Eglise Catholique Au Niger - Evènements - Assemblée Diocésaine 2002 - journée du samedi 23 novembre
 
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L'Assemblée Diocésaine
Samedi
Journée du samedi 23 novembre 2002

Compte Rendu


Evangéliser davantage par notre vie

Ce samedi 23 novembre à 19 heures, Mgr Guy Romano a présidé la messe de clôture des travaux de l'assemblée des permanents du Diocèse de Niamey au cours de laquelle il a été procédé à la bénédiction et à la consécration des saintes huiles.

Dans son homélie, Mgr Guy Romano a rendu grâce à Dieu et remercié les différentes Eglises et congrégations pour les nouvelles équipes qu'ils ont envoyées " dans l'Eglise du Niger pour être missionnaires ; pour témoigner de l'amour de Dieu, pour annoncer de la Bonne Nouvelle de Jésus Christ, animés par le même Esprit Saint ".

Sans exclure ceux qui connaissent déjà le pays, son homélie s'adressait surtout à ces nouvelles équipes qui se demandent déjà comment être missionnaire au Niger, dans l'Eglise du Niger, pays à l'immense majorité musulmane.

Pour éclairer leur nouvelle vie de missionnaire, Mgr Guy Romano les a invités à contempler le Christ, à s'identifier à lui et à suivre son exemple car le Christ est le premier missionnaire de Dieu. Philippiens 2.1 à 12, la lettre Saint Paul aux Philippiens définit la condition de missionnaire, d'envoyé de Jésus le Christ par Dieu son Père. L'Evêque a insisté sur deux aspects du renoncement qui s'imposent au missionnaire.

Premier renoncement : " lui, de condition divine ne retint pas jalousement le rang qui l'égalait à Dieu ; mais il s'anéantit lui-même prenant la condition d'esclave et de serviteur et devint semblable aux hommes. " Comme le Christ, ils deviennent missionnaires par amour, pour le seigneur Dieu qui les a consacrés et pour leurs frères et sœurs qu'ils vont servir. " Pour cela, il faut se dépouiller complètement de ce que nous sommes, de ce que nous avons, de ce que nous pensons, de nos idées, de notre culture… par pure générosité, gratuitement, librement, parce que nous désirons sauver nos frères à l'exemple du Christ ".

Seul ce dépouillement peut nous permettre d'entrer dans les réalités nigériennes, dans les réalités de l'Eglise du Niger. L'orateur tout en précisant que cette nécessaire transformation de l'être et de la vie du missionnaire est une tâche longue, jamais complètement réussie ; toujours à reprendre, donne des exemples bien connus.

"Le Christ a vécu dans le silence, la pauvreté, le partage de la vie des autres pendant trente ans ; il n'a prêché le royaume que pendant deux ans et demi. Le Père de Foucauld a vécu ce dépouillement durant toute sa vie. Et pourtant, quel rayonnement n'a-t-il pas eu ? Quand durant l'assemblée je disais qu'il ne fallait pas annoncer Jésus Christ aux enfants des écoles primaires, vous avez bien compris ce que je voulais dire. Dans ce pays, il faut annoncer Jésus Christ davantage par notre vie que par nos paroles, et rendre les chrétiens missionnaires ".

Deuxième renoncement : " Le Christ, Fils de Dieu, s'est abaissé plus encore, en devenant obéissant jusqu'à la mort et la mort sur une croix ". Suprême abaissement et total dépouillement. Sachant que la mission au Niger est difficile, ardue, Mgr Romano ne se fait pas d'illusion, c'est pourquoi il devait poursuivre par un avertissement qui valait également consolation : " Il n'y a pas de vie apostolique et missionnaire sans épreuve et sans échec. La croix et la vie missionnaire sont liées d'une manière indissociable comme les doigts à la main et la langue à la bouche. Le Christ nous le répète dans l'évangile : " si quelqu'un veut marcher derrière moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il prenne sa croix et qu'il me suive ". Il n'y a pas d'autre chemin. Seul la croix et la souffrance apostolique ".


Le pasteur de l'Eglise de Niamey devait conclure son homélie en s'appuyant sur cette exaltation de Saint Paul: "C'est pourquoi Dieu la souverainement élevé et lui a conféré le Nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu'au nom de Jésus tous genoux fléchissent dans les cieux, sur la terre et sous la terre que toute langue confesse que le Seigneur, c'est Jésus le Christ à la gloire de Dieu le Père". Dans cette exaltante exhortation aux servants et servantes de l'Eglise au Niger, l'évêque de Niamey invitait les ouvriers au travail tout en leur demandant de contempler la beauté de l'œuvre qui les attend : " Regardez : la moisson est abondante, ouvrez les yeux et les oreilles, avec les yeux de votre cœur, vous verrez l'action de l'Esprit Saint dans la vie de tous ceux et celles que vous rencontrerez, chrétiens et musulmans. Les blés ondulent sous le vent, les grappes de sorgho s'inclinent vers la terre tellement elles sont lourdes de grains… Le Christ, Roi de l'Univers, cloué sur une croix, mort et ressuscité, à jamais vivant, attire à lui tous les hommes. Son Royaume de paix, de joie, de bonheur et de liberté est au milieu de nous, en nous ; et maintenant, d'une manière particulière, parce que nous célébrons la fraction du pain, il se donne à nous, il nourrit notre vie missionnaire et il nous conduit à la gloire. Le monde nouveau est déjà commencé. Amen".