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Le journal du quartier Sainte-Anne

Délégués

Harry Potter
Impossible d'échapper aux citrouilles, chauves-souris et squelettes en tout genre: Halloween est partout. Cette année, le héros de la fête porte des lunettes et une cicatrice en forme d'éclair lui barre le front. Il s'appelle Harry Potter. C'est un apprenti sorcier.
L'histoire est digne d'un conte de fées: Joanne K. Rowling élève seule sa fille, avec peu de moyens. Elle écrit son manuscrit dans un café tandis que la petite Jessica joue à ses pieds. Elle envoie ensuite son texte à plusieurs éditeurs, sans réponse. Jusqu'à ce qu'un découvreur de talents trouve une maison d'édition qui accepte de le publier. Le livre sort alors en 1997 en Angleterre, assez discrètement. L'éditeur n'en tire en effet que 5 000 exemplaires en format de poche. Trois mois plus tard, les éditeurs américains l'achètent à prix d'or. Et voilà la citrouille de J.K. Rowling qui se transforme en carrosse. L'imagination débordante de l'auteur la met à l'abri des soucis d'argent pour longtemps. En effet, la saga de son héros comprend sept volumes dont elle a déjà dressé le plan complet: il s'agit des sept années d'Harry Potter à l'école des sorciers.
Un an après les premières aventures du petit sorcier, elle livre au public déjà conquis un deuxième tome. Le succès est immense: le public s'en arrache 60 000 exemplaires en quelques heures. Les ouvrages accumulent les récompenses, sont traduits dans 47 langues et Harry fait la couverture des plus grands journaux. Désormais, la sortie de chaque nouveau tome devient un événement. Le contenu du livre est gardé secret jusqu'au dernier moment. Le jour de la sortie, certaines librairies gardent même leurs portes ouvertes jusqu'à minuit pour faire face à la demande des impatients.
Nous en sommes au quatrième tome aujourd'hui (la version de poche paraît lundi prochain). Et ce n'est pas fini... Car le cinquième est prévu pour 2002. On avance même que "Harry Potter et l'ordre du Phénix" pourrait sortir au début de l'année...
Au total, 112 millions de volumes se sont déjà vendus dans le monde. Mais Harry Potter n'est pas seulement un phénomène d'édition. C'est aussi un phénomène de société: des milliers d'enfants vouent un culte sans bornes à leur héros (lire les interviews ci-contre). Et leurs parents ne sauraient les en empêcher puisque, grâce à lui, ils se sont mis à la lecture! Désormais, des millions de jeunes ne trouvent plus ringard d'ouvrir un livre. Au contraire, pour s'avaler les 656 pages du tome IV, ils sont prêts à lâcher leur console de jeux et la télécommande. Bientôt, les "pottermaniaques" ne devront plus se "fatiguer" en lisant: un film consacré au petit sorcier sera sur les écrans d'ici trois semaines. Pour la première fois, Harry sortira de notre imaginaire pour prendre un visage "humain".

Un phénomène surnaturel
En moins de 5 ans, Harry Potter s'est forgé un succès exceptionnel. Pourtant, l'arrivée des premiers exemplaires dans les librairies, en 1997, n'a pas été entourée de beaucoup de publicité. C'est l'enthousiasme des lecteurs qui en a amené d'autres, puis d'autres encore.
Assez rapidement, Harry Potter est devenu un véritable phénomène. Dont les publicitaires et les grandes firmes ont vite compris qu'on pouvait tirer de gros bénéfices. Résultat: Harry Potter se décline aujourd'hui dans plus de 40 marques. Figurines, jeux de société, articles de décoration, matériel scolaire, puzzles... Et, dès le 15 novembre, le jeu vidéo "Harry Potter à l'école des sorciers" sortira sur PC et sur les consoles Playstation, GameBoy Advance et GameBoy Color. Plus tard, une version sur GameCube sera également disponible.
Pour mettre ces jeux sur le marché, Electronic Arts, géant mondial dans ce secteur, a dû verser plus de 10 millions d'euros (400 millions de francs) à la société Time Warner. Celle-ci détient en effet les droits d'exploitation de Harry Potter, ce qui signifie qu'aucun produit ou jeu s'inspirant du personnage ne peut être mis sur le marché sans son accord. Pour obtenir cet accord, les firmes intéressées doivent débourser des montants très importants.
Devant l'ampleur que prend l'aspect commercial de Harry Potter, on oublierait presque une initiative sympa: deux petits bouquins qui ne manqueront pas de faire plaisir aux fans et dont les bénéfices sont versés à une association humanitaire anglaise, Comic Relief. Le premier, "Les animaux fantastiques", se présente comme un livre scolaire appartenant à Harry. Couverture usée, notes gribouillées dans les marges... Tout indique est fait pour entretenir la légende. Le second, intitulé "Le quidditch à travers les âges", serait issu de la bibliothèque de Poudlard. Les pottermaniaques adorent!

www.comicrelief.com/harrysbooks


Quatre bonnes raisons d'aimer Harry Potter
1) C'est plein de rebondissements. J.K. Rowling ne laisse aucun temps mort dans ses histoires. Chaque événement succède à une intrigue. Ce rythme soutenu répond au besoin d'images fortes et excitantes qu'ont les enfants d'aujourd'hui. C'est presque de la télévision.
2) Les comportements des héros sonnent juste. Qu'il s'agisse de Harry, de Hermione, de Ron ou des autres, tous les personnages sont bien décrits. Ce sont un peu les frères ou soeurs des lecteurs. Leurs commentaires, réactions, sentiments... sont bien ceux d'adolescents de 13, 14 ou 15 ans.
3) C'est un savant mélange de réel et de magie. Les problèmes de la vie quotidienne sont sans cesse interrompus par des flash de magie. Cette magie n'est pas seulement aux mains d'adultes extraordinaires, de professeurs, mais aussi des enfants eux-mêmes. Cela les rassure beaucoup, ça améliore l'image qu'ils se font d'eux-mêmes. Cela fait rêver sainement: on sait que la magie n'existe pas, mais ça fait du bien d'y penser.
4) Il n'est pas gnangnan. Les livres de Harry Potter n'évitent pas les problèmes. Ils contiennent aussi de la souffrance et de la tritesse. On y retrouve des "mauvais" qui sont vraiment mauvais et on ne gagne pas à tous les coups. A travers Harry Potter, on fait donc l'expérience de la méchanceté, du mal.
Avec la collaboration de Jean-Yves Hayiez, pédopsychiatre... et grand lecteur de Harry Potter.


- Les quatre tomes déjà parus:
"Harry Potter à l'école des sorciers", "Harry Potter et la chambre des secrets", "Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban", "Harry Potter et la coupe de feu", par J. K. Rowling, chez Gallimard Jeunesse.
- Le site internet officiel: www.harrypotter.warnerbros.com.
- www.harrypotter.gallimard-jeunesse.fr.

Qui est-qui?
- Le professeur Rogue: il donne cours de "potions" à Poudlard et déteste Harry. C'est un vrai salaud sadique.
- Drago Malefoy: C'est l'ennemi d'Harry, le caïd de l'école. Très sarcastique et vantard, il passe on temps à lui jouer de mauvais tours.
- Ron Weasley: Il est issu d'une grande famille de sorciers mais ne dispose pas du même don que Harry, son grand ami.
- Harry Potter: on ne présente plus cet apprenti-sorcier orphelin, élève à Poudlard. Il a été désigné à la naissance pour accomplir de grandes choses.
- Hermione Granger: Elle est super-douée en magie, bien que ses parents soient des "Moldus". C'est une petite intello, un peu "je-sais-tout", qui ne pense qu'au travail.
- Dudley: C'est le fils des Dursley, la famille qui a adopté Harry. Complètement caractériel, il est néanmoins pourri-gâté par ses parents. Son ambition est de devenir plus gros que grand, il y parveint dans le tome IV.
- Sirius Black: Enfermé pour un crime qu'il n'avait pas commis, il était prisonnier à Azkaban avant de s'en échapper. C'est le parrain d'Harry Potter.
- Le professeur Dumbledore: C'est le directeur de l'école de Poudlard. Il apprécie beaucoup Harry et n'hésite pas à le protéger.
Au second plan:
Mrs Dursley et Mr. Dursley: Ce sont les parents adoptifs de Harry. Ils sont méchants, n'hésitent pas à l'enfermer dans un placard ou dans sa chambre. Ils lui ont aussi caché son identité pour éviter d'être mêlés à des histoires de sorcellerie.
Derrière:
Hagrid: le garde-chasse, un géant.

Petit dictionnaire du "potterien"
- Azkaban: prison pour les magiciens.
- beuglante: lettre qui émet des sons stridents dès qu'on l'ouvre
- Détraqueurs: gardiens de Azkaban.
- Eclair de feu: C'est la dernière génération des balais volants, ils sont très très rapides.
- Moldus: personnes ordinaires qui, à l'inverse de Harry, n'ont pas de dons de sorcellerie.
- Poudlard: une école pour sorciers. Harry y étudie dans la section Gryffondor.
- Quiddish: "sport" qui se pratique sur des balais volants.
- Révélateur: une gomme rouge qui permet de faire apparaître l'encre invisible.
- Strutoscope: une drôle de machine, qui permet de détecter les mauvaises intentions.
- Voldemort: c'est l'incarnation du mal. C'est lui qui a tué les parents de Harry.

J'ai reçu le tome IV de ma Mémé. Avant, je ne connaissais pas: dans la rue ou à l'école, on m'appelait parfois "
Harry Potter" et je ne comprenais pas. Je l'ai lu et j'ai adoré. J'ai ensuite acheté les trois premiers volumes et depuis, j'arrête pas de les relire. Je vais aussi très souvent sur les sites internet d'Harry Potter, les sites anglais sont les meilleurs.
Martin, 12 ans.

J'ai reçu le tome I, l'année passée à Saint-Nicolas. Comme j'adorais, j'ai reçu le tome II à Noël, puis j'ai acheté les deux suivants. J'ai déjà lu les trois premiers deux fois et j'en suis à ma seconde lecture du quatrième tome.
Boris, 12 ans

J'ai lu le premier tome il y a deux ans. Puis tous les autres, dès leur parution. Depuis, je ne compte même plus le nombre de fois où je les ai relus! Ce qui me plaît vraiment dans ces bouquins, c'est la place qu'ils laissent à l'imagination. C'est pour ça qu'au début je ne voulais pas voir le film: je me suis fait une idée des personnages et j'ai peur d'être déçu. Mais maintenant, je l'attend avec impatience parce que des copains louveteaux m'ont dit qu'il va être génial et que les décors sont super.
Martin, 11 ans