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Né en 1639 à la Ferté-Millon, Racine perd ses parents dès ses trois ou quatre ans. Sa grand-mère, veuve, l'emmène avec elle dans l'abbaye austère de Port-Royal les Champs. Il étudie avec les jansénistes (grec, latin...) et après un an de philosophie au collège de Harcourt, il s'installe à Paris. On l'introduit dans les cercles aristocratiques et littéraires. Grâce à son excellente connaissance du grec, il lit les auteurs tragiques, comme Euripide, et a dix-neuf ans écrit sa première tragédie : Amasie, refusée par la troupe du Marais. Un an plus tard, il est remarqué par Chapelain grâce à la Nymphe de la Seine. Il part pour Uzès, dans le midi, où il espère pouvoir entamer une carrière ecclésiastique. L'affaire n'aboutit pas ; en 1663, il est de retour à Paris. Intéressé par la carrière théâtrale, Racine écrit La Thébaïde en 1664 et Alexandre en 1665. Il se brouille alors temporairement avec ses maîtres de Port-Royal, qui condamnent le théâtre, jugeant qu'il s'agit d'un divertissement vulgaire.
Dix ans de succès au théâtre Andromaque (1667) marque un tournant dans la carrière de Racine. Avec cette tragédie commence pour l'auteur une ère de gloire de dix ans, durant laquelle il est très apprécié de la Cour et écrit des pièces inspirées de l'histoire (Britannicus
en 1669,
Bérénice
en 1670, Mithridate en 1673), de la mythologie (Iphigénie en 1674, Phèdre en 1677), de l'orient (Bazazet en 1672) qui le consacrent comme maître de la tragédie classique. Racine met en avant le destin tragique de l'homme, soumis à la fatalité des passions et aux malédictions divines.
Recherche d'une vie moins décousue Racine abandonne alors le théâtre pour se consacrer à sa charge d'historiographe du roi, qu'il partage avec Boileau. S'il avait vécu jusqu'alors de nombreuses aventures avec des actrices, le dramaturge décide désormais de vivre une existence moins décousue ; il se marie avec une riche bourgeoise parisienne, Catherine de Romanet, et se consacre à leurs sept enfants.
Réconciliation Dès 1679, impliqué dans " l'affaire des poisons ", Racine renoue avec Port-Royal. Il se rapproche de Mme de Maintenon, la nouvelle favorite du roi, pour qui il écrit deux tragédies chrétiennes : Esther (1689) et Athalie (1691). Cependant les pièces sont interdites par le parti dévot. Racine renonce alors définitivement au théâtre. Il publie encore deux ouvrages (les Cantiques Spirituels en 1694 et une Histoire de Port-Royal) qui témoignent de son attachement pour le jansénisme. Jean Racine meurt le 21 avril 1699.
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