|
TEMOIGNAGES
J'ai
27 ans, je suis maintenant certifiée de Lettres et
j'enseigne dans le secondaire mais j'ai fait un DEA puis ai
commencé une thèse. J'ai arrêté
ma thèse pour diverses raisons mais notamment parce
que l'ambiance devenait très lourde dans le bureau
de mon directeur: main qui se baladait en signe d'encouragement
et de paternalisme, intrusions dans ma vie privée sentimentale,
sous-entendus toujours sexuels, conversations provocatrices.
Je ne suis plus étudiante et je ne sais donc pas si
je peux trouver ma place dans votre action. Mais je sais que
beaucoup d'autres filles ont été embrassées
ou touchées et à l'époque, personne ne
les croyait et on les traitait de nymphomanes. Le jour où
mon directeur de recherche a voulu me faire la bise pour me
souhaiter bon courage avant les écrits du CAPES et
que sa bise a terminé sur le coin de ma bouche, j'ai
décidé de ne plus aller le voir.
Ca a commence des ma première heure de classe en Deug.
J'avais 18 ans, et je n'avais absolument aucune idée
que des choses comme cela pouvaient arriver.
Nous étions une vingtaine d'élèves, dont
a peu près 9 filles. Une autre fille s'appelait
,
ce qui était très étonnant pour moi. Le
prof nous a demandé de pousser nos tables au milieu de
la classe, Pour nous montrer la valeur du chaos, ou la stagnation
qui venait de l'habitude. Je lui ai fait remarquer qu'il ne
pourrait pas passer dans les rangs. Il a répondu "Ca
fait rien, je te sauterai". Ca, c'était le début.
Pendant tout le trimestre, nous avons eu des blagues cochonnes
murmures à
l'oreille, il s'est même allonge sur moi 2 ou 3 fois en
pleine classe. Il
s'adressait a une
en disant quelque chose de sexuel a
l'autre, utilisant des phrases à double sens qui n'avait
aucun sens pour celle a laquelle il parlait. Nous ne pouvions
pas nous défendre.
Nous avons demandé aux garçons de nous aider,
mais ils ne comprenaient pas le problème. Quand ils étaient
assis à cote de nous, le prof en profitait pour jouer
de la camaraderie entre hommes. Le fait est que quelque chose
peut être amusant pour un sexe et insultant pour l'autre.
Au milieu du trimestre, 2 filles ont arrête leurs études,
en pleine dépression. Une autre qui était absolument
nulle a eu son examen avec une très bonne note. Tout
le monde se disait qu'elle avait couché avec le prof.
C'est la seule qui le trouvait marrant.
Le trimestre suivant, je ne sais pas ce que le prof a dit a
un de ses"disciples", mais un élève
commença a me poursuivre. Coups de téléphone
tous les jours, plusieurs fois par jour, me demandant si j'étais
libre, et venant chez moi même si je disais non, menaces
de suicides.
Il avait réussi a extraire mes adresses et numéros
de téléphone de mes ami(e) s, leur disant que
j'étais trop timide... .C'était un cauchemar.
La totale. Ca, ça a dure 6 mois. Finalement, un jour,
il a décidé que j'étais intéresse
par quelqu'un d'autre et ça c'est arrête, soudainement.
Voila ma première année de Deug.
Bonjour et d'abord, bravo à vous pour ce collectif !
J'aurais aimé qu'il existe, il y a 13 ans lorsque j'étais
en deuxième année de DEUG.
Je me présente ; je m'appelle
et je voulais bien
réussir ma vie... moi aussi... Mais ma prof principale,
qui était aussi Présidente du Jury, a outrepassé
ses droits pour me faire redoubler, parce que... je ne voulais
pas céder à ses avances ! Ayant passé mes
écrits avec succès, je suis passé à
l'oral. A l'issu des oraux, j'étais content de moi, mais
quelle ne fut pas ma déception de ne pas lire mon nom
sur la liste des admis à l'affichage des résultats
! Après enquête... J'ai découvert que mes
notes à l'oral avaient toutes été revues
à la baisse sur le cahier de notes qui passe en dernier
dans les mains de la Présidente de Jury !!! Et ce, sans
l'accord ou même la concertation des différents
professeurs m'ayant interrogé...
J'ai demandé un entretien à la Présidente
de Jury qu'elle a fini par m'accorder. Je lui réclamais
mon dû, c'est à dire qu'elle me rende mes vraies
notes et je lui ai dit que je ne demandais pas la charité...
Là, elle m'a répondu : " Moi vivante, vous
n'aurez jamais votre DEUG !!!"
Je me souviens lui avoir dit : "C'est ce qu'on verra !"
J'ai récolté des témoignages, j'ai recherché
mes notes auprès de tous les profs d'oral, et j'ai attaqué
la Présidente du Jury au Tribunal Administratif ! Je
ne vous raconte pas l'angoisse que j'ai vécu à
l'époque ! Je devais partir aux Etats-Unis pour effectuer
un stage dans un cabinet d'avocats en même temps et c'est
ma soeur qui a suivi le dossier... Elle me tenait au courant
des nouveaux points... Le recteur a fait ordonner la reconstitution
exceptionnelle du jury d'examen, avec à sa tête
la présidente, bien sûr, et là, tous les
professeurs ont redonné leur note. Et les calculs ont
été effectués sur place. J'avais gain de
cause ! Du coup, cette femme a été destituée
de ses pouvoirs à la FAC. Finies les places de Présidente
de Jury et de Chargée de mission ! La FAC l'a fait muter,
je crois... Mais, suite à cette affaire, les langues
se sont déliées... Les secrétaires m'ont
félicité, les étudiants sont venus me remercier...
Certains ont avoué avoir couché avec elle pour
obtenir leur doctorat !!!! Et moi, je suis rentré des
Etats-Unis pour m'inscrire dans une école...
Voilà, après toutes ces années, je tenais
à témoigner à nouveau de cette "mésaventure"...qui
prouve qu'un garçon peut aussi être harcelé...par
une femme... surtout si ses pouvoirs lui montent à la
tête....
Il
s'agissait d'un oral de littérature.
Je me présente à mon professeur, je tire le
sujet à la pioche comme il était convenu.
Jusque là, rien d'anormal.
Je me dirige ensuite vers la salle de préparation,
puisque je devais effectuer, avant l'oral proprement dit,
une préparation écrite pour structurer mon discours.
C'est alors que je m'aperçois que j'ai oublié
mon stylo dans ma voiture.
Je reviens donc sur mes pas et demande à mon professeur
de me prêter son propre stylo, ayant oublié le
mien.
Il me tend l'objet en disant :
" Dommage que vous n'ayez pas aussi oublié de
vous habiller, mademoiselle. ", paroles accompagnées
d'un sourire équivoque.
Le monsieur est assez laid, en partie chauve, il ressemble
au Matamore du Capitaine Fracasse de Gautier - en plus vieux
cependant.
Un sourire pénible se dessine sur mon visage, je me
sens interloquée, surprise, je suis assez troublée
par cette entrée en matière mais néanmoins
je ne réponds rien et retourne vers la salle de préparation,
où je réussis tout de même à retrouver
mes esprits et ma concentration.
Je me mets à rédiger mon texte.
Les vingt minutes octroyées s'écoulent, après
quoi le prof ouvre la porte et m'invite à le suivre
dans la salle d'examen proprement dite.
Je n'ai pas de chance, le sujet que j'ai tiré au sort
concerne un des seuls passages " osés " des
Confessions de Rousseau, un acte sexuel qui se déroule
à quelques pas du narrateur (j'ai oublié les
détails exacts de cette histoire vécue par le
philosophe).
Comme je m'y attends, le prof profite de l'ambiance sexuelle
du texte pour m'interrompre et me faire des avances :
" Vous êtes libertine, mademoiselle ?
Si vous l'êtes, donnez-moi donc votre n° de téléphone.
"
Et il avance vers moi un papier, sur lequel il espère
que je note mes coordonnées.
Devant mon refus, il retire son papier et commence à
me fixer un peu narquoisement.
Bien que très mal à l'aise, je prends le parti
de passer outre et je continue mon exposé.
Je termine, il me met 13.
Puis au moment de nous quitter, il me demande en souriant
si cela ne me plairait pas que nous faisions l'amour, ici,
maintenant, dans la salle. En effet, les fenêtres sont
hautes, je suis la dernière à passer aujourd'hui,
personne ne peut nous surprendre.
Je rigole (du moins j'essaie, je ne sais si l'effet fut réussi),
lui réitère mon refus et m'en vais enfin, soulagée
de m'être tirée sans trop de dommages d'une situation
intolérable et pénible, d'avoir obtenu 13 malgré
mon malaise et mon refus décisif d'entrer dans son
jeu.
Quelques instants plus tard, je rejoins ma voiture dans le
parking de l'université et je recroise ce monsieur
qui me considère à présent comme une
petite niaise, une sainte nitouche pour lui avoir opposé
un refus, et je dois subir ses inflexions moqueuses et son
regard narquois.
Ce ne fut certes pas à proprement parler du harcèlement
sexuel, puisqu'il n'y a pas eu de chantage de sa part, mais
son attitude reste ignoble en ce sens qu'il m'a draguée
lors d'un examen et que ce n'était ni le lieu, ni le
moment pour le faire ; qu'en outre il a profité de
sa position dominante pour me faire des propositions sexuelles,
outrepassant ses fonctions.
Il m'a déconcentrée, humiliée, rabaissée
au statut d'objet sexuel alors que je me présentais
à lui en tant que femme et étudiante.
Si j'avais eu moins de sang-froid, j'aurais pu tout à
fait rater mon examen.
|