à un type d'exercice.
Les autres sont du type logiciel ouvert ou logiciel outil, qui eux, laissent le champ
libre à toute tâche de création, avec des fonctions d'assistance
plus ou moins évoluées, mais ne sont pas toujours à l'origine
conçus dans un but éducatif. Il n'existe pas à l'heure actuelle
de logiciel de télécommunication, ou de traitement de texte répandu,
orienté vers une pratique éducative. On sera donc contraint d'utiliser
des applications comprenant éventuellement des fonctionnalités non
compréhensibles pour les élèves, mais l'interface de ces produits,
de plus en plus orientée vers une compréhension visuelle et intuitive
de la tâche, permet souvent de réduire au minimum l'assistance à
fournir aux élèves, et de les mettre ainsi en situation d'autonomie.
I-6 Un projet de production
d'écrit
Au regard de ces quelques considérations, et des situations auxquelles je
me suis trouvé confronté, j'ai donc essayé de mettre en place
un projet de production d'écrit visant la correspondance électronique
par la production d'écrits publiés sur Internet.
Une correspondance doit au départ être motivée par une volonté
de communication, répondre à un besoin d'information à un moment
opportun ou peut être complètement gratuite.
J'ai eu la chance de pouvoir travailler avec une classe qui avait déjà
commencé à produire des textes depuis le début de l'année
scolaire. Les objectifs du moment permettaient très aisément et de
manière complémentaire d'inclure une production d'écrits avec
comme moyen de socialisation la publication sur Internet, et aussi avec comme sous
objectif, de pouvoir ainsi créer une correspondance avec une autre classe
active sur Internet.
Un projet doit être adapté au public visé, et répondre
à certains de ses besoins. Nonobstant l'apport d'informations, la production
d'écrits pouvait amener, enrichir des situations d'apprentissage utiles aux
enfants : la classe en question accueille des élèves handicapés
moteurs issus de milieux divers, certains étant récemment arrivés
en France. Ils utilisent maintenant des didacticiels installés sur les ordinateurs
de l'école, mais ils ne fréquentaient pas le monde de l'informatique
avant leur arrivée.
Or, d'après Bernard Dizambourg, " l'éducation nationale doit poursuivre
son objectif d'assurer à tous l'égalité d'accès aux usages
liés aux moyens modernes d'information et de communication, quelles que soient
la situation géographique et sociale des apprenants. " D'une part, en
multipliant les situations de lecture et de production d'écrit, la correspondance
peut permettre d'apporter des éléments de réponse aux problèmes
d'ordre sémantique, de syntaxe et de grammaire auxquels sont confrontés
les jeunes handicapés moteurs, et de développer l'acquisition de l'autonomie.
-----------------------------------------------------------
LE PROJET DE PRODUCTION
- Ce projet s'adresse à une classe de CM1/CM2 de l'école de l'Institut
National de Rééducation de St Maurice, composée de 10 élèves
handicapés moteurs.
La pathologie sont diverses, poliomyélite, T.C., tumeur médullaire,
tumeur osseuse, membre inférieur plus court, maladie de Lobstein.
OPPORTUNITE :
- Cette classe a déjà entamé un projet de production d'article
du journal de l'école.
- Au début de l'année, lors de la publication d'un conte, ils ont eu
un contact avec une classe québécoise qui suit un projet ayant des
orientations similaires.
- La salle de classe dispose de structures permettant l'utilisation de micro-ordinateurs,
trois Macplus et deux PC, tout ce matériel est ancien mais convient pour faire
de la production d'écrit.
Une autre salle dans l'école contient des Power Macs équipés
en moyens de télécommunication : prise téléphonique et
modem, protection contre le vol.
CHOIX PEDAGOGIQUES
La classe de CM1/CM2 de l'école de St Maurice accueille des élèves
issus de milieux divers et souvent de famille étrangère venant de s'installer
en France. Le recours aux technologies de communication pourrait permettre d'apporter
:
- une revalorisation de l'écrit comme outil de communication.
- l'accès des TIC ( Technologie d'information et de communication ) à
des élèves de toutes classes sociales.
- une stimulation entre un plus grand nombre d'enfants.
- des échanges entre écoles.
- une valorisation du milieu scolaire par l'introduction de supports éducatifs
motivants.
- un enrichissement des situations éducatives.
- un élargissement des activités.
- une réduction de la rupture entre l'école primaire où l'emploi
des TIC est plus développé que dans les écoles spécialisées.
- un échange de compétences entre élèves.
Objectifs visés
Objectifs généraux :
- s'exprimer et communiquer dans des situations variées.
- utilisation raisonnée et approche des principales fonctions d'un micro-ordinateur.
- à terme maîtriser mieux la création de textes
Objectifs spécifiques de lecture :
- familiariser les élèves avec différents types de textes, notamment
descriptifs, narratifs et informatifs.
- développer des attitudes différentes de lecture : sélection
d'informations, lecture
découverte, lecture intégrale, lecture critique.
- étudier des phrases de type déclaratif et interrogatif.
Objectifs opérationnels :
- être capable d'utiliser un traitement de texte ( dont la lecture rapide l'écran
)
- être capable de consulter une page sur le "WEB"
- être capable d'identifier les différentes composantes d'un message
électronique.
- être capable de répondre à un courrier électronique
(Email)
Objectifs spécifiques d'expression écrite :
- structurer des écrits de type narratif, de type dialogal, de type descriptif,
de type argumentatif, de type explicatif.
- être capable de réinvestir les règles d'orthographes, de grammaire,
de conjugaison.
Objectifs opérationnels :
- être capable de réinvestir dans la production d'écrit les connaissances
acquises par
- l'étude des caractéristiques des différents types de textes
rencontrés en lecture.
- pouvoir réécrire un texte à partir des remarques d'un ou de
plusieurs lecteurs.
- être capable de structurer un texte par sa présentation ( paragraphes,
graphie ), notamment par le recours à un traitement de texte.
Objectifs spécifiques de Sciences et technologies
- utilisation de logiciels de traitement de texte, de mise en page et de télémessagerie.
- approche de la notion de serveur : circulation de l'information.
Objectifs opérationnels :
- être capable d'utiliser les principales touches d'un clavier de micro-ordinateur.
- être capable de maîtriser l'environnement graphique des applications
utilisées.
- maîtriser de manière autonome les principales fonctions des logiciels
utilisés.
:Objectifs spécifiques d'éducation civique :
- sens du travail en équipe.
- respect des règles de politesse.
- écoute et respect de la parole et des idées de l'autre.
Objectifs opérationnels :
- être capable de respecter des règles établies en groupe.
- être capable d'observer les règles de sécurité établies
pour soi, les autres et celle pour le
matériel.
Compétences transversales
- connaître et exercer des responsabilités personnelles.
- passer de l'espace " vécu " à l'espace " pensé
".
- acquérir une certaine autonomie.
- savoir organiser son travail, planifier.
- être capable de communiquer ses démarches et les expliquer.
CAHIER DES CHARGES
implication des enseignants
- élaboration du projet.
- mise en place et suivi du matériel.
- mise en place du planning des activités
implication des élèves
- dans le cadre des activités scolaires de lecture et de production d'écrits.
- dans la pratique des technologies (maîtrise des logiciels de mise en page
et de communication )
- prise de conscience de la responsabilité de chacun dans une oeuvre collective
( sens du travail en équipe, de la responsabilité personnelle et collective.)
- échanges de messages composés de la manière la plus autonome
possible avec les
correspondants .
MISE EN OEUVRE
Moyens matériels
La classe dispose d'un matériel informatique composé d'une configuration
de type:
- PC comprenant :
- une unité centrale de type 386 avec disque dur.
- une imprimante
- Macintosh comprenant :
- trois unités de MacPlus
Justification du choix des logiciels :
- pour le traitement de texte : Words 5 et MacWrite
Bien qu'il existe dans le commerce des logiciels plus adaptés à l'usage
prévu, celui-ci était déjà disponible dans la classe,
et les élèves avaient un usage de ces logiciels. Mais ils n'utilisaient
que très peu les fonctions de mise en page et autre aide de manipulation de
chaînes de caractères au départ.
- pour le courrier électronique : Claris Emailer
Ce logiciel permet une connexion au serveur entièrement automatisée,
il est en français et dispose d'une barre de commande aux icônes très
claires. Il est de plus disponible avec ClarisWorks, c'est-à-dire qu'on en
acquiert la licence d'utilisation avec celle du traitement de texte.
- L'un des objectifs de la démarche était que l'élève
prenne conscience des fonctionnalités de réécriture du traitement
de texte, ajouter un mot, le corriger, déplacer une phrase, etc.
Il est rapidement devenu évident aux élèves l'utilité
du copier coller, de la fonction couper, de la sélection de zones de texte.
On a donc peu à peu, dans la mesure du possible, utiliser la réécriture
à l'écran. Les élèves devaient, avant notre lecture,
pouvoir déjà présenter un texte mis en page et exempt d'erreurs,
si possible.
II ] Mise en place dans
la classe : difficultés rencontrées, remédiations
2-1 ) Introduction du projet
La présentation du projet s'est faite en deux parties : tout d'abord je me
suis présenté aux élèves ( avec l'institutrice nous avions
déjà préparé le projet ). Puis, je leur ai expliqué
ce que j'attendais d'eux et que nous produirions ensemble des écrits que nous
publierions sur Internet.
Les élèves furent partant de suite. Pour démarrer, on commença
par un sujet libre : écrire une histoire : imaginaire, anecdotique ou une
description. De là sont nées les histoires de "la pauvre Louise",
"Alice et le voyage infernal ", "la princesse", une description
de "Doc Gynéco". Par la suite nous avons travaillé sur une
histoire interactive et sur les courriers électroniques reçus en retour
des pages publiées sur Internet.
2-2 ) La première écriture
Une fois que l'idée s'est formée dans la tête de l'élève,
le plus difficile est de mettre les premiers mots sur la feuille ou sur l'écran
( si on travaille en direct sur le traitement de texte ).
Par exemple, Anaïs et Fatima qui avaient commencé par écrire :
Il était une fois une fille ...
première pause, puis elles se sont dit on va mettre le titre : Les malheurs
d'une fille.
Il a fallu ici cerner le sujet pour qu'elles puissent continuer. Je suis intervenu
auprès d'elles quand je me suis aperçu qu'elles étaient en train
de stagner.
Je relis ce qu'elles ont écrit : " - Les malheurs d'une fille
Il était une fois une fille ...
- Comment s'appelle-t-elle ? Où cela se passe-t-il ?
Voici le texte à la fin de la séance, avant une correction orthographique
:
Les malheurs d'une fille
Il était une fois une fille qui s'appellait Maria L'aupéze . Elle avait
de longs cheveux blonds, des yeux bleus et bridés.
Un jour elle devait se marier mais son fiancé n' a pas pu venir . Car il y
avait des
enbouteillages. Maria était tellement triste qu'elle ne pensait qu'a une chose
,partir.
Le fiancé de Maria est arrivé deux heures plus tard il n'a vue personne,
il se posa
des questions :
- mais ou sont t'il passé ?
- je me suis pas tronper ,au moins?
- qu'elle jour nous somme lundi,mardi...
-
-
On peut remarquer que les élèves ont laissé ici des tirets vides.
L'utilisation du traitement de texte permet de faire des essais, que l'on peut effacer
si cela n'est pas probant.
2-3 ) Structurer son récit
dans le temps
Un des problèmes des élèves était de bien choisir le
temps des verbes, la concordance des temps n'est pas encore une chose acquise pour
le moment. Les échanges entre le présent et l'imparfait se rencontrent
souvent, comme on peut le voir dans la deuxième version de l'histoire ( voir
2.4 ), dont voici un extrait :
- Non paulot, c'était bien aujourd'hui mais c'est moi qui suis partie parce
qu'il n'était pas venu.
La mère affolée :
- Ah, Maria pourquoi es-tu là ?
- Parce que mon fiancé n'est pas venu. Tout le monde a cru que le mariage
n'était pas pour aujourd'hui alors je suis partie en pleurant.
2-4 ) Les changements de noms
Au cours du récit les noms des personnages ont changé. Les malheurs
d'une fille sont devenus les Malheurs d'une Princesse, le prénom de la princesse
a changé aussi, il est passé par Fatima, Lucia, Audrey (ce sont les
prénoms des élèves de la classe ) pour revenir à la fin,
à Maria, celui qu'elles avaient choisi au début. Le fait d'utiliser
les prénoms de ses camarades donne du sens à l'élève,
sur la représentation qu'elles se font de leur récit. Mais lorsqu'elles
informaient leurs amies qu'elles les avaient introduites dans leur histoire, il y
avait un refus, un déni des voisines quant au fait d'apparaître dans
leur histoire. Cette anecdote s'est retrouvée aussi dans l'histoire de "
La Pauvre Louise ".
Par la suite, on voit apparaître le prénom d'Anaïs dans l'histoire
( le sien ) et c'est le personnage qui sauve d'une situation désespérée
la mariée.
Voici un extrait, après réécriture.
Les malheurs d'une Princesse
Il était une fois une Princesse qui s'appelait Maria L'aupéze . Elle
avait de longs cheveux blonds, des yeux bleus et bridés.
Un jour, elle devait se marier à la mairie de Ponpienne, mais son fiancé
n'a pas pu arriver à l'heure car il y avait des embouteillages. Tout le monde
était là.
Maria était tellement triste qu'elle ne pensait qu'à une chose, partir.
Le fiancé de Maria est arrivé deux heures plus tard, il n'a vu personne.
Il se posa des questions :
- Mais où sont-ils passés ?
- Je ne me suis pas trompé, au moins ?
- Quel jour sommes-nous ? Lundi, mardi...
Pendant que son fiancé se posait des questions, Maria retrouva son frère
Paulot chez lui.
Il lui dit :
- Non Maria, ton mariage c'est demain.
Parce qu'il pensait que son mariage était pour le lendemain.
- Non Paulot, c'était bien aujourd'hui mais c'est moi qui suis partie parce
qu'il n'est pas venu.
La mère affolée :
- Ah, Maria pourquoi es-tu là ?
- Parce que mon fiancé n'est pas venu. Tout le monde a cru que le mariage
n'était pas pour aujourd'hui, alors je suis partie en pleurant.
2.5 ) La réécriture
Dans l'ensemble, la réécriture s'est faite d'un commun accord avec
l'institutrice, le plus rapidement possible. C'est à dire que nous tournions
sur les différents groupes pour suivre l'évolution des travaux. Lorsque
nous nous arrêtions, nous demandions une lecture aux élèves de
leur production. Cela leur permet de voir et corriger les erreurs évidentes
qu'ils avaient pu écrire.
Donc ils intervenaient les premiers sur leur production, ce qui est valorisant pour
des écrivains en herbe. Par la suite l'enseignant pointait les zones qui n'étaient
pas compréhensibles. Là, s'instaurait une discussion sur ce qu'ils
avaient voulu dire. Une fois l'idée formulée, il n'y avait plus qu'à
accommoder leurs écrits avec leurs pensées.
Ces moments de réécriture étaient propices au rappel de certaines
règles de grammaire, surtout sur les accords avec le verbe être.
Ainsi Gérard PUIMATTO et Robert BIDEAU écrivent dans "Comment
informatiser l'école ? " :
"L'élève transforme ainsi les connaissances en savoir en réinvestissant
constamment dans un projet d'écriture les données objectives du code
linguistique ( l'acquisition de vocabulaire et de notions nouvelles ainsi que la
maîtrise des règles de grammaire constituant les lignes de force de
cet apprentissage)." ( p177 )
Les situations ont amené des recherches dans le dictionnaire, de mots, dont
l'orthographe était plus phonétique que française pour les élèves.
Le plus gros des corrections étaient faites par les élèves,
les petites erreurs étaient expliquées et corrigées par les
enseignants.
2-6 ) La présentation de l'ensemble
et la relecture
Le texte de l'histoire "Les malheurs d'une fille" une fois terminée.
Les malheurs d'une fille
Il était une fois une fille qui s'appelait Fatima L'aupéze . Elle avait
de longs cheveux blonds, des yeux bleus et bridés.
Un jour, elle devait se marier à la mairie de Pompienne, mais son fiancé
n'a pas pu arriver à l'heure car il y avait des embouteillages. Tout le monde
était là.
Fatima, tellement triste, ne pensait qu'à une chose, partir.
Le fiancé de Fatima est arrivé deux heures plus tard, il n'a vu personne.
Il se posa des questions :
- Mais où sont-ils passés ?
- Je ne me suis pas trompé, au moins?
- Quel jour sommes-nous ? Lundi, mardi...
Pendant que son fiancé David se posait des questions, Fatima retrouva son
frère Paulot chez lui.
Il lui dit :
- Non Fatima, ton mariage c'est demain.
Parce qu'il pensait que son mariage était pour le lendemain.
- Non, c'était bien aujourd'hui, mais c'est moi qui suis partie parce que
mon fiancé n'est pas venu.
La mère affolée :
- Ah, Fatima pourquoi es-tu là ?
- Parce que David n'est pas venu. Tout le monde a cru que le mariage n'était
pas pour aujourd'hui alors je suis partie en pleurant.
Anaïs, la copine de la mariée vient la sortir de se problème .
Sa copine téléphona à David pour lui dire :" allô
David c'est Anaïs, je suis contente de t'entendre parce que Fatima elle est
triste et tu n'es pas venu" .
"Moi aussi je suis triste passe moi Fatima "
- "Allô David, je t'aime vient à la mairie de Pompienne, on va
se marier '
- Oui j'arrive je suis dans ma décapotable rouge, dans 5 minutes je serai
là .
- Appelle tous le monde, qu'ils viennent à la mairie.
Fatima et David arrivent avec les invités.
Tout le monde étant là, les deux fiancés se marièrent.
Ils eurent beaucoup d'enfants.
FIN
2-7 ) Finaliser la
production
Le texte étant maintenant écrit, il restait à en faire les illustrations.
Ces illustrations permettent de mieux se rendre compte des idées, parfois
un peu floues des élèves. Elles apportent un plus pour la compréhension
de l'histoire ( comme dans " Alice et le voyage infernal " ). De plus,
ces illustrations préparent à la publication sur le site d'Imaginet
où le texte et les images mis en page seront présentés comme
un document multimédia consultable de n'importe quel endroit de la planète.
Les élèves ont produit ces illustrations sur leur temps libre.
Pour les plus rapides en une semaine et pour les autres en deux semaines.
2-8 ) La publication sur Internet
L'étape suivante a été de digitaliser toutes les images grâce
au scanner de l'école. Puis de faire la mise en page dans Claris HomePage
( logiciel de mise en page de page Web ). Puis le tout a été envoyé
chez le WebMaster de IMAGINET entre autre " Marie " qui nous a répondu
nous le verrons par la suite ainsi que d'autres personnes.
2-9 ) Les retours et les contacts
Voici un email reçu après deux semaines :
Objet : Fwd: salut
Envoyé le : 8/03/98 20:48
Reçu le : 9/03/98 9:34
Expéditeur : gib, gib@imaginet.fr
Adressé : Gérard Prunières, gprunieres@ac-idf.jussieu.fr
Je vous fais suivre ce message qui vous est aussi destiné;
je l'avais oublié!!
A bientôt,
Marie.
---------------- Begin Forwarded Message ----------------
Date: 01/03 22:39
Received: 02/03 7:48
From: Bernard Czr, bnd.czr@wanadoo.fr
To: gib@imaginet.fr
SALUT
C'est moi Alban, je viens de lire l'histoire:
"Les malheurs d'une fille" de la classe CM Ecole INR
à l'hôpital National de Saint Maurice.
C'est super!
Alban.czr@wanadoo.fr
---------------------------------------------------
Objet : bravo ..............................................................................
\\\|///
Envoyé le : 28/03/98 19:23..........................................................
\\ - - //
Reçu le : 01/04/98 9:09................................................................
( o e )
Expéditeur : gib, gib@imaginet.fr.......................... +---------ooOOo-(_)-oOOoo------------+
Adressé à : gprunieres, gprunieres@ac-idf.jussieu.fr | PREMIERS PAS
SUR INTERNET |
............................................................................| http://www.momes.net/
|
Bravo à vous tous, pour vos histoires , la pauvre Louise, | gib@imaginet.fr
|
Alice et le voyage infernal, les malheurs d'une fille.. | Paris |
A Bientôt, ............................................................+---------------Ooooo--------------------+
Marie. ...........................................................................ooooO
( )
...........................................................................................(
) ) /
...........................................................................................\
( (_/
...........................................................................................\_)
----------------------------------------------------------
Objet : Re: Fwd: salut
Envoyé le : 27/03/98 1:23
Reçu le : 31/03/98 9:09
Expéditeur : gib, gib@imaginet.fr
Adressé à : gprunieres, gprunieres@ac-idf.jussieu.fr
>Est-ce que vous pourriez nous écrire quelques mots sur vous pour que nous
>puissions mieux vous connaître?
Quelques mots sur moi?... je m'appelle Marie, j'ai 40 ans, un fils
de 16 ans et 25 élèves de 4 à 5 ans;
J'habite à Paris et la nuit, le mercredi et le week-end ,je "joue"
sur internet;
J'ai commencé le site Premiers pas en 1995 et depuis je reçois de plus
en plus de courrier et de plus en plus de participations d'enfants et de jeunes,
surtout du Québec au début, et de partout maintenant...
Alors je continue avec plaisir à m'occuper du site pour donner la parole aux
enfants francophones. C'est le premier but du site;
Voilà! j'espère que vous en savez plus sur moi maintenant;
Et vous? vous ne dites pas grand chose sur vous...
Combien êtes-vous dans la classe? d'où venez vous chacun? Avez-vous
des projets? des rêves?
A bientôt,
Marie.
--------------------------------------------------
La réponse des enfants :
Bonjour je m'appelle Anaïs, nous sommes dix dans la classe.
J'ai quatorze ans et je viens de l'Ile Maurice.
Je veux faire le tour du monde, je voudrais habiter avec mon père.
Je suis brune, et j'ai les yeux marron.
Bonjour
Je m'appelle Loïc. j'ai 13 ans, j'habite à Bondy.
Dans la classe on est 10 élèves.
Je ne sais pas ce que j'ai envie de faire.
Bonjour on s'appelle Lucia et Emilie.
Nous avons 14 ans.
Moi c'est Emilie, je viens de Guyane.
Moi c'est Lucia et je suis Brésilienne.
On voudrait avoir des contacts avec les autres enfants de notre âge qui ne
sont pas à
l'hôpital.
On est 10 dans la classe.
Nous vous remercions de nous avoir écrit.
Bonjour je m'appelle Moussa .
J'ai 14 ans et j' habite à la Courneuve.
En ce moment, je suis à l'hôpital Saint Maurice.
On a reçu votre message et maintenant je vais répondre à vos
questions.
Dans la classe, on est 10, il y a Lucia, Anaïs, Julien, Loïc, Emilie, Audrey,
Fatima, Harouna,
Sophie, Moussa, et la maîtresse.
Moi je viens de la Mauritanie, en Afrique.
Non je n'ai pas de projets, pas de rêve.
Salut !
Je m'appelle Audrey et j'ai 12 et demi.
Dans la classe on est dix.
Moi, je suis née en France.
Je n'ai pas de projet fixe. J'aime bien faire de l'ordinateur.
Chez moi, je n'ai pas Internet, mais par contre, il y en a un à l'école.
J'aimerais bien passer un séjour à Tahïti.
A bientôt
Bonjour Marie, je m'appelle Harouna j'ai 12 ans et demi.
j'aime bien jouer au foot, au basket et au tennis. J'aime bien aussi les jeux de
société.
J'aime bien dessiner, j'aime bien lire .
Les matières que j'aime le plus c'est la lecture, l'orthographe et la grammaire.
Et nous sommes 10 dans la classe. Mon rêve est de sortir de l'hôpital.
Moi je viens de la
mauritanie, je suis Africain, j'ai les cheveux noirs, et les yeux noirs.
Bonjour
Je m'appelle Julien. J'aime le football et je fais de l'athlétisme. J'ai une
Super Nintendo et
j'ai la télé dans ma chambre. J'aime bien le chocolat et j'aime la
couleur noire. J'ai 14 ans.
J'habite à Paris.
Nous sommes dix dans la classe. Je suis né en France. Je ne sais pas ce que
j'ai envie de
faire.
Au revoir à bientôt
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Objet : Félicitations
Envoyé le : 30/03/98 11:49
Reçu le : 31/03/98 9:09
Expéditeur : stage6, stage6@lyon.iufm.fr
Adressé à : Gérard Prunières, gprunieres@ac-idf.jussieu.fr
Chère Audrey,
Bravo pour ta belle histoire !
Ecris en d'autres.
Véronique et Virginie (2 "jeunes", bientôt maîtresses
!)
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Objet : Pour Anaïs
Envoyé le : 1/04/98 22:36
Reçu le : 6/04/98 9:06
Expéditeur : Daniel Daigle, car163@connectmmic.net
Adressé : Gérard Prunières, gprunieres@ac-idf.jussieu.fr
Nous avons bien aimé ton histoire, bravo tu as beaucoup d'imagination!
Francis et Andriane
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Nous voyons ici comment la publication par le biais d'internet permet d'avoir un
retour ( comme le montre tous les messages reçus). Contrairement à
une publication classique et l'utilisation d'internet, c'est ce qui fait la différence.
III ] ANALYSE DES RESULTATS
3-1 ) La production d'écrits par ordinateur
Un point évident qui ressort de l'expérience menée est la motivation
générée par l'utilisation du micro-ordinateur en tant qu'outil
d'aide à l'écriture. En effet, un certain nombre d'élèves,
parmi lesquels deux en grande difficulté par rapport à la langue, ont
entamé des travaux sur d'autres sujets, ce qui, en occupant les créneaux
horaires déjà restreints, n'a pas arrangé le problème
de retard concernant les illustrations des textes, mais a permis des situations intéressantes.
Ces deux élèves ont travaillé sur une histoire interactive dont
les résultats se trouvent en annexe. Ces diverses productions étaient
de plus complémentaires au travail entrepris ( la publication sur Internet
) du fait que l'histoire de base venait d'une autre classe.
Une des grandes difficultés de la pédagogie de l'écrit dans
les classes est l'absence de finalité des textes que l'on demande aux élèves
de produire. Le maître correcteur est trop souvent l'unique destinataire des
textes de ses élèves.
La communication et la diffusion supposent l'imprimerie. En venant relayer l'imprimerie,
trop lourde à utiliser dans les classes, et la machine à écrire,
trop sensible aux fautes de frappe des élèves, l'ordinateur s'avère
ici l'outil idéal pour produire des écrits.
En instaurant de nouvelles situations d'écriture, l'ordinateur favorise la
notion de projet, d'écriture longue, d'écriture plurielle. Il facilite
une convergence des activités de français. C'est pourquoi de mon point
de vue, il faudrait cesser d'en faire un outil marginal, occasionnel, et faire le
pari que son usage massif peut créer les conditions d'une nouvelle cohérence
dans la pédagogie du français.
Pour la majorité des enfants, réécrire un texte est une corvée
si pénible que le premier jet est aussi la version définitive. Cela
les empêche d'apprendre l'art de relire d'un oeil critique. L'accès
au traitement de texte apporte là un changement spectaculaire : le premier
jet est composé sur le clavier, les corrections sont faciles à faire,
la version en cours, (première, deuxième, énième brouillon
) est toujours propre et nette. Harouna, un élève de la classe qui
détestait rédiger, au point de refuser de le faire, y a pris goût
au bout de quelques séances, une fois initié à l'écriture
sur ordinateur. La qualité de ses textes s'est améliorée rapidement.
On assiste à des transformations plus spectaculaires encore lorsque certains
handicaps physiques rendent à l'enfant l'écriture manuelle plus pénible,
voire impossible.
On remarquera que même dans la production finale, les espaces sont plus nombreux
que la norme (ce qui rejoint vraisemblablement les remarques de Rachel Cohen sur
le sujet, et part aussi sans doute d'un souci de lisibilité ), et la ponctuation
quasiment absente pour certains. C'est le cas de la production : " La pauvre
Louise " écrit par Lucia et Emilie.La question qu'on se posait au début
de ce travail était de savoir si l'élaboration d'une correspondance
scolaire par le biais de l'outil de messagerie électronique présentait
un réel intérêt pédagogique.
L'utilisation de l'informatique dans une telle démarche, hormis l'initiation
technologique qui en découle, modifie profondément le rapport à
la langue.
Le traitement de texte, à la différences de la machine à écrire,
permet toutes les corrections avec une facilité étonnante. Cette utilité,
les enfants se l'approprient très vite. Du coup, il devient possible, pourvu
que l'on sache utiliser un clavier, d'écrire presque aussi vite que l'on pense,
sans se soucier des erreurs que l'on corrigera dans un deuxième temps. D'autre
part, les élèves de la classe de St Maurice, avaient depuis le début
de l'année des séances régulières d'informatique. L'outil
traitement de texte étant déjà introduit, cela nous a permis
d'approfondir la connaissance de cette outil.
Le travail avec le traitement de texte valorise deux choses en pédagogie :
les situations de communication et l'appropriation des nouvelles technologies.Pour
détailler quelques unes de ces situations, on reprendra différents
points abordés lors de l'étude théorique :
Multiplier les situations de communication
Une réflexion qui vient à l'esprit est de savoir quelles sont les particularités
de la correspondance télématique par rapport à la structure
plus classique de la lettre.
On peut très vite dégager dans cette expérience des éléments
de réponse :
- le transfert des messages est quasiment instantané.
- Le contenu des courriers est peu volumineux, et surtout leur nombre est considérablement
plus important. La conséquence immédiate est que le rapport entre le
délai de conception du message et celui de son acheminement est inversé.
On assiste alors à une régulation du nombre d'échanges, qui
va dépendre du premier facteur, et non du second comme classiquement.
La structure du message
Lors des séances d'analyse en commun des messages, il est apparu que le contenu
des en-têtes posait quelques problèmes : Rappelons que les logiciels
utilisés ne sont pas conçus à l'origine pour un usage pédagogique,
et nécessitent quelques explications supplémentaires. Si Expédit(eur)
et Destina(taire) ont rapidement été assimilés et utilisés,
en revanche, le terme de " sujet " a longtemps été confondu
avec son emploi grammatical, et les élèves ont parfois envoyé
des messages sans titre pour cette raison. Signalons de plus que Claris Emailer possède
un mode de réponse automatique, qui remplit lui-même l'en-tête
lors d'une réponse, ce qui d'une part dispensait les élèves
de le remplir, d'autre part créait parfois des titres assez peu explicites.
Les élèves ont fini pour certains par remplir cet espace, non seulement
avec un titre approprié au message, mais en personnalisant celui-ci avec le
nom de l'élève à qui ils répondaient. Une autre fonction
du logiciel est de permettre la " réponse avec citation ", c'est-à-dire
la reprise du message envoyé. Les élèves de St Maurice ont parfois
employé cette option qui arrive à dégrader la lisibilité
du message. Les signatures sont rarement oubliées, ou bien sont parfois omises
si le nom de l'élève expéditeur apparaît dans l'interpellation.
Les élèves n'ont pas produit d'écrit assez complexe pour que
la fonction de pièce jointe, qui permet d'attacher au message un document
produit avec un traitement de texte, soit utilisée. Les occasions qui se sont
présentées (par exemple lors de l'envoi du message présentant
la classe) ne m'ont pas semblé être propices à l'utilisation
de cette fonction. Les techniques déjà mises en place n'étant
pas encore maîtrisées.
Utilisation des logiciels
La compréhension et la manipulation, souvent très intuitive de l'outil
informatique, a été acquise par certains élèves avec
une rapidité qui dérouterait plus d'un adulte. Bien que la majorité
des élèves aient une petite expérience de l'environnement graphique,
les logiciels utilisés étaient pour certains peu connus, et j'ai dans
un premier temps évité de fournir trop d'explications. Le comportement
des élèves devant l'écran est des plus intéressant et
des plus cohérent. Les phases de découverte (à plusieurs devant
l'écran) ont souvent suivi plusieurs étapes : discussion sur la fonction
de telle ou telle icône, essai, passage à une autre fonction ou a un
autre manipulateur de la souris. Un groupe auquel j'avais demandé de saisir
un texte sous Words a commencé par dérouler tous les menus et discuter
des options qui apparaissaient. Un petit point sur la barre des tâches de Claris
Emailer : Les icônes à utiliser ont posé peu de problèmes,
et il semble que l'effort de mémorisation a porté autant sur la place
du bouton que sur son symbole. Les élèves n'ont donc dans ce cas pas
de problème particulier de lecture d'image. Ils ont utilisé aussi le
"copier-coller" du presse papier entre les logiciels ClarisWorks et Claris
Emailer. Ils leur permettaient de ne pas avoir à recopier leur message qui
se retrouvait directement dans leurs pages à envoyer.
La perspective de l'échange est une source de motivation pour l'élève.
Elle permet en plus d'augmenter l'attention de l'élève et de valoriser
son travail. On sait, qu'à moyen ou long terme, l'élève se souvient
du contenu de ses productions.
En effet, une action vécue est mieux assimilée qu'une action racontée.
Lorsque le travail aboutit à la construction d'un document, comme : "
Les malheurs d'une fille ou Doc gynéco ", il possède le pouvoir
de graver les connaissances utilisées dans la mémoire de l'élève.
Au cours du travail mené dans la classe, j'ai observé comment les élèves
avaient pris conscience qu'écrire ne se fait pas en un seul jet. La construction
de leurs productions est réalisée grâce à des remaniements
accomplis aux moyens des fonctions : coupage, collage, effacement, ajouts. Il a bien
sûr fallu que les élèves mettent à jour certains de leurs
savoirs, au cours de leur écrit, car les connaissances ne s'empilent pas comme
des briques lorsque nous travaillons avec les IMC. Le savoir est construit uniquement
par l'élève. Il faut l'aider à trouver des stratégies
qui vont combler son handicap, lui donner des pistes de recherches sur les endroits
où il peut trouver l'information dont il a besoin. " Savoir poser les
questions est déjà savoir à moitié " ( Aristote
).
Pour produire son écrit, l'élève a besoin de se poser des questions.
Elles seront utiles pour cerner le sujet, mais aussi pour la structure de son écrit.
Les questions qu'il se pose, lorsqu'il écrit, formulent l'avenir de sa production.
La qualité d'un écrit comme " Alice et le voyage infernal "
nous montre à quel point Audrey s'est investie dans son histoire. Pour ce
qui est de l'histoire de "La pauvre Louise", la qualité de production
n'est pas la même, mais la quantité produite est comparable. Les élèves
ont sur ce point, dépassé mes espérances de productions.
3-3 ) Socialisation et autonomie
Le rapport à la communication :
La communication, qui s'est développée autour des messages échangés,
nous montre combien le travail entrepris est prometteur. La valorisation du travail
des enfants, à ce moment là s'est matérialisée. Leur
travail a été consulté, lu par des personnes dont ils ne connaissaient
absolument rien au départ. On peut voir dans les échanges avec Marie,
un début de communication.
Le rapport au groupe : Le groupe classe s'est trouvé, au cours du temps, lancé
dans un grand tourbillon de productions. Entre le journal de l'école, les
productions affichées sur Internet, les échanges de courrier, tout
ceci a créé une dynamique de classe assez soutenue. Dans l'ensemble,
le travail ainsi produit est très bénéfique aux élèves,
les progrès effectués par ceux-ci sont spectaculaires.
Travail intragroupe :
Quant à la question de connaître le nombre idéal d'élèves
devant l'écran, les groupes de deux ont, sans aucun doute, travaillé
le plus productivement. Nous étions généralement dans le cas,
avancé par Michèle Caillot-Gary et Alain Glykos, de la recopie d'un
texte déjà travaillé sur papier. Au stade où nous en
étions de la maîtrise de l'objet, un élève seul avait
beaucoup trop de difficulté avec le clavier, et à trois, un membre
en général restait passif. Il apprenait certainement en regardant les
autres, mais il ne faisait rien pour l'avancement de la tâche. Ajoutons pour
finir, que ce sont les couples n'ayant pas l'habitude de travailler ensemble qui
ont fourni le travail le plus efficace, quelle que soit la personnalité des
enfants. Le temps a manqué pour approfondir cet aspect, mais il semble que
le travail à deux devant l'ordinateur permette, de nouer des relations privilégiées
de camaraderie au sein du groupe classe. Travail intergroupe : Cet aspect peut être
considéré comme un des points faibles de l'entreprise, ce qui est imputable
en premier lieu à la brièveté de l'échange avec les personnes,
mais aussi certainement à l'approche employée, puisque ce n'était
pas son but premier ( étudier l'impact de l'utilisation de Internet comme
moyen de socialisation et utiliser la messagerie pour correspondre ).
3-4 ) Perspectives, propositions
Ce mémoire poursuivait entre autres buts de montrer comment
faire acquérir aux élèves suffisamment d'éléments
d'ordre pratiques et pédagogiques lors de l'élaboration de textes écrits
sur ordinateur et internet. L'idée directrice étant d'élargir
ce type de projets, à plus long terme, et peut-être à plus grande
échelle : à savoir travailler en réseau d'échange avec
plusieurs classes francophones, liées par des projets annuels.
La note du 24 avril 1997, publiée au Bulletin Officiel n°18 du 1er mai
1997, de Bernard Dizambourg, directeur de la DISTNB, ainsi que les récentes
dispositions financières de la Région en matière d'équipement
informatique des écoles primaires, m'ont montré que mes intentions
étaient nettement en deçà de celles des responsables du système
éducatif et des collectivités locales, mais nettement au-delà
de ce qui se pratique à l'heure actuelle.
Le sujet des forums de discussion, n'a pas pu être exploré,. Il aurait
fallu avoir la classe à plein temps et écrire un projet sur la recherche
d'informations. Ces forums sont très riche et leurs contenus peuvent être
très pointu sur un sujet donné.
Une expérience de recherche de d'informations, s'est faite avec une autre
classe de St Maurice. Le sujet était la reproduction des invertébrés.
Par le biais de moteur de recherche, nous avons trouvé tous les documents
et renseignements nécessaires complémentaires à la recherche
effectuée dans des dictionnaires et encyclopédies.
Au niveau local, l'intention est d'équiper plus de cinquante pour cent des
écoles. Des projets de correspondances télématiques ou de mise
en réseau permettraient d'élargir considérablement les champs
d'application de l'informatique. Mais les orientations du ministère sont encore
plus ambitieuses, puisqu'il est prévu :
- de mettre en réseau la totalité des établissements secondaires
dans un délai de trois ans, et d'une manière plus progressive, les
écoles primaires.
- d'informer et de former le plus grand nombre de responsables, d'enseignants et
de personnels administratifs.
- d'aider à la production de ressources pédagogiques de qualité.
Les enjeux sont considérables.
A nous de donner à l'école sa dimension de demain.
La question que je me posais au début de ce travail était de savoir
si la production d'écrits au travers d'internet ( les pages Web, comme moyen
de socialisation ) présentait un réel intérêt pédagogique.
Je peux d'emblée affirmer que la mise en place de ce projet a fait naître
dans la classe, pour les élèves comme pour l'enseignante, nombre de
situations d'apprentissage au contenu très riche. Il est néanmoins
mal aisé d'élaborer un outil d'évaluation fiable et global,
d'une part en raison de la courte durée de mes interventions et d'autre part
du nombre assez restreint de productions.
Pour répondre aux questions suivantes :
Est-ce que la publication des travaux de la classe sur le " WEB " apportera
une aide aux élèves, pour une plus grande qualité de production
de l'écrit ?
Le fait qu'ils aient travaillé leur histoire ( pour certains) même en
dehors des heures de classe, prouve que les objectifs pédagogiques étaient
adaptés à leurs capacités ( une tâche ni trop facile ni
trop difficile et qui reste ,de ce fait, stimulante ). Leur investissement dans ce
travail met en reflet leur attirance pour cette forme de production. Comment faire
écrire les enfants ?
Après de longues recherches, je me suis aperçu qu'il y avait beaucoup
de manières différentes d'aborder la production d'écrits. On
peut travailler sur des textes d'auteurs, d'après des poésies, des
articles... Il faut commencer avec les acquis des élèves et les utiliser
pour construire de nouveaux savoirs. Avec les enfants IMC, il est difficile de faire
une leçon théorique que l'on appliquera plus tard. Il est préférable
de travailler sur des stratégies personnelles pour faciliter leur accès
aux informations dont ils ont besoin sur le moment.
Comment concilier la production d'écrits avec une utilisation intéressante
de l'ordinateur ?
Je suis maintenant convaincu que le fait d'utiliser ces outils apporte une dynamique
de travail. L'utilisation des traitements de textes, du logiciel de courrier électronique,
du navigateur "Web" ont permis de faire découvrir un autre aspect
aux élèves : le travail avec publication par ordinateur. Cette utilisation
les sort un peu des didacticiels qui sont répétitifs. Les élèves
ont travaillé sur un volet de création tout au long de ce projet.
La place de l'enseignant dans ce travail a été essentiellement de soutenir
les élèves dans leurs recherches, argumentations, tout en leur laissant
diriger leurs productions. Travailler dans cet environnement amène l'enseignant
à être seulement un élément complémentaire qui
donnera des pistes de recherche pour trouver des solutions dans des livres de référence
( dans un dictionnaire, dans un livre de grammaire ... ) . Mais aussi dans la manière
dont il les aidera à réfléchir, à reformuler leurs idées,
à prendre du recul pour qu'ils apprennent à concevoir par la pensée
l'ensemble de leur production. Et ainsi avoir une vue à long terme sur la
finalité de leur travaux de production d'écrit.Les échanges
de correspondance par la messagerie du fait du peu de temps qui s'est écoulé
entre la publication des productions sur Internet et la mise en forme de ce mémoire,
n'ont pas atteint le niveau d'échanges que j'attendais. Malgré cela,
nous avons quand même eu des réponses de personnes qui ont été
enthousiasmées par la lecture des histoires publiées sur Internet.
L'utilisation d'Internet a motivé les élèves. Il suffit de regarder
les productions pour s'apercevoir qu'ils se sont investis fortement dans le projet.
La quantité et la qualité des productions nous amènent à
dire que ce travail sur de multiples champs du français est favorable pour
le renforcement de la langue écrite - voire orale - chez les élèves.
Il y a un double intérêt à ce type d'approche. Premièrement,
les élèves acquièrent mieux la lecture et l'écriture.
Deuxièmement, la communication à distance, pour ces enfants handicapés
moteurs, leur a permis de découvrir et de développer une nouvelle forme
d'expression. La valorisation des productions, du fait d'être lues et d'avoir
des messages en retour, les aura sans doute motivés et leur aura donné
un sentiment de réussite supérieur à n'importe quelle bonne
évaluation.
"Dernier avantage, et non des moindres, il s'agit de communiquer par écrit.
Incidemment, la pratique du français et la qualité de l'orthographe
s'en ressentent. Qui a dit qu'Internet n'avait aucun intérêt dans le
cadre scolaire." Bailly Sébastien, Correspondances numériques,
page 8.
Bibliographie
BALPE Jean-Pierre, Initiation à la génération automatique de
textes en langue
naturelle, Eyrolles, Paris, 1986.
CAILLOT-GARY Michèle et GLYKOS Alain, Ecrire avec et sans ordinateur au collège,
Delachaux et Niestlé, coll. Techniques et méthodes pédagogiques,
Neuchâtel, 1993.
CLANCHE Pierre , L'enfant écrivain, Le Centurion, 1988
COHEN Rachel, Les jeunes enfants, le découverte de l'écrit et l'ordinateur,
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pédagogie d'aujourd'hui, 1987. p 25 26
DUFAYET Pierre, Robert Van Cleef, De la rédaction à la production de
texte, Retz, 1993
DAURY jacques et DREY rené, Apprendre à rédiger, CNDP charente-maritime,
1990
EIMER Kamila, L'informatique éducative, Armand Colin, 1993
JOLIBERT Josette, Former des enfants producteurs de textes, Hachette, coll.
pédagogie pratique à l'école, 1994.
PUIMATTO Gérard et BIDEAU Robert, Comment informatiser l'école?, cndp
Paris, 1996
REVERBEL M., Je vous écoute écrire, Seyssel, coll. Comp'Act, 1993,
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STECKIEWIEZ J.P., Maîtriser l'expression écrite au CM, Hachette, 1987
CNDP, La maîtrise de la langue à l'école, coll. SAVOIR LIVRE,
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CNDP, Programmes de l'école primaire, coll. SAVOIR LIVRE, 1995.
Revue :
Bailly Sébastien, Multimédia et éducation, Correspondances numériques
page 8, n°4 janvier 1998
Sites internet des académies françaises.