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Le harcèlement
sexuel
- Que dit
la loi ?
La loi française
sanctionne les auteur-e-s d'agressions sexuelles et sexistes par des amendes
et/ou des peines d'emprisonnement : Article 222-33 du code pénal réprimant
le harcèlement (modifié par la loi du 17.06.1998). "Le fait
de harceler autrui en donnant des ordres, proférant des menaces, imposant
des contraintes ou exerçant des pressions graves dans le but d'obtenir
des faveurs de nature sexuelle, par une personne abusant de l'autorité
que lui confèrent ses fonctions, est puni d'un an d'emprisonnement et
100 000F d'amendes".
Article L.122-46 du code du travail. "Aucun salarié ne peut être
sanctionné ni licencié pour avoir subi, ou refusé de subir,
les agissements de harcèlement d'un employeur, de son représentant
ou de toute personne qui, abusant de l'autorité que lui confèrent
ses fonctions, a donné des ordres, proféré des menaces,
imposé des contraintes ou exercé des pressions de toute nature
sur ce salarié dans le but d'obtenir des faveurs de nature sexuelle à
son profit ou au profit d'un tiers.
Aucun salarié ne peut être sanctionné ou licencié
pour avoir témoigné des agissements définis à l'alinéa
précédent ou pour les avoir relatés.Toute disposition ou
tout acte contraire est nul de plein droit".
- Qu'est-ce
que le harcèlement dans l'enseignement supérieur ?
Souvent associé
à l'univers de l'entreprise, le harcèlement sexuel dans l'enseignement
supérieur peut prendre différentes formes. Si l'on suit le cadre
de la loi française qui ne mentionne pas pour l'instant le harcèlement
entre collègues et l'environnement hostile, le harcèlement sexuel
s'inscrit dans un rapport hiérarchique et une relation de dépendance.
La personne qui est en position de pouvoir et d'autorité peut demander
ou proposer différentes contreparties à caractère sexuel
en échange, par exemple, pour l'étudiant, d'une meilleure note,
d'une promotion, d'une lettre de recommandation, d'une publication, d'un financement,
etc. Le refus peut entraîner des sanctions importantes (exclusion de l'équipe
de travail, de l'institution, rupture de contrat, non renouvellement d'un financement,
abandon du suivi pédagogique, etc.)
Si le harcèlement sexuel n'est pas systématiquement masculin et
hétérosexuel, il est le plus souvent le fait d'hommes dont la
reconnaissance intellectuelle ne laisse pas soupçonner de telles pratiques
dans leur relation avec leurs étudiant-e-s. En raison de la dépendance
et de la précarité de leur situation au sein de l'enseignement
supérieur, les victimes, majoritairement des femmes, ne peuvent se permettre
d'accuser officiellement leur agresseur.
Bien souvent les victimes elles-mêmes n'ont pas conscience de subir un
harcèlement, les agresseurs ne se pensent pas comme coupables d'un fait
répréhensible par la loi et les collègues ne se rendent
pas compte de leur complicité tacite. Et ce, en raison du tabou sur le
harcèlement sexuel, et de la difficulté à caractériser
cette forme de violence.
- Les comportements
de harcèlement
Le harcèlement
sexuel n'a pas besoin d'être répété pour être
passible de sanction. Une seule fois suffit.
Les comportements suivants relèvent du harcèlement sexuel :
- commentaires
sexuels
- questions et confidences intrusives
- propositions sexuelles non voulues
- attouchements
- imposition à regarder de la pornographie
- violence sexuelle
- viol (toute forme de pénétration)
- Les conséquences du harcèlement sexuel pour les victimes
Le harcèlement sexuel viole l'intégrité physique, sociale
et psychique de la victime. Celle-ci tend à se considérer comme
la première fautive. Et ceci d'autant plus qu'on lui conseille d'aller
voir un psychologue, plutôt que d'en référer à sa
hiérarchie. Ce faisant on euphémise la relation de pouvoir caractéristique
entre enseignant-e et étudiant-e.
Le tabou isole les victimes et l'analyse courante de ces pratiques tend à
interpréter le harcèlement dans le cadre professionnel comme une
relation privée qui aurait mal tourné.
Les victimes, notamment les femmes, ont un seuil de tolérance élevé,
elles se disent qu'elles pourront tenir le coup et que c'est le tribut à
payer pour réussir. Elles pensent, à raison, qu'on leur reprochera
de faire beaucoup de bruit pour un problème considéré comme
mineur. Plus concrètement les conséquences peuvent être
:
- difficulté
à identifier ce qui arrive comme un problème (où est
le seuil ?)
- la honte, la peur de ne pas être crue, la peur des réactions
de l'entourage
- l'abandon d'un programme d'études (UV, diplôme, thèse,
contrat de recherche...)
- retard dans la progression universitaire et/ou professionnelle
- stigmatisation, mauvaise réputation auprès des collègues
- la peur de subir des représailles
- troubles de concentration, maladies, dépression, rejet du travail
intellectuel, manque d'estime de soi, perte de confiance, etc.
Quelques sites
internet français sur le harcèlement sexuel
- AVFT : association
contre les violences faites aux femmes au travail
- SOS Femmes
Quelques sites internet suisses et canadiens sur le harcèlement sexuel
dans l'enseignement supérieur
- Bad
Girls Go Everywhere (BGGE) - Université de Lausanne
- Bureau d'intervention
en matière de harcèlement sexuel de l'Université de Montréal
- Bureau
de harcèlement sexuel del'Université d'Ottawa
- Centre d'intervention
en matière de harcèlement sexuel de l'université de Laval
- Harcèlement
sexuel à McGill (Le)
- Association canadienne
contre le harcèlement sexuel en milieu d'enseignement supérieur
(ACCHSMES)
- Centre de lutte
contre le harcèlement sexuel de l'université de Sherbrooke
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