Pionniers de la Nouvelle-France

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Mise à jour le 25 juin 2002

Une page d'histoire sur chacun de ces pionniers de la première heure en Nouvelle-France.

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La première mention de François Abelin en Nouvelle-France est l'inscription de son nom sur la liste des confirmés du 20 mai 1668 par Mgr de Laval au fort Saint-Louis de Chambly. Nous le retrouvons également comme engagé dans le premier livre des comptes du Séminaire de Québec.

Le 3 octobre 1670, il est témoins au mariage de Julien Plumereau, maître boulanger au fort de Chambly et Jeanne Barbier. Il sera également parrain de la fille aînée de René Dumas et Marie Lelong, Françoise, le 5 février 1673.

Le 16 octobre de la même année il reçoit une concession de 80 arpents à mettre en valeur de Jacques de Chambly. En début d'année 1674, alors âgé de 28 ou 29 ans, soit le 21 janvier, il fait promesse de mariage envers Nicole Filiatreault âgée de12 ans seulement. L'arrangement fait devant les témoins Jean Gervaise et François Bailly, stipule que le futur beau-père lui promet de l'engager et de lui fournir une vache, un cochon, deux petits et douze volailles. Compte tenu du jeune âge de la future épouse, le mariage est prévu plus tard.

Entre temps François Blain s'autorise à courir les bois sans permis (congé). Activité hautement réprimée à l'époque de sorte qu'il se retrouve dans les prisons de Montréal. Son futur beau-père René Filiatrault se porta caution pour lui permettre la libération le 1er novembre 1674.

Le 20 juin 1675 il se porte acquéreur d'une ferme avec de grands bâtiments au lieu dit Saint François sur l'Île de Montréal. Était-ce en prévision de s'établir avec sa future épouse ? Le 2 juillet de la même année, il est condamné à 10 et 17 livres d'amende a payé sur le champ. Pierre de Canchy, sieur de Lerolle se porta à sa défense et lui évita d'être écroué.

Est-ce ses frasques ou son intérêt pour la future jeune épouse qui s'affaiblit, toujours est-il que le mariage prévu n'eut jamais lieu. La promise convola avec Étienne Lalande le 24 novembre 1676.

Revenu à Chambly, le 5 février 1680 il reçoit une concession de quarante arpents en superficie de Pierre de Saint-Ours commandant du fort de Chambly. Ce n'est que vingt ans plus tard que François remis ce document au notaire Adhémar.

Dans l'année 1680, son ami Julien Plumereau décéda prématurément, laissant sa veuve Jeanne Barbier avec 6 jeunes enfants. François Blain unira sa destiné avec Jeanne Barbier le 7 janvier 1681 à Contrecoeur. François ira tout probablement s'établir sur la ferme de son épouse puisqu'il vend sa terre de 80 arpents le 13 septembre 1682 et celle de 40 arpents est louée pour 5 ans le 15 octobre de la même année.

La vie conjugale sera de courte durée puisque Jeanne Barbier décéda avant le 29 octobre 1688, laissant François avec ses 6 enfants adoptifs et 4 autres nés de leur union, Suzanne, Alexandre, Louis et Pierre.

La vie sédentaire d'un tel aventurier avait probablement assez duré de sorte qu'il mit ses enfants en famille d'accueil chez la parenté et les amis. Louis Blain, âgé de 3 ans, sera pris en charge par Pierre Chantereau, bedeau, et Marie Cordier. Alexandre décéda en bas âge, Pierre sera placé chez le notaire Jean Baptiste Pothier et Étiennette Beauvais. Quatre ans plus tard Pierre est pris en charge par Marguerite Plumereau et Jean Cardinal.

François Blain s'engagera avec le grand explorateur et traiteur Nicolas Perrot qui le mènera jusqu'au Wisconsin. Cette saga dura jusqu'en 1696 où un édit supprima les congés de traite et ordonna la fermeture des postes de traites.

De retour à Montréal, le 20 novembre 1698, François Blain, âgé de 53 ans, obtient du Séminaire de Montréal une concession de 60 arpents à la Grande Ance, situé entre Lachine et Pointe-Claire. Il y vivra les 10 dernières années de sa vie.

Sa fille aînée s'unira en premières noces à Louis Limousin dit St-Louis et en secondes noces à René Lecuyer, dit Lapierre avec qui elle eut 10 enfants.

Pierre convola avec Marie Beaudry, veuve, mère de 6 enfants avec qui il eut 2 fils dont l'un décéda au berceau.

Quant à Louis, il hérita de l'esprit d'aventure de son père. Peu après 1703, il est signalé à Port-Royal avec la veuve Marie Daigle avec qui il aura un fils. Avant la prise de Port-Royal en 1710 il est de retour en Nouvelle-France puisqu'il prend pour épouse Marguerite Mineau le 15 avril 1709 à Rivière-Ouelle. Le couple aura 10 enfants dont les derniers seront baptisés à Boucherville.

Source : Nos Ancêtres, vol 20, 1991, Gérard Lebel, C.Sr.R., p.17-24