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Là-bas, à Moissy-Cramayel, une ferme acquitte d’anciennes chambres à des artistes plasticiens. On monte l’escalier usé mais musical… solides et flexibles les marches nous emmènent là où c’est bien. Ici, dans cette petite pièce, Chantal Perret transforme la fatalité de vivre en formes humaines, c’est-à-dire abstraites et physiques. Le sculpteur reconstruit le regard, il met l’homme en face d’une caverne, devant son tambour de chair. Là, face aux oeuvres, il fait silence, il écoute ce qu’il voit et construit le rythme musical que la sculpture lui transmet, sans bouger, elle. Et l’oeuvre - de plâtre de terre ou de bronze -, bien que posée dans un fatras d’objets de travail qui jonchent l’atelier, se suffit à elle même parce qu’elle est portée par la force qu’elle libère. Et voilà que, au fil des heures et des jours, la pensée de l’artiste construit, avec du plâtre, j’ai envie de dire qu’elle « enchair » sur la structure de métal, ce que l’image n’a jamais regardé le sang dans le sang, face à face. Là, tout à changé, vous ne regardez plus le monde comme avant d’être monté dans l’atelier : cette vieille fenêtre mal peinte consolide, tout à coup, à bout de bras, un fragment de clarté qui encadre l’univers. Voici une oeuvre qui naît soyons témoins à charge la beauté nous jugera, car Chantal Perret met au monde la grâce. (Louis Arti, Lésigny le 20 novembre 2002)