Langage et communication dans l'apprentissage des mathématiques chez l'enfant atteint d'IMC.

TRIVAUDEY Philippe
CAAPSAIS Option C



particulièrement dans l'apprentissage en mathématique.

1.1 Le langage et la communication
1.2 Le développement cognitif comme adaptation à
l'environnement
1.3 Le conflit sociocognitif entre pairs
1.4 La médiation
1.5 L'apprentissage en mathématiques
1.6 Les fonctions du langage dans l'apprentissage mathématique
2/ Communication et enseignement des mathématiques avec des enfants atteints d'IMC

2.1 Les troubles neurologiques
2.2 Les troubles de la communication
2.3 L'effet de ces troubles dans l'apprentissage en mathématiques

3/ Un outil pour collaborer en classe de mathématiques : le rallye

3.1 Les objectifs
3.2 Un exemple de fonctionnement
3.3 L'élaboration d'un projet de rallye pour enfants atteints d'IMC

Conclusion

Bibliographie







INTRODUCTION




« Les grandes personnes ne comprennent jamais rien toutes seules, et c'est fatiguant, pour les enfants, de toujours et toujours leur donner des explications. »

Cette phrase de Saint-Exupéry reflète l'incompréhension des adultes devant ses représentations du boa avalant un éléphant et la nécessité, pour lui, de fournir des explications pour ce faire comprendre. Cette situation, je l'ai rencontrée souvent en classe. Devant des explications, des résolutions ou des raisonnements qui me paraissaient inhabituels, car ce n'était pas ce qui avait été utilisé en cours, il fallait que je demande à l'enfant concerné une explication de sa démarche. Le résultat était parfois surprenant, les représentations que certains enfants se faisaient des différentes situations me stupéfiaient.
Ainsi mes leçons n'avaient pas évoqué les mêmes choses pour tous et pourtant tous avaient eu les mêmes explications. Ce problème, je l'ai surtout rencontré au niveau des mathématiques où tous savaient réaliser les opérations mais peu les utilisaient correctement dans des problèmes ou alors tous connaissaient la définition du carré mais ne l'appliquaient pas sur une figure et restaient sur une approche perceptive (un carrré présenté sur un angle ne pouvait être qu'un losange). Il me fallait donc revoir ma conception des mathématiques mais surtout comprendre comment étaient intériorisés mes actes et mes paroles par les enfants et surtout comment ils permettaient de faire évoluer les conceptions des enfants.

Plusieurs stages de formation continue, notamment en gestion mentale et en mathématiques, m'ont fait prendre conscience de l'importance du langage dans l'apprentissage en général et son rôle spécifique au niveau des mathématiques.
Une expérience, réalisée avec d'autres collègues sur la mise en place d'un rallye mathématique, m'a permis de prendre pleinement conscience de l'opportunité du travail en groupe, du choix des situations et des avantages d'une telle organisation.

J'ai ainsi choisi d'approfondir mes connaissances théoriques sur le langage, la communication entre pairs, leurs rôles dans l'élaboration de la pensée et surtout comment tout cela peut permettre à des enfants atteints d'IMC (infirmité motrice cérébrale) de contourner leurs difficultés pour accéder à certains apprentissages.
Après cette recherche théorique, qui m'a permis de mieux comprendre le succès de ce premier rallye mathématique, j'ai essayé de montrer comment et pourquoi une telle expérience pouvait se mettre en place avec une classe d'intégration scolaire pour enfantts atteints d'un handicap moteur (CLIS 4) et tous les avantages que l'on pouvait en attendre.

1/ Rôle du langage et des échanges entre pairs dans l'apprentissage et plus particulièrement en mathématiques.

1.1 Langage et communication

Communiquer, selon COLET , est « un mécanisme par lequel les relations humaines existent et se développent. La communication inclut tous les symboles de l'esprit avec les moyens de les transmettre à travers l'espace et de les maintenir dans le temps. Elle inclut les expressions du visage, les attitudes, les gestes, le ton de la voix, les mots, les écrits,... ».
Dès les premiers mois de la vie, l'enfant transmet des informations sur ses états physiologiques, affectifs et cognitifs. Ainsi, les enfants commencent très tôt à utiliser les moyens à leur disposition (sucer, bouger la tête, ...) pour arriver à leur fin. L'enfant tout jeune arrive donc à apprécier une action à effectuer et l'existence des schèmes qui anticipent le résultat de cette action. Il commence à élaborer des activités dirigées vers un objectif.
Cette activité de communication est avant tout sociale. La mère, mais aussi l'enfant, cherchent progressivement à interpréter les comportements de l'autre et à adapter le sien. Petit à petit, l'enfant cherchera, par une organisation de son activité, à aboutir à une efficacité maximum. Le fait que la mère communique et réponde aux demandes de l'enfant principalement par le langage, Qu'est-ce-que tu dis? Tu veux ton ours?, permet à celui-ci d'orienter très tôt son attention sur les mots qui désignent des objets ou sur les intentions que traduisent des mots. Même si ses moyens lui permettent d'obtenir ce qu'il désire, parfois avec beaucoup de mal, il prend conscience du meilleur canal à utiliser.


Ces échanges, tout d'abord avec sa mère, puis avec de plus en plus de personnes, permettent à l'enfant de s'approprier des systèmes symboliques et des outils nécessaires pour penser, vivre en société, se construire une conscience. Progressivement, l'enfant acquiert, de par son environnement, la maîtrise nécessaire pour orienter lui-même l'utilisation des instruments, en relation avec l'autre (langage social) et avec lui-même (langage intérieur).
Le langage social, pour sa part, permettra à l'enfant d'intégrer une culture spécifique à son environnement, de s'identifier par rapport à tout ce qui est distinct de lui-même et de se reconnaître dans une relation aux autres. L'autre est considéré comme sujet pensant avec des croyances et des intentions qui devront être prises en compte pour pouvoir établir la communication et pour choisir la forme dans laquelle elle sera réalisée.


Chez tous les auteurs, le langage et la communication apparaissent étroitement liés à l'action de l'enfant : peu à peu, les conduites verbales de l'enfant deviennent une sorte de commentaire parallèle à l'action motrice. J.PIAGET considère que les conduites verbales sont postérieures aux actions et aux réalisations et qu'elles interviennent dans les moments où il y a un obstacle qui entrave l'action en cours. J.BRUNER , quant à lui, considère que les conduites verbales précèdent l'action dont elles anticipent le déroulement. D'après lui, l'action peut devenir un projet qui se déroulerait conformément à un schéma préalablement établi au niveau d'une représentation. Quand l'enfant parle pour lui-même, Lev S.VYGOTSKY et J.BRUNER pensent que ce langage joue un rôle important dans l'activité de l'enfant ; il est un instrument de pensée car il permet, en face d'un problème, de rechercher et préparer une solution. Ce langage, qui accompagne l'action de l'enfant, se transforme petit à petit en langage intérieur et joue un rôle psychologique pour le sujet. Ainsi, la symbolique langagière peut jouer un rôle d'organisation, d'anticipation, de régulation, de compensation.
En conclusion, le langage permet de communiquer, de « coder » l'expérience, de représenter ce qui est absent, de transformer virtuellement la réalité selon des règles conventionnelles et par là même de participer au développement cognitif.

1.2 Le développement cognitif comme adaptation à l'environnement

Dans le domaine du développement cognitif, diverses approches d'un même phénomène sont possibles, chacune fournissant sa propre explication. Ainsi, les psychologues s'intéressent aux organisations cognitives qui sous-tendent les activités de l'individu, alors que les sociologues étudient plus particulièrement les dynamiques de différenciations des capacités d'apprentissage selon les milieux sociaux. Chacune de ces approches est légitime : l'intelligence est bien à la fois une organisation de l'activité individuelle et une caractéristique sociale institutionnalisée.
Il s'agit pour le pédagogue, et peut-être un peu plus pour le maître spécialisé, d'articuler ensemble les analyses des dynamiques sociales et celles des dynamiques individuelles afin d'élaborer une pédagogie la plus appropriée aux enfants dont il a la charge.


J.PIAGET : « Si le progrès logique va de pair avec celui de la socialisation, faut-il dire que l'enfant devient capable d'opérations rationnelles parce que son développement social le rend apte à la coopération, ou faut-il admettre au contraire que ce sont ses acquisitions logiques individuelles qui lui permettent de comprendre les autres et qui le conduisent ainsi à la coopération? Puisque les deux sortes de progrès vont exactement de pair, la question semble sans solution, sauf à dire qu'ils constituent les deux aspects indissociables d'une seule et même réalité, à la fois sociale et individuelle. »


Loin de moi l'idée de vouloir répondre à la question de J.PIAGET, mais plutôt d'essayer de voir comment, à travers les différentes conceptions du développement de l'intelligence, on peut élaborer une pédagogie appropriée aux enfants IMC présentant des troubles cognitifs alors même qu'ils vivent en général dans un environnement très « individualisant ».
L'apport principal de J.PIAGET a été la description des opérations intellectuelles, à l'aide de modèles logico-mathématiques : expliquer le développement cognitif revient à élaborer des modèles qui permettent de comprendre comment des structures plus développées sont le résultat de transformations et de coordinations de structures ou de schèmes de niveau inférieur.


L'élaboration de l'activité intellectuelle se développe également selon lui dans la coopération interindividuelle entre trois sortes de transformation : la réflexion, l'objectivité, la régulation. D'après lui, la coopération est source de réflexion et de conscience de soi, elle dissocie le subjectif et l'objectif, elle est source d'objectivité et corrige l'expérience immédiate en expérience scientifique.
On retrouve dans ces trois termes l'idée principale de J.PIAGET sur la conception de l'intelligence comme une fonction qui permet à l'être humain de s'adapter à son environnement. L'intelligence est le résultat d'une intériorisation de l'action, qui s'appuie sur deux processus fondamentaux : l'assimilation et l'accommodation. Un organisme vivant cherche à assimiler les données de son environnement (et les pairs en font partie) pour vivre. Mais lorsqu'il rencontre une difficulté nouvelle, il doit s'adapter pour pouvoir assimiler les données qui lui sont proposées. Ainsi, développement cognitif et développement social sont liés et tous deux sont nécessaires pour évoluer.

1.3 Le conflit sociocognitif entre pairs

Lev S.VYGOTSKY ira même plus loin dans les liens pouvant exister entre ces deux développements en montrant comment la participation des enfants à certaines interactions sociales provoque chez eux un progrès cognitif. « Ce qu'un enfant peut faire aujourd'hui en collaborant avec autrui, il peut le faire tout seul demain ». En interagissant les uns avec les autres, les enfants ne produisent pas seulement des organisations cognitives plus élaborées que celles dont ils étaient capables avant cette interaction, mais ils deviennent, après cette interaction, capables de reprendre seuls ces coordinations. Ces acquis devraient alors leur permettre de participer à des interactions plus complexes qui devraient leur permettre d'affronter de manière plus autonome d'autres problèmes cognitifs.


Lev S.VYGOTSKY considère le développement de l'enfant comme fondamentalement social. Il est social et culturel avant de s'individualiser. Les rencontres interindividuelles conduisent au progrès cognitif dans la mesure où un conflit sociocognitif a eu lieu durant l'interaction.
Tout d'abord, l'enfant est dans une phase égocentrique puis il prend conscience de réponses autres que la sienne. Pour Lev S.VYGOTSKY, l'enfant s'inscrit alors dans une relation conflictuelle. La différence des points de vue crée un conflit en rendant explicite un déséquilibre qui représente pour l'enfant une grande difficulté car il est à la fois cognitif et social.
Ce déséquilibre est de type cognitif car il s'agit d'intégrer à la fois ses propres réponses et celles d'autrui dans un ensemble cohérent. Il est aussi social car ce désaccord s'inscrit dans des relations entre individus pour lesquels se pose un problème.
Le problème porte sur une connaissance à propos de laquelle autrui présente un point de vue opposé à celui de l'enfant qui peut alors, par la composition de ces différents points de vue, rendre explicite le déséquilibre et le dépasser pour intégrer une nouvelle connaissance.


Enfin, la restructuration de la pensée ne s'exerce plus sur des objets mais sur des représentations autres que les siennes. Ce n'est pas une simple activité sur le problème de départ, mais une activité à propos de réponses divergentes à ce problème.
Lors d'une séance de géométrie, dans une classe de CE2 de l'EREA de Vaucresson dont les objectifs concernaient les concepts de droites et de segments, nous avons mis en place un échange de points de vue à propos de la notion de limite. Certains ne pouvaient imaginer que la droite fut sans limite: pour eux, les bords de la feuille ou de l'écran de l'ordinateur limitaient forcement la droite. D'autres enfants appuyaient leur contre-argumentation sur la comparaison des droites avec les segments qui eux étaient limités par deux extrémités représentées par deux points. Un enfant expliquait que lui pouvait limiter sa droite sur sa feuille alors que les autres, qui ne pouvaient utiliser crayon et règle, ne pouvaient la limiter sur l'ordinateur. Mais devant les remarques des autres lui expliquant que s'il pouvait mesurer sa droite c'est qu'elle était limitée par deux points aux extrémités et que c'était donc un segment, il admit les faits et rentra dans un moment de recherche personnelle. Il essayait d'intégrer ces nouvelles données. Ces échanges, parfois houleux tant la remise en cause était difficile, ont permis à certains enfants d'intégrer ces nouveaux points de vue et de reconsidérer leur représentation de la notion. Pour un enfant le déséquilibre était trop important et il continuait de dire que « nous avions trop d'imagination ». Mis en situation avec un petit groupe, il a changé sa position, deux séances plus tard.


Il s'agit donc pour l'enfant, d'engager une relation avec autrui plus que de résoudre le problème lui-même. Même si le conflit peut constituer un jeu amusant, il s'agit à la longue de coordonner les points de vue en un système qui puisse mettre d'accord les partenaires. Il est donc nécessaire d'inscrire les perspectives dans un espace commun en respectant chaque point de vue. Il ne s'agit pas pour autant d'une simple régulation des relations qui pourrait remplacer la relation cognitive. En effet, le conflit cognitif n'est pas qu'une simple opposition de réponses : c 'est un conflit entre personnes occupant des positions sociales dont la situation peut accentuer le contraste. Pour l'instant, l'échange a été traité au sens large, sans prendre en compte les différentes positions des sujets, mais l'adulte, de par son statut, aura un rôle particulièrement important à jouer lors de la mise en place de ces relations.

1.4 La médiation

Si Lev S.VYGOTSKY insiste sur la relation entre pairs, J.BRUNER va développer l'étude d'une relation de tutelle de qualité. L'entourage social, au sens le plus large, participe activement au développement de l'enfant. L'adulte va jouer un rôle de tampon entre l'enfant et le milieu. Même si dès les premiers mois de sa vie, l'enfant a dû résoudre seul des problèmes, le plus souvent il trouve en chemin d'autres personnes disposées à l'aider. Ces relations interactives ont des conséquences sur l'acquisition des savoir-faire de l'enfant comme nous l'avons vu au niveau du langage.
La médiation doit rendre l'enfant capable de résoudre un problème, de mener à bien une tâche ou d'atteindre un but qui n'aurait pu l'être sans cette aide.


Dans les méthodes traditionnelles, où l'idée est de faire passer le savoir de celui qui sait à celui qui ignore, le maître dispense le savoir par le cours magistral. La médiation dans ce type de pédagogie est l'imitation du maître qui utilise le langage dans un sens unique. Les méthodes actives introduisent le travail en groupe où l'échange permet l'appropriation des savoirs et des savoir-faire. Le type de médiation change, le langage est partagé. Il ne s'agit plus d'imiter mais de construire. Les pédagogies du projet, par objectifs, différenciées ou l'éducabilité cognitive font évoluer le rôle de l'adulte et sa fonction de médiation dans une voie particulière où le langage n'est plus seulement utilisé pour transmettre le savoir mais pour faire prendre conscience de son propre fonctionnement.


Pour J.BRUNER, la mise en oeuvre de la situation pédagogique doit inclure une analyse du sens de la tâche pour le sujet. L'enfant devient un élément moteur et non plus la cible; ainsi le contexte (affectif, culturel, social) joue un rôle dans l'élaboration des savoir-faire.
Une des premières actions est de motiver l'enfant, il faut lui préciser ce que l'on attend de lui. Chez l'enfant, une des motivations longtemps utilisée est de faire plaisir au maître, aux parents, mais il faut lui faire dépasser cet état là en lui précisant les bénéfices de ses apprentissages sans créer de dépendance envers le maître. Il s'agit donc de passer de motivations extrinsèques à des motivations intrinsèques.


Il s'agit également de suivre l'enfant dans ses démarches et ses hypothèses et lorsqu'un blocage ou un éloignement de la tâche apparaît, l'intervention verbale, plutôt que directement sur la tâche, permet à l'enfant de verbaliser sa difficulté et donc de l'intégrer. C'est dans ces moments, où il faut être capable d'émettre des hypothèses sur celui qui apprend, que le langage apparaît comme un élément déterminant.
Lors d'un débat interindividuel, l'adulte doit non seulement être l'organisateur mais il doit également percevoir les différentes hypothèses individuelles en jeu et inciter les enfants à expliciter, en les verbalisant, leur démarche. Il doit également gérer ce groupe au niveau des prises de parole, de l'écoute afin que l'échange social puisse avoir lieu.

1.5 L'apprentissage en mathématiques

La place de l'adulte dans la médiation est très importante, mais encore faut-il que l'activité mise en place favorise l'apparition de la démarche mathématique. Cette phrase de G.VERGNAUD me semble bien résumer la conception du développement cognitif étudié jusque là ainsi que la direction à prendre dans la démarche mathématique : « Le savoir se forme à partir de problèmes à résoudre, c'est à dire de situations à maîtriser... Les conceptions des élèves sont façonnées par les situations qu'ils ont rencontrées ».


L'enfant, pour accéder à de nouvelles connaissances, doit se trouver dans une situation qui remette en cause ses connaissances antérieures et où ses connaissances acquises ne lui permettent pas directement de résoudre la difficulté: il aura besoin d'un autre outil mathématique plus performant. Il s'agit donc, en ce qui concerne les mathématiques, de mettre l'enfant dans une situation qui lui pose problème, où ses connaissances ne lui permettent pas de répondre immédiatement mais qui lui permettent d'accéder à une connaissance de niveau supérieur.
Dans cette perspective, l'équipe de didactique des mathématiques de l'INRP (ERMEL) a placé la résolution de problème au coeur même de l'activité cognitive.


Si la manipulation peut, au début, permettre à l'enfant de s'approprier le problème et de s'en faire une représentation, il ne l'aura pas résolu au sens mathématique du terme. En effet, quel que soit le problème qui se pose à lui, l'enfant doit d'abord se construire une représentation de la tâche, il doit élaborer une interprétation du problème, il doit également percevoir le but à atteindre et choisir les moyens à sa disposition pour le résoudre. Il devra élaborer une stratégie propre en fonction des connaissances antérieures qu'il pourra activer. Il les activera non pas dans le seul but de voir si elles fonctionnent, mais pour lui permettre d'atteindre un but. Ce qui veut dire, par exemple, que l'addition ne sera pas un but en elle-même mais que le fait de savoir l'utiliser à bon escient, permettra à l'enfant d'avancer dans la résolution de son problème.


Ces moments où l'enfant doit anticiper, car la manipulation ne suffit plus, où ces actions sont finalisées dans un but bien précis, où les outils utilisés ne sont pas vides de sens, où il pourra par lui-même valider l'anticipation de son action (avec éventuellement un retour à la manipulation), tous ces moments sont la marque d'un véritable esprit scientifique.
« Pour un esprit scientifique, toute connaissance est réponse à une question. S'il n'y a pas eu de question, il ne peut y avoir connaissance scientifique. Rien ne va de soi. Rien n'est donné. Tout est construit. » BACHELARD .

1.6 Les fonctions du langage dans l'apprentissage mathématique

Nous avons pu voir dans la première partie l'impact de l'environnement langagier sur le développement cognitif et le rôle joué par les échanges avec les enfants du même âge, les pairs. Chaque enfant est amené à confronter sa pensée avec d'autres et ainsi élaborer la sienne.
En mathématiques, une des fonctions du langage est de permettre à l'enfant de reformuler, clarifier, d'expliciter des consignes ou des énoncés et ainsi de se l'approprier librement, c'est à dire de s'en faire une représentation. Une autre fonction est d'aider l'enfant à planifier et contrôler son action dans la tâche de résolution. Ce langage pour soi a tendance à s'intérioriser et il est important de lui laisser la possibilité de l'utiliser. Le langage sert également en mathématiques, à nommer des notions ou des procédures pour les reconnaître, les identifier et donc les fixer. Cette institutionnalisation des savoirs permet à l'enfant de les mémoriser et de les mettre en relation avec les autres.


Le langage, comme outil de communication et vecteur d'échanges, trouve aussi sa place en classe de mathématiques. W.DOISE et G.MUGNY ont montré l'importance du langage dans les échanges de procédures entre élèves en développant ainsi leur capacité d'argumenter et de justifier leurs points de vue. L'élaboration collective d'une solution implique un débat sur des stratégies, un partage des tâches, une confrontation des solutions individuelles, une compréhension des divergences éventuelles. Ces démarches obligent l'enfant à se décentrer de sa propre recherche et cela n'éduque pas seulement à la tolérance. Cela incite aussi l'enfant à prendre des distances par rapport à son point de vue initial, à essayer de considérer des arguments contraires aux siens et à les critiquer en essayant de convaincre l'autre, bref, à défendre ses idées.


Le rôle de l'adulte est ici essentiel. Ce rôle de médiation, comme nous l'avons vu précédemment, peut prendre diverses formes pour remplir diverses fonctions. Cette médiation se fera avant tout par le langage avec une reprise par l'adulte des verbalisations de l'enfant afin de clarifier, d'expliciter, de questionner, de mettre en évidence des points importants dans la compréhension d'un énoncé de problème comme dans sa résolution.
Au niveau du groupe, suivant la situation et les objectifs, le maître favorise la mise en évidence de la richesse et de la diversité des procédures utilisées. Cette forme d'intervention permet aux enfants de prendre conscience des différents modes de pensée ainsi que des multiples voies possibles de résolution d'un problème. Le maître provoquera par la suite une recherche des procédures les plus économiques, ou les plus rapides, ou les plus sûres suivant les cas. Mais il favorisera également la mise en relation de ces différentes solutions en faisant noter les liens existant entre elles. Il mettra enfin en valeur une procédure experte de façon à institutionnaliser un savoir, ce qui permettra aux enfants d'avoir des points de repère communs pouvant servir à de nouveaux 'départs'.


Si le rôle de l'adulte est ici avant tout de gérer l'élaboration d'une démarche scientifique, il lui faudra faire prendre conscience aux enfants des exigences d'une communication rationnelle. L'écoute active de l'autre, la formulation explicite de sa pensée, ... sont autant d'éléments propres au développement du raisonnement mathématique.

2/ Communication et enseignement des mathématiques avec des enfants atteints d'IMC

2.1 Les troubles neurologiques

G.TARDIEU définit l'infirmité motrice cérébrale (IMC) comme une lésion du cerveau survenue dans la période anténatale ou périnatale. Elle constitue un trouble moteur qui peut associer des troubles de la posture et du mouvement. La lésion cérébrale est responsable essentiellement d'une atteinte motrice, mais d'autres fonctions cérébrales peuvent aussi être atteintes sans pour autant diminuer globalement toutes les facultés intellectuelles. Certains troubles cognitifs ne sont pourtant pas absents malgré l'intelligence normale.


a) Le trouble de la fonction supérieure qu'est le langage peut se situer au niveau de la compréhension (audition, gnosie auditive, ... ), de l'expression (mauvaise utilisation des organes de phonation, troubles gnosiques bucco-faciaux, troubles praxiques, ...) et de la construction de phrases et de récits (agrammatisme, dyssyntaxie,...). Les pertes du langage touchant les enfants sont en général des troubles affectant la réalisation de la parole, dans ce cas, la communication orale devra être remplacée par un moyen de communication substitutif comme le langage idéographique.


b) Les enfants avec lesquels je travaillerai l'année prochaine et sur lesquels je baserai la suite de ce dossier ne possèdent pas de troubles du langage mais souffrent de troubles lourds sur le plan scolaire, liés aux pathologies que nous venons d'évoquer, les dyspraxies. Elles peuvent être de diverses natures mais globalement on les définit de la façon suivante : ce sont des troubles de la réalisation du geste conséquents à l'impossibilité cognitive d'intégrer différents constituants sensori-moteurs et spatio-temporels. Ce n'est donc pas une gêne motrice qui est en jeu mais le système de gestion et d'analyse des données au plan cérébral. Les dyspraxies sont les conséquences de lésions cérébrales et bien qu'elles soient une entrave dans les apprentissages scolaires elles n'induisent pas pour autant une arriération mentale chez le sujet qui en souffre.


L'étude des dyspraxies renvoie aux pathologies du regard auxquelles elles sont le plus souvent associées. Du point de vue ophtalmique, on distingue ce qui relève de la vision, c'est à dire de l'analyse de l'image et ce qui relève du regard autrement dit, des mouvements oculaires.
M. MAZEAU relève différentes formes d'anomalies praxiques :

les dyspraxies constructives
Les praxies constructives sont les activités qui activent nos capacités d'assemblage. Lorsqu'elles sont défaillantes, on observe chez l'enfant de grandes difficultés à composer des pièces selon un schéma général, des dessins pauvres et mal structurés, des troubles graphiques.


les dyspraxies visuo-spatiales (D.V.S)
Ce sont des anomalies liées aux troubles du regard et aux insuffisances de la construction de l'espace à deux dimensions. Elles associent un trouble de l'organisation du geste et ce indépendamment des troubles purement moteurs, un trouble du regard se traduisant par des difficultés de l'organisation de la motricité des globes oculaires et un trouble de la construction de certains composants de la spatialisation (le regard met en jeu la capacité à contrôler la fixation d'un objet donné, la poursuite et l'exploration; l'occulo-motricité impliquera donc la capacité à mettre en jeu un geste intentionnel en appui sur l'information du regard).
En plus de ces troubles neurologiques s'ajoutent des troubles d'ordre psychologiques liés au handicap. Il est important de prendre en compte tous ces aspects et de voir en quoi ils influent sur les capacités de communiquer et d'apprendre en mathématiques.

2.2 Les troubles dans la communication

L'estime de soi est une nécessité pour la réussite des apprentissages scolaires. La construction et le maintien de l'estime de soi chez l'enfant sont liés à ce qu'il perçoit de l'investissement de lui-même par ses parents et son entourage ainsi qu'aux expériences positives et aux réussites qu'il peut avoir dans ses divers apprentissages et activités. Ces représentations de soi sont construites sur la croyance en la possibilité d'être aimé comme d'aimer, sur une pleine acceptation de soi et une capacité à supporter la différence. Et ces différents facteurs ne s'élaborent qu'à travers un système de relations et de communication. Or qu'en est-il de l'enfant atteint d'IMC ?

M.C. FRANCOIS définit très bien l'obligation à toute personne malade ou handicapée de modifier non seulement ses modes de vie mais également ses normes de vie (intérêts, projets, idéaux, ...) et le risque psychique que la différence de ces normes avec celles de l'entourage de la personne peut provoquer. L'enfant se trouve dès sa naissance dans une relation de dépendance, et cette dépendance entraîne généralement une réelle infantilisation de la personne handicapée : on pense pour elle, on parle pour elle, on fait à sa place... La dépendance est une perte d'identité et source de démoralisation importante. B.GIBELLO a été un des premiers à définir le comportement caractéristique des enfants handicapés moteur : agressivité aux moments de rupture ou de perte, dépression, agitation et instabilité, troubles psychosomatiques et hallucinatoires (confusion entre réalité et fantasme). La personne handicapée est souvent prise entre le désir d'être et l'impossibilité d'être. Certains besoins, certains désirs ne peuvent se réaliser sans l'aide d'un tiers.


La relation à l'autre et notamment à la personne valide s'en trouve transformée. Les relations avec ces personnes (parents, médecins, rééducateurs) ne se réalisent que dans un système duel où l'enfant handicapé n'est pas actif, où il subit le rapport. Mais d'un autre côté, il ne peut faire autrement, ces personnes lui assurant un certain mieux-être. Ce type de relation n'incite pas à une juste estime de soi, ni à une acceptation de son identité. F.DE BARBOT explique que les enfants savent qu'ils sont une déception pour leurs parents (ils le traduisent par des dialogues très clairs en théâtre). Ils ont un sentiment d'insécurité de l'amour qu'on leur porte, et ils ne se sentent pas eux-mêmes capable de maîtriser leur développement. Ils vont essayer de se concilier l'amour de l'adulte pour réparer leur faute et consoler papa et maman; ce qui va entraîner un surinvestissement dans la scolarité dans le sens où ayant déçus leurs parents sur le plan corporel, ils vont essayer de réussir le mieux possible au niveau de l'intellect. Ils entrent alors dans un processus scolaire où il s'agit de ne pas prendre de risques, où l'on va éviter le déséquilibre, où l'on va suivre à la lettre tout ce qui est dit (ce qui se fait d'ailleurs avec le personnel médical). Tous ces comportements empêchent l'esprit de découverte, de recherche nécessaires à l'élaboration des conceptions.


Ce phénomène sera renforcé par le fait que l'on ne fait que proposer à l'enfant, cela ne vient jamais d'eux. L'annonce du handicap provoquera dans la famille un tel sentiment que l'enfant ne sera pas investi pour lui-même et cette mise dans une position de passivité, où l'enfant sera dépossédé de ses initiatives ou de ses réussites, est quelque chose qui va altérer profondément la constitution de son estime de soi.
Il convient donc en classe de s'attacher à restaurer l'image de soi de l'enfant en évitant le centrage excessif sur le manque, l'incapacité ou l'échec et en prenant en compte la dimension d'activité nécessaire à l'enfant. L'enfant devra se sentir stimulé, mis en confiance, accepté tel qu'il est mais aussi actif et responsable dans la réalisation de ses apprentissages scolaires et le travail en groupe lui permettra de retrouver cette dynamique.

2.3 L'effet de ces troubles dans l'apprentissage des mathématiques

Les troubles visuo-spatiaux, que nous venons de voir, gênent considérablement l'enfant dans l'apprentissage des mathématiques.
Dans le dénombrement d'une collection, M.P.CHICHIGNOUD montre la nécessité d'établir des correspondances entre les objets de la collection, l'oeil, le doigt qui pointe les objets et le déroulement de la comptine numérique; l'enfant atteint de dyspraxies visuo-spatiales ne pourra pas gérer la simultanéité de toutes ces tâches. Cette difficulté repérée par le maître et l'enfant doit amener un aménagement différent des collections permettant ainsi un meilleur repérage spatial. Ces difficultés à établir des relations spatiales se retrouvent également lorsqu'il s'agit de poser une opération. L'alignement n'est pas respecté et lors du calcul on passe aisément d'une colonne à l'autre. Là encore, il s'agit de choisir une organisation spatiale différente. Le calcul en ligne, avec calcul mental pour des nombres relativement petits, entraîne plus de réussite et pour les grands nombres, les calculatrices ou les ordinateurs sont des outils appréciables. L'échec dans ce type d'opérations n'indique pas une non-acquisition du processus d'addition mais une impossibilité à le réaliser de façon habituelle <.
On retrouve également chez ces enfants une confusion entre la partie et le tout par le fait que l'enfant ne ressent pas son corps comme un tout car son environnement primaire n'a pas renvoyé au sujet d'image unie de lui-même permettant une vraie représentation de soi. Cette confusion entraîne des difficultés lors d'activités avec un schéma de résolution composé en plusieurs parties qui forment un tout. Aborder un problème en parties prédécoupées par le maître ne correspondra pas à l'image globale de l'enfant. Il faudra mieux aborder le problème dans son intégralité et laisser l'enfant se faire son découpage et son cheminement.
De même en géométrie, aborder les notions de droites ou de segments ainsi que leur organisation parait délicat. Nous avons travaillé avec une enfant qui peut présenter neuf segments dispersés et affirmer qu'il s'agit d'une maison.

Elle voit sa maison alors que nous ne voyons qu'une ébauche. Même si cette enfant ne maîtrise pas tout à fait la manipulation de la souris, une difficulté de perception existe car elle est capable de nous montrer la porte et les fenêtres. De plus le segment isolé fait partie de la description de sa maison. Il convient alors d'utiliser des outils (et l'informatique en fournit d'excellents) ainsi qu'une pédagogie adaptée afin de pouvoir repérer les démarches des élèves et de s'y appuyer pour les amener à progresser. Dans le cas présent, un logiciel permet de superposer les points ce qui amènera cette enfant à relier les segments entre eux et une verbalisation de la description l'amènera à positionner sa porte à l'intérieur de la structure fermée.

Le groupe CIMETE (Compétences et Incompétences en Mathématiques chez les Enfants présentant des Troubles Exceptionnels) rappelle que même s'il existe une certaine régularité dans les étapes par lesquelles passent les enfants, elles ne sont pas forcement ordonnées de la même façon pour tous. Et avec des enfants atteints de tels troubles, il est nécessaire de reconsidérer l'ordre d'organisation des compétences et d'accepter des chemins différents favorisant la mise en place de représentations.
Ces représentations, quelle que soit la forme qu'elles prennent, sont importantes pour l'enfant. Nous avons vu dans la partie L'apprentissage en mathématiques l'importance de dépasser l'expérience et d'établir une représentation permettant, dans une situation autre, de réinvestir des acquis. Ces représentations peuvent être très personnelles, très surprenantes mais très efficaces comme le montre cet exemple.


Lors d'une séance de géométrie, toujours à l'EREA de Vaucresson, la représentation du carré posait problème à un enfant. Il reconnaissait un carré posé sur un côté et connaissait les caractéristiques du carré (4 angles droits et 4 côtés égaux). Seulement lorsqu'on lui présentait un carré posé sur un coin, même en vérifiant avec lui les caractéristiques du carré, il voyait un losange et n'acceptait pas le carré. Alors que nous étions démunis, c'est son voisin qui lui expliqua :« Tu vois Brigitte (l'animatrice de la séance) et bien si on la retourne ce sera toujours Brigitte ! » Cette image, que le voisin avait due utiliser pour se construire sa représentation, allait permettre au premier enfant de se l'approprier. Quelques semaines plus tard, alors que la maîtresse présentait la carte de France avec le sud en haut, ce même enfant lui indiqua que c'était quand même la France car, comme le carré on peut la retourner. On imagine l'importance de cette représentation pour un réinvestissement mathématique en géographie et les ouvertures qu'elle pourra présenter à l'enfant pour son approche de l'espace.

Un de ces chemins différents peut être le langage. La première partie de ce travail nous a rappelé l'importance de celui-ci dans l'élaboration de la pensée et la construction de concept or les enfants atteints d'IMC présentent un QI verbal normal voir supérieur alors que leur QI performance se trouve en dessous de la moyenne. Il s'agira donc de s'appuyer non pas sur leurs manques mais sur leurs possibilités.
A.CROUAIL décrit très bien, dans ses rencontres avec des jeunes « apparemment intelligents, à la conversation agréable » mais échouant dans la résolution de petits exercices élémentaires, le rôle de la verbalisation. Ces jeunes ont une représentation mentale insuffisante, statique, brouillée où les parties et le tout ne peuvent exister simultanément. L'utilisation du langage permet de donner vie aux différentes parties du problème et la représentation que le jeune se fait devient plus vivante, plus claire et l'image mentale plus précise.
L'utilisation du langage, ou verbalisation, semble permettre à beaucoup de jeunes, atteints de dyspraxie ou non, de mieux organiser leur pensée, de favoriser une représentation plus vivante de la situation, de prendre conscience qu'ils peuvent réussir. Et si la verbalisation n'est pas l'unique outil permettant de travailler avec des enfants atteints de D.V.S, elle n'en est pas moins un outil privilégié.

3/ Un outil pour collaborer en classe de mathématiques : le rallye

3.1 Objectifs


Rappelons la circulaire no 91-304 du 18 novembre 1991 (Education nationale : Ecoles) : Scolarisation des enfants handicapés à l'école primaire. Classe d'intégration scolaire (CLIS).
3.1 Utiliser la dynamique du groupe d'élèves
L'utilisation des ressources du groupe d'enfants est fondamentale.
Elle permet :
De favoriser l'expression, d'instaurer et d'organiser la communication.
Quels que soient la nature et le degré du handicap, la capacité pour l'élève, de s'exprimer dans la plupart des cas par la parole, de se faire entendre et écouter, constitue un objectif majeur. Pour l'atteindre, il est nécessaire que le désir de parler soit accepté, favorisé et renforcé, que le langage soit progressivement enrichi, maîtrisé et contrôlé dans des situations de communication.
Le travail en commun, la nécessité d'organiser et de rendre opérantes les aides réciproques, de s'entraider lors de certaines phases des acquisitions, permettent aux élèves de prendre conscience de l'efficacité de la coopération et de leurs propres pouvoirs. Cet aspect des apprentissages, souvent, sous-estimé, doit prendre toute son importance lorsqu'il s'agit d'élèves handicapés.

Du rallye mathématique, on attend qu'il soit le moteur d'une activité, voire d'un apprentissage où le sujet est mobilisé par un but à réaliser et consent donc des efforts, sinon pour apprendre, du moins pour réussir de manière collective. L'engagement dans un rallye offre à la fois une occasion d'apprendre à planifier, négocier, coopérer, réaliser et ce, dans un cadre intégrateur à des activités plus limitées qui, prises isolément, seraient reçues comme des exercices sans grand intérêt.
Le rallye propose des situations plus imprévisibles et complexes que les exercices scolaires. Il est formateur dans le sens où, pour avancer, il ne suffit pas d'appliquer des routines mais il faut construire une stratégie et résoudre une série de problèmes, dont chacun fait appel à des ressources cognitives diverses, parfois détenues par des personnes différentes. Cette dimension coopérative permet à chacun d'apprendre ou au contraire de confier une tâche à celui qui s'en tire le mieux.
On retrouve dans ces objectifs, en plus de ceux plus spécifiques liés aux mathématiques et qui seront explicites dans les diverses situations (numération, géométrie, mesures), les objectifs liés aux compétences transversales définies dans les instructions officielles pour l'école élémentaire :
° l'enfant coopère, établit des relations, reconnaît l'autre, l'écoute et le respecte
° l'enfant émet des suppositions, il fait des choix et les explicite, il contrôle ses réponses par rapport au projet et aux données initiales
° l'enfant est capable de communiquer ses démarches.

Le rallye, de par son organisation et ses situations variées, permet comme le dit MEIRIEU :« de restituer les savoirs comme des réponses à des questions que les hommes se sont posées, mobilisables par celui qui apprend pour répondre lui-même aux questions qu'il se pose ou se posera. Il n'y a pas de véritable apprentissage possible sans que ce qui est appris se profile ainsi sur un univers extérieur à la situation d'apprentissage. Cela ne signifie nullement que cette situation ne puisse pas être porteuse de satisfactions en elle-même, mais cela veut dire qu'elle n'est pas seulement cela et se distingue d'une situation ludique par le fait que l'on en sort transformé dans sa vision du monde, capable d'associer des circonstances et des connaissances pour être plus libre et plus fort dans le monde.»

3.2 Un exemple de fonctionnement

Durant l'année scolaire 1996-1997, nous avons organisé, trois collègues et moi-même, un rallye mathématique dans le village où j'enseignais. Ce rallye a réuni 80 enfants de quatre classes et villages différents, tous étant du cycle trois en milieu ordinaire.

Nos objectifs étaient doubles :
- travailler les mathématiques sous une forme inhabituelle mais stimulante
- mais surtout, favoriser le travail d'équipe, les échanges, la répartition des tâches, les argumentations, les prises de décisions où chacun pouvait trouver sa place.

L'organisation

Nous avons constitué 8 équipes de 10 enfants : 3 équipes de niveau CE2 - CM1 et 5 équipes de niveau CM1 - CM2. Chaque équipe disposait d'un carnet de bord avec le plan des différents ateliers (le rallye avait lieu dans un gymnase et les terrains de football l'environnant) et avec les fiches permettant d'inscrire les réponses des différentes étapes. Pour favoriser la mise en place de nos objectifs, nous avions mis au point divers systèmes :
- l'épreuve se déroulait en temps limité (calculé de façon à ce que, si l'équipe décide de faire toutes les épreuves sans se répartir les tâches, elle ne puisse tout faire)
- les solutions devaient être validées par au moins trois personnes (ce qui évite le travail individuel)
- pour chaque atelier, deux niveaux étaient proposés : un niveau CE2 - CM1 et un niveau CM1 - CM2. Mais un système de points régulait les choix : un groupe niveau CE2 - CM1 réussissant une épreuve CE2 - CM1 gagnait 5 pts contre 10 s'il réussissait une épreuve CM1 - CM2; d'autre part s'il échouait à une épreuve CE2 - CM1 il perdait 5 pts et à une épreuve CM1 - CM2 il perdait 10 pts. Un système identique régulait les groupes de niveau CM1 - CM2 (ce système devait permettre un échange dans le groupe avec une prise de risque qu'il fallait mesurer en fonction des apports de chacun. Etre prudent ou prendre des risques; il fallait argumenter). Chaque équipe partait avec un total de 100 pts.
- les fiches réponses comportaient une grande case 'démarche' où les groupes indiquaient les différentes opérations réalisées (aussi bien d'ordre mathématique, qu'expérimental).

A chaque atelier se trouvait un adulte qui, bien sûr n'intervenait pas dans les échanges, mais gèrait la circulation des différents groupes et surtout notait les échanges et démarches réalisés dans l'atelier.

L'obligation de donner une seule réponse par problème au nom du groupe, l'absence du maître, la nature et le nombre de problèmes déterminaient le 'contrat' de travail et faisaient de ces problèmes de rallye une activité où les interactions étaient absolument nécessaires et gérées par les élèves seuls.

Les ateliers

Un carnet de bord se trouve en annexe 1, je ne reprendrai pas les ateliers un à un mais je préciserai les idées qui ont dicté nos choix.
Après plusieurs rencontres entre enseignants, nous avons listé les compétences acquises par les enfants. Tous les élèves pouvaient se retrouver dans l'un des deux niveaux présentés dans chaque atelier. De plus nous avons décidé de réaliser deux types d'ateliers : des ateliers de manipulation et des ateliers de recherche sur feuille. L'ensemble recouvrant la plupart des notions mathématiques étudiées dans les cycles concernés.

L'analyse

Plusieurs points ont été relevés après avoir réalisé un bilan avec les enfants et un bilan entre adultes : les problèmes choisis, l'organisation générale et l'organisation dans les groupes.

Les problèmes choisis.
Tous les enfants ont pu s'y retrouver, même si certains leur ont paru plus difficiles; dans l'ensemble ils ont trouvé du plaisir à essayer de les résoudre.
De nôtre côté, nous avons pu remarquer que les enfants n'étaient pas habitués à rencontrer ce genre de situations.
Pour l'atelier n°1 (mesure de l'aire d'un terrain), beaucoup de groupes ne savaient que faire des outils mis à disposition. Certains les ont tous alignés puis étaient bloqués, d'autres ont utilisé le mètre en bois (outil connu) et ont cherché à faire le tour mais le trop grand nombre de reports a fait échouer la mesure. Pourtant tous avaient étudié le calcul d'un périmètre en classe. Mais sur la feuille, il suffisait d'utiliser la règle et de faire fonctionner la formule.
Pour l'atelier n°6 (le nombre de sucres), les sucres étaient emballés dans une feuille en plastique et donc visibles. La démarche de beaucoup de groupes a été de compter les sucres visibles sur le dessus et de compter le nombre de couches mais sans compter la première (puisqu'ils l'avaient déjà comptée !).


Pour l'atelier n°6 bis (le nombre de grains de riz dans un paquet de 500 grs), le matériel a posé également des problèmes. « Pourquoi une balance alors qu'on nous demande de compter ? », et certains ont ainsi commencé de compter les grains un à un. Stratégie vite abandonnée (on ne savait plus où on en était, « ça prend trop de temps », ...), d'autres ont d'abord utilisé la balance pour vérifier les 500 grs puis ont pesé 100 grs mais il y avait encore trop de grains et ils ont abandonné.
Dans l'ensemble ce sont les situations réelles qui ont posé le plus de problèmes aux enfants alors que les situations proposées sur feuilles correspondaient plus à leurs habitudes de travail. Je pense qu'il faut y voir là un reflet de ce qui a été développé dans la partie théorique. Les enfants connaissaient les formules, maîtrisaient les opérations mais elles n'avaient pas été étudiées dans le but de résoudre un problème mais simplement pour elles-mêmes. Ces observations ne font que renforcer le fait que les mathématiques sont des outils qui servent à résoudre des problèmes et non une matière isolée et que son enseignement doit se faire dans ce sens.

L'organisation générale.
Là encore, les enfants ont beaucoup apprécié de rencontrer d'autres enfants et de se mesurer à eux. Seule ombre noire au tableau : l'attente de certains groupes aux ateliers. Il était très difficile de gérer plusieurs groupes arrivant au même atelier. Si on leur demandait d'aller faire un autre atelier, ils nous répondaient qu'ils avaient été choisi pour cet atelier et par pour un autre (argument tout à fait valable).
La gestion du temps leur a aussi posé problème. A la fin du temps imparti, certains groupes refusaient d'arrêter parce qu'ils tenaient absolument à faire tel ou tel atelier, mais le contrat était là. Les enfants devaient gérer le temps et ce fut une des choses les plus dures à accomplir.

L'organisation dans les groupes
Ce fut la partie la plus riche. Les échanges ont été nombreux, parfois houleux, mais très formateurs aussi bien pour eux que pour nous.
Tout d'abord, pour nous, s'est posée la difficulté de la constitution des groupes : homogènes, hétérogènes, les enfants meneurs devaient-ils être ensemble ?
Nous avons choisi de faire des groupes homogènes et de regrouper les enfants ayant des tendances de leader.
C'est justement dans ces groupes que le conflit a été le plus important : dès la répartition des ateliers, chacun voulut prendre l'ascendant sur les autres. Il a fallu un long moment de mise en place avant que le travail ne débute. Dans les autres groupes, les démarches furent différentes : un groupe décida de tout faire ensemble (stratégie abandonnée au bout de deux ateliers car ils se sont rendus compte que le temps passait vite et qu'ils prenaient beaucoup de temps pour décider d'une réponse commune), un autre groupe se repartit sur les huit ateliers (stratégie également abandonnée car plusieurs enfants seuls devant la situation ne savaient comment faire, il s'est alors effectué des regroupements qui s'avérèrent plus judicieux). Ce qui nous parut intéressant fut l'évolution des stratégies au cours du rallye. Les enfants ne restaient pas figés sur un fonctionnement mais cherchaient toujours à l'améliorer. Cela entraîna parfois des discussions importantes et des remises en cause des contrats de départ :« Non je ne peux pas vous aider, j'ai encore cet atelier à faire et de toute façon c'est vous qui l'avez voulu celui-là, alors allez voir quelqu'un d'autres ».


Au niveau des ateliers, nous avons tous remarqué que les enfants se dirigeaient d'abord vers la situation rapportant le plus de points mais que si la solution n'était pas immédiate ils se rabattaient tout de suite sur les autres situations et là ils cherchaient. Les prises de risques furent peu nombreuses mais les échanges au niveau des ateliers très intéressants. Les recherches les plus constructives se passèrent au niveau des enfants que l'on considérait comme les plus en difficulté et les plus effacés. Ils ont très vite compris qu'ils ne pouvaient s'en sortir qu'en coopérant et en étant ouverts aux autres alors que dans les groupes de leaders chacun cherchait à imposer sa solution ou ses essais. Dans l'observation de ces deux comportements, on retrouve les deux types de conflits décris dans la première partie : le conflit cognitif (pour les enfants coopérant afin de s'en sortir) et le conflit social (pour les enfants se disputant la place de meneur).
Le point à reprendre serait celui de la vérification par trois enfants. Si elle a bien fonctionné sur les premiers ateliers, elle a vite été abandonnée (on faisait signer par le coéquipier sans vérification) pour deux raisons : la première c'est qu'elle remettait le travail de l'autre en cause et certains enfants avaient du mal à accepter cela de la part de camarades, la deuxième c'est qu'elle prenait du temps et comme nous l'avons vu ce fut la principale difficulté des groupes. Quoi qu'il en soit, ce réajustement des groupes montre qu'ils recherchaient un fonctionnement plus efficace au niveau du temps et que la confiance s'est installée entre eux.

Dans l'ensemble, cette méthode de travail a été bénéfique pour tous. Pour certains ils ont appris à négocier, à argumenter pour convaincre l'autre; pour d'autres ils ont vu qu'a plusieurs ils pouvaient résoudre des problèmes, qu'ils étaient capables de faire aussi bien que les 'bons' de la classe. Pour nous, ce rallye nous a permis de voir les enfants dans des situations inhabituelles et, s'il était parfois difficile de ne pas intervenir pour réguler un groupe ou orienter une recherche, il nous a montré tout l'intérêt de ce type de démarche de recherche en groupes pour tous les enfants.
A l'issu du bilan, nous avons décidé d'intégrer dans nos projets de classe la participation à un nouveau rallye l'année suivante. Cela voulait dire que nous allions travailler tous les aspects du travail en groupe, la gestion du temps lors d'activités, ...
Cette année le rallye a eu lieu sans moi, pour cause de formation, mais après discussions avec les collègues, nous avons envisagé l'année prochaine d'intégrer ma future classe de CLIS 4 au projet. Comment intégrer le rallye, sous quelle forme, avec quels objectifs ?

3.3 L'élaboration d'un projet de rallye pour enfants atteints d'IMC

L'organisation d'un rallye avec la participation d'une classe d'handicapés moteurs me paraît une expérience intéressante qui rentre tout à fait dans le cadre actuel de l'intégration.
Il s'agit avant tout d'un moment de rencontre et de pratique d'activités en commun sur un thème connu et maîtrisé par tous au même niveau. Cette participation ne peut cependant se faire comme la participation de n'importe quelle classe. Elle nécessite une réflexion et un ajustement tant au niveau de l'organisation générale que de la présentation des situations.

L'organisation générale

Tout d'abord au niveau du lieu, il sera bien sûr adapté et permettra à tous les enfants d'accéder à tous les lieux. Ensuite, il a été prévu que des échanges par courrier auraient lieu avant le rallye de façon à ce que les enfants se connaissent un peu avant de se rencontrer. Des problèmes rencontrés en classe pourraient être envoyés et des échanges sur leur résolution provoqueraient un début de coopération. Il a également été envisagé de se retrouver sur une journée avec le rallye l'après-midi, alors que la matinée serait consacrée à des jeux de connaissances et d'échanges.
Ces moments nous paraissent importants, car contrairement aux deux éditions précédentes, nous pensons réaliser des équipes mixtes dans le sens où chaque équipe comportera des enfants des différentes classes. Il nous semble opportun de favoriser un maximum d'échanges entre les différentes méthodes de pensée. Si pour les rallyes précurseurs, nous avons réalisé un travail au niveau de la classe, dans ce cas il s'agira davantage de mettre en avant la diversité des façons de procéder. Comme nous l'avons vu précédemment les enfants atteints d'IMC compensent leurs difficultés en utilisant d'autres stratégies que les enfants ordinaires ont sans doute moins l'habitude d'envisager. Ces échanges permettraient à chacun de comprendre la pensée de l'autre, de s'obliger à trouver les arguments correspondants à une façon de penser, d'écouter l'autre pour essayer de le convaincre. Pour l'enfant atteint d'IMC, il s'agira d'une situation tout à fait nouvelle où il ne se trouve pas en relation duelle, où l'adulte n'est plus présent, où il doit s'imposer par lui-même, où on compte sur lui, où il participe aux prises de risques dans le choix du niveau choisi, où on attend des choses de lui. Au niveau psychologique, nous avons vu l'importance pour ces enfants de retrouver une identité de soi, et cette participation à un groupe qui dépend de chacun de ses participants, peut permettre d'aider l'enfant dyspraxique à la retrouver.
Présentation des situations

Au niveau du contenu, il continuera à porter sur l'ensemble du programme de mathématiques. L'adaptation portera sur la présentation des situations. On évitera, dans les énoncés, les graphiques, les figures trop complexes qui ne permettraient pas à tous les enfants d'entrer dans le problème: les énoncés seront courts et plutôt explicités par des écrits que des tableaux. Les deux types de situations (plutôt mathématiques, plutôt expérimentales) seront conservées: l'enfant atteint d'IMC peut décrire ce qu'il faut faire s'il ne peut lui-même réaliser l'opération ou c'est une aide de l'équipe qui peut le réaliser. En fait, nous retrouvons dans ces actions, les adaptations nécessaires lors d'intégration d'enfants handicapés à l'école permettant l'accès des situations à tous.
Une plus grande place sera accordée à la stratégie utilisée. En plus de l'adulte présent dans l'atelier qui note les différents échanges, chaque équipe pourra noter, dans un cadre réservé à cet effet, la démarche retenue avec explications et opérations.
De retour en classe, les situations seront reprises et chacun explicitera comment son groupe s'y est pris pour la résoudre ou les problèmes qui se sont posés.

Ces remarques ne sont qu'une esquisse de ce prochain rallye. Une préparation plus minutieuse aura lieu en cours d'année entre tous les collègues concernés ainsi qu'avec les conseillers pédagogiques de la circonscription. Notre désir est de mettre en place un rallye pour chaque cycle et la participation de la CLIS 4 l'année prochaine impliquera une participation de tous à cette activité.



CONCLUSION

L'expérience de ce rallye m'a fait apparaître un autre type de rapport avec les savoir-faire (les mathématiques) et les savoir-être. Ce travail nécessite d'aborder les mathématiques comme des outils pour résoudre des problèmes. Certains bons élèves n'ont pas su résoudre des situations alors qu'ils possèdent depuis longtemps les outils permettant de les réaliser; mais le rapprochement, le réinvestissement ne s'est pas fait. Inversement des élèves que je considérais en difficulté, ont fait preuve de démarches originales afin de contourner leurs difficultés et trouver une réponse fiable. Même si un travail reste à faire sur les uns (faire prendre conscience du rapport avec la réalité) et sur les autres (faire apparaître la nécessité d'utiliser des outils plus performants), cette expérience m'a fait prendre pleinement conscience de la multiplicité des démarches et de la nécessité de permettre à chacun de se construire la sienne. Au niveau des savoir-être, les séances de mathématiques qui ont suivi le rallye n'étaient plus de même nature. Des échanges se mettaient en place, les échanges à voix basse ne se faisaient plus en cachette mais étaient partagés avec le groupe. J'écoutais les enfants et ils savaient que je les écoutais vraiment.

Toutes les lectures entreprises pour la rédaction de ce dossier, mais surtout mes rencontres hebdomadaires, pour réaliser de la géométrie, avec des enfants atteints d'IMC m'ont fait découvrir une autre approche de la pédagogie. Approche basée sur les capacités et non les échecs, approche faite d'échanges, approche où chacun à sa place, approche où groupe et individualités sont pris en considération.

J'ai pu voir l'importance, pour ces enfants handicapés, de l'utilisation du langage afin de se construire une représentation qui leur soit propre et qu'ils puissent réinvestir. J'ai expérimenté comment, dans un domaine comme la géométrie où le visuel tient une grande place, ces enfants peuvent contourner leurs difficultés avec l'aide du maître bien sûr mais aussi de leurs camarades. Si, comme j'ai essayé de l'illustrer, le langage et les échanges ont un rôle important en mathématiques, je pense que cette démarche peut être généralisée à l'ensemble des apprentissages. Cette construction de la pensée au travers de l'expression, de l'échange, de la remise en question, de l'argumentation, de la reformulation n'est pas l'exclusivité des mathématiques. L'élaboration d'un conte, d'un journal, ... peuvent se pratiquer de la même façon. De plus, cette recherche, pourtant inscrite dans le cadre d'une formation spécialisée, me laisse penser qu'elle ne doit pas rester dans ce seul domaine. La communication, dans l'acte d'apprendre, est un domaine qui gagnerait à être mieux exploré, ou mieux utilisé, même avec des enfants dits ordinaires sans difficulté d'apprentissage, comme j'ai pu m'en rendre compte lors du rallye.


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