squats d'artistes mode d'emploi

 

 

 

 


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Repérez un immeuble vide

La polyphonie urbaine

Les élus locaux et la presse

La loi

Conclusion

 

 

 

 

 

 

 

Les photos

 

 

 

Repérez un immeuble vide de préférence dans un quartier pourvu de toutes les commodités, changez la serrure (on est quand même mieux chez soi) mais auparavant n'oubliez pas de vous enregistrer sur la main courante du commissariat (journal Le Point N°1458 du 25 août 2000),

 

le propriétaire n'a pas le droit de rentrer dans votre espace de liberté (ex chez lui), de toute façon il n'habite pas le quartier (tout comme les élus locaux), votre squat va susciter la convoitise des promoteurs immobiliers : faites-en un lieu unique d'utilité publique et d'urgence culturelle avec la bénédiction du Ministère de la Culture,

 

faites profiter le quartier de votre talent artistique : redécorez les façades du quartier avec goût . Attention, certaines oeuvres d'art seront effacées par le service de nettoyage des tags de la ville de Paris,

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Début

 

 

 

 

 

 

participez à la polyphonie urbaine, organisez des fêtes : sono à fond toute la nuit, si votre local est trop petit, n'hésitez pas à étendre votre espace de liberté dans la rue, quitte à interrompre la circulation,

faites participer nos amis les bêtes aux soirées, et sans contraintes : pitbulls alternatifs non muselés et en liberté,

ne vous inquiétez pas pour le ramassage des canettes et autres ordures : le service de nettoyage de la ville de Paris passera dès la fin des festivités pour tout récurer. Sans souci et sans débourser un sou : tout est payé par les impôts locaux du contribuable !

nos amies les forces de l'ordre, fidèles à leur réputation de proximité et de convivialité ne viendront pas troubler vos soirées ; ces interlocuteurs privilégiés de la population n'ont aucun moyen d'action contre les squats, soyez aussi sans crainte des réactions des riverains bornés : il y a peu de chance que la police accepte d'enregistrer des plaintes pour tapage nocturne ou dégradation de biens, alors qu'elle n'a rien pu constater faute de s'être déplacée inutilement, et de toute façon, plein de gens qui n'habitent pas le quartier vont trouver amusant ce que vous faites,

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Début

 

 

 

 

 

 

 

La presse

 

présentez-vous aux élections et ayez un programme cohérent : les parisiens doivent pouvoir se baigner dans la Seine (journal Le Parisien du 01/09/2000),

comptez sur l'efficacité et la célérité habituelle de vos élus, surtout s'ils n'habitent pas l'arrondissement, (lettre Tony Dreyfus Maire du 10ème à JeanTibéri) (Interview Anne-Charlotte Berger)

transformez le squat en zoo pour créatifs en mal de sensations, organisez des performances pathétiques. Exemple : tournez pendant 15 mn dans la rue sur un mini vélo en criant "Bande d'enculés, bande d'enculés, l'homme de paille est arrivé" (attention à la prononciation : 'nculé et non enculé),

attendez que la presse, fidèle à sa réputation de pluralisme, s'extasie sur votre extraordinaire potentiel artistique et s'étonne du peu d'enthousiasme des autochtones. Peu importe qu'une zone de non droit se développe, on dira lors d'une interview que "L'existence, en plein Paris, d'une enclave de marginalité, cela rassure tout le monde" (journal Le Point N°1458 du 25 août 2000),

faites savoir par la presse que vous êtes ouvert à tout dialogue avec les riverains, mais ne vous laissez pas envahir par les demandes pressantes de baisser le son les soirs de fête,

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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ne vous inquiétez pas pour la loi : tapage nocturne, dégradation de biens privés et publics, activités commerciales non déclarées, organisation de soirées privatives sur la voie publique sans autorisation et sans aucune mesure de sécurité, ... tout cela est sans importance. La loi n'a de sens que pour les gens qui la respectent,

ne laissez pas les riverains et élus mal embouchés vous diffamer, contactez votre avocat et vos attachés de presse à la moindre allusion déplaisante : il faut que justice soit faite !

et n'oubliez pas "Continuer à emmerder les bourgeois et gagner, politiquement, des procès" (journal le Nouvel Observateur du 19 au 25 août 1999),

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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