CAMP 2 MAGNIFIQUE UN VRAI BONHEUR

LE HUASCARAN …6768m

 

 Camp 2 : Magnifique, un vrai bonheur

 A 5850m, imaginez un espace presque plat sur la neige, de 100m de long sur 30 de large. Côté est vers la montagne, une énorme barre de séracs de 60 m de haut et longue de 300 m nous protège du vent. Elle est séparée de nous par une crevasse donc pas de danger. A l’entrée, côté sud, nous devons sauter une crevasse de 80cm a un mètre. Côté nord, dominé par le Huascaran Norte, un drapeau rouge nous indique le chemin de demain, mais aussi la première crevasse piégeante. Enfin côté ouest un bombement de 3 m de haut nous protège de la chute du glacier. vers musho et la vallee du rio santa ? nous VOYONS les jeux du soleil dans les nuages.

4 tentes sont montées, nous ajoutons les 2 nôtres…Les 4 tentes sont celles des sauveteurs et je viens a notre affaire. Déjà dans l avion nous amenant au Pérou nous apprenons le décès accidentel d un guide péruvien et de son client japonais. Ils sont tombés en revenant du sommet du Huascaran dans l immense crevasse barrant la montagne. Défaut de vigilance du guide. Le porteur, au camp, les a vu tomber à environ 300m du camp. 2 expéditions de sauvetage vont essayer de retrouver le corps. C’est le choc à HUARAZ. Montagne maudite... c est le black out et les bretons qui arrivent auront bien du mal a avoir des renseignement objectifs.

 

On ne peut plus y aller : c est trop dangereux, ca ne passe plus, c est interdit... tout ça pour vous dire que le doute va nous  prendre plus d une fois jusqu a l idee d abandonner... et puis nous rencontrons un vieux guide péruvien en retraite qui tient un magasin de sport et chez qui nous acheterons nos pieux a neige. Il nous redonne confiance, dit que c est possible, qu une autre route est ouverte.. ca nous regonfle.
A Musho, en bas, lorsque nous louons nos mules, debarquent 10 alpinistes péruviens avec force materiel.. Sourires, sympathie, solidarité... Ils louent des mules aussi, et nous rattrapent qques heures après au camp de base. Max et l autre guide péruvien louchent sur nos pelles : En effet ils n’ont pour leur 7 jours a 6000m, pour fouiller dans la crevasse, que 3 pelles et quelques seaux. Imaginez descendre sur cordes fixes au fond  a 35/40m , remonter la neige seaux par seaux, en essayant de trouver un indice des 2 alpinistes. Ils nous demandent de prêter nos pelles..... Nous y ajouterons nos sondes à avalanches, dont ils connaissent peu le fonctionnement, c’est dire l’écart de moyens.
Inutile de dire que nous serons chouchoutés par les péruviens . Est-ce une chance ? Nous les retrouverons la haut, donc au camp 2, après leurs journées éprouvantes : 9 h dans la crevasse, 35 degrés sur la lèvre en plein soleil, et combien en négatif au fond de la crevasse . Max confiera a Bruno et Jean-Michel un plan de route pour le sommet, avec tous les passages delicats.

Mauvaise météo : Comme prévu par la meteo-internet il fait mauvais . Les nuages nombreux s’accumulent . Averses de neige ou de gresil. il fait froid on est enferme dans les tentes . encore le doute. De toute façon, à 5850m, on s’étiole a rien faire . Et puis l avion est dans 3 jours. Gerard qui n’a pas fait son plein de globules rouges et n’arrive pas en 3 semaines a s’acclimater décide de rester au camp. En effet, monter et caler condamnerait obligatoirement un des 4 autres à redescendre. Car il n est pas question de laisser un alpiniste seul a 6200 ou ailleurs surtout dans le brouillard et le mauvais temps. Bruno est guère mieux et verra s il dort.

ASCENSION : à 0h30 il fait ciel étoilé. On se prepare et demarrons a 1h30. Edwin le peruvien guide et ses clients Tom et Yon sont deja partis. Nous nous encordons a 50 m tous les 4, comme ça, si crevasse il y a, nous avons des chances qu’un seul y aille, sans entraner les autres. trace facile malgre les 2/3 cm de neige tombe, et puis les frontales d edwin et les drapeaux qui pistent la voie jusqu au sommet.

Et ça y est, l’énorme crevasse : Nous trouvons un pont ,que nous passons sans encombres, en prenant toutes les precautions possibles, et puis une autre et puis une autre. Nous sommes à 6000m pour la 3 eme fois du séjour. Puis l ascension commence.

Série de pentes a 40 degres, que nous montons en zigzag, corde tendue, puis traversée horizontale sous séracs non dangereux, puis crevasses et ça recommence.

6250m : Il est 4 h30, de plus en plus froid, et comme au Chopicalqui, nous butons sur la cordée Edwin Tom et Yon, qui vont moins vite. Il faut tenir dans ce froid.. Nouvel obstacle : une goulotte de 40m avec de la glace sur 8 m en 60/70. Jean-Michel s’en tire bien en tête avec les 2 piolets ,met des assurances avec les pieux à neig,e et on le suit facilement avec un seul piolet. Crevasse encore, traversée sous serac, et arrivée sur un plateau au lever du jour . Nous sommes environ à 6350. Il este 300m, les plus durs pour le souffle.

L’air est sec et le Pisco parait tout petit dans le lointain comme l’Alpamayyo, la Pyramide et  l’Astonrajaju.. Que dire du magnifique Chacrajaju, sans doute la montagne la plus impressionnante qui parait fichée comme du sucre candy.

SAUT DE CREVASSE
U
ne grande crevasse, bouchée de neige, barre le passage. Les ponts de neige sont insuffisants, là où des alpinistes sont passes auparavant . Il faudra sauter, mais sans savoir ou sont les bords de la crevasse. Nous sommes en tête, car avons doublé Edwin. Vincent décide d’y aller et, assuré par les autres, tentent le grand saut . C’est juste, et il dégagera ainsi les bords de la crevasse qui tombent dans un abîme. Nous le suivons en sautant . Un metre environ ...brrr

FINAL  C’est long. Le souffle est court,et ça enfonce. Jean-Michel et Bruno, les jeunes blaireaux du groupe, se relayent pour faire la trace. Edwin est plus loin derriere.. Nous suivons les drapeaux tous les 150 m.. Les nuages montent, mais desormais on y croit dur. 6600m : encore un effort, il reste 150m, patience, un pas puis un pas et c’est techniquement plus facile . ça y est on y est, mais non, encore un bombement .ça y est on y est, mais non encore un bombement .ça y est on y est mais non encore un nouveau bombement .

SOMMET  6768 m

Il est 8h45 et c’est le sommet . Nuage dispersé .Nous voyons bien les autres sommets de la cordillière, mais pour l’amazonie et le pacifique, c est plus juste. Poignees de mains, embrassades, drapeau breton, photos . Edwin, Tom et Yon nous rejoignent plus tard.C’ est la consécration des efforts de Dominique resté a Liffré avec son peroné cassé et de Jean-Michel.. C’est aussi le bagage legué par les 3 clubs bretons : expérience, solidarité, esprit de la montagne ...et puis Apu le dieu quetchua de la montagne y est peut-être pour qq chose…. Remerciement a tout ceux qui y ont cru (…) 

DESCENTE : Il  est temps, car la crevasse en bas doit commencer a chauffer... Facile au début , nous sautons allègrement la crevasse sautée à l aller. Descente de la goulotte pas si facile pour le premier . Pour ne pas laisser de matérie,l il me faudra 3 broches et 2 pieux pour la désescalader . Puis neige plus profonde, puis passage glacé. Rester concentré malgré la fatigue. On sait que c’est a la descente que c est le plus dangereux . Le premier qui tombe risque d’entraîner tous les autres. Alors on sort les pieux à neige, pour assurer même si on est épuisé, et sous une chaleur intense. Le beau temps est revenu . Au moins on se perdra pas dans le brouillard.

En bas, ça botte de plus en plus . Attention aux pas : Ne pas glisser en emportant les autres. Sur le plateau à 6000m, je suis étalé dans la neige, épuisé, sans énergie . Ma gourde mal fermée au départ m’a fait perdre 1 litre d eau, donc 750ml c est insuffisant. Les autres me boostent, et l’on aborde les grandes crevasses . Vincent, notre spécialiste, a retrouvé de l énergie . En fait, les ponts restent bons, et on franchit les 3 crevasses sans encombres, salués de loin par les sauveteurs au boulot. Ils ont bien compris que nous avons fait le cumbre, c’est à dire sommet. Accueil  par Gérard au camp de base .Edwin, Tom et Yon arrivent aussi . De nouvelles tentes se sont installées au camp de base : des allemands et des anglais . Echange d’expérience en langue tout azimut ...

 

Fatigue, sommeil, se nourrir boire .nous finirons ainsi l’après-midi

Le soir, nous decidons de laisse les pelles et les sondes aux sauveteurs. C’est cadeau des francais. Ils sont ravis et Max nous apprend qu ils ont peut-être un indice : un bout de corde ... nous n’en saurons pas plus.

Beau coucher de soleil. Sommeil agité à 5850m. Nous descendrons demain matin .

RETOUR

ca se fera sans encombre avec des précautions pour les crevasses . En 4 h, arrivée au refuge Huascaran à 4675m, où nous degustons coca ou mate de coca et tortilla et patatas fritas et soupe. ça fait du bien.

Il reste 1600 m pour le village . En tout 2820 m de descente .Quels fous.... Vincent et moi revenons par le camp de base a travers les dalles, car je tiens a récuperer nos ordures que nous avons planquées. Les autres rentrent direct par un chemin plus court.

Dernière heure de descente. Le sac est lourd. On a mal dans la poitrine, les jambes sont automatiques et la tête vide. Heureusement on sort du bois d’eucalyptus, et on rejoint les villages . Ici un énorme cochon attaché par le cou, ici un champ retourné avec des brulis tous les 10 m , engrais. Ici des brebis et leurs petits dans un enclos pour la nuit. Ici des péruviennes en costume traditionnel qui plantent une des 200 espèces de patates du Pérou, a la main, à l’ancienne.  Ici des boeufs et des araires retournent la terre.

A Musho nous ne trouvons pas de taxi. Un prof d’espagnol et de quetchua nous conduira a la ville en se prenant pour Alain Prost . A 6 dans la Toyota, plus les sacs, on croit notre dernière heure arrivée à chaque virage. Décidement c est plus dangereux que la montagne.

A Huaraz, siffllé par les flics, il refuse d obtempérer, se fait rattraper par la moto, et verbaliser pour trop de monde dans l’auto. On le laisse repartir avec tout ce monde. Sympa !
 On lui paiera son amende . Bruno par la portière de gauche et Jean-Michel par la portière de droite. Autremeent dit, on lui rembourse 2 fois son amende...quelle histoire.

Merci a tous de m’avoir supporté dans les bavardages. Merci aux clubs de leur soutien et de l’expérience acquise. Chaude expérience humaine et d’aventure.

A bientôt.  Jean Eudes

Retour_Page Accueil