Insectes endormis

 

Hiver 2000

 

 

 

 

Insecte endormi

J’aimerais que la mort

Ait ce visage

Konchu no nemuri shinigao wa kaku aritashi

 

Shuson KATO.

 

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par Naomi Lipson-Korenfeld

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

En colère
Subitement
N'était-ce qu'un rêve?

Ikari ni kattoshite yume de atta ka.

 

Seisensui OGIWARA.

 


 Décembre.

 

 

Le thé froid se recouvre d’une fine pellicule de paupières bleues.

L’amour aussi refroidit.

            Cette fille très belle, au regard effrayé, ce n’est pas moi.

 

 

 


 

 

« - Qu’est-ce qui vous effraie le plus dans la pureté ?

-La hâte. »

 

_Umberto Eco, Il Nome della Rosa.


Un lac est indéchiffrable.

 

 

Paysage de brume.

L’automne et l’hiver mêlés.

Pluie qui bat la pluie.

Sombre jet d’encre comme la longue traîne d’une seiche enfuyante.

Combien de temps flotté-je dans cette  épaisse nappe colorée,

avant qu’elle ne se dilue doucement dans la mer ?

 

 

 

…le nuage de lait qui assourdit,

dans la porcelaine fine,

 l'opale du second thé.

 

 Muriel CERF.

 

Tanka de la tasse blanche.

 

 

La première fois,

Tu m’offres à boire

Dans la tasse à l’anse cassée.

 

Elle devient ma tasse préférée.

Amour de l’imperfection.

 

 

 

 

 

 

 

 



L’eau de la métaphore.

 

 

Paresse

sa peau opalescente, comme si elle venait de traverser un nuage

lèvres baisées

paupières baissées

 

 

 

 

 

Rêves, terreurs magiques,

prodiges, pythonisses,

Apparitions nocturnes et prestiges terrifiants.

 

HORACE.

 

 

Il suffit d’ouvrir les yeux.

 

miroitent les iris noirs et languides qui s’épanouissent lentement sous mes yeux, iris qui marquent l’entrée du vide, le vide à la tiédeur doucereuse, tentatrice… penchée au-dessus du vide comme une femme à sa fenêtre, je n’ai nul besoin d’une grande imagination : il suffit d’ouvrir les yeux pour voir des gouffres, des châteaux, des utopies. Et non pas seulement ce simple mot, « château », mais ses tours compliquées, l’entraille de ses murs, ses voûtes désespérées, ses dédales inattendus, ses oubliettes tièdes. Tout se déroule sous mes iris, sans qu’il ne me faille rien imaginer. Tout arrive, comme allant de soi, et pourtant je suis dans les soupirails de la folie souveraine.