octobre 98 : l'actualité calédonienne
la Lettre Calédonienne : octobre 1 998
Jeudi 01/10/98
Politique : dans un entretien à l'hebdomadaire "les Nouvelles Hebdo", c’est la 
première fois que Jacques LAFLEUR s’exprimait depuis le 19 septembre, date de la 
fin des discussions sur l’avant projet de loi organique : “Nous avons travaillé à une 
solution qui soit meilleure que les Accords de Matignon”. Il l’a fait sur RRB en 
s’attachant à traduire l’esprit de l’accord de Nouméa, le sens de sa signature, la 
nature et la portée du référendum. Le sentiment fort, au sortir de cette interview, c’est 
que la campagne référendaire est ouverte, qu’un certain nombre de responsables 
politiques ont travaillé pour proposer une solution d’avenir au Territoire, et que 
chaque Calédonien va se retrouver le 8 novembre face à un choix et une 
responsabilité individuelle pour décider d’un destin collectif.
Social : la situation est toujours bloquée au troisième jour de la grève à RFO 
Nouvelle Calédonie, entraînant l'arrêt de toute diffusion radio ou télévisée. Ce matin, 
la première réunion entre la direction et l'intersyndicale FO, CGT et USTKE qui mène 
le mouvement, a tourné court. Wallès KOTRA, le directeur régional, a en effet levé la 
séance devant le refus de ses interlocuteurs, qui bloquent l'accès à la station depuis 
mardi, de laisser passer les chefs de service et de diffuser un programme minimum.

WALLIS ET FUTUNA
Politique : Robert LAUFOAULU veut faire bouger les choses. Sollicité pour être 
candidat, ce directeur du tout puissant enseignement catholique de Wallis et Futuna 
avait trouvé l'idée “farfelue” mais il a finalement accepté à la demande du jeune 
député RPR Victor BRIAL, même s'il se définit comme “sans étiquette”. Mais il 
prévient : “Cela n'exclut pas, à terme, l'appartenance à un groupe du Sénat, si je 
trouve quelque part des oreilles plus attentives pour faire avancer les choses”. Le 
sénateur entend également participer aux futures discussions sur “l'accord 
particulier” qui régira bientôt les relations entre la Nouvelle Calédonie et Wallis et 
Futuna.

VENDREDI 02/10/98
Politique : l'hebdomadaire "le Point" se demande quel sera le score du non lors du 
référendum du 8 novembre prochain ? Si le oui doit l'emporter, le non progresse 
dans l’électorat européen du grand Nouméa où trois petits partis anti - 
indépendantistes font campagne pour le non : le Front National, le Mouvement Pour 
la France et Une Nouvelle Calédonie pour Tous, qui comptent ensemble 7 élus sur 
54 au Congrès du territoire. Mais leurs analyses séduisent : ils dénoncent le trop 
grand secret qui a présidé aux négociations, le manque de contre-pouvoirs dans les 
futures institutions calédoniennes ou “la marche quasi inéluctable vers 
l'indépendance”, concédée par le RPCR au FLNKS, “avec la bénédiction de l’État 
français”.
Social : aucune issue dans le conflit qui paralyse RFO Nouvelle Calédonie. Wallès 
KOTRA demande toujours la levée du barrage bloquant l'accès à la station avant 
toute discussion. L'intersyndicale FO, CGT et USTKE dénonce son "refus de 
négocier". Les grévistes ont élargi le champ de leurs critiques : dans un nouveau 
tract, ils dénoncent le plan de Jean Marie CAVADA, président de la chaîne, qui, 
selon eux, “veut éclater la société en 9 télés indépendantes contrairement à la 
politique gouvernementale de rapprochement des sociétés. Nous ne voulons pas 
devenir le reflet d'un parti politique. Plus grande autonomie de fonctionnement, oui, 
subordination, non”, conclut l'intersyndicale, qui voit dans la situation à Nouméa la 
confirmation de “la politique de démantèlement du service public au profit du privé”.
Canal Calédonie enregistre quatre à cinq fois plus d’abonnements.
Le SLUA multiplie les menaces de blocage : qu’il s’agisse du port de Nouméa, de la 
mairie de Dumbéa, du groupe PENTECOST ou de RFO, le syndicat de Rosine 
STREETER, qui se dit “excédé par les magouilles”, menace de recourir à des 
“actions” pour faire valoir les droits de ses adhérents.
Tourisme : lors de sa 13 ème participation au Salon TOP RESA, le territoire confirme 
sa destination sur le marché métro. La Nouvelle Calédonie a tenu une fois de plus 
une place de choix, d’autant que cette année, le Caillou tenait salon en compagnie 
de la Polynésie Française. Outre la présence du GIE Destination Tourisme, le Caillou 
était représenté par de nombreux professionnels locaux avec en prime une grande 
première : l’arrivée de l’ADIL, l'Association pour le Développement des Îles Loyauté 
qui a d'ailleurs fait une entrée très remarquée. Dans un entretien au quotidien les 
Nouvelles Calédoniennes, Gaby BRIAULT, le directeur du GIE Destination Tourisme 
estime que “la destination est bel et bien intégrée dans la grande famille du voyage 
et du tourisme”.

POLYNÉSIE FRANÇAISE
Politique : le président du Tavini Huiraatira va se rendre à Paris avec une délégation 
de son parti. Cette démarche nouvelle, le leader indépendantiste n’ayant jamais 
voulu rencontrer les plus hautes instances de la République pour les raisons 
idéologiques que l’on connaît, pourrait correspondre à un changement de stratégie 
politique dans le contexte nouveau néo-calédonien.
Social : la création d’un service du travail territorial n’a pas rencontré la totale 
adhésion de l’État. En effet, le haut commissaire a déposé une requête auprès du 
tribunal administratif pour demander l’annulation de la délibération de l’assemblée 
territoriale créant ce service.

Lundi 05/10/98
Politique : le Rassemblement Démocratique Océanien, qui entend défendre les 
intérêts de la communauté wallisienne et futunienne vivant sur le territoire et qui a 
intégré cette année le FLNKS, appelle à voter "oui" au référendum du 8 novembre. 
Avec une réelle volonté de “participer à la dynamique de construction du pays”, le 
RDO estime en effet que l'accord de Nouméa "jette les bases d'une citoyenneté 
calédonienne, ciment d'un peuple multiracial en devenir". Les Futuniens et 
Wallisiens, arrivés sur le Caillou dans les années 50 et 60, forment aujourd'hui une 
communauté de 18 000 personnes (09% de la population), soit 3 000 de plus qu'à 
Wallis et Futuna, ayant conservé une foi catholique très vive et des structures 
sociales traditionnelles fortes. Longtemps les votes de cette communauté ont été 
totalement acquis au RPCR par réflexe anti - indépendantiste. Créé en 1994 pour 
lutter contre cette "dépendance", le RDO a cherché à renverser l'image des 
Wallisiens, "gros bras" des milices anti-indépendantistes lors des affrontements 
politiques des années 80. Il s'est progressivement rapproché du FLNKS, dont il est 
devenu une composante officielle en février dernier, estimant que Wallisiens et 
Kanaks partageaient les mêmes valeurs et la même culture, et devaient apprendre à 
vivre ensemble.
Social : toujours aucun programme radio et télé à RFO. Aucune avancée du conflit 
ne s'est produite : la direction régionale continue à exiger la levée des barrages et la 
diffusion d'un programme minimum avant toute négociation. L'intersyndicale FO, 
CGT et USTKE, à l'origine du conflit, refuse. Les grévistes campent jour et nuit 
devant la station et au fil des jours, leurs revendications se sont concentrées sur la 
personne du directeur régional Wallès KOTRA, dont ils dénoncent la gestion et qu'ils 
ont qualifié de "dictateur régional". Ils ont demandé à leur direction nationale "la 
venue rapide d'un interlocuteur de Paris" pour débloquer la situation. Pour sa part, 
Wallès KOTRA s'explique dans une lettre ouverte aux téléspectateurs et auditeurs : 
"Votre télévision et votre radio vous ont faussé compagnie. Les grilles de RFO sont 
bloquées par une trentaine de grévistes soit environ 25 % du personnel", explique-t-
il, avant de rappeler qu'il demande en préalable à toute négociation l'ouverture des 
portes et la diffusion d'un programme minimum, au nom de la mission de service 
public "plusieurs fois affirmée par le président Jean Marie CAVADA".
Faits Divers : même si le calme est revenu après les violents incidents qu’a connus la 
tribu de Mucaweng, à Lifou, l’inquiétude reste grande quant au sort de l’instituteur 
Richard WAMIGNA qui reste toujours introuvable. La journée a été consacrée à des 
réunions entre le grand chef SIHAZÉ, les coutumiers de Mucaweng, les autorités 
administratives et la gendarmerie.

Mardi 06/10 /98
Politique : la commission de contrôle de l'organisation et du déroulement du 
référendum du 8 novembre est arrivée sur le territoire. Elle devra d'abord veiller à la 
régularité de la mise au point des listes électorales, puis superviser la campagne 
électorale et veiller au bon déroulement du scrutin, avec l'aide de délégués. Enfin la 
commission proclamera officiellement les résultats, au plus tard le 9 novembre. Par 
ailleurs, deux membres du Conseil Supérieur de l'Audiovisuel sont attendus dans les 
prochains jours pour veiller à la bonne marche de la campagne électorale radio et 
télévisée.
Le conseil municipal de Saint Martin d'Hères a décidé à l'unanimité de récupérer la 
plaque de la rue Jean Marie TJIBAOU, débaptisée par le Front national à Vitrolles 
(Bouches du Rhône). La plaque "en exil", apportée par une représentante de 
l'association "Commune libre de Vitrolles en exil", sera accrochée dans la salle du 
conseil municipal. Cette commune de l'Isère a pris la décision à l'unanimité des 33 
conseillers municipaux présents ou représentés. Deux membres de l'opposition ont 
voté avec la majorité PCF-PS et la ville va par ailleurs baptiser du nom de Jean 
Marie TJIBAOU une nouvelle rue dans un lotissement récent. La décision a été votée 
en présence de son fils Jean Philippe. 
Social : déjà une semaine les Calédoniens sont privés de programmes radio et 
télévisés et les perspectives d'un règlement semblent minces. Le SNJ local et les 
sections journalistes de FO et de la CGT ont apporté aujourd'hui leur soutien à 
l'intersyndicale, après avoir constaté "la volonté affichée de la direction régionale de 
RFO de laisser pourrir" le conflit. Enfin l'inter-syndicale nationale CFTC, CSA et FO 
indique "qu'elle se voit contrainte d'appeler à un débrayage général de solidarité aux 
collègues de Nouméa" à partir d'aujourd'hui. Le directeur régional Wallès KOTRA a 
assuré les non-grévistes réunis à côté de la station, et qui sont majoritaires, que sa 
position "est la même que celle de RFO Paris : sérénité et fermeté sur l'essentiel". Il 
demande toujours la levée du barrage et la diffusion d'un programme minimum avant 
toute discussion. Le bureau politique du FLNKS "demande instamment aux 
partenaires concernés de trouver une solution à ce conflit qui perdure", à un mois du 
référendum sur l'avenir du Territoire prévu le 8 novembre, et ce au nom du "droit à 
l'information de tous les citoyens".
Défense : les jeunes ont répondu 5 sur 5 à la première des Journées d’appel de 
préparation à la Défense. Les cinquante "appelés" étaient présents au rendez-vous, 
ce qui représente un premier succès pour la mise en marche du “Parcours citoyen” 
sur le Territoire.

Mercredi 07/10/98
Politique : Roch WAMYTAN est à New York où il doit intervenir pour la Nouvelle 
Calédonie auprès du comité de décolonisation. Le président du FLNKS, qui 
s'exprimera sur la situation du Territoire et donnera notamment des informations 
relatives aux accords de Nouméa.
Le Haut Commissariat a rendu public l’avant-projet de loi organique relatif à l'avenir 
du territoire, à un mois du référendum sur l’avenir institutionnel. Ses 261 articles 
traduisent juridiquement dans le détail l’accord politique signé en mai dernier. 
Dominique BUR a précisé que 180 “décideurs”, dont les 54 élus du Congrès du 
Territoire, recevraient le texte. Le principal changement par rapport à l’accord semble 
porter sur l’accession à la pleine souveraineté à partir de 2 014. L’avant-projet fait 
état de la possible tenue d’un second référendum si, la première fois, une majorité se 
prononce contre. L’accord de Nouméa prévoyait la possibilité de trois référendums 
successifs.
Faits divers : François BURCK a été grièvement blessé dans un accident à Moindou.

POLYNÉSIE FRANÇAISE
Politique : une rencontre entre Jean Jack QUEYRANNE et Gaston FLOSSE a 
finalisé les négociations sur l’autonomie accrue du Territoire. La révision 
constitutionnelle la permettant est acquise. L'aménagement de la loi organique 
s’étalera dans le temps. "Aujourd'hui l'accord existe sur le contenu de ce statut 
d'autonomie", a déclaré le secrétaire d'État à l'Outre Mer à l'issue d'une séance de 
travail avec le président du gouvernement polynésien. La modification du statut de la 
Polynésie Française, qui possède déjà une très large autonomie, fera l'objet d'une 
réforme de la Constitution, qui devrait être votée par le Congrès en même temps que 
la réforme prévue en vue de la ratification du traité d'Amsterdam. "Nous aurons en 
Polynésie une assemblée qui va voter des lois, a pour sa part précisé Gaston 
FLOSSE, nous aurons la citoyenneté polynésienne et la compétence dans le 
domaine international sera renforcée". Le nouveau sénateur a souligné que "la 
démarche n'est pas du tout la même que pour la Nouvelle Calédonie, que l'on 
prépare à une éventuelle indépendance. Nous, nous restons au sein de la 
République, il n'est pas question de référendum dans 15 ans, dans 20 ans ”.

Jeudi 08/10/98
Social : une amorce de dialogue a eu lieu à RFO. Le président de RFO Jean Marie 
CAVADA a demandé au directeur régional de conduire "des discussions autour de 
points consignés dans une proposition de protocole", avec l'aide éventuelle d'un 
médiateur. Une courte réunion a ensuite eu lieu entre Wallès KOTRA et 
l'intersyndicale. Le premier a présenté le protocole d'accord suivant : l'intersyndicale 
s'engage à lever son barrage, trois des revendications portant sur les salaires, une 
intégration et un reclassement sont acceptées par RFO, et une vingtaine de points 
couvrant l'ensemble du fonctionnement et du futur de la station sont discutés 
immédiatement après cette première étape. Parmi ces points, figure le statut de RFO 
Nouvelle Calédonie dans les institutions de l'archipel devant se mettre en place en 
1999, et le futur statut de RFO dans France Télévision.
Politique : l'avant-projet de loi organique rendu public confirme le caractère original 
d'institutions conçues pour lui permettre d'évoluer dans la stabilité, a souligné le 
secrétaire d'État à l'Outre Mer. Le 8 novembre, les quelque 104000 électeurs qui 
résident sur le Caillou depuis au moins dix ans seront invités à approuver l'accord 
signé le 5 mai à Nouméa. "Il sera approuvé, je le souhaite, largement", a déclaré 
Jean Jack QUEYRANNE qui a reconnu "qu'il y a toujours un risque" dans un 
référendum, mais a assuré "avoir confiance dans le vote des Calédoniens ”, parce 
que l'accord de Nouméa et le projet de loi, "ouvrent une perspective de stabilité pour 
20 ans ”. Une innovation concerne l'exécutif : un gouvernement de 5 à 11 membres 
élus à la proportionnelle au scrutin de liste par le Congrès qui élira à son tour un 
président. Le gouvernement fonctionnera de manière "collégiale et solidaire".

POLYNÉSIE FRANÇAISE
Politique : Émile VERNAUDON a affirmé sa volonté de participer à l'élaboration du 
projet de réforme du statut du Territoire. À l'issue d'un entretien avec Jean Jack 
QUEYRANNE, il a déclaré qu'il fallait "rediscuter et revoir" le projet mis au point par 
le ministère et par Gaston FLOSSE. "Le ministre m'a rassuré", a déclaré le député-
maire de Mahina et président du Ai'a Api (la Nouvelle Voie), deuxième composante 
de la majorité territoriale. Il a fait part de son intention de revenir à Paris avec "une 
délégation plus représentative", après consultations avec deux comités de réflexion, 
formés de représentants du Ai'a Api et du parti indépendantiste Tavini Huiraatira. 
Émile VERNAUDON s'est insurgé contre la volonté manifestée, selon lui, par Gaston 
FLOSSE de vouloir tout régler tout seul. "On existe", s'est-il exclamé, en critiquant le 
fait que Gaston FLOSSE soit à la fois président du gouvernement, ministre, sénateur 
et maire de Piraé.

Vendredi 09/10/98
Social : Jacques MICHAUT, secrétaire général adjoint du Territoire, a été nommé 
médiateur pour trouver une issue au conflit qui bloque RFO depuis onze jours. Il 
devait entamer des discussions avec la direction de RFO et l'intersyndicale FO, CGT 
et USTKE qui bloque l'accès à la station depuis le 29 septembre. Aucune avancée 
n'avait eu lieu depuis le début du conflit où Wallès KOTRA, directeur régional, 
demandant la levée du barrage et la diffusion d'un programme minimum avant toute 
discussion, les grévistes demandant l'inverse. L'appel à un médiateur avait été 
suggéré par Jean Marie CAVADA. Jacques MICHAUT, dont la nomination a été 
proposée par Dominique BUR, a réglé avec succès ces dernières années plusieurs 
conflits sociaux délicats sur le Territoire.
Politique : la campagne pour le référendum attirera quelques personnalités politiques 
sur le territoire. Les déplacements de deux anciens ministres sont déjà annoncés : 
Catherine TASCA (PS), présidente de la Commission des Lois de l'Assemblée 
nationale et Nicolas SARKOZY, député-maire RPR de Neuilly sur Seine.
Un "comité pour la citoyenneté" qui entend, dans un premier temps, faire campagne 
pour le oui au référendum du 8 novembre s'est officiellement constitué à Nouméa. 
"Les partis s'arrêtent au seul volet politique des accords de Nouméa que les 
Calédoniens sont appelés à ratifier le 8 novembre. Nous souhaitons, au-delà, faire se 
rencontrer les gens dans une société nouvelle, alors que pendant trop longtemps, 
tout a été conçu selon l'appartenance à une communauté ethnique", explique Macate 
WENEHOUA, président de l'association. L'accord de Nouméa est pour lui "un acte 
fondateur" mais il reste sceptique devant "la politique des blocs" du RPCR et du 
FLNKS. Seul Kanak diplômé en architecture, Macate WENEHOUA, actuellement 
directeur de cabinet du président de la Province des Iles Loyauté Nidoish 
NAISSELINE, entend "construire le pays futur sur la base de la compréhension et du 
partage mutuels".
Justice : un capitaine de police accusé de violences volontaires sur un jeune homme 
de 17 ans dont il avait éclaté un testicule d'un coup de genou au cours de son 
audition, a été condamné à 4 400 F métropolitains d'amende par le tribunal 
correctionnel de Nouméa. Le Procureur de la République avait classé l'affaire sans 
suite. Dans le passé, d'autres plaintes pour violences dans l'exercice de ses 
fonctions contre l'officier avaient également été classées mais cette fois-ci, la plainte 
de la mère de la victime devant le doyen des juges d'instruction avait enlevé au 
Parquet la possibilité d'un nouveau classement sans suite.

Tourisme : très remarquée à Top Résa, les Îles Loyauté partent à l’assaut du marché 
métropolitain. Coup d’essai, coup de maître pour le GIE Destination îles Loyauté qui 
a frappé à la bonne porte en faisant salon à Deauville, c’est à dire là où il convient 
d’être présent dès l’instant où l’on entre dans l’univers du tourisme.

POLYNÉSIE FRANÇAISE
Économie : la Commission Européenne a engagé une procédure à l'encontre de la 
France pour une aide d'État accordée à une entreprise souhaitant acheter des 
paquebots pour développer le tourisme en Polynésie Française. L'aide, accordée 
sous forme d'un avantage fiscal consenti aux entreprises qui investissent dans le 
territoire, avait été notifiée aux services de Karel VAN MIERT, en février dernier. 
L'entreprise est Renaissance Financial, filiale de l'entreprise américaine Renaissance 
Cruise RF, basée à Paris, a été spécialement créée en 1997 dans le but d'acquérir et 
d'exploiter deux paquebots des Chantiers de l'Atlantique d'une capacité de 350 
cabines chacun. La procédure ouverte par les services du commissaire européen à 
la concurrence ne préjuge en rien d'une décision négative de la Commission sur ce 
cas. Elle signifie que ces services souhaitent obtenir des informations 
complémentaires pour pouvoir juger de la légalité de l'aide au regard de la législation 
de l'UE.
Politique : l’évolution statutaire de la Polynésie Française, qui se dessine à Paris 
actuellement, inquiète le conseiller-maire de Arué. Boris LÉONTIEFF y voit une 
“glissade” vers l’indépendance et un “largage” par la France.

Samedi 10/10/98
Faits divers : Richard WAMINYA, l'instituteur porté disparu le 4 octobre dernier après 
un violent conflit entre clans à la tribu de Nutchaweng, sur l’île de Lifou, a été 
retrouvé “fatigué mais sain et sauf”. Une enquête est toujours en cours sur le conflit, 
dont l’origine pourrait être l’appartenance de certains membres de la tribu aux 
témoins de Jéhovah.

Dimanche 11/10/98
Social : la télé reprend, mais avec un service minimum. Paralysée par la grève de 
l’intersyndicale FO, CGT et USTKE, RFO reprend du service, avec la signature d’un 
protocole d’accord mais les non - grévistes contre-attaquent.
Culture : le Salon du Livre de l'Outre Mer a permis, pour la cinquième année 
consécutive, de rappeler aux métropolitains la richesse de la littérature ultramarine, 
et de révéler le dynamisme d'une nouvelle génération d'éditeurs. Plusieurs d'entre 
eux étaient venus de la Caraïbe et d'Océanie présenter des dizaines de titres publiés 
ces dernières années, du livre pour enfants aux encyclopédies historiques ou 
zoologiques en passant par les livres de cuisine créole.
Politique : les partis politiques se mobilisent pour le référendum. Une délégation du 
Parti Socialiste sera du 21 au 26 octobre sur le territoire où elle s’emploiera à 
convaincre les Calédoniens que les accords signés sont un gage de stabilité pour au 
moins 20 ans. La délégation du PS sera composée de Bernard GRASSET, député 
de Charente Maritime et ancien Haut Commissaire, Jean François MERLE, délégué 
national chargé de l’Outre Mer au PS, et Philippe BASSINET, responsable national 
chargé des élections au PS. Elle se rendra ensuite à Wallis et Futuna, puis de 
nouveau en Nouvelle Calédonie du 29 au 30 octobre. La présidente de la 
Commission des Lois à l'Assemblée Nationale, Catherine TASCA, effectuera pour sa 
part une mission sur le Territoire du 19 au 21 octobre. Pour le RPR, c’est son 
secrétaire général, Nicolas SARKOZY, qui ira faire campagne, à des dates qui n’ont 
pas encore été précisées. Le Front National enfin, qui a pris position pour le non au 
référendum, a décidé également d’envoyer une délégation, qui comprendra 
notamment Huguette FATNA, sa secrétaire nationale aux DOM TOM d’origine 
martiniquaise.
À la demande du RPCR et du FLNKS, le gouvernement a rendu public l’avant projet 
de loi organique avant le référendum du 8 novembre. Ce texte, qui accorde une large 
autonomie au Territoire, ne semble susciter l’opposition que du Mouvement Pour la 
France et du Front National. 
Social : une nouvelle grève a commencé à RFO, menée cette fois par une autre 
intersyndicale qui entend, elle, laisser diffuser un programme minimum. 
L'intersyndicale USOENC - CFDT - CGC a en effet entamé son mouvement pour 
protester contre les conditions dans lesquelles la station a été bloquée pendant 13 
jours par des grévistes minoritaires, qu'elle assimile à un “mépris total des 
téléspectateurs”. Elle entend également dénoncer “l'attitude inadmissible de la tutelle 
de l'État qui, par l'intermédiaire du Haut Commissariat, a totalement faussé le jeu des 
négociations en imposant à la direction le cahier de revendications des grévistes”. 
Ces derniers ont signé dimanche avec le directeur régional Wallès KOTRA, sous 
l'égide du secrétaire général adjoint du Territoire, Jacques MICHAUT, nommé 
médiateur, un protocole d'accord en 22 points qui satisfait la plupart de leurs 
revendications. Les six principaux collaborateurs de Wallès KOTRA avaient présenté 
collectivement leur démission la veille, estimant que “les conditions de reprise du 
travail imposées à la station par la tutelle ne permettaient plus l'exercice normal de la 
gestion de l'entreprise”. De son côté, le personnel non syndiqué de la station, 
“choqué par la longue grève qui vient de secouer RFO Nouvelle Calédonie et par les 
conditions de son dénouement” s'est constitué en collectif.
En radio, un programme minimum, qui se traduit par la diffusion de France Inter sur 
le réseau RFO Radio, a été mis en place. Le directeur général de RFO Maxime 
LEFEBVRE, arrivera lundi matin de Paris, et doit rencontrer les deux intersyndicales 
à tour de rôle, ainsi que le “collectif de non-syndiqués”. Ce dernier demande, 
notamment, pour l’avenir, le libre accès à l’entreprise et la garantie de diffusion de 
programmes en toutes circonstances, ainsi que la garantie de l’indépendance de la 
mission de service public de RFO.

Lundi 12/10/98
Politique : la commission exécutive de l’Union Calédonienne a estimé que le 
projet de loi organique ne respectait pas certaines dispositions essentielles de 
l’accord de Nouméa et "invite le gouvernement à revoir sa copie” de l'avant-
projet de loi organique. Bernard LEPEU a toutefois assuré que “l'UC, 
signataire au travers du FLNKS de cet accord, ferait campagne et invitait ses 
militants à accentuer la mobilisation afin qu'un oui massif soit recueilli” au 
référendum mais il a prévenu que “la loi organique doit traduire fidèlement 
l'accord avant sa transmission au Parlement français”. Pour le président de 
l'UC, les points à revoir sont notamment la citoyenneté, le corps électoral, le 
mécanisme de sortie de la période de 15 à 20 ans et les futurs signes 
identitaires du territoire.
Social : à son arrivée sur le Territoire, le directeur général de RFO, Maxime 
LEFÈBVRE, ne s’attendait certainement pas à trouver une situation aussi 
confuse. On croyait la grève terminée, elle a en réalité changé de bord. En 
clair, le personnel de la station est aujourd’hui scindé en trois groupes : 
l’intersyndicale USOENC-CFDT-CGC, Soutenue par la SLUA, en grève ; puis 
l’intersyndicale USTKE - SNFORT - SNRT-CGT et SNJ, ex-gréviste désormais 
non gréviste ; et enfin le collectif des non grévistes et non syndiqués, qui 
voudrait simplement pouvoir reprendre le travail.

WALLIS ET FUTUNA
Social : Jean Claude ARGENTIN, le directeur de RFO Wallis et Futuna, qui 
devait prendre ses fonctions le 01 octobre dernier, est toujours “interdit de 
séjour” dans sa station par la quasi-totalité du personnel local qui refuse sa 
nomination.

Mardi 13/10/98
Politique : Roch WAMYTAN s’est longuement expliqué sur les accords de 
Nouméa devant la commission de l’ONU chargée des problèmes de 
décolonisation. Le président du FLNKS a souhaité que l’ONU  maintienne sa 
vigilance sur le processus en cours et que la France “puisse enfin autoriser 
une mission de l’ONU à visiter la Nouvelle Calédonie au moment de la mise 
en œuvre du dispositif issu des accords de Nouméa, mi 1999”.
Social : la programmation radio et télévisée normale a reprendra mercredi 
matin à RFO, après la signature d'un accord cette nuit entre la direction 
régionale et l'intersyndicale en grève. Cet accord d'établissement, signé en 
présence Maxime LEFÈBVRE, porte notamment sur des reclassements et 
intégrations, mais comprend également un code de bonne conduite par lequel 
les signataires s'engagent à proscrire dans le futur toute grève avec écran noir 
et radio muette, et toute entrave à la liberté des non-grévistes. L'intersyndicale 
signataire est composée de l'USOENC-CFDT et de la CGC, auxquelles s'était 
joint le Syndicat Libre Unité et Action. Une autre intersyndicale, composée de 
la CGT, de FO et de l'USTKE avait signé un accord dimanche, à l'issue d'une 
grève de treize jours qui avait empêché toute diffusion radio et télévisée. Le 
directeur général de RFO s'attache à désamorcer les fortes tensions entre les 
deux intersyndicales, qui se sont livrées à une guerre de communiqués ces 
derniers jours. Une rencontre avec l'ensemble des personnels est prévue jeudi 
matin.

Mercredi 14/10/98
Politique : neuf partis sont habilités à participer à la campagne électorale pour 
le référendum du 8 novembre, a indiqué la commission de contrôle de 
l'organisation et du déroulement de la consultation. Tous ces partis comptent 
un ou plusieurs élus au Congrès du Territoire.
Social : tout était rentré dans l’ordre à RFO. Les programmes avaient repris 
leurs cours et tout le monde était content … sauf l’inter-syndicale USTKE / 
CGT / FO / CSA / JO qui a déposé un nouveau préavis de grève pour 
dimanche et opéré un débrayage de 55 minutes ce soir, à l’heure du journal, 
en signe d’avertissement.

POLYNÉSIE FRANÇAISE
Politique : Gaston FLOSSE a précisé que l’Assemblée de Polynésie Française 
donnera son avis sur le projet de loi constitutionnelle élargissant l’autonomie 
du Territoire. L’Assemblée pourra aussi voter des lois de pays soumises au 
seul contrôle du conseil constitutionnel. Le président du gouvernement a 
estimé que “la Polynésie se gouvernera librement au sein de la République au 
lieu de s'administrer”. Concernant la citoyenneté Polynésienne, elle sera 
octroyée “dans le cadre de la nationalité française, que nous garderons 
comme le bien précieux qu’elle est…” aux métropolitains résidant sur le 
territoire ou aux personnes ayant leur centre d'intérêt ou des liens familiaux en 
Polynésie Française. Elle sera attribuée automatiquement aux enfants nés sur 
le Territoire.

Jeudi 15/10/98
Politique : la 22 ème assemblée de la Province des Îles n'a pu siéger, faute de 
quorum.
Dans un entretien à l'hebdomadaire les Nouvelles Hebdo, Bernard 
DELADRIÈRE, adjoint au maire de Nouméa, estime que l'avant projet de loi 
organique “est un texte d’équilibre, un texte de réconciliation et c’est un texte 
qui nous permettra de rester pendant au moins vingt ans – en fait, tant que 
nous le souhaiterons – dans la République Française, en paix et dans la 
stabilité”.
Social : toujours dans les Nouvelles Hebdo, Jacques LAFLEUR juge la grève 
à RFO  d' “inacceptable ! C’est l’attitude de l’USTKE qui doit être condamnée 
et il faut que ce type de pratiques cesse, c’est du véritable terrorisme. Ces 
comportements ne peuvent plus avoir cours. Ils ne s’inscrivent absolument 
pas dans l’esprit de l’Accord de Nouméa.”

Vendredi 16/10/98
Économie : Mobilis, le téléphone portable calédonien, atteint les 10 000 
abonnés. Cette année, 200 millions CFP ont été consacrés au développement 
sur la côte Est -terminé ce mois ci- et aux Loyauté -fin novembre-. Avec 400 
millions CFP prévu en 1 999, l'OPT va étendre la zone de couverture du GSM 
et renforcer ses commutateurs afin d'atteindre les 22 000 abonnés au 01 
janvier 2 000. Un accord de partenariat devrait être signé pour la fin de l'année 
avec Itinéris et SFR.
Politique : les commissions administratives ont établi les listes des électeurs 
admis à participer au référendum du 08 novembre dont 33 223 Nouméens. 
Les listes ont été affichées dans les mairies du territoire et les recours peuvent 
être déposés devant les juges de première instance de Koné, Lifou ou 
Nouméa, au plus tard le 20 octobre.
L'UNCT appelle à voter non au aux accords de Nouméa. Didier LEROUX 
dénonce le déficit de démocratie et l'impression que ces accords ne peuvent 
plus être modifiés. Il ajoute que “ce n'est pas un non de refus d'un accord, 
mais de refus de cet accord et des dispositions qu'il nous prépare, c'est à dire 
une future république bannière”. Il précise que si le non l'emporte, cela ne veut 
pas dire que les Calédoniens sont contre les accords, mais contre certaines 
de ces dispositions.

Samedi 17/10/98
Politique : à la CPS, Renouveau organise un forum sur l'avant projet de loi 
organique. Thierry VALET entend informer les Calédoniens et répondre à 
leurs interrogations.

POLYNÉSIE FRANÇAISE
Politique : les 9 et 10 novembre prochains, un important colloque à l'université 
traitera de l’identité, de la nationalité et de la citoyenneté dans les TOM. Il sera 
longuement question de la Polynésie Française à un tournant de son avenir 
institutionnel : citoyenneté,  identité et nationalité
En demandant l’annulation de la délibération qui crée le Groupement 
d’Interventions de la Polynésie Française, l’État entend réaffirmer sa 
compétence dans le domaine du maintien de l’ordre, alors que le territoire, 
pour sa part, soutient que “les missions de gardiennage de son domaine 
public ou privé constituent des actes de gestion et non de police”. Le tribunal 
administratif décidera mardi 27 octobre.

Dimanche 18/10/98
Économie : dans une conjoncture déprimée, face à une concurrence 
internationale rude voire sauvage, et confrontée à une crise conjoncturelle 
aggravée par certains facteurs, la SLN va réduire sa production et réduire ses 
coûts de 15 % et n'aura pas  produit plus de 57 500 tonnes de nickel cette 
année, pour une capacité de 63 000.
Politique : la Fédération des Comités de Coordination des Indépendantistes 
entend poursuivre un travail de rénovation de la classe politique. La FCCI 
estime que les mentalités doivent évoluer et l'ouverture aux autres 
communautés doit désormais l'emporter sur la logique du combat car, d'une 
part, nous sommes faits pour vivre ensembles, et d'autre part, nous devons 
cesser le procès du colonialisme. La FCCI prône le oui au référendum car les 
accords donnent les moyens pour qu'il y ait un pays viable et c'est donc un 
immense espoir pour toute la population.

Lundi 19/10/98
Politique : la campagne électorale officielle pour le référendum du 8 novembre 
est ouverte et 107 462 électeurs seront appelés à voter. Composée de quatre 
magistrats, une “commission de contrôle de l'organisation et du déroulement 
de la consultation” veille à la régularité de la mise au point des listes 
électorales et supervise la campagne électorale. Elle veillera également au 
bon déroulement du scrutin, avec l'aide d'une trentaine de délégués.
L'organisation du référendum est prête. Les copies des accords de Nouméa 
qui seront distribuées au publique, les bulletins de vote, les affiches -600 
exemplaires par parti-, les circulaires et les brochures des différents partis ont 
été regroupées à l'ancienne salle des douanes 
Social : “les conditions d'une normalisation de la situation sont réunies à RFO”, 
a estimé le directeur général de la chaîne Maxime LEFÈBVRE. L'ensemble 
des reclassements obtenus par les grévistes représente pour RFO un surcoût 
d'environ 3 millions métropolitains par an. Il a précisé que le budget annuel de 
RFO Nouvelle Calédonie, qui s'élève à 71.5 millions, “va évoluer normalement, 
comme celui des autres stations, c'est à dire dans les normes fixées par les 
autorités de tutelle”. Enfin le directeur général de RFO a indiqué qu'il allait 
instruire à Paris le dossier de la station de Wallis et Futuna, dont le personnel 
local refuse depuis le 01 octobre la nomination de Jean Claude ARGENTIN 
comme directeur régional, notamment parce qu'il n'aurait pas respecté “les 
spécificités culturelles locales” au cours d'un précédent séjour.

POLYNÉSIE FRANÇAISE
Social : plusieurs syndicats affiliés à la CSIP dépose des préavis de grève à la 
mairie de Papeete, Mobil, Total, et SHRT.

Mardi 20/10/98
Politique : l'assemblée de la Province des Îles s'est finalement réunie et le 
projet du futur centre commercial de Wé par des commerçants de Dozip, d'un 
coût de 95 millions CPF, a reçu un avis favorable mais les 60 % de 
subventions demandées font que le dossier sera de nouveau examiné lors de 
la prochaine assemblée. Les élus ont également accordé une subvention de 
23 millions CFP pour la réhabilitation d'une boulangerie semi professionnelle. 
Par contre, l'assemblée a rejeté la proposition de porter à 186 millions CFP la 
subvention de la Compagnie Maritime des Îles car rien de justifie une telle 
augmentation de la dépense.
Les responsables des aires coutumières, à l'exception des celles de Iaii et de 
Paici Camuki, se sont réunis au siège du Conseil Coutumier à Nouville. Ils ont 
pris connaissance de l'arrêté du délégué du gouvernement prenant acte du 
nouveau bureau présidé par Félix POINDI.
Bernard GRASSET, député socialiste de Charente Maritime et haut 
commissaire de 1989 à 1991, est sur le territoire  accompagné, entre autres, 
de Jean François MERLE, l'ancien conseiller de Michel ROCARD lorsqu’il était 
Premier ministre. Cette délégation restera sur place jusqu’au 30 octobre avec 
l’intention de rencontrer le plus de monde possible. “Nous venons dire tous les 
espoirs que nous plaçons dans l’approbation massive de la part des 
Calédoniens lors du scrutin du 8 novembre, avec, je l’espère, un minimum 
d’abstentions”. Cette délégation doit également se rendre à Wallis et Futuna 
du 26 au 29 octobre.
Social : un arrêté du président de la Province Nord ordonne la réouverture de 
l'internat de Houaïlou, un protocole d'accord ayant été signé après un long 
conflit entre la province et les familles des tribus environnantes. 

POLYNÉSIE FRANÇAISE
Politique : le député Émile VERNAUDON a quitté le groupe RPR à 
l'Assemblée Nationale et devrait rejoindre les non-inscrits.

Mercredi 21/10/98
Culture : début, au centre culturel Jean Marie TJIBAOU, du festival Pacifique 
Tempo qui se déroule sur quatre jours.
Mines : le tribunal de commerce de Nouméa choisi le plan de redressement 
proposé par la SMSP pour la reprise de la NMC de Kouaoua plutôt que le plan 
de cession de la MKM. Le jugement définitif interviendra le 02 décembre 
prochain. Le projet de la SMSP permet de maintenir les emplois et l'activité sur 
Kouaoua. Il propose aussi un investissement de 2.5 milliards CFP sur 03 ans. 
Pour cette reprise, la SMSP était en concurrence avec un groupement de 
deux petits exploitants miniers de la région de Kouaoua soutenus par la 
Société Le Nickel.
Politique : un sondage SOFRES pour RFO et le quotidien les Nouvelles 
calédoniennes réalisé sur 1102 personnes indique que le oui l'emporterait 
avec 69 % et l'abstention attendrait 40 % mais ce sondage a été réalisé entre 
le 5 et le 11 octobre, alors que tous les partis n'avaient pas encore donné leurs 
consignes de vote. Pour les partisans du oui, 35 % pensent que l'accord 
garanti la paix, 25 % qu'il  préserve le maintien du territoire dans la 
République, 16 % suivent la consigne de vote de leur parti et 12 % que cet 
accord permettra l'accès à l'indépendance.
Social : l'USOENC Mines a déclenché une grève générale sur l'ensemble des 
sites miniers du territoire, à laquelle s'associe l'USGC INC. Cette manifestation 
est une mise en garde du syndicat aux décideurs administratifs et politiques. À 
Koné, les représentants de tous les sites miniers du territoire ont été reçus par 
Léopold JORÉDIÉ pour une discussion ciblée aux problèmes de la mine : 
diminution des horaires, remise en cause des avantages acquis et surtout 
suppression d'emplois. Le président apporte son soutien aux mineurs avec 
une seule priorité : l'emploi, et  contacte Jacques LAFLEUR et Dominique 
BUR afin de les rencontrer dans les plus brefs délais pour régler, si possible, 
le dossier de la MNC. En signe de protestation, un barrage, dressé sur le RP3 
par les pro CMK et MKM, bloque l'accès aux sites miniers car aucun véhicule 
n'est autorisé à passer. Solidairement, l'USOENC Métallurgie a empêché 
l'accès de l'usine de Doniambo aux cadres de la SLN et a réduit la puissance 
des fours de minuit à midi.
Social : de 06:00 à 13:30, une trentaine de camions, disposé sur la RT1 au 
niveau de l'entrée de la mine de la Tontouta, ont effectué un barrage filtrant. 
Cette opération des rouleurs de Boulouparis - Tomo est destinée à attirer 
l'attention des autorités sur la situation de crise qu'ils traversent actuellement : 
depuis un an, les dirigeants du cadre minier ont tiré la sonnette d'alarme en 
indiquant que la crise qui se préparait allait être dure mais aucune décision n'a 
été prise par l'administration. Résultat, les rouleurs ne savent pas si l'activité 
minière va continuer après le mois de décembre et la survie des entreprises et 
le maintien des emplois sont en jeu.
De 05:00 à 11:00, une vingtaine de personnes affiliées au SLUA a bloqué la 
direction de l'OPT à Port Plaisance. Le syndicat entend mettre en garde la 
direction afin qu'elle revoie à la baisse le tarif des télécommunications 
intérieures et favorise l'installation de postes téléphoniques dans les tribus de 
la cote Est. Le syndicat s'oppose aussi au prolongement de séjour d'un chef 
de service métropolitain qui aurait compressé les effectifs.
Pas de cours pour les écoliers de Mébuet et Nécé à Maré où les instituteurs 
n'ont pas travaillé pour protester contre la vétusté des locaux : toilettes 
bouchées, fenêtres et portes brisés, logements inhabités faute de rénovation. 
Un cahier de revendication sera déposé vendredi à la mairie de Maré.

POLYNÉSIE FRANÇAISE
Justice : le tribunal correctionnel de Papeete a reconnu 64 émeutiers 
coupables d'avoir participé aux violences perpétrées à l'aéroport de Faaa le 6 
septembre 1995 et prononcé à l'encontre de certains d'entre eux des peines 
allant jusqu'à 18 mois de prison ferme. Hirohiti Tefaarere, ex-leader du 
syndicat A Tia i Mua a été le plus lourdement condamné avec une peine de 3 
ans dont 18 mois avec sursis, accompagnée d'une privation des droits 
civiques de 5 ans.
Transport : le territoire a désormais sa compagnie aérienne internationale. Air 
Tahiti Nui (TN) a ouvert officiellement son agence et son Airbus A 340 arrivera 
le 14 novembre à 15:00. La compagnie desservira Los Angeles trois fois par 
semaine et Tokyo deux fois (elle reprend les droits d'Air France) à partir du 20 
novembre.

Jeudi 22/10/98
Mines : Max FOUCHER regrette la décision de la reprise de la MNC par la 
SMSP et, de ce fait, de la création du monopole de la SMSP. Pour le président 
du syndicat des rouleurs, il est regrettable que le tribunal de commerce ait 
permis cette reprise par la SMSP qui contrôle directement ou indirectement 
toutes les activités minières alors que cette société critiquait, il y a quelques 
années, le monopole de la  SLN.
L'USOENC Mines a été reçu par le délégué du gouvernement.
Politique : réunie à Nouville, l'Association des Maires de Nouvelle Calédonie 
se dit globalement satisfait des accords de Nouméa et l'avant projet de loi 
organique. Les 23 maires indépendantistes -sur 33- estiment que les 
demandes des communes ont été prises en compte et appellent à voter oui le 
08 novembre prochain. 
Social : un contre-barrage, situé à quelques mètres de celui des pro CMK et 
MKM, est tenu par les partisans de la SMSP.
Le personnel du dispensaire de Xépénéhé a suspendu son mouvement de 
grève pour le remplacement du poste d'infirmier.

POLYNÉSIE FRANÇAISE
Justice : la cour d’appel de Paris a confirmé la condamnation d’Alexandre 
LÉONTIEFF pour “corruption” dans l’affaire de la clinique Cardella que le 
tribunal correctionnel avait prononcée, le 18 novembre 1997, à savoir : trois 
ans de prison dont dix huit mois ferme, 5.5 millions CFP et cinq ans de 
privation de ses droits civiques. Alexandre LÉONTIEFF indique qu'il s'est“ 
pourvu en cassation”.
Oscar TÉMARU, le président du Tavini Huiraatira, a protesté devant le 
ministère de la Justice à Paris, contre les jugements rendus à l'encontre des 
émeutiers de l'aéroport de Faaa. Il a qualifié de "condamnation trop lourde" la 
peine de trois ans de prison dont 18 mois ferme infligée à Hirohiti Tefaarere, 
ex-leader du syndicat A Tia i Mua. Le leader indépendantiste a expliqué que, 
pour cette raison, il avait renoncé la veille à rencontrer Jean Jack 
QUEYRANNE, qui devait le recevoir pour la première fois. Oscar TÉMARU 
était accompagné du député Émile VERNAUDON. Tous les deux ont annoncé 
leur volonté de "former une opposition solide contre Gaston FLOSSE", le 
président du gouvernement territorial.

Vendredi 23/10/98
Économie : l'ADÉCAL a tenu son conseil d'administration et maintenu Léopold 
JORÉDIÉ à sa présidence, Nidoish NAISSELINE premier vice-président, et 
Pierre BRETEGNIER second vice-président. Le trésorier est le délégué du 
gouvernement qui est secondé par le président du Congrès.
Politique : le 23 éme congrès du PALIKA se déroule à Gatope où, devant 150 
délégués, Paul NÉAOUTYNE a signifié que le parti doit afficher un oui 
catégorique car c'est le plan de la construction de l'indépendance. Le 
président de PALIKA prône la création d'un état qui soit pluri-éthnique et multi-
culturel : "notre pays a vocation à l'indépendance ... et maintenant que notre 
combat a porté ses fruits, que les gens nous prennent en considération, la 
prise en compte des autres citoyens qui veulent vivre avec nous ne nous pose 
pas de problème à partir du moment où il n'y a pas d'exclusion. 
Le Mouvement Pour la France estime que les accords de Nouméa contiennent 
des inégalités et conduisent à l'indépendance et le non restera sa ligne de 
conduite pour le référendum. Pour Claude SARRAN, il y a des inégalités 
ethniques car il n'y a reconnaissance que du peuple kanak, les autres étant 
assimilées à des communautés, des inégalités institutionnelles par la mise en 
place d'un sénat coutumier réservé aux mélanésiens, des inégalités sociales 
que subiront les femmes mélanésiennes en raison de la prise en compte de la 
coutume et les inégalités dans la distribution des terres dont le lien à la terre 
n'est reconnu qu'aux mélanésiens. Le parti a déposé un recours auprès du 
Conseil d'État afin d'annuler le référendum.
Enfin, Jacques LAFLEUR, devant une assemblée de quelque deux cents 
responsables de PME-PMI et commerçants, a précisé que le référendum du 
08 novembre n’est pas une consultation comme les autres. C’est un vote qui 
engage l’avenir de chaque Calédonien, décidé à tendre la main aux autres, 
pour construire ensemble et dans la paix la Calédonie de 2019.
L'Assemblée Nationale a adopté le budget de l'Outre Mer pour 1999, qui 
s'élève à 5.594 milliards métropolitains, en hausse de 7% par rapport à 
l'exercice 1998. "Les priorités du budget restent l'emploi, l'insertion, le 
logement social et, bien évidemment, le soutien au développement 
économique", a déclaré Jean Jack QUEYRANNE.
Dans un entretien à l'hebdomadaire Paris Match, Pierre MESSMER estime 
que “les primes spéciales du temps des “vieilles colonies” ont été conservées, 
bien qu'elles ne soient plus justifiées. Les abus doivent être corrigés petit à 
petit sous peine d’aboutir à une crise très grave”.

Samedi 24/10/98
Politique : de nombreuses réunions ont lieu ce week end à Koné et ses 
environs. Lors de l'assemblée générale du DECA qui se déroule à Koné, 
Robert FROUIN a appelé ses militants à "un non suffisamment massif pour 
que la copie de l'accord soit revue", car il estime que ce l'on propose aux 
Calédoniens est "une duperie" et "une auberge espagnole". Par contre, Delin 
WEMA a indiqué qu'il faisait "confiance à l'intelligence et au discernement des 
Calédoniens de toutes origines pour se retrouver autour de ce qui est 
essentiel", et qu'il les appelait donc à voter oui.
Par ailleurs, le 17 ème congrès du LKS s'est ouvert à la tribu de Tiaoué avec 
comme mots d'ordre : rechercher l'unité et être à l'écoute de la base car les dix 
années des accords de Matignon ont creusé le fossé entre les élus et la 
population. Le parti se prononce pour un oui inconditionnel aux accords de 
Nouméa mais émet quelques réserves sur l'avant projet de loi organique. Les 
responsables et militants du parti de Nidoish NAISSELINE ont accueilli le 
FLNKS, la FCCI et le comité de lutte de Gossanah.
À Nouméa, les femmes représentent 17 500 électrices contre 15 700 hommes 
et plus de 50 % des inscrits sur le territoire. C'est pour les informer que les 
militantes RPCR débattent sur les accords de Nouméa dans le cadre de cinq 
ateliers ayant pour thèmes : la citoyenneté, la coutume, l'éducation, l'emploi  et 
les futurs institutions. Cette rencontre de femmes a réuni plus de 350 
participantes qui se posaient des questions concrètes telles que qu'est ce que 
la citoyenneté calédonienne, quelle évolution des droits pour la femme 
mélanésienne, quel programme scolaire pour le primaire, les accords 
amélioreront-ils l'emploi des jeunes ... Cette réunion a été clôturée par un 
discours de Jacques LAFLEUR.
Enfin, une réunion de l'information de l'UNCT s'est déroulée à la tribu de 
Hnyimëhë à Ouvéa et le RDO a rencontré les représentants socialistes au 
parc Fayard à Dumbéa.
Santé : un médecin privé s'installe pour la première fois aux Îles Loyauté. 
L'ancien médecin chef du centre médical de Wé, contesté par les coutumiers 
du district de Gaïtcha, a choisi d'exercer à Luécila : cela fait neuf années qu'il 
officie à Lifou.
Social : blocages sur le port de Nouméa et sur l’aéroport de Tontouta sur fond 
de querelles syndicales.

Dimanche 25/10/98
Sport : au Receiving, début des qualifications du tournoi international de tennis 
avec près de 70 jeunes de 13 et 14 ans originaires d'Australie, d'Espagne, du 
Japon, de métropole, de Nouvelle Zélande et du territoire.

Lundi 26/10/98
Économie : la direction de la Société Générale a annoncé l'ouverture de 
négociations pour l'acquisition des activités du groupe australien Westpac 
Banking Corporation en Nouvelle Calédonie et en Polynésie Française. Un 
audit devrait être mené auprès des différentes succursales des deux territoires 
et les comités d'entreprise des deux établissements devraient être consultés 
au cours du mois de novembre. Très présente dans le bassin Pacifique, la 
Westpac s'est implantée dans les TOM au début des années 1980 en 
rachetant les activités d'Indosuez. Une fois menée à terme, cette transaction 
limitera le paysage bancaire polynésien à trois établissements : la Banque de 
Polynésie (groupe Société Générale), la Banque de Tahiti (groupe Bank of 
Hawaii) et la Socredo (Société de Crédit et de Développement Outre Mer) 
dont le capital est constitué par le territoire et l'État à travers notamment la 
Caisse française de développement et la BNP.
Politique : l'Union Calédonienne était réunie vendredi et samedi son congrès à 
Bourail. L'UC, dont les travaux se sont déroulés à huisclos, a réaffirmé son 
choix du oui au référendum. L'UC renouvellera également son bureau et le 
président sortant, Bernard LEPEU conserve le siège qu'il occupe depuis deux 
ans. L'arrivée à la tête du plus ancien parti du territoire de Bernard LEPEU et 
de ses amis avait marqué, fin 96, une certaine radicalisation de l'UC 
notamment sur la question minière.
Réfugiés : six des clandestins, tous de jeunes hommes, ont entamé une grève 
de la faim dans l'indifférence quasi-générale, pour appuyer leur demande de 
retour en Chine. Soutenue auprès de l'ambassade de Chine à Paris par les 
autorités françaises, cette demande n'a pas encore reçu de réponse. Les 
autres boat-people, dont une vingtaine d'enfants scolarisés, vivent dans des 
familles d'accueil réparties sur tout le territoire, en attendant que leur situation 
administrative soit réglée. Il faut pour cela que soient étendues au territoire par 
décret les compétences de l'OFPRA. Depuis septembre, des crédits pour des 
prestations sociales et sanitaires d'un montant d'un million métropolitains ont 
été débloqués pour eux par Paris. Par le canal du collectif d'urgence 
humanitaire, les familles d'accueil touchent désormais une aide, tandis que la 
délégation locale de Médecins du monde assure le suivi médical. La petite fille 
née pendant la traversée n'est plus la benjamine du groupe, puisque trois 
nouveaux bébés sont arrivés.

Jeudi 29/10/98
WALLIS ET FUTUNA
La station de RFO fonctionne de façon autonome et sans aucune direction, 
après que l'ensemble des personnels locaux interdisait l'accès de leurs 
bureaux au responsable technique et au rédacteur en chef. "Nous sommes 
exclus du fonctionnement des services et les personnels font depuis jeudi leur 
propre radio et télévision", a précisé à l'AFP Philippe VOISIN, le rédacteur en 
chef. 32 salariés de la station sur 35, tous Futuniens et Wallisiens, entendent 
ainsi faire pression sur leur direction générale à Paris pour obtenir l'indexation 
à 2.05 de leurs salaires, comme certains fonctionnaires d'État travaillant sur le 
Territoire. Les protestataires avaient écrit le 23 octobre dernier au président de 
RFO Jean Marie CAVADA pour rappeler leur demande d'une montée 
progressive de l'indice de correction de leurs salaires à partir du 1er janvier 
dernier, faute de quoi ils annonçaient "l'exclusion" des deux cadres de la 
station. Les mêmes personnels refusent depuis le 1er octobre dernier la 
nomination de Jean Claude ARGENTIN comme directeur régional, et lui ont 
interdit l'accès à son bureau, son logement et sa voiture de fonction. Ils lui 
reprochent de ne pas posséder "les compétences nécessaires" et d'avoir, lors 
d'un précédent séjour où il occupait les mêmes fonctions, "refusé de s'intégrer 
aux spécificités locales, n'acceptant par exemple jamais d'assister aux fêtes 
coutumières".

Vendredi 30/10/98
Politique : le Conseil d'État a reconnu la légalité du décret organisant le 
référendum du 8 novembre sur l'avenir institutionnel du territoire. L'autorité 
avait été saisie par des particuliers domiciliés en sur le territoire et une 
"association de défense du droit de vote". Ils contestaient notamment "les 
dispositions du décret qui prévoient que pour participer à la consultation du 8 
novembre, les électeurs doivent avoir leur domicile en Nouvelle Calédonie 
depuis le 6 novembre 1 988", précise le communiqué. Le Conseil note que le 
décret ne fait que reprendre sur ce point "les dispositions de la loi du 9 
novembre 1988, à laquelle se réfère expressément l'article 76 de la 
Constitution, issu de la révision de la Constitution du 20 juillet 1998". "Les 
dispositions de la loi de 1988 ont ainsi acquis valeur constitutionnelle", 
indique-t-il.
L'USOENC appelle les Calédoniens à voter oui à l'issue de son 17ème 
congrès tenu à Nouméa. "Les Calédoniens ne doivent plus se comporter 
comme des enfants gâtés. Ils doivent prendre cette main tendue par l'État et le 
gouvernement, et voter massivement pour le oui", a déclaré Gaston HMEUN, 
secrétaire général sortant. "La réussite de l'accord dépend de la place qui sera 
faite à la société civile et notamment aux acteurs sociaux", estime le syndicat 
dans un tract qui sera distribué dans les entreprises la semaine prochaine. Le 
nouveau secrétaire général Didier GUÉNANT, 45 ans, était jusqu'à présent  
secrétaire général adjoint de la section métallurgie mines, principal secteur 
d'activité calédonien, où ce syndicat est majoritaire.
Le président de l'Union Calédonienne renouvelle son appel pour un oui massif 
au référendum lors du discours d'ouverture du 29ème congrès du parti à 
Bourail. "Que l'accord de Nouméa ne nous fasse pas perdre de vue l'objectif 
final de notre combat : l'indépendance de notre pays", a expliqué Bernard 
LEPEU devant environ 400 responsables et militants de l'UC, parmi lesquels 
Roch WAMYTAN. "L'accord de Nouméa n'est pas une fin en soi : il n'est 
qu'une étape supplémentaire qui nous mène à la pleine souveraineté. Le 
combat n'est donc pas fini. Car au-delà des discours ou des écrits, c'est 
l'action politique, le travail et la mobilisation de tous les jours qui nous 
permettront d'inscrire, dans les faits, cet accord". Au début de son discours, 
Bernard LEPEU a rappelé les grandes étapes de la vie du parti, et notamment 
le congrès de 1977, tenu lui aussi à BOURAIL, au cours duquel les militants 
avaient abandonné l'idée d'autonomie pour l'option indépendantiste.

POLYNÉSIE FRANÇAISE
Politique : la Cour d'appel de Paris a modifié les peines infligées le 25 mai 
1997 par le Tribunal correctionnel de Paris pour un  faux en écriture commis 
par Me Marcel LEJEUNE, 80 ans, notaire à Papeete et  Daniel SALMON, 53 
ans, greffier en chef du Tribunal de première instance de Papeete. La Cour 
maintient la peine de 2 ans d'emprisonnement avec sursis et 200 000 francs 
métropolitains d'amende pour Me LEJEUNE mais elle supprime la privation 
des droits civiques prononcée pour 5 ans par le Tribunal. En revanche, M. 
SALMON, qui était condamné à 15 000 francs d'amende, est désormais 
condamné à 3 mois d'emprisonnement avec sursis et 15 000 francs d'amende. 
Il leur était reproché d'avoir volontairement mentionné des inexactitudes dans 
la rédaction d'un acte de vente.