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LA PRODUCTION D'ECRIT ET INTERNET



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Mémoire professionnel

Lambin Vincent
CAAPSAIS option C
CNEFEI de Suresnes
année 1997/1998



SOMMAIRE
Introduction
I ] Problématique

I-1 Internet ?
1-1-1 ) Un bref historique
1-1-2 ) Les écoles
1-1-3 ) Que faut-il pour se connecter ?

1-1-4 ) Les masses d'informations

I-2 Travailler sur l'écrit
1-2 Son rapport avec la langue
1-2-1 ) Lecture
1-2-2 ) La production d'écrit

1-3 Son rapport avec la communication
1-4 -2 ) Travailler en équipe

1-4 Son rapport au groupe.
1-4 -1 ) Travailler avec l'ordinateur

1-5 Le rapport aux technologies d'information et de communication
1-5 -1 ) Le matériel
1-5 -2 ) Le logiciel

1-6 Un projet de production d'écrit

II ] Mise en place dans la classe: difficultés rencontrées, remédiations


2-1 ) Introduction du projet
2-2 ) La première écriture
2-3 ) Structurer son récit dans le temps
2-4 ) Les changements de noms
2-5 ) La réécriture
2-6 ) La présentation de l'ensemble et la relecture
2-7 ) Finaliser la production
2-8 ) La publication sur Internet
2-9 ) Les retours et les contacts

III ] Analyse des résultats

3-1 ) La production d'écrits par ordinateur
3-2 ) Intérêt pédagogique
3-3 ) Socialisation et autonomie
3-4 ) Perspectives, propositions

Conclusion
Bibliographie
Annexes.


Remerciements à Sonia Jacob, institutrice à l'hôpital de l'Institut National de Rééducation
de St Maurice.
La partie pratique de ce mémoire a été réalisé dans la classe de CM de L'I.N.R. St Maurice.
Cette activité a été mené en plus de l'atelier pédagogique hebdomadaire du CNEFEI de Suresnes.
La durée de l'intervention, s'est faite sur une dizaine de séances à l'I.N.R. St Maurice.

L'évolution de notre société offre une place de plus en plus importante aux nouveaux
moyens de communication, à l'heure où les Instructions officielles de 1995 nous incitent, en restant dans le cadre de l'enseignement des champs disciplinaires au cycle des approfondissements, à approcher les principales fonctions des micro-ordinateurs, parmi lesquelles la communication.

En parcourant le réseau Internet, il arrive que l'on rencontre le fruit de travaux scolaires visant un tel objectif, sous la forme de pages élaborées par des classes d'écoles primaires, et présentant les élèves, leurs centres d'intérêt, les dossiers déjà conçus et les projets qu'ils aimeraient mener. Ces sites Internet leur fournissent en outre une adresse électronique, et servent ainsi de support à des correspondances interclasses.

Mais l'utilisation de l'informatique semble modifier l'approche traditionnelle de la production d'écrit. Quels peuvent être les apports et les spécificités d'une telle démarche ?

La production d'écrit et la correspondance scolaire par le biais de l'outil Internet présente-t-elle un réel intérêt pédagogique?

Un sous objectif de ce mémoire est d'étudier l'impact de l'utilisation de Internet dans une classe de handicapés moteurs.










I ] Problématique

A la suite de plusieurs années de travail dans l'éducation spécialisée ( j'ai travaillé un an en S.E.G.P.A., un an en I.M.E. et un an en C.R.F.), je me suis aperçu que les enfants de l'A.I.S. avaient de gros problèmes à s'exprimer en langue française. De plus les handicapés moteurs avaient souvent un retard scolaire car les rééducations et l'école se partagent leurs emploi du temps.

L'idée de travailler sur le moyen de donner à ces enfants une possibilité de mieux connaître et découvrir leurs environnement m'est venue. C'est alors que j'ai commencé à réfléchir sur la notion :" les aider à découvrir la création et la production d'écrit ".
Travailler sur les activités de français, aussi bien écriture que lecture, les deux étant liées, m'a tout d'abord amené à penser aux moyens à mettre en oeuvre pour motiver les enfants.
De là, je me suis orienté vers l'utilisation de l'informatique dans la production d'écrit. Puis m'est venue une idée complémentaire : exposer les productions écrites sur internet pour les motiver.
Cette nouvelle idée avait l'avantage que l'on ne peut plus dans notre société se passer de
l'écrit. En fait le niveau demandé aux personnes dans notre société est de plus en plus élevé. On demande de savoir rédiger. Lire et écrire sont devenus des outils indispensables.
De là viennent les questions :
Comment faire écrire les enfants ?
Que faut-il leur donner comme base pour débuter ?
Sur quel support travailler ?
Savoir rédiger mais pour quoi faire ?
Comment les motiver à produire des écrits ?

Au cours de mon expérience professionnelle, j'ai remarqué un engouement des élèves pour le travail sur ordinateur. Est-il possible de concilier les deux : la production d'écrit et une utilisation intéressante de l'ordinateur ?
Avec les handicapés moteurs, on travaille souvent sur les outils informatiques du fait de leur impossibilité d'écrire à la main.
Comment varier les supports pour garder une attention au sujet en cours ?
Quelle notion d'apprentissage aborder pour bien structurer la démarche de production de textes en langue française et se l'approprier ?
Quelle est la place de l'enseignant dans cette approche ?

Dans cette optique, il sera intéressant d'étudier le rapport des élèves avec l'écrit.
Une fois l'apprentissage de base effectué, observer et apporter aux élèves une aide spécifique.
Est-ce qu'il est productif de travailler sur leurs travaux de correspondances, ou bien sur leur projet ?
Le tout avec l'enseignant qui resterait en satellite, sans perdre de vue l'acquisition de connaissances en français à chaque fois que cela sera possible. En fait, laisser les élèves maître de leur investissement, pour accentuer la motivation.
Est-ce que cela permettra, grâce aux échanges que l'on envisage de faire par courrier électronique, de pouvoir travailler tous les champs du français, de l'écrit?
Est-ce que la publication des travaux de la classe sur le " WEB " apportera une aide pour les élèves, une plus grande qualité de production de l'écrit ?

I-1 Internet ?

Internet est le nom donné à un réseau mondial de communication entre ordinateurs.

1-1-1 ) Voici un bref historique :

1957-1969 LA PREHISTOIRE D'INTERNET
Tout commence en 1957, quand le Département américain créé l'Arpa, un organisme de recherche militaire. En pleine guerre froide, l'Arpa se préoccupe notamment de mettre au point des réseaux de communication capables de rester opérationnels en cas de destruction partielle.

En 1962, une étude réalisée pour le compte de l'US Air Force énonce ainsi l'idée générale des réseaux décentralisés et maillés: Relier chaque centre de calcul de l'armée à tous les autres, plutôt que d'avoir une tête qu'il suffirait de neutraliser pour interrompre les communications. Parallèlement, la recherche sur les réseaux dits "à communication de paquets" aboutit à la fin des années 60.

En 1969 naît Arpanet, l'ancêtre d'Internet. L'université californienne Ucla s'y connecte aussitôt, bientôt suivie par d'autres facultés.

LES ANNEES 70 LA DEFINITION DES REGLES DU JEU
Les possibilités entrevues lors de ces premiers essais débouchent en 1972 sur la création de l'Internet Working Group, présidé par l'universitaire Vinton Cerf. En 5 ans, cette organisation définira les grands protocoles (c'est à dire les règles qui permettent aux ordinateurs de se parler) concernant, notamment, les transferts de fichiers et la messagerie électronique. De même, en 1979, apparaît le 1er protocole créant les "Newsgroups" ces groupes de discussion thématiques alimentés et consultés de n'importe quel point du réseau.

Dès lors les principales fonctions d'Internet sont en place, mais elles restent cantonnées dans les universités américaines.

LES ANNEES 80 L'EXTENSION GEOGRAPHIQUE : La France se dote, avec le Minitel, d'un
réseau centralisé, à l'opposé des principes d'Internet.
Internet oublie ses origines militaires : en 1983 le Pentagone quitte Arpanet et se replie sur son propre réseau, Milnet. En raison de l'augmentation de la puissance des ordinateurs et de la vitesse des transmissions, ce sont des réseaux locaux entiers qui se connectent maintenant aux autres. Surchargé, Arpanet est en 1986, supplanté par NSF-NET (Réseau de la National Science Foundation, une agence gouvernementale destinée à financer la recherche).
Mais ce nouveau venu est, rapidement, dépassé à son tour.
Dès 1987, sa gestion est confiée à l'exploitant du réseau universitaire du Michigan, en partenariat avec les géants IBM (informatique) et MCI (télécommunications) car les "tuyaux utilisés" sont les lignes téléphoniques.
Objectif: Développer Internet au delà du monde universitaire. Le réseau Internet quitte ainsi son berceau américain pour arriver en Europe en 1988. Le 28 juillet, l'Institut National de Recherche Informatique et Automatique (INRIA) devient le premier site Français connecté.


1989-1994 LE GRAND PUBLIC ACCEDE A INTERNET
Depuis la fin des années 80, plusieurs innovations ont facilité l'utilisation du réseau. En 1989 le Centre Européen de Recherche Nucléaire (CERN) à Genève s'est doté du "World Wide Web" . Ce système de présentation des serveurs d'informations sous forme de documents "hypertextes" (offrant un accès direct à d'autres documents) permet de "surfer" d'un site à l'autre. Depuis 1993, grâce aux logiciels Mosaïc puis Netscape et Explorer, se promener sur le réseau est un jeu d'enfant.
Entre temps, le thème des autoroutes de l'information est devenu à la mode. D'ailleurs en 1992, le vice-président américain Al Gore y consacre un grand discours.
DEPUIS 1995 L'EXPLOSION...
1997 : INTERNET 2
Le gouvernement américain met en place un nouveau réseau permettant un débit de 2,4 gigas octets/secondes.

1-1-2 ) Les écoles

En 1997, les premières pages des écoles ont fait leur apparition. En septembre, en consultant un moteur de recherche ( altavista ) avec le mot clé " école", je n'avais eu comme réponse à l'époque que 300 mentions du mot sur une recherche mondiale, mais en décembre, il y avait déjà près de 27 000 réponses au mot école. De toute évidence, les pédagogues s'intéressent au réseau Internet.
L'utilisation d'Internet bouleverse déjà le fonctionnement des écoles et des universités, en ouvrant des possibilités illimitées d'accès aux connaissances, en autorisant tous les échanges et en permettant des innovations pédagogiques dès l'école primaire. Mais le Web n'est pas la solution miracle aux problèmes d'éducation.

Quel sera le rôle d'Internet dans l'enseignement ?


Aux Etats-Unis, Internet est un outil déjà largement utilisé, la plupart des établissements scolaires et des dizaines de millions de foyers sont équipés. Mais, pour l'instant, à l'école comme à la maison, Internet sert essentiellement au courrier ( email ) et à des recherches dans les bases de données, alors qu'il a pourtant un autre usage : l'accès aux personnes : l'équivalent du téléphone en direct ou en différé.
Un accès qui peut se faire par la voix et l'image. En fait, le grand apport d'Internet dans l'enseignement sera de permettre cette mixité, conversation et accès aux données.


Les bases de données ne sont pas en elles-mêmes suffisamment explicatives et elles contiennent énormément d'informations, plus ou moins élaborées, plus ou moins vérifiées, plus ou moins à jour. Elles nécessiteraient - surtout dans le cadre de l'enseignement - d'être complétées par des explications, qui pourraient être fournies par des personnes intervenant sous la forme de conversations en ligne, comme dans les forums. On peut donc imaginer que des élèves, avec ou sans leur professeur, appellent des personnes sur le Net pour obtenir des commentaires sur certains sujets.
En réalité, Internet devrait faciliter le déplacement de l'enseignement vers une relation mentor-élève, où les professeurs deviennent des compagnons pour la découverte éducationnelle de l'enfant. Les enfants les plus isolés en milieu rural auront accès aux mêmes univers de la connaissance que ceux qui habitent dans les quartiers favorisés. On aurait ici un moyen d'accès démocratique à l'information si tout le monde était équipé de micro-ordinateur et familiarisé avec cet outil.


La possibilité pour les maîtres des réseaux d'aides, de suivre les travaux de leurs élèves à distance, semble désormais possible. Mais cette éventualité ne concerne que la correction de travaux ou la réponse à des questions dont l'élève aurait besoin dans l'immédiat.
C'est la grande force d'Internet.

Gérard PUIMATTO et Robert BIDEAU, dans "Comment informatiser l'école ? ", expliquent : "Les technologies d'Internet marquent incontestablement un tournant dans les pratiques télématiques. Elles garantissent d'abord une totale indépendance entre le support, le transport et les services, ce qui permet d'assurer une continuité internationale du service. En outre, les applications concernées font preuve d'une efficacité et d'une convivialité inconnues jusqu'à ce jour dans le domaine de la télématique.
Enfin ( mais est-ce étonnant si on tient compte de l'origine universitaire d'Internet ) les applications proposées sont extraordinairement adaptées à nos besoins : messageries et listes de diffusion pour travailler à plusieurs sur un même projet, groupes de discussions pour les débats entre spécialistes, et enfin le "Web" pour publie les informations. Trois niveaux indispensables pour créer les conditions d'une nouvelle productivité électronique. " (p 248, comment informatiser l'école ? )

1-1-3 ) Que faut-il pour se connecter ?

Pour se connecter à Internet et au World Wide Web ( sa représentation graphique) un micro-ordinateur doté d'un modem, lui-même relié au réseau téléphonique, constitue l'équipement de base, du moins dans l'attente de la disponibilité commerciale d'équipements plus simples et moins coûteux tels que les " Network Computers " (NC), ordinateurs dépouillés de leurs périphériques ou des " Web Phones ", téléphones de haut de gamme dotés d'un écran et d'un clavier. Cet ordinateur, qui peut être un PC , un Macintosh ou un AMIGA, ne doit pas être nécessairement de la toute dernière génération mais ses performances conditionnent grandement sa souplesse d'utilisation.

1-1-4 ) les masses d'informations

Comment s'orienter dans ces masses d'informations ?
Pour l'internaute, repérer l'information est effectivement l'une des premières difficultés. Mais, même quand il l'a trouvée, il ne sait pas quelle en est la portée réelle. Le vrai problème, c'est celui du choix. Quand on achète le livre d'un éditeur, on sait qu'un travail de choix a été réalisé par ce dernier et l'on s'appuie sur son image de marque, qui garantit un certain niveau de qualité. Avec Internet, ce n'est pas du tout le cas. On n'a aucune garantie sur le sérieux des informations.

Une des fonctions essentielles à développer, c'est le " guidage " de l'utilisateur.
Il y aura sur Internet des sites de référence, des sites guides. Des éditeurs électroniques diront : " Si vous pensez que notre site est de qualité, nous vous recommandons d'autres sites qui offrent le même niveau d'intérêt et de sérieux. "
Internet va être utilisé, d'une part, pour la recherche d'informations, d'autre part, pour l'insertion de ces informations validées dans des " productions " - c'est-à-dire des commentaires, documents, présentations multimédias, etc. Ainsi, dans les écoles françaises, on voit de plus en plus d'essais réalisés sur ordinateur à partir de textes et d'images produits en interne par la classe mais aussi téléchargés depuis l'extérieur. L'étape suivante consiste à envoyer ces créations sur le Net, où elles seront affichées et consultées par d'autres classes.


Cette technique devrait connaître en effet un développement considérable. Les écoles, voire peut-être toutes les classes, auront des pages d'accueil. Certains des produits imaginés par les élèves, dans leur classe ou même avec des camarades d'autres établissements seront édités sur le réseau.
L'intérêt de cette multi-composition, c'est que tout fera partie du domaine public. Les travaux pouvant être lus par tout le monde; l'école, la classe, l'élève ne voudront pas sortir des oeuvres de qualité médiocre. Les élèves feront probablement plus attention à leur travail que lorsqu'ils écrivent uniquement pour leur professeur. Cette potentialité d'affichage est un outil extraordinairement puissant pour les maîtres, quant à l'exigence de qualité du produit final.

I-2 Travailler sur l'écrit

Quelle démarche adopter pour travailler sur les écrits ?
On peut travailler sur un petit nombre d'écrits que l'on considère comme exemplaires et à propos desquels on estime pouvoir mettre en place le maximum d'éléments utiles et pouvoir les réinvestir. Mais cette position a ses limites, on travaille souvent avec les mêmes types de textes.
Une deuxième option serait d'écrire le maximum de textes diversifiés. On aborde ainsi tous les types de textes.

Quels sont les différents types de textes ?
- Le texte narratif, c'est le type à l'architecture la plus codée, il se caractérise par une succession d'événements, organisée en une intrigue en plusieurs étapes, autour d'au moins un acteur humain, le tout doit être susceptible d'être compris et évalué globalement.

- Le texte descriptif a une architecture moins codée. Il peut se définir comme la mise en scène d'un lieu, d'un personnage, d'un objet. Cette architecture se caractérise par un thème, des propriétés, des situations dans l'espace et le temps. Son organisation comprend des plans énumératifs, temporels ou spatiaux.

- Le texte explicatif a une codification plus floue, fondée sur le "comment ?" ou le "pourquoi", qui se caractérise notamment par le passage d'un schéma initial à un problème, à une explication et à une conclusion.

- Le texte argumentatif a une architecture plus souple que celle du récit, consiste en la construction d'un texte visant à modifier les représentations ou les opinions du destinataire à propos d'un objet du discours, démontrant ou réfutant une thèse.

- Le texte dialogal est sans doute encore moins structuré. Il consiste en une coconstruction, en une succession d'échanges hiérarchisés, avec des phrases d'ouverture et de clôture marquées par des formules rituelles et des phases de transactions.

Les problèmes de la pédagogie de l'écriture:
Les objectifs de l'enseignement du français écrit sont bien connus.
- favoriser la complémentarité de la lecture et de l'écriture dans le processus d'élaboration de la production d'écrit.
- inciter l'élève à réviser son texte.
- amener l'élève à s'interroger sur l'orthographe des mots.
- faire développer des automatismes pour l'application des règles de grammaire.
- exiger de lui des textes " convenables " du point de vue de la grammaire et de
l'orthographe.
- promouvoir la pratique de l'écriture en dehors des cours de français.

I-2 Son rapport avec la langue

Les Instructions Officielles précisent, dans le cadre du cycle des approfondissements, que l'élève sera conduit à " multiplier les occasions de manier , pour faciliter les activités de communication, une langue au fonctionnement maîtrisé " . Tout projet d'écriture est l'occasion de faire retrouver à la langue, de manière très explicite, cette finalité d'outil de communication. C'est même un des objectifs premiers. Précisons le caractère particulier du type d'écrit utilisé : le courrier électronique et la publication des écrits sur le Net.

Par sa spécificité, l'outil Internet et le message électronique, bien qu'appartenant au monde de l'écrit, possèdent une structure temporelle proche du dialogue et des pratiques linguistiques orales. En effet, la rapidité d'échange, mais surtout les contraintes de lisibilité impliquant des textes brefs et ne comportant souvent qu'une seule idée, induisent un comportement semblable par quelques traits à celui qu'on peut adopter lors d'une conversation.
Les possibilités des logiciels de communication actuels permettent même de faire parvenir le même message à plusieurs interlocuteurs, d'où la création de véritables discussions.

I - 2 -1) Lecture

L'utilisation de l'informatique entraîne de surcroît un mode de lecture particulier. Le seul espace de travail est celui de l'écran, très petit, et à travers lequel on communique avec des logiciels à l'interface de plus en plus visuelle, dont les commandes sont déclenchées par des icônes (représentation, symbole de l'action à effectuer). L'utilisation de ces petits dessins, très intuitive, permet à l'enfant, par une lecture d'image, " d'agir, d'exécuter une consigne. "


Le message électronique possède une superstructure très proche de la lettre, même si, comme on le verra, une partie des éléments de la silhouette est prise en charge par le logiciel de communication :
De manière plus concise et plus assistée que la lettre, par sa structure rigide, le message permet donc à l'enfant d'entrer dans l'écrit en utilisant ses indices externes. La brièveté des contenus peut de plus, dans un premier temps, permet à l'élève d'embrasser la globalité de l'écrit sans éprouver de lassitude ou être submergé par un texte trop important.
Yves Reuter site dans " enseigner et apprendre à écrire " : " Une idée maîtresse de la didactique du français à l'heure actuelle s'élabore et se précise: si lire peut aider à écrire, écrire peut aider à lire." ( p 33)


I -2 -2 ) La production d'écrit

Au fur et à mesure de la progression dans la maîtrise de l'outil, viendra pour l'élève le besoin d'étoffer ses idées, de les préciser, de complexifier l'écrit.
Le travail commencera, le plus souvent par un brouillon, où l'élève écrira ses premières
idées. Puis, il passera sur traitement de texte ( cette étape peut être très courte quand il en a pris l'habitude ).

Les logiciels de messagerie électronique ne sont souvent pas suffisamment élaborés pour permettre, de manière lisible, la création d'autres textes que des messages courts à la présentation sommaire, et dans le cas d'une production plus travaillée, on sera amené à utiliser un traitement de texte dont on " attachera " le fichier produit à un message d'accompagnement.

Fortement liée à ce qu'on a déjà pu dire sur la situation de lecture, la production d'écrit par ordinateur, que ce soit pour l'élaboration d'un courrier électronique ou par l'usage plus général d'un traitement de texte, offre, en outre, en milieu scolaire, des particularités remarquables :

En 1987, Rachel Cohen, après deux ans de recherche au sein du Groupe Apprentissage du Centre Mondial Informatique, affirmait que le logiciel de traitement de texte, en simplifiant le travail de correction et de retranscription des compositions, réduisait la résistance des élèves face aux tâches d'écriture. Elle argue de plus : l'introduction de l'ordinateur dans l'utilisation du " langage écrit " permet, en modifiant le milieu, en l'enrichissant, d'inciter l'enfant à rechercher des modes d'adaptation nouveaux lui permettant de faire face à de nouvelles situations :

- interactivité avec le milieu : l'enfant peut observer directement sur l'écran les effets de son activité, il peut en suivre les changements et peut intervenir pour en provoquer d'autres...

La langue écrite apparaît dès le début dans sa fonction réelle : un mode de communication, un outil fonctionnel à la portée de l'enfant qui peut s'exprimer par écrit et qui devient maître de son écrit. En effet, l'écrit produit par l'enfant est parfait, les caractères sont impeccables et son texte est immédiatement communicable à autrui. Pour les handicapés moteurs un tel résultat est très intéressant, nous venons d'effacer tous les problèmes qui viennent des mouvements parasites.

Ce dispositif favorise de plus la prise de conscience de trois caractéristiques importantes de l'écrit :
- Structuration de l'espace : sur l'écran, les lettres s'affichent de gauche à droite, ce qui permet à l'enfant de structurer l'espace et d'éviter les inversions et les écritures en miroir.
- Identité d'une lettre : chaque fois que l'enfant tape une lettre, il la voit s'afficher à l'écran; la production d'une lettre devient ainsi un geste moteur significatif pour l'enfant.
- Identité d'un mot : le geste physique (de presser la barre d'espacement) permet à l'enfant de séparer les mots de la phrase.
Bien que ces remarques se soient à l'origine appuyées sur l'étude de groupes d'enfants de cycle des apprentissages premiers ou fondamentaux, elles ne perdent guère de leur validité dans le cas d'un cycle des approfondissements, où les difficultés de langue sont souvent bien réelles chez certains handicapés moteurs.

L'usage du traitement de texte dans le rapport de l'élève à l'écrit doit pourtant être introduit avec précaution, car s'il offre des particularités qui peuvent provoquer certains déblocages, il modifie aussi profondément ce rapport, principalement sur trois niveaux : physique, psychologique et social.

L'écriture en soi, la trace écrite à la main, est une réalité physique, contraignante par les règles qu'elle impose et par les efforts qu'elle demande aux élèves, surtout au niveau de la préhension et du maniement de l'outil. Elle apporte en échange la sécurité, la stabilité, elle acquiert un caractère définitif. Avant tout tirage sur imprimante, l'écriture électronique n'est quant à elle jamais définitivement fixée, elle est sans traces et ne garde aucun cheminement de la pensée, mot ou erreur effacés.
L'écriture manuscrite est aussi l'expression de la personnalité, un moyen à travers lequel l'enfant cherche, pour lui-même, à traduire " la photographie " qui lui correspond le mieux.

Après avoir expérimenté le micro-ordinateur en classe, Michèle Caillot-Gary et Alain Glykos écrivent : "En tant qu'inscription physique, l'écriture est une activité qui prolonge les premiers graphismes de l'enfant. Dès la petite enfance le dessin, comme rencontre du corps et de l'extérieur, matérialisé dans la trace, est doublement intéressant :
- il est processus : il participe directement à la constitution de la personnalité.
- il est résultat : il est le signe lisible de la faculté de l'enfant à se construire. "

Le traitement de texte pourrait donc apparaître comme un instrument de facilitation pour des élèves présentant des difficultés en graphisme, mais ne peut en aucun cas se substituer totalement au travail sur papier, surtout à une époque où l'on se cherche une écriture, une signature, où l'esthétique de l'écriture apparaît comme une recherche pour l'enfant.

Les nombreuses fonctionnalités (apportant à la fois souplesse et rigidité dans la production) des logiciels de traitement de texte actuels permettent, de plus, de développer des méthodes de travail, notamment de " savoir présenter son travail avec rigueur, clarté et précision ... de structurer un texte par sa présentation (paragraphes, graphie...), notamment par le recours à un traitement de texte, c'est-à-dire utiliser de façon raisonnée des objets techniques (ordinateur...) et d'en identifier les principales fonctions..[...].. L'élève reprend, corrige, améliore ses productions antérieures avec le souci de la qualité, de la forme et de l'expression. "
COHEN Rachel, Les jeunes enfants, le découverte de l'écrit et l'ordinateur ( p 33 ).

C'est enfin un outil de communication, de socialisation, servant à donner aux autres une certaine image de soi. En classe, le message s'établit souvent entre deux personnes, et il est principalement de deux types :
- Soit, entre l'élève et le correcteur, souvent le maître, parfois un camarade, rapport dans lequel le statut de " l'erreur " est souvent exacerbé, mais où le respect d'une norme peut jouer un rôle de socialisation.
- Soit d'élève à élève, notamment à l'occasion de la valse des petits mots que tout enseignant a pu voir un jour circuler dans la classe, et à travers lesquels, hors du cadre rigide de l'institution et de ses erreurs, les enfants établissent des relations privilégiées, autres facteurs de socialisation.


L'usage qu'on fait du traitement de texte en milieu scolaire brise souvent la confidentialité de ces rapports bipartites, les travaux effectués étant souvent destinés à l'affichage ou à la publication, mais " le masque " que procure la machine, qui permet d'un coup d'avoir une écriture parfaite, donc d'être socialement parfait, suscite souvent plus d'excitation et de motivation à écrire, ainsi qu'une plus grande vigilance orthographique et syntaxique, et le maître devient alors la ressource pertinente qui évitera le retour critique des lecteurs. Les conséquences psychologiques pour l'élève handicapé moteur sont de plusieurs ordres:
- une intégration sociale, du fait de sa capacité de produire des textes comme les autres élèves
- une intégration scolaire, par la reconnaissance de ses travaux auprès des enseignants
On pourra donc, suivant l'usage qu'on en fait, privilégier, soit l'écrit public, source de reconnaissance par une communauté, soit un écrit plus " intimiste ", dans une correspondance interindividuelle, par exemple, que ce soit entre deux élèves de classes différentes, ou bien pourquoi pas, au sein du groupe classe, pour peu qu'on ait attribué à chaque élève une boîte à lettre personnelle.

I-3 Son rapport avec la communication

D'après les instructions Officielles, l'enfant doit, au cycle 3, " s'entraîner à passer de l'espace au temps " vécus " à l'espace et au temps " pensés ". " C'est le prolongement de la compétence visée en cycle 2, qui vise à lui faire " réaliser des représentations d'un espace plus abstrait, éloigné d'une expérimentation concrète ".
Outre son rôle de moteur de l'écrit, la communication à travers la correspondance, permet à l'élève, d'une part, d'élargir la vision qu'il peut avoir du monde, d'autre part, à cause de ce besoin de communiquer, de voir avec des yeux neufs la réalité la plus banale.


Tout échange avec un groupe éloigné peut être en classe prétexte à l'utilisation d'une carte, d'un globe, à l'étude de milieux différents, non seulement d'un point de vue physique, mais aussi socioculturel, pour peu que les partenaires soient judicieusement choisis. La correspondance, qu'elle soit épistolaire ou télématique, permet d'ailleurs souvent de franchir certaines frontières raciales ou sociales. C'est la découverte de l'altérité et de son espace. La charge affective liée à cette découverte peut être d'autant plus forte qu'on individualise les échanges, chaque élève dans la classe pouvant avoir son correspondant attitré.


Le besoin de se présenter, de décrire son milieu de vie requiert souvent de la part de l'enfant un regard neuf sur son environnement, un regain d'attention particulier sur le familier, l'habituel. Il est alors capable d'apporter des éléments à " l'étude de sa région et sa comparaison avec d'autres régions. ". Cette étude du milieu local pourrait être l'occasion de développer des actions dans des domaines particuliers, notamment en géographie (connaissance des abords de l'école, rencontre de personnages typiques du quartier, etc.).


Mais aussi, dans le cadre des productions écrites exposées sur le Net, les lecteurs de ses pages seront amener à nous poser des questions par le biais du courrier électronique. Cela nous amène à faire des enquêtes sur le milieu qui nous entoure pour pouvoir mieux le décrire à nos interlocuteurs. Les questions peuvent être de l'ordre de l'emplacement géographique de l'école, du type de commerce du quartier, des emplois du temps des élèves ( scolaire et extrascolaire ), des habitudes alimentaires...
Tous ces renseignements créent des liens entre les personnes avec qui l'on correspond, de là, il n'y a pas très loin pour trouver une personne qui ait les mêmes sujets de préoccupations et ainsi engager une vraie correspondance.

Les nouvelles technologies d'information et de communication, dont le présent mémoire étudie une sommaire mise en place en milieu scolaire, font évoluer notre approche actuelle d'acquisition de l'information, et par suite des situations d'apprentissage. On détaillera plus loin ce point important.


I-4 Son rapport au groupe

I - 4 -1) Travailler avec l'ordinateur

Un des objectifs de ce mémoire est d'étudier la possibilité d'introduire un micro-ordinateur dans une classe avec une connexion à Internet. Cela implique la possibilité d'une utilisation quotidienne, mais impose une accessibilité partagée entre les élèves de la classe, selon leurs disponibilités et leurs besoins.
Chacun pourra alors " prendre conscience des règles de la vie en commun dans la classe (..., entraide, coopération) ". D'après Michèle Caillot-Gary et Alain Glykos, il n'est pas nécessaire de faire travailler un seul élève à la fois, sans que le nombre idéal soit fixé, il peut dépendre d'après eux de quelques facteurs.

La psychologie de l'élève :
La prise de possession du clavier facilite et amplifie des relations d'ascendance qui ne sont souvent pas souhaitables au sein du groupe classe. Par contre, la lisibilité de l'écran peut certainement permettre un travail fructueux de deux ou trois élèves, pour peu qu'ils se soient répartis les tâches à accomplir de manière satisfaisante.

Le style d'exercice proposé :
En se limitant à des exercices qu'on pourra être amené à rencontrer dans le travail de correspondance, on peut distinguer trois types d'activités.:

- La lecture d'un texte proposé à l'écran
Si le texte est long, il semble préférable que l'élève soit seul, à moins que des consignes de lecture silencieuse ne soient clairement posées.
- La mise au propre ou de recopier un texte qui a été travaillé sur papier.
- La création d'un texte directement à l'écran.
Bien que le travail seul soit tout à fait possible, il semble qu'un travail à deux soit plus rapide, les élèves se répartissant les tâches : celui qui dicte, celui qui frappe, l'alternance permettant à chaque élève d'expérimenter " les différents points de vue ".

Dans le cas d'un travail à plusieurs, les élèves chercheront certainement à faire prévaloir leurs propres phrases, ce qui peut avoir un effet positif pour le développement des capacités argumentaires, mais éloigne alors de l'objectif de production, dont on ne peut faire l'économie.

On peut citer Mr Reverbel dans " je vous écoute écrire " : " apprendre à écrire est un geste pour toute la vie, un geste qui devrait être naturel, comme apprendre à parler, à marcher. Il ne viendrait pas à l'idée de massacrer l'apprentissage de la marche, par exemple. On donne bien le temps à un enfant de faire ses premiers pas, on accepte qu'il chancelle, qu'il trébuche, qu'il tombe, on lui tend les bras.
Pourquoi ne pas avoir la même attitude face à l'écriture? "

A l'intérieur du groupe classe, à l'instar de beaucoup de démarches de projet, la production d'écrit permet certaines compétences transversales :
- savoir organiser son travail dans le temps, planifier
- connaître et exercer des responsabilités personnelles
- être capable de communiquer ses démarches
et peut permettre, par une production faite en commun, de renforcer le sens du travail en équipe, l'écoute et le respect de la parole de l'autre.
De plus la production de texte à l'écran permet d'avoir un résultat non tremblé de l'écriture que l'on rencontre avec les écrits des handicapés moteurs. La possibilité de pouvoir effacer autant de fois que l'on veut permet à l'élève de pouvoir mieux envisager différents mots pour son idée. Il peut ainsi changer du vocabulaire, échanger des verbes plus pertinents qui augmenteront le sens de sa production.

I - 4 - 2 ) Travailler en équipe

Par leur essence même, les outils que nécessite la mise en place de la correspondance électronique ( email ) permettent très facilement la création d'un réseau de groupes de travail, de la taille d'une classe, voire d'une école, et dépendant d'une circonscription, ou d'un organisme éducatif d'ordre plus important. C'est d'ailleurs essentiellement de cette manière que sont élaborés la plupart des projets qui ont vu leur jour sous l'impulsion du Ministère de L'Education Nationale et du CRDP de Poitiers. Citons, parmi des actions de plus en plus nombreuses, le journal Sac d'école de la circonscription de Sarrebourg II. Celle-ci, par exemple, déplorant l'isolement des écoles et des enseignants, a mis en place un réseau dans lequel chaque école connectée est responsable de rédaction d'une ou de plusieurs rubriques du magazine, et collecte auprès de ses partenaires les productions propres à son thème, puis, après analyse critique et réécriture éventuelle, renvoie celles-ci à l'école rédactrice.


Cette pratique permet, par le travail en équipe, par la mise en commun de moyens et par la confrontation de pratiques et l'échange de compétences, de valoriser le travail du groupe, mais aussi d'enrichir les situations d'apprentissage et de créer des liens privilégiés avec les autres groupes.

Ajoutons que la création de réseaux, à l'intérieur même de l'école ou bien vers l'extérieur, constitue pour le ministère de l'Education Nationale " un instrument nouveau et important d'aménagement du territoire ".

I-5 Le rapport aux technologies d'information et de communication

I - 5 -1 ) le matériel

Bien que le micro-ordinateur fasse, de manière croissante, partie de notre environnement, il produit toujours, auprès du néophyte, " l'extase de ceux qui découvrent ce qu'ils viennent d'obtenir sur l'écran, sans qu'une relation évidente de cause à effet soit immédiatement perceptible. " C'est une des causes majeures de l'amplification des effets : la cassure entre la cause et l'effet, sans que l'esprit soit vraiment préparé à cette nouvelle façon de percevoir et de penser .

L'objet moderne ( l'ordinateur ) ou d'allure moderne est revêtu d'un pouvoir d'efficacité presque surnaturelle. Cette confusion pourrait peut-être inciter à prêter à l'ordinateur des pouvoirs " magiques ", et si c'est un penchant dont l'enseignant doit se méfier dans " l'utilisation raisonnée " qu'on lui demande d'en faire, l'aspect ludique qui en découle est certainement un facteur très motivant pour l'élève, en sus de l'image de support de jeux vidéos que véhicule l'ordinateur.
Cette incursion du " monde moderne " peut aussi permettre de revaloriser l'image de l'école, de renforcer son rôle de centre d'intérêt, auprès de populations parfois en situation d'échec scolaire.

L'introduction des TIC (technologie information communication) à l'école entre en outre dans un cadre plus large que celui de cette étude, et d'après Bernard Dizambourg, directeur de la DISTNB, en favorisant des pratiques de formation différentes, "[...] (elles) ont toutes chances de modifier profondément, à moyen terme, le paysage éducatif... Les apprentissages trouveront davantage de points d'appui à l'extérieur du système éducatif proprement dit, du fait de la diversification des sources d'information, de la simplification des accès, et de la multiplication des opérateurs concernés par la diffusion du savoir ".

La télématique scolaire apparaît donc comme un moyen de fournir aux élèves certaines des compétences qui feront d'eux ces citoyens de demain , adaptés au monde qui les entoure
.
I - 5 - 2 ) les logiciels

Les élèves sont amenés, lorsqu'ils sont devant un écran de micro-ordinateur, à côtoyer deux types de logiciels.
Les premiers sont appelés logiciels fermés ou didacticiels. Ce sont eux les plus souvent utilisés dans les écoles. L'utilisateur doit en général accomplir différentes tâches qui sous-tendent des objectifs éducatifs. Il est assisté de manière à pouvoir construire son apprentissage, mais ne peut souvent faire preuve que de peu de créativité. Ces logiciels ont souvent comme utilisations un objectif d'entraînement à un type d'exercice.


Les autres sont du type logiciel ouvert ou logiciel outil, qui eux, laissent le champ libre à toute tâche de création, avec des fonctions d'assistance plus ou moins évoluées, mais ne sont pas toujours à l'origine conçus dans un but éducatif. Il n'existe pas à l'heure actuelle de logiciel de télécommunication, ou de traitement de texte répandu, orienté vers une pratique éducative. On sera donc contraint d'utiliser des applications comprenant éventuellement des fonctionnalités non compréhensibles pour les élèves, mais l'interface de ces produits, de plus en plus orientée vers une compréhension visuelle et intuitive de la tâche, permet souvent de réduire au minimum l'assistance à fournir aux élèves, et de les mettre ainsi en situation d'autonomie.

I-6 Un projet de production d'écrit

Au regard de ces quelques considérations, et des situations auxquelles je me suis trouvé confronté, j'ai donc essayé de mettre en place un projet de production d'écrit visant la correspondance électronique par la production d'écrits publiés sur Internet.
Une correspondance doit au départ être motivée par une volonté de communication, répondre à un besoin d'information à un moment opportun ou peut être complètement gratuite.

J'ai eu la chance de pouvoir travailler avec une classe qui avait déjà commencé à produire des textes depuis le début de l'année scolaire. Les objectifs du moment permettaient très aisément et de manière complémentaire d'inclure une production d'écrits avec comme moyen de socialisation la publication sur Internet, et aussi avec comme sous objectif, de pouvoir ainsi créer une correspondance avec une autre classe active sur Internet.

Un projet doit être adapté au public visé, et répondre à certains de ses besoins. Nonobstant l'apport d'informations, la production d'écrits pouvait amener, enrichir des situations d'apprentissage utiles aux enfants : la classe en question accueille des élèves handicapés moteurs issus de milieux divers, certains étant récemment arrivés en France. Ils utilisent maintenant des didacticiels installés sur les ordinateurs de l'école, mais ils ne fréquentaient pas le monde de l'informatique avant leur arrivée.

Or, d'après Bernard Dizambourg, " l'éducation nationale doit poursuivre son objectif d'assurer à tous l'égalité d'accès aux usages liés aux moyens modernes d'information et de communication, quelles que soient la situation géographique et sociale des apprenants. " D'une part, en multipliant les situations de lecture et de production d'écrit, la correspondance peut permettre d'apporter des éléments de réponse aux problèmes d'ordre sémantique, de syntaxe et de grammaire auxquels sont confrontés les jeunes handicapés moteurs, et de développer l'acquisition de l'autonomie.

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LE PROJET DE PRODUCTION

- Ce projet s'adresse à une classe de CM1/CM2 de l'école de l'Institut National de Rééducation de St Maurice, composée de 10 élèves handicapés moteurs.
La pathologie sont diverses, poliomyélite, T.C., tumeur médullaire, tumeur osseuse, membre inférieur plus court, maladie de Lobstein.

OPPORTUNITE :

- Cette classe a déjà entamé un projet de production d'article du journal de l'école.
- Au début de l'année, lors de la publication d'un conte, ils ont eu un contact avec une classe québécoise qui suit un projet ayant des orientations similaires.
- La salle de classe dispose de structures permettant l'utilisation de micro-ordinateurs, trois Macplus et deux PC, tout ce matériel est ancien mais convient pour faire de la production d'écrit.

Une autre salle dans l'école contient des Power Macs équipés en moyens de télécommunication : prise téléphonique et modem, protection contre le vol.

CHOIX PEDAGOGIQUES

La classe de CM1/CM2 de l'école de St Maurice accueille des élèves issus de milieux divers et souvent de famille étrangère venant de s'installer en France. Le recours aux technologies de communication pourrait permettre d'apporter :
- une revalorisation de l'écrit comme outil de communication.
- l'accès des TIC ( Technologie d'information et de communication ) à des élèves de toutes classes sociales.
- une stimulation entre un plus grand nombre d'enfants.
- des échanges entre écoles.
- une valorisation du milieu scolaire par l'introduction de supports éducatifs motivants.
- un enrichissement des situations éducatives.
- un élargissement des activités.
- une réduction de la rupture entre l'école primaire où l'emploi des TIC est plus développé que dans les écoles spécialisées.
- un échange de compétences entre élèves.

Objectifs visés
Objectifs généraux :
- s'exprimer et communiquer dans des situations variées.
- utilisation raisonnée et approche des principales fonctions d'un micro-ordinateur.
- à terme maîtriser mieux la création de textes

Objectifs spécifiques de lecture :
- familiariser les élèves avec différents types de textes, notamment descriptifs, narratifs et informatifs.
- développer des attitudes différentes de lecture : sélection d'informations, lecture
découverte, lecture intégrale, lecture critique.
- étudier des phrases de type déclaratif et interrogatif.

Objectifs opérationnels :
- être capable d'utiliser un traitement de texte ( dont la lecture rapide l'écran )
- être capable de consulter une page sur le "WEB"
- être capable d'identifier les différentes composantes d'un message électronique.
- être capable de répondre à un courrier électronique (Email)

Objectifs spécifiques d'expression écrite :
- structurer des écrits de type narratif, de type dialogal, de type descriptif, de type argumentatif, de type explicatif.
- être capable de réinvestir les règles d'orthographes, de grammaire, de conjugaison.

Objectifs opérationnels :
- être capable de réinvestir dans la production d'écrit les connaissances acquises par
- l'étude des caractéristiques des différents types de textes rencontrés en lecture.
- pouvoir réécrire un texte à partir des remarques d'un ou de plusieurs lecteurs.
- être capable de structurer un texte par sa présentation ( paragraphes, graphie ), notamment par le recours à un traitement de texte.

Objectifs spécifiques de Sciences et technologies
- utilisation de logiciels de traitement de texte, de mise en page et de télémessagerie.
- approche de la notion de serveur : circulation de l'information.

Objectifs opérationnels :
- être capable d'utiliser les principales touches d'un clavier de micro-ordinateur.
- être capable de maîtriser l'environnement graphique des applications utilisées.
- maîtriser de manière autonome les principales fonctions des logiciels utilisés.

:Objectifs spécifiques d'éducation civique :
- sens du travail en équipe.
- respect des règles de politesse.
- écoute et respect de la parole et des idées de l'autre.

Objectifs opérationnels :
- être capable de respecter des règles établies en groupe.
- être capable d'observer les règles de sécurité établies pour soi, les autres et celle pour le
matériel.

Compétences transversales
- connaître et exercer des responsabilités personnelles.
- passer de l'espace " vécu " à l'espace " pensé ".
- acquérir une certaine autonomie.
- savoir organiser son travail, planifier.
- être capable de communiquer ses démarches et les expliquer.

CAHIER DES CHARGES
implication des enseignants
- élaboration du projet.
- mise en place et suivi du matériel.
- mise en place du planning des activités

implication des élèves
- dans le cadre des activités scolaires de lecture et de production d'écrits.
- dans la pratique des technologies (maîtrise des logiciels de mise en page et de communication )
- prise de conscience de la responsabilité de chacun dans une oeuvre collective ( sens du travail en équipe, de la responsabilité personnelle et collective.)
- échanges de messages composés de la manière la plus autonome possible avec les
correspondants .

MISE EN OEUVRE
Moyens matériels
La classe dispose d'un matériel informatique composé d'une configuration de type:
- PC comprenant :
- une unité centrale de type 386 avec disque dur.
- une imprimante
- Macintosh comprenant :
- trois unités de MacPlus

Justification du choix des logiciels :
- pour le traitement de texte : Words 5 et MacWrite

Bien qu'il existe dans le commerce des logiciels plus adaptés à l'usage prévu, celui-ci était déjà disponible dans la classe, et les élèves avaient un usage de ces logiciels. Mais ils n'utilisaient que très peu les fonctions de mise en page et autre aide de manipulation de chaînes de caractères au départ.

- pour le courrier électronique : Claris Emailer

Ce logiciel permet une connexion au serveur entièrement automatisée, il est en français et dispose d'une barre de commande aux icônes très claires. Il est de plus disponible avec ClarisWorks, c'est-à-dire qu'on en acquiert la licence d'utilisation avec celle du traitement de texte.

- L'un des objectifs de la démarche était que l'élève prenne conscience des fonctionnalités de réécriture du traitement de texte, ajouter un mot, le corriger, déplacer une phrase, etc.
Il est rapidement devenu évident aux élèves l'utilité du copier coller, de la fonction couper, de la sélection de zones de texte. On a donc peu à peu, dans la mesure du possible, utiliser la réécriture à l'écran. Les élèves devaient, avant notre lecture, pouvoir déjà présenter un texte mis en page et exempt d'erreurs, si possible.

II ] Mise en place dans la classe : difficultés rencontrées, remédiations

2-1 ) Introduction du projet

La présentation du projet s'est faite en deux parties : tout d'abord je me suis présenté aux élèves ( avec l'institutrice nous avions déjà préparé le projet ). Puis, je leur ai expliqué ce que j'attendais d'eux et que nous produirions ensemble des écrits que nous publierions sur Internet.

Les élèves furent partant de suite. Pour démarrer, on commença par un sujet libre : écrire une histoire : imaginaire, anecdotique ou une description. De là sont nées les histoires de "la pauvre Louise", "Alice et le voyage infernal ", "la princesse", une description de "Doc Gynéco". Par la suite nous avons travaillé sur une histoire interactive et sur les courriers électroniques reçus en retour des pages publiées sur Internet.

2-2 ) La première écriture

Une fois que l'idée s'est formée dans la tête de l'élève, le plus difficile est de mettre les premiers mots sur la feuille ou sur l'écran ( si on travaille en direct sur le traitement de texte ).

Par exemple, Anaïs et Fatima qui avaient commencé par écrire : Il était une fois une fille ...
première pause, puis elles se sont dit on va mettre le titre : Les malheurs d'une fille.
Il a fallu ici cerner le sujet pour qu'elles puissent continuer. Je suis intervenu auprès d'elles quand je me suis aperçu qu'elles étaient en train de stagner.
Je relis ce qu'elles ont écrit : " - Les malheurs d'une fille
Il était une fois une fille ...
- Comment s'appelle-t-elle ? Où cela se passe-t-il ?
Voici le texte à la fin de la séance, avant une correction orthographique :

Les malheurs d'une fille
Il était une fois une fille qui s'appellait Maria L'aupéze . Elle avait de longs cheveux blonds, des yeux bleus et bridés.
Un jour elle devait se marier mais son fiancé n' a pas pu venir . Car il y avait des
enbouteillages. Maria était tellement triste qu'elle ne pensait qu'a une chose ,partir.
Le fiancé de Maria est arrivé deux heures plus tard il n'a vue personne, il se posa
des questions :
- mais ou sont t'il passé ?
- je me suis pas tronper ,au moins?
- qu'elle jour nous somme lundi,mardi...
-
-


On peut remarquer que les élèves ont laissé ici des tirets vides. L'utilisation du traitement de texte permet de faire des essais, que l'on peut effacer si cela n'est pas probant.

2-3 ) Structurer son récit dans le temps

Un des problèmes des élèves était de bien choisir le temps des verbes, la concordance des temps n'est pas encore une chose acquise pour le moment. Les échanges entre le présent et l'imparfait se rencontrent souvent, comme on peut le voir dans la deuxième version de l'histoire ( voir 2.4 ), dont voici un extrait :

- Non paulot, c'était bien aujourd'hui mais c'est moi qui suis partie parce qu'il n'était pas venu.
La mère affolée :
- Ah, Maria pourquoi es-tu là ?
- Parce que mon fiancé n'est pas venu. Tout le monde a cru que le mariage n'était pas pour aujourd'hui alors je suis partie en pleurant.

2-4 ) Les changements de noms

Au cours du récit les noms des personnages ont changé. Les malheurs d'une fille sont devenus les Malheurs d'une Princesse, le prénom de la princesse a changé aussi, il est passé par Fatima, Lucia, Audrey (ce sont les prénoms des élèves de la classe ) pour revenir à la fin, à Maria, celui qu'elles avaient choisi au début. Le fait d'utiliser les prénoms de ses camarades donne du sens à l'élève, sur la représentation qu'elles se font de leur récit. Mais lorsqu'elles informaient leurs amies qu'elles les avaient introduites dans leur histoire, il y avait un refus, un déni des voisines quant au fait d'apparaître dans leur histoire. Cette anecdote s'est retrouvée aussi dans l'histoire de " La Pauvre Louise ".
Par la suite, on voit apparaître le prénom d'Anaïs dans l'histoire ( le sien ) et c'est le personnage qui sauve d'une situation désespérée la mariée.
Voici un extrait, après réécriture.

Les malheurs d'une Princesse

Il était une fois une Princesse qui s'appelait Maria L'aupéze . Elle avait de longs cheveux blonds, des yeux bleus et bridés.
Un jour, elle devait se marier à la mairie de Ponpienne, mais son fiancé n'a pas pu arriver à l'heure car il y avait des embouteillages. Tout le monde était là.
Maria était tellement triste qu'elle ne pensait qu'à une chose, partir.
Le fiancé de Maria est arrivé deux heures plus tard, il n'a vu personne. Il se posa des questions :
- Mais où sont-ils passés ?
- Je ne me suis pas trompé, au moins ?
- Quel jour sommes-nous ? Lundi, mardi...
Pendant que son fiancé se posait des questions, Maria retrouva son frère Paulot chez lui.
Il lui dit :
- Non Maria, ton mariage c'est demain.
Parce qu'il pensait que son mariage était pour le lendemain.
- Non Paulot, c'était bien aujourd'hui mais c'est moi qui suis partie parce qu'il n'est pas venu.
La mère affolée :
- Ah, Maria pourquoi es-tu là ?
- Parce que mon fiancé n'est pas venu. Tout le monde a cru que le mariage n'était pas pour aujourd'hui, alors je suis partie en pleurant.


2.5 ) La réécriture

Dans l'ensemble, la réécriture s'est faite d'un commun accord avec l'institutrice, le plus rapidement possible. C'est à dire que nous tournions sur les différents groupes pour suivre l'évolution des travaux. Lorsque nous nous arrêtions, nous demandions une lecture aux élèves de leur production. Cela leur permet de voir et corriger les erreurs évidentes qu'ils avaient pu écrire.

Donc ils intervenaient les premiers sur leur production, ce qui est valorisant pour des écrivains en herbe. Par la suite l'enseignant pointait les zones qui n'étaient pas compréhensibles. Là, s'instaurait une discussion sur ce qu'ils avaient voulu dire. Une fois l'idée formulée, il n'y avait plus qu'à accommoder leurs écrits avec leurs pensées.

Ces moments de réécriture étaient propices au rappel de certaines règles de grammaire, surtout sur les accords avec le verbe être.
Ainsi Gérard PUIMATTO et Robert BIDEAU écrivent dans "Comment informatiser l'école ? " :
"L'élève transforme ainsi les connaissances en savoir en réinvestissant constamment dans un projet d'écriture les données objectives du code linguistique ( l'acquisition de vocabulaire et de notions nouvelles ainsi que la maîtrise des règles de grammaire constituant les lignes de force de cet apprentissage)." ( p177 )
Les situations ont amené des recherches dans le dictionnaire, de mots, dont l'orthographe était plus phonétique que française pour les élèves. Le plus gros des corrections étaient faites par les élèves, les petites erreurs étaient expliquées et corrigées par les enseignants.

2-6 ) La présentation de l'ensemble et la relecture

Le texte de l'histoire "Les malheurs d'une fille" une fois terminée.
Les malheurs d'une fille
Il était une fois une fille qui s'appelait Fatima L'aupéze . Elle avait de longs cheveux blonds, des yeux bleus et bridés.
Un jour, elle devait se marier à la mairie de Pompienne, mais son fiancé n'a pas pu arriver à l'heure car il y avait des embouteillages. Tout le monde était là.
Fatima, tellement triste, ne pensait qu'à une chose, partir.
Le fiancé de Fatima est arrivé deux heures plus tard, il n'a vu personne. Il se posa des questions :
- Mais où sont-ils passés ?
- Je ne me suis pas trompé, au moins?
- Quel jour sommes-nous ? Lundi, mardi...
Pendant que son fiancé David se posait des questions, Fatima retrouva son frère Paulot chez lui.
Il lui dit :
- Non Fatima, ton mariage c'est demain.
Parce qu'il pensait que son mariage était pour le lendemain.
- Non, c'était bien aujourd'hui, mais c'est moi qui suis partie parce que mon fiancé n'est pas venu.
La mère affolée :
- Ah, Fatima pourquoi es-tu là ?
- Parce que David n'est pas venu. Tout le monde a cru que le mariage n'était pas pour aujourd'hui alors je suis partie en pleurant.
Anaïs, la copine de la mariée vient la sortir de se problème .
Sa copine téléphona à David pour lui dire :" allô David c'est Anaïs, je suis contente de t'entendre parce que Fatima elle est triste et tu n'es pas venu" .
"Moi aussi je suis triste passe moi Fatima "
- "Allô David, je t'aime vient à la mairie de Pompienne, on va se marier '
- Oui j'arrive je suis dans ma décapotable rouge, dans 5 minutes je serai là .
- Appelle tous le monde, qu'ils viennent à la mairie.
Fatima et David arrivent avec les invités.
Tout le monde étant là, les deux fiancés se marièrent.
Ils eurent beaucoup d'enfants.

FIN


2-7 ) Finaliser la production

Le texte étant maintenant écrit, il restait à en faire les illustrations. Ces illustrations permettent de mieux se rendre compte des idées, parfois un peu floues des élèves. Elles apportent un plus pour la compréhension de l'histoire ( comme dans " Alice et le voyage infernal " ). De plus, ces illustrations préparent à la publication sur le site d'Imaginet où le texte et les images mis en page seront présentés comme un document multimédia consultable de n'importe quel endroit de la planète. Les élèves ont produit ces illustrations sur leur temps libre.
Pour les plus rapides en une semaine et pour les autres en deux semaines.

2-8 ) La publication sur Internet

L'étape suivante a été de digitaliser toutes les images grâce au scanner de l'école. Puis de faire la mise en page dans Claris HomePage ( logiciel de mise en page de page Web ). Puis le tout a été envoyé chez le WebMaster de IMAGINET entre autre " Marie " qui nous a répondu nous le verrons par la suite ainsi que d'autres personnes.

2-9 ) Les retours et les contacts

Voici un email reçu après deux semaines :
Objet : Fwd: salut
Envoyé le : 8/03/98 20:48
Reçu le : 9/03/98 9:34
Expéditeur : gib, gib@imaginet.fr
Adressé : Gérard Prunières, gprunieres@ac-idf.jussieu.fr

Je vous fais suivre ce message qui vous est aussi destiné;
je l'avais oublié!!
A bientôt,
Marie.
---------------- Begin Forwarded Message ----------------
Date: 01/03 22:39
Received: 02/03 7:48
From: Bernard Czr, bnd.czr@wanadoo.fr
To: gib@imaginet.fr
SALUT
C'est moi Alban, je viens de lire l'histoire:

"Les malheurs d'une fille" de la classe CM Ecole INR
à l'hôpital National de Saint Maurice.
C'est super!

Alban.czr@wanadoo.fr
---------------------------------------------------

Objet : bravo .............................................................................. \\\|///
Envoyé le : 28/03/98 19:23.......................................................... \\ - - //
Reçu le : 01/04/98 9:09................................................................ ( o e )
Expéditeur : gib, gib@imaginet.fr.......................... +---------ooOOo-(_)-oOOoo------------+
Adressé à : gprunieres, gprunieres@ac-idf.jussieu.fr | PREMIERS PAS SUR INTERNET |
............................................................................| http://www.momes.net/ |
Bravo à vous tous, pour vos histoires , la pauvre Louise, | gib@imaginet.fr |
Alice et le voyage infernal, les malheurs d'une fille.. | Paris |
A Bientôt, ............................................................+---------------Ooooo--------------------+
Marie. ...........................................................................ooooO ( )
...........................................................................................( ) ) /
...........................................................................................\ ( (_/
...........................................................................................\_)

----------------------------------------------------------

Objet : Re: Fwd: salut
Envoyé le : 27/03/98 1:23
Reçu le : 31/03/98 9:09
Expéditeur : gib, gib@imaginet.fr
Adressé à : gprunieres, gprunieres@ac-idf.jussieu.fr

>Est-ce que vous pourriez nous écrire quelques mots sur vous pour que nous
>puissions mieux vous connaître?

Quelques mots sur moi?... je m'appelle Marie, j'ai 40 ans, un fils
de 16 ans et 25 élèves de 4 à 5 ans;
J'habite à Paris et la nuit, le mercredi et le week-end ,je "joue" sur internet;
J'ai commencé le site Premiers pas en 1995 et depuis je reçois de plus en plus de courrier et de plus en plus de participations d'enfants et de jeunes, surtout du Québec au début, et de partout maintenant...
Alors je continue avec plaisir à m'occuper du site pour donner la parole aux enfants francophones. C'est le premier but du site;
Voilà! j'espère que vous en savez plus sur moi maintenant;
Et vous? vous ne dites pas grand chose sur vous...
Combien êtes-vous dans la classe? d'où venez vous chacun? Avez-vous des projets? des rêves?
A bientôt,
Marie.

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La réponse des enfants :

Bonjour je m'appelle Anaïs, nous sommes dix dans la classe.
J'ai quatorze ans et je viens de l'Ile Maurice.
Je veux faire le tour du monde, je voudrais habiter avec mon père.
Je suis brune, et j'ai les yeux marron.


Bonjour
Je m'appelle Loïc. j'ai 13 ans, j'habite à Bondy.
Dans la classe on est 10 élèves.
Je ne sais pas ce que j'ai envie de faire.


Bonjour on s'appelle Lucia et Emilie.
Nous avons 14 ans.
Moi c'est Emilie, je viens de Guyane.
Moi c'est Lucia et je suis Brésilienne.
On voudrait avoir des contacts avec les autres enfants de notre âge qui ne sont pas à
l'hôpital.
On est 10 dans la classe.
Nous vous remercions de nous avoir écrit.


Bonjour je m'appelle Moussa .
J'ai 14 ans et j' habite à la Courneuve.
En ce moment, je suis à l'hôpital Saint Maurice.
On a reçu votre message et maintenant je vais répondre à vos questions.
Dans la classe, on est 10, il y a Lucia, Anaïs, Julien, Loïc, Emilie, Audrey, Fatima, Harouna,
Sophie, Moussa, et la maîtresse.
Moi je viens de la Mauritanie, en Afrique.
Non je n'ai pas de projets, pas de rêve.


Salut !
Je m'appelle Audrey et j'ai 12 et demi.
Dans la classe on est dix.
Moi, je suis née en France.
Je n'ai pas de projet fixe. J'aime bien faire de l'ordinateur.
Chez moi, je n'ai pas Internet, mais par contre, il y en a un à l'école.
J'aimerais bien passer un séjour à Tahïti.

A bientôt


Bonjour Marie, je m'appelle Harouna j'ai 12 ans et demi.
j'aime bien jouer au foot, au basket et au tennis. J'aime bien aussi les jeux de société.
J'aime bien dessiner, j'aime bien lire .
Les matières que j'aime le plus c'est la lecture, l'orthographe et la grammaire.
Et nous sommes 10 dans la classe. Mon rêve est de sortir de l'hôpital. Moi je viens de la
mauritanie, je suis Africain, j'ai les cheveux noirs, et les yeux noirs.


Bonjour
Je m'appelle Julien. J'aime le football et je fais de l'athlétisme. J'ai une Super Nintendo et
j'ai la télé dans ma chambre. J'aime bien le chocolat et j'aime la couleur noire. J'ai 14 ans.
J'habite à Paris.
Nous sommes dix dans la classe. Je suis né en France. Je ne sais pas ce que j'ai envie de
faire.

Au revoir à bientôt

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Objet : Félicitations
Envoyé le : 30/03/98 11:49
Reçu le : 31/03/98 9:09
Expéditeur : stage6, stage6@lyon.iufm.fr
Adressé à : Gérard Prunières, gprunieres@ac-idf.jussieu.fr

Chère Audrey,
Bravo pour ta belle histoire !
Ecris en d'autres.

Véronique et Virginie (2 "jeunes", bientôt maîtresses !)

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Objet : Pour Anaïs
Envoyé le : 1/04/98 22:36
Reçu le : 6/04/98 9:06
Expéditeur : Daniel Daigle, car163@connectmmic.net
Adressé : Gérard Prunières, gprunieres@ac-idf.jussieu.fr

Nous avons bien aimé ton histoire, bravo tu as beaucoup d'imagination!

Francis et Andriane

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Nous voyons ici comment la publication par le biais d'internet permet d'avoir un retour ( comme le montre tous les messages reçus). Contrairement à une publication classique et l'utilisation d'internet, c'est ce qui fait la différence.


III ] ANALYSE DES RESULTATS

3-1 ) La production d'écrits par ordinateur

Un point évident qui ressort de l'expérience menée est la motivation générée par l'utilisation du micro-ordinateur en tant qu'outil d'aide à l'écriture. En effet, un certain nombre d'élèves, parmi lesquels deux en grande difficulté par rapport à la langue, ont entamé des travaux sur d'autres sujets, ce qui, en occupant les créneaux horaires déjà restreints, n'a pas arrangé le problème de retard concernant les illustrations des textes, mais a permis des situations intéressantes. Ces deux élèves ont travaillé sur une histoire interactive dont les résultats se trouvent en annexe. Ces diverses productions étaient de plus complémentaires au travail entrepris ( la publication sur Internet ) du fait que l'histoire de base venait d'une autre classe.


Une des grandes difficultés de la pédagogie de l'écrit dans les classes est l'absence de finalité des textes que l'on demande aux élèves de produire. Le maître correcteur est trop souvent l'unique destinataire des textes de ses élèves.
La communication et la diffusion supposent l'imprimerie. En venant relayer l'imprimerie, trop lourde à utiliser dans les classes, et la machine à écrire, trop sensible aux fautes de frappe des élèves, l'ordinateur s'avère ici l'outil idéal pour produire des écrits.


En instaurant de nouvelles situations d'écriture, l'ordinateur favorise la notion de projet, d'écriture longue, d'écriture plurielle. Il facilite une convergence des activités de français. C'est pourquoi de mon point de vue, il faudrait cesser d'en faire un outil marginal, occasionnel, et faire le pari que son usage massif peut créer les conditions d'une nouvelle cohérence dans la pédagogie du français.


Pour la majorité des enfants, réécrire un texte est une corvée si pénible que le premier jet est aussi la version définitive. Cela les empêche d'apprendre l'art de relire d'un oeil critique. L'accès au traitement de texte apporte là un changement spectaculaire : le premier jet est composé sur le clavier, les corrections sont faciles à faire, la version en cours, (première, deuxième, énième brouillon ) est toujours propre et nette. Harouna, un élève de la classe qui détestait rédiger, au point de refuser de le faire, y a pris goût au bout de quelques séances, une fois initié à l'écriture sur ordinateur. La qualité de ses textes s'est améliorée rapidement. On assiste à des transformations plus spectaculaires encore lorsque certains handicaps physiques rendent à l'enfant l'écriture manuelle plus pénible, voire impossible.

On remarquera que même dans la production finale, les espaces sont plus nombreux que la norme (ce qui rejoint vraisemblablement les remarques de Rachel Cohen sur le sujet, et part aussi sans doute d'un souci de lisibilité ), et la ponctuation quasiment absente pour certains. C'est le cas de la production : " La pauvre Louise " écrit par Lucia et Emilie.La question qu'on se posait au début de ce travail était de savoir si l'élaboration d'une correspondance scolaire par le biais de l'outil de messagerie électronique présentait un réel intérêt pédagogique.
L'utilisation de l'informatique dans une telle démarche, hormis l'initiation technologique qui en découle, modifie profondément le rapport à la langue.

Le traitement de texte, à la différences de la machine à écrire, permet toutes les corrections avec une facilité étonnante. Cette utilité, les enfants se l'approprient très vite. Du coup, il devient possible, pourvu que l'on sache utiliser un clavier, d'écrire presque aussi vite que l'on pense, sans se soucier des erreurs que l'on corrigera dans un deuxième temps. D'autre part, les élèves de la classe de St Maurice, avaient depuis le début de l'année des séances régulières d'informatique. L'outil traitement de texte étant déjà introduit, cela nous a permis d'approfondir la connaissance de cette outil.


Le travail avec le traitement de texte valorise deux choses en pédagogie : les situations de communication et l'appropriation des nouvelles technologies.Pour détailler quelques unes de ces situations, on reprendra différents points abordés lors de l'étude théorique :
Multiplier les situations de communication
Une réflexion qui vient à l'esprit est de savoir quelles sont les particularités de la correspondance télématique par rapport à la structure plus classique de la lettre.
On peut très vite dégager dans cette expérience des éléments de réponse :
- le transfert des messages est quasiment instantané.
- Le contenu des courriers est peu volumineux, et surtout leur nombre est considérablement plus important. La conséquence immédiate est que le rapport entre le délai de conception du message et celui de son acheminement est inversé. On assiste alors à une régulation du nombre d'échanges, qui va dépendre du premier facteur, et non du second comme classiquement.


La structure du message

Lors des séances d'analyse en commun des messages, il est apparu que le contenu des en-têtes posait quelques problèmes : Rappelons que les logiciels utilisés ne sont pas conçus à l'origine pour un usage pédagogique, et nécessitent quelques explications supplémentaires. Si Expédit(eur) et Destina(taire) ont rapidement été assimilés et utilisés, en revanche, le terme de " sujet " a longtemps été confondu avec son emploi grammatical, et les élèves ont parfois envoyé des messages sans titre pour cette raison. Signalons de plus que Claris Emailer possède un mode de réponse automatique, qui remplit lui-même l'en-tête lors d'une réponse, ce qui d'une part dispensait les élèves de le remplir, d'autre part créait parfois des titres assez peu explicites. Les élèves ont fini pour certains par remplir cet espace, non seulement avec un titre approprié au message, mais en personnalisant celui-ci avec le nom de l'élève à qui ils répondaient. Une autre fonction du logiciel est de permettre la " réponse avec citation ", c'est-à-dire la reprise du message envoyé. Les élèves de St Maurice ont parfois employé cette option qui arrive à dégrader la lisibilité du message. Les signatures sont rarement oubliées, ou bien sont parfois omises si le nom de l'élève expéditeur apparaît dans l'interpellation.

Les élèves n'ont pas produit d'écrit assez complexe pour que la fonction de pièce jointe, qui permet d'attacher au message un document produit avec un traitement de texte, soit utilisée. Les occasions qui se sont présentées (par exemple lors de l'envoi du message présentant la classe) ne m'ont pas semblé être propices à l'utilisation de cette fonction. Les techniques déjà mises en place n'étant pas encore maîtrisées.

Utilisation des logiciels


La compréhension et la manipulation, souvent très intuitive de l'outil informatique, a été acquise par certains élèves avec une rapidité qui dérouterait plus d'un adulte. Bien que la majorité des élèves aient une petite expérience de l'environnement graphique, les logiciels utilisés étaient pour certains peu connus, et j'ai dans un premier temps évité de fournir trop d'explications. Le comportement des élèves devant l'écran est des plus intéressant et des plus cohérent. Les phases de découverte (à plusieurs devant l'écran) ont souvent suivi plusieurs étapes : discussion sur la fonction de telle ou telle icône, essai, passage à une autre fonction ou a un autre manipulateur de la souris. Un groupe auquel j'avais demandé de saisir un texte sous Words a commencé par dérouler tous les menus et discuter des options qui apparaissaient. Un petit point sur la barre des tâches de Claris Emailer : Les icônes à utiliser ont posé peu de problèmes, et il semble que l'effort de mémorisation a porté autant sur la place du bouton que sur son symbole. Les élèves n'ont donc dans ce cas pas de problème particulier de lecture d'image. Ils ont utilisé aussi le "copier-coller" du presse papier entre les logiciels ClarisWorks et Claris Emailer. Ils leur permettaient de ne pas avoir à recopier leur message qui se retrouvait directement dans leurs pages à envoyer.

3-2 ) Intérêt pédagogique


La perspective de l'échange est une source de motivation pour l'élève. Elle permet en plus d'augmenter l'attention de l'élève et de valoriser son travail. On sait, qu'à moyen ou long terme, l'élève se souvient du contenu de ses productions.
En effet, une action vécue est mieux assimilée qu'une action racontée. Lorsque le travail aboutit à la construction d'un document, comme : " Les malheurs d'une fille ou Doc gynéco ", il possède le pouvoir de graver les connaissances utilisées dans la mémoire de l'élève.

Au cours du travail mené dans la classe, j'ai observé comment les élèves avaient pris conscience qu'écrire ne se fait pas en un seul jet. La construction de leurs productions est réalisée grâce à des remaniements accomplis aux moyens des fonctions : coupage, collage, effacement, ajouts. Il a bien sûr fallu que les élèves mettent à jour certains de leurs savoirs, au cours de leur écrit, car les connaissances ne s'empilent pas comme des briques lorsque nous travaillons avec les IMC. Le savoir est construit uniquement par l'élève. Il faut l'aider à trouver des stratégies qui vont combler son handicap, lui donner des pistes de recherches sur les endroits où il peut trouver l'information dont il a besoin. " Savoir poser les questions est déjà savoir à moitié " ( Aristote ).


Pour produire son écrit, l'élève a besoin de se poser des questions. Elles seront utiles pour cerner le sujet, mais aussi pour la structure de son écrit. Les questions qu'il se pose, lorsqu'il écrit, formulent l'avenir de sa production.
La qualité d'un écrit comme " Alice et le voyage infernal " nous montre à quel point Audrey s'est investie dans son histoire. Pour ce qui est de l'histoire de "La pauvre Louise", la qualité de production n'est pas la même, mais la quantité produite est comparable. Les élèves ont sur ce point, dépassé mes espérances de productions.

3-3 ) Socialisation et autonomie

Le rapport à la communication :
La communication, qui s'est développée autour des messages échangés, nous montre combien le travail entrepris est prometteur. La valorisation du travail des enfants, à ce moment là s'est matérialisée. Leur travail a été consulté, lu par des personnes dont ils ne connaissaient absolument rien au départ. On peut voir dans les échanges avec Marie, un début de communication.


Le rapport au groupe : Le groupe classe s'est trouvé, au cours du temps, lancé dans un grand tourbillon de productions. Entre le journal de l'école, les productions affichées sur Internet, les échanges de courrier, tout ceci a créé une dynamique de classe assez soutenue. Dans l'ensemble, le travail ainsi produit est très bénéfique aux élèves, les progrès effectués par ceux-ci sont spectaculaires.

Travail intragroupe :
Quant à la question de connaître le nombre idéal d'élèves devant l'écran, les groupes de deux ont, sans aucun doute, travaillé le plus productivement. Nous étions généralement dans le cas, avancé par Michèle Caillot-Gary et Alain Glykos, de la recopie d'un texte déjà travaillé sur papier. Au stade où nous en étions de la maîtrise de l'objet, un élève seul avait beaucoup trop de difficulté avec le clavier, et à trois, un membre en général restait passif. Il apprenait certainement en regardant les autres, mais il ne faisait rien pour l'avancement de la tâche. Ajoutons pour finir, que ce sont les couples n'ayant pas l'habitude de travailler ensemble qui ont fourni le travail le plus efficace, quelle que soit la personnalité des enfants. Le temps a manqué pour approfondir cet aspect, mais il semble que le travail à deux devant l'ordinateur permette, de nouer des relations privilégiées de camaraderie au sein du groupe classe. Travail intergroupe : Cet aspect peut être considéré comme un des points faibles de l'entreprise, ce qui est imputable en premier lieu à la brièveté de l'échange avec les personnes, mais aussi certainement à l'approche employée, puisque ce n'était pas son but premier ( étudier l'impact de l'utilisation de Internet comme moyen de socialisation et utiliser la messagerie pour correspondre ).


3-4 ) Perspectives, propositions

Ce mémoire poursuivait entre autres buts de montrer comment faire acquérir aux élèves suffisamment d'éléments d'ordre pratiques et pédagogiques lors de l'élaboration de textes écrits sur ordinateur et internet. L'idée directrice étant d'élargir ce type de projets, à plus long terme, et peut-être à plus grande échelle : à savoir travailler en réseau d'échange avec plusieurs classes francophones, liées par des projets annuels.

La note du 24 avril 1997, publiée au Bulletin Officiel n°18 du 1er mai 1997, de Bernard Dizambourg, directeur de la DISTNB, ainsi que les récentes dispositions financières de la Région en matière d'équipement informatique des écoles primaires, m'ont montré que mes intentions étaient nettement en deçà de celles des responsables du système éducatif et des collectivités locales, mais nettement au-delà de ce qui se pratique à l'heure actuelle.

Le sujet des forums de discussion, n'a pas pu être exploré,. Il aurait fallu avoir la classe à plein temps et écrire un projet sur la recherche d'informations. Ces forums sont très riche et leurs contenus peuvent être très pointu sur un sujet donné.
Une expérience de recherche de d'informations, s'est faite avec une autre classe de St Maurice. Le sujet était la reproduction des invertébrés. Par le biais de moteur de recherche, nous avons trouvé tous les documents et renseignements nécessaires complémentaires à la recherche effectuée dans des dictionnaires et encyclopédies.

Au niveau local, l'intention est d'équiper plus de cinquante pour cent des écoles. Des projets de correspondances télématiques ou de mise en réseau permettraient d'élargir considérablement les champs d'application de l'informatique. Mais les orientations du ministère sont encore plus ambitieuses, puisqu'il est prévu :
- de mettre en réseau la totalité des établissements secondaires dans un délai de trois ans, et d'une manière plus progressive, les écoles primaires.
- d'informer et de former le plus grand nombre de responsables, d'enseignants et de personnels administratifs.
- d'aider à la production de ressources pédagogiques de qualité.
Les enjeux sont considérables.

A nous de donner à l'école sa dimension de demain.


Conclusion


La question que je me posais au début de ce travail était de savoir si la production d'écrits au travers d'internet ( les pages Web, comme moyen de socialisation ) présentait un réel intérêt pédagogique. Je peux d'emblée affirmer que la mise en place de ce projet a fait naître dans la classe, pour les élèves comme pour l'enseignante, nombre de situations d'apprentissage au contenu très riche. Il est néanmoins mal aisé d'élaborer un outil d'évaluation fiable et global, d'une part en raison de la courte durée de mes interventions et d'autre part du nombre assez restreint de productions.
Pour répondre aux questions suivantes :

Est-ce que la publication des travaux de la classe sur le " WEB " apportera une aide aux élèves, pour une plus grande qualité de production de l'écrit ?

Le fait qu'ils aient travaillé leur histoire ( pour certains) même en dehors des heures de classe, prouve que les objectifs pédagogiques étaient adaptés à leurs capacités ( une tâche ni trop facile ni trop difficile et qui reste ,de ce fait, stimulante ). Leur investissement dans ce travail met en reflet leur attirance pour cette forme de production. Comment faire écrire les enfants ?

Après de longues recherches, je me suis aperçu qu'il y avait beaucoup de manières différentes d'aborder la production d'écrits. On peut travailler sur des textes d'auteurs, d'après des poésies, des articles... Il faut commencer avec les acquis des élèves et les utiliser pour construire de nouveaux savoirs. Avec les enfants IMC, il est difficile de faire une leçon théorique que l'on appliquera plus tard. Il est préférable de travailler sur des stratégies personnelles pour faciliter leur accès aux informations dont ils ont besoin sur le moment.

Comment concilier la production d'écrits avec une utilisation intéressante de l'ordinateur ?

Je suis maintenant convaincu que le fait d'utiliser ces outils apporte une dynamique de travail. L'utilisation des traitements de textes, du logiciel de courrier électronique, du navigateur "Web" ont permis de faire découvrir un autre aspect aux élèves : le travail avec publication par ordinateur. Cette utilisation les sort un peu des didacticiels qui sont répétitifs. Les élèves ont travaillé sur un volet de création tout au long de ce projet.

La place de l'enseignant dans ce travail a été essentiellement de soutenir les élèves dans leurs recherches, argumentations, tout en leur laissant diriger leurs productions. Travailler dans cet environnement amène l'enseignant à être seulement un élément complémentaire qui donnera des pistes de recherche pour trouver des solutions dans des livres de référence ( dans un dictionnaire, dans un livre de grammaire ... ) . Mais aussi dans la manière dont il les aidera à réfléchir, à reformuler leurs idées, à prendre du recul pour qu'ils apprennent à concevoir par la pensée l'ensemble de leur production. Et ainsi avoir une vue à long terme sur la finalité de leur travaux de production d'écrit.Les échanges de correspondance par la messagerie du fait du peu de temps qui s'est écoulé entre la publication des productions sur Internet et la mise en forme de ce mémoire, n'ont pas atteint le niveau d'échanges que j'attendais. Malgré cela, nous avons quand même eu des réponses de personnes qui ont été enthousiasmées par la lecture des histoires publiées sur Internet.

L'utilisation d'Internet a motivé les élèves. Il suffit de regarder les productions pour s'apercevoir qu'ils se sont investis fortement dans le projet. La quantité et la qualité des productions nous amènent à dire que ce travail sur de multiples champs du français est favorable pour le renforcement de la langue écrite - voire orale - chez les élèves.

Il y a un double intérêt à ce type d'approche. Premièrement, les élèves acquièrent mieux la lecture et l'écriture. Deuxièmement, la communication à distance, pour ces enfants handicapés moteurs, leur a permis de découvrir et de développer une nouvelle forme d'expression. La valorisation des productions, du fait d'être lues et d'avoir des messages en retour, les aura sans doute motivés et leur aura donné un sentiment de réussite supérieur à n'importe quelle bonne évaluation.

"Dernier avantage, et non des moindres, il s'agit de communiquer par écrit. Incidemment, la pratique du français et la qualité de l'orthographe s'en ressentent. Qui a dit qu'Internet n'avait aucun intérêt dans le cadre scolaire." Bailly Sébastien, Correspondances numériques, page 8.


Bibliographie

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naturelle, Eyrolles, Paris, 1986.

CAILLOT-GARY Michèle et GLYKOS Alain, Ecrire avec et sans ordinateur au collège,
Delachaux et Niestlé, coll. Techniques et méthodes pédagogiques, Neuchâtel, 1993.

CLANCHE Pierre , L'enfant écrivain, Le Centurion, 1988

COHEN Rachel, Les jeunes enfants, le découverte de l'écrit et l'ordinateur, PUF, coll.
pédagogie d'aujourd'hui, 1987. p 25 26

DUFAYET Pierre, Robert Van Cleef, De la rédaction à la production de texte, Retz, 1993

DAURY jacques et DREY rené, Apprendre à rédiger, CNDP charente-maritime, 1990

EIMER Kamila, L'informatique éducative, Armand Colin, 1993

JOLIBERT Josette, Former des enfants producteurs de textes, Hachette, coll.
pédagogie pratique à l'école, 1994.

PUIMATTO Gérard et BIDEAU Robert, Comment informatiser l'école?, cndp Paris, 1996

REVERBEL M., Je vous écoute écrire, Seyssel, coll. Comp'Act, 1993, p78

REUTER Yves, Enseigner et apprendre à écrire, ESF, coll pédagogies, 1996, p33

STECKIEWIEZ J.P., Maîtriser l'expression écrite au CM, Hachette, 1987

CNDP, La maîtrise de la langue à l'école, coll. SAVOIR LIVRE, 1992.

CNDP, Programmes de l'école primaire, coll. SAVOIR LIVRE, 1995.

Revue :

Bailly Sébastien, Multimédia et éducation, Correspondances numériques page 8, n°4 janvier 1998

Sites internet des académies françaises.


Annexes

page d'accueil - http://www.mygale.org/11/caapsais
dernier remaniement le
02/07/98