nahoum

retour page d'accueil

retour liste 1999-2000

 

 BOSNIE, KOSOVO

 Viols et cruautés systématiques

 Les armes nouvelles d’un génocide

 

Compte-rendu de la conférence prononcée par Véronique Nahoum-Grappe, le vendredi 21 janvier 2000, au Centre Social de Cosne 

Véronique Nahoum-Grappe a présenté sans ambages la problématique de ce génocide très particulier. Au moment où l’information sur les exactions du régime de Milosevic commençait à transpirer en France (il y a une bonne dizaine d’années déjà), le grand public et les intellectuels avaient pourtant tendance à réagir par un : « Génocide ? Comment cela ? » pour le moins déplacé. Or, comment la France, l’Europe occidentale ont-elles pu en arriver à douter de la réalité d’un génocide commis à quelques centaines de kilomètres à peine ? Comment expliquer cette distorsion entre la réalité, effroyable, et les réactions, timides, minimisantes, parfois complaisantes, face à cette même réalité ? 

I° Un « conflit » bien étrange...

Véronique Nahoum-Grappe a travaillé comme anthropologue sur les lieux mêmes du génocide, lors de fréquents et risqués séjours. Elle a eu l’occasion de mesurer les difficultés concrètes de l’étude des criminalités politiques. Les gens de terrain font un travail considérable : ils visitent des camps de réfugiés, partagent la vie et l’angoisse des habitants des villes en état de siège (Sarajevo, Srebrenica) et, bien entendu, dénoncent régulièrement les exactions effroyables qui se commettent. Pourtant le public ne suit pas. De fait, le public n’a pas les concepts nécessaires pour interpréter correctement l’information.

L’opinion publique perçoit très mal, notamment, le problème des réfugiés. Les occidentaux n’ont pas pris la mesure de ce phénomène radicalement nouveau des trois dernières décennies du vingtième siècle. Depuis les années soixante-dix, on compte trois générations de réfugiés en Europe centrale, entre vingt et quarante millions, l’équivalent d’un pays entier. Or, la culture héritée de la seconde guerre mondiale ne permet pas d’appréhender le phénomène. Jusqu’alors, malgré certains massacres ponctuels (Ouradour sur Glane... ) et malgré les déportations massives (les camps nazis), la guerre restait, au bout du compte, la guerre d’une armée contre une autre armée : les hommes au front, les femmes, les vieillards, les enfants à l’arrière. Au contraire, la fin du vingtième siècle a vu naître la guerre la plus disproportionnée, la plus terrifiante qui soit : une guerre dont le but unique est le massacre de populations civiles, jetant une armée non plus contre une autre armée mais contre un « arrière » ramené en première ligne.

Le viol systématique constitue aussi une de ces données nouvelles et incompréhensibles. Il ne s’agit pas du viol de guerre « ordinaire », commis par des soldats rendus fous par l’alcool, l’omnipotence et l’impunité garantie. Aux atrocités « habituelles » commises par toutes les armées du monde (viols, tortures, pillages... ), le régime de Milosevic a rajouté le viol organisé dans des camps prévus à cet effet, et selon des modalités précises. Ce viol systématique concerne avant tout les femmes, mais sans exclure les hommes ou les enfants. Dans les camps, il s’agit de conserver la femme violée en vie et de l’empêcher d’avorter, tout cela dans un but précis : éteindre la lignée naturelle du peuple persécuté en introduisant le sang étranger du conquérant sous la forme d’un enfant que la femme n’a pas désiré et qu’elle ne peut pas supprimer pour autant, à moins de devenir elle-même une criminelle. L’opinion publique occidentale et les intellectuels ont très mal perçu le problème ; on entendait souvent l’objection facile : « Dans toutes les guerres, il y a des viols ! »

Cette distorsion entre des réalités nouvelles et d’anciens concepts a fini par engendrer un véritable révisionnisme intellectuel, y compris chez des personnalités se réclamant d’une tradition humaniste éclairée (Régis Debray... ). En août 92, parviennent dans les médias français les premières dénonciation du viol systématique. L’opinion publique, médusée, ne comprend pas : elle a l’impression qu’on joue un mauvais film, que la Serbie aurait réinventé le Moyen-Âge. Le sens très particulier du viol systématique n’est pas perçu. Du coup, bon nombre d’intellectuels se partagent entre des interprétations révisionnistes qui vont du scepticisme complet (on exagère, ce n’est pas possible... ) au fantasme de la guerre civile (Serbes et Bosniaques, Serbes et Kosovars, deux camps à égalité de forces, aussi cruels l’un que l’autre, et qu’on doit renvoyer dos à dos). Comme le dit Véronique Nahoum-Grappe : « En Occident, nos concepts, notre culture, y compris littéraire, nous permettent beaucoup mieux de saisir la détresse de l’ouvrier du XIX° siècle que de comprendre celle du réfugié contemporain. Après la deuxième guerre mondiale, la plus grande mortalité en tant de guerre au XX° siècle concernera la population civile. Non une armée contre une armée, mais une armée contre une population... Il y a une inégalité vertigineuse des rapports de force entre les deux camps. On perçoit encore mal ce nouveau visage de la guerre, tel qu’il se dessine dans tous les conflits des Balkans. »

La liste des « spécialités » du génocide balkanique serait longue à édifier. L’absence de déclaration de guerre, par exemple, constitue un trait marquant. Un village où la vie se déroule normalement se retrouve du jour au lendemain sous la terreur, démoli, brûlé, rasé, sans qu’il y ait presque aucun signe avant-coureur. La guerre est irrationnelle, subite, impossible à prévenir. Pour autant, l’ennemi travaille avec méthode derrière cette apparente folie. Les soldats possèdent des listes de gens à assassiner : les instituteurs, les notables locaux... La démesure cohabite avec une rationalité implacable. Il y a des bains de sang au sens propre : les voitures dérapent sur de véritables inondations rouges. Les autorités locales sont les complices directes des armées : le violeur masqué de la nuit est le policier du jour. Par ailleurs, ce sont parfois les voyous du coin qui font de la résistance et sauvent du monde ! Une armée suréquipée, totalement serbisée, épurée par Milosevic s’enfonce « comme dans du beurre » dans des bourgades démunies de toute défense ; face à elle s’organise une résistance très artisanale, mais parfois efficace.

Une chose est sûre : en ville notamment, le siège est bien pire qu’au Moyen-Âge, ce qui écarte un fois de plus l’interprétation « médiévale » des choses. A l’intérieur des châteaux assiégés d’autrefois, on avait des réserves et on savait vivre d’une certaine autoconsommation. A Sarajevo, à Srebrenica, la modernité se retourne contre elle-même, déterminant des situations surréalistes dans de grands immeubles à moitié détruits, où il n’y a plus ni eau, ni électricité, ni gaz, ni chauffage. Il faut grimper dix étage pour porter le café du matin à ses parents grabataires, faire de longs trajets à pied en prenant tous les risques pour trouver de la nourriture, se résoudre à manger froid, voire gelé, les trois-quarts du temps... L’interprétation « médiévale » de la guerre tient encore moins quand on songe qu’il ne s’agit pas de conflits internes, qui pousseraient les unes contre les autres des communautés arriérées et haineuses. La guerre détruit un peuple moderne, évolué, composite, pacifique, la plupart des Serbes et des non-Serbes cohabitant sans aucun souci, l’intégrisme musulman n’existant pratiquement pas. Le peuple serbe lui-même est majoritairement hostile à Milosevic. La « haine entre les communautés », qui, pour les révisionnistes, constitue la cause d’une guerre interprétée comme civile (ou ethnique, ou féodale... ), - cette haine est tout au plus l’effet de la politique d’extermination du régime en place. La « purification ethnique » est tout sauf un « conflit ethnique » ; la comparaison avec les Hutus et les Tutsies ne tient pas ; bien des Serbes ont d’ailleurs caché et sauvé des amis kosovars ou bosniaques ; bien des soldats serbes eux-mêmes ont été contraints à commettre des exactions contre leur gré, certains ont déserté...

 

II° Que font les médias ?

Le génocide balkanique touche profondément l’Europe occidentale par sa proximité géographique. On ne va pas demander aux Africains de délivrer Sarajevo ; par contre, c’est le moins qu’on peut demander à des O.N.G. européennes, par ailleurs dotées de budgets conséquents. Pour autant, le siège de Sarajevo s’est déroulé sous les caméras, en temps réel, et en même temps dans une atmosphère d’irréalité totale.

Il faut imaginer la situation. A Sarajevo : une ville, une armada de chars blindés qui l’encerclent depuis les montagnes avoisinantes, et, à l’intérieur de la ville, seulement deux chars pour la défendre, dont un inutilisable. Une disproportion énorme, une fois de plus, entre les assaillants et les assiégés. A Srebrenica, tout fut pire encore : le siège, terrible, s’effectuant sous les caméras étrangères. Et pourtant les médias minimisent, le commentaire allant jusqu’à contredire l’image... En fait, c’est l’atrocité du crime qui protège paradoxalement le criminel : la situation est tellement énorme que les spectateurs extérieurs - et même, sur place, des diplomates français - n’y croient plus.

Le simple quotidien est inimaginable : 43 mois de siège à Sarajevo, des hivers très rudes, des conditions de vie surréalistes. Notre expérience de la dernière guerre, ou la connaissance cinématographique qu’on en a, ne permettent pas d’imaginer l’ampleur de la situation. Bien pire que les privations de l’occupation allemande ! Les bombardements de la dernière guerre ne ressemblaient pas à ceux du Kosovo. Une sirène annonçait le survol ennemi, les gens pouvaient assez facilement se réfugier dans des caves, et les bombardements ne duraient que quelques instants. En Yougoslavie, il s’agit de bombardements totalement imprévisibles, qui durent pendant des heures, jusqu’à épuisement des munitions... et des aviateurs. Les images réalistes que le spectateur occidental reçoit du conflit sont toujours reprises et déréalisées par des interprétations d’une autre époque. Guerre civile, guerre de religion, conflit médiéval entre féodalités, rivalités ethniques : tels sont les fantasmes qui tiennent lieu de commentaires pour un gigantesque crime contre l’humanité, géré en temps réel par les médias occidentaux.

Les médias, en réalité, ne sont pas les seuls responsables de ce dessèchement du sens. La propagande locale s’y entend à merveille pour brouiller les pistes. Milosevic présente le génocide à l’Occident comme une intervention « pacifiste », destinée à calmer des nationalismes locaux exacerbés. Les propos et l’attitude équivoques de François Mittérand contribuent aussi au mensonge diffus, lorsqu’il présente son voyage officiel comme purement « humanitaire », sans un mot pour dénoncer les vrais responsabilités du génocide. Une opinion publique de résistance ne s’est pas organisée, en outre, assez tôt. Quelque 100 000 manifestants à Paris ou dans de grandes villes auraient sans doute empêché le président Mittérand de minimiser les choses. Se sont constitués, certes, des collectifs atypiques, hors partis, indépendants du P.S. et du P.C. profondément mittérandiens. Mais le rétablissement de la vérité s’est fait avec lenteur, dans ces structures sans grand pouvoir.

 

III° La lente émergence de la vérité.

Si, en Europe occidentale s’organisait lentement une petite résistance intellectuelle militante, parallèlement, en Yougoslavie, Milosevic devenait la victime de ses propres exactions. Les charniers et les viols systématiques lui font perdre du temps. Les supplices et les viols sont des procédés aux antipodes d’une guerre rapide. Quand on massacre une population avec la lenteur du sadique, on laisse forcément du temps à la résistance locale pour s’organiser efficacement, pour alerter les médias étrangers. En outre, la barbarie organisée laisse des images dont l’atrocité récurrente finit, au bout du compte, par alerter l’opinion après l’avoir frappée de scepticisme. A la différence de ce qui se passe dans les années 80, la réalité du crime commence à transpirer dans les années 90. La création d’un Tribunal Pénal International destiné à châtier Milosevic et ses lieutenants consacre la fin d’un long mensonge. Le grand débat pour ou contre les bombardements de l’ONU marque également les progrès de la vérité : il s’agit de discuter sur une intervention contre un génocide, et non plus sur la réalité même de celui-ci.

Certes des bavures et des indécisions sont encore à déplorer. Notamment, la branche diplomatique de l’ONU reste sur la thèse d’une simple guerre civile, alors même que la branche juridique, celle qui gère le tribunal, tourne définitivement le dos à cette interprétation. En tout cas, l’événement qui fait pencher la balance est l’épouvantable siège de Srebrenica, qui n’est pas minimisé au point où le fut celui de Sarajevo. Un gigantesque massacre laisse des milliers de morts, mais aussi une foule de réfugiés, abandonnés de tout et de tous, dans un état lamentable. Le « pacifiste » Milosevic se trouve désormais rangé aux yeux du monde entier dans la catégorie des grands criminels de la politique.

 

IV° La notion de génocide.

Dans un premier temps, la conférencière a parlé de « criminalité politique » pour éviter, provisoirement, le débat théorique. « Ce qui définit un régime, c’est la criminalité politique. La différence entre Hitler et Mussolini, c’est la Shoah. Ce qui définit le régime de Milosevic, c’est la purification ethnique. »

La notion de « purification ethnique » correspond, du reste, à une atmosphère très particulière, très différente de celle de la Shoah : des supplices de masse, des camps de concentration pour viols systématiques, des massacres aléatoires, des pillages et surtout des destructions dans le but, non seulement d’éliminer un peuple, mais surtout de faire en sorte qu’il n’ait jamais été là ! La destruction méthodique de monuments et de bâtiments ordinaires, ainsi que l’insémination forcée de femmes non-serbes par des hommes serbes pour produire de petits Serbes sont sans aucun doute les traits les plus originaux de ce type de criminalité. On rassemble des femmes dans des camps pour ne les relâcher qu’une fois l’enfant né ; on rase des mosquées et même... des cimetières. L’idée est d’effacer toute trace et aussi d’interrompre une lignée par la force. Au surplus, il y a l’émergence de cette foule innombrable de réfugiés qui ont tout perdu, qui n’ont plus aucune possibilité de travail (ce sont des paysans dont les fermes ont été brûlées, rasées, réduites en miettes), et dont les visages nous interpellent en temps réel à la télévision : ils sont les rescapés sans espoir de ce crime tout à fait spécifique.

Peut-on parler de génocide ? A l’heure actuelle cohabitent deux définitions. Celle de l’ONU évoque le fait de programmer l’extermination, en tout ou en partie, d’une population, pour des raisons raciales, religieuses, ou, au bout du compte, pour toute autre raison. La définition française, héritée de la dernière guerre, réduit quant à elle la notion de génocide à la Shoah, à l’élimination des Juifs par le régime hitlérien. Or, face aux horreurs de la fin du vingtième siècle, force est de constater que cette définition à la française est pour le moins insuffisante.

Le génocide, de fait, constitue le crime contre l’humanité par excellence. Un crime de guerre est une expédition punitive meurtrière, tel le massacre des gens brûlés vifs dans une église à Ouradour sur Glane. Le crime contre l’humanité commence lorsqu’on déporte des populations en masse, qu’on les rassemble ensuite dans des camps dans le but de les éliminer. Avec l’extermination systématique de ces mêmes populations commence le génocide proprement dit.

Il serait malvenu d’établir des comparaisons scabreuses entre les camps nazis et les camps serbes dans l’intention de minimiser les crimes du régime yougoslave. Certes, dans les camps serbes où se déroulent les viols systématiques et où sévit une mortalité hallucinante, il n’y a pas de fours crématoires... En outre, la mégalomanie nazie (éliminer tous les non-aryens de la planète) n’a pas de sens dans un petit pays comme la Serbie, même devenue la Grande Serbie, et l’on chercherait en vain chez Milosevic une intention sincère d’éliminer tous les non-serbes de la planète ! Cela n’enlève pourtant rien à l’horreur des crimes. Il y a de toute façon dans l’obsession de faire comme si le peuple exterminé n’avait jamais existé (le régime débaptise d’ailleurs tous les lieux non-serbes) et dans la programmation des viols politiques quelque chose qu’on n’avait jamais imaginé auparavant.

 

V° Le statut du féminin.

Le génocide au Kosovo conduit à poser la question du féminin. L’injure banlieusarde « nique ta mère » ou « nique ta race » esquisse déjà l’idée de ce qui se fait à grande échelle au Kosovo. Il s’agit au sens strict d’éteindre une lignée en faisant à la femme l’enfant de l’ennemi. C’est le paradoxe du génocide yougoslave : tuer une identité, non pas seulement par l’extermination directe (celle-ci concerne avant tout les êtres qui n’enfantent pas : hommes, enfants, vieillards des deux sexes), mais aussi et surtout en préservant la vie de la victime féminine. Ce type de viol a une intention parfaitement génocidaire - même s’il ne tue pas et parce qu’il ne tue pas -, et il devrait compter parmi les crimes contre l’humanité.

Or, aux distorsions qu’on a pu constater dans l’interprétation de la guerre au Kosovo s’ajoutent d’autres distorsions quand il s’agit de penser la question du féminin. Les occidentaux ont l’habitude de projeter des grilles marxisantes sur la question de la femme : celle-ci serait la colonisée de l’homme, le prolétaire exploité de la domination masculine. Cette interprétation économique du problème, sans être totalement fausse, méconnaît un aspect essentiel : à savoir la capacité d’enfantement de la femme. Les bourreaux serbes, au fond, ont mieux saisi les enjeux de la question... et pour le pire ! Faire des enfants ou pas : cela constitue le destin de la femme dans une société. Dans des temps anciens ou dans des civilisations arriérées, lorsque la contraception n’existe pas ou trop peu, « il est évident que la femme qui fait un gosse par an et passe son temps à élever sa progéniture n’a absolument pas le temps de composer des symphonies en ut majeur ». La question de la femme, c’est avant tout la grande question du temps.

La conférencière a ensuite décrit les structures de la pseudo-éthique machiste, telle qu’on la retrouve par exemple chez les grands truands et même chez les petits délinquants. Mépris de la femme et du féminin en général (notamment l’enfant ou l’homme trop jeune, fragile ou efféminé), mais en même temps un culte obsessionnel de la mère et de la soeur, en définitive de la famille (« toutes des salopes, sauf ma mère et ma soeur », entend-on souvent) - ce qui n’empêche pas ces femmes d’être exploitées comme de vulgaires esclaves... La pseudo-éthique machiste, même si c’est d’une manière effrayante et caricaturale, révèle en tout cas une donnée anthropologique profonde : toucher à l’honneur de la femme, c’est détruire toute la famille, voire toute la nation. Les bourreaux, volontaires ou forcés, de Milosevic ont scrupuleusement appliqué ce principe. Il s’agissait à travers le viol politique non seulement de « serbiser » le sang non-serbe, mais aussi de détruire l’identité et l’honneur des populations visées en souillant ce qu’elles avaient de plus cher.

 

Club-Réflexion du Lycée George Sand

 

retour page d'accueil

retour liste des conférences