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Née dans les milieux aisés de la noblesse et de la finance, la jeune Marie de Rabutin Chantal est orpheline dès l'âge de sept ans. Elle est recueillie par sa famille maternelle et reçoit une éducation très poussée, essentiellement littéraire : elle apprend le latin, l'espagnol, et l'italien. Comme Madeleine de Scudéry, elle est avide de culture, mais n'en fera jamais étalage et saura rester simple.
Une mondaine Elle devient marquise de Sévigné en 1624. Mais son mari est volage, joueur, n'hésite pas à se battre. Il meurt dans un duel pour une autre femme en 1651, laissant à la charge de son épouse deux enfants à élever et des dettes à régler. Madame de Sévigné est belle, a de l'esprit, et est très appréciée à la Cour où elle est entrée sept ans plus tôt. C'est une jeune femme à la mode dont la compagnie est recherchée. Elle se constitue un cercle d'amis parmi lesquels figurent Mme de La Fayette (cf. biographie et textes) Fouquet, célèbre ministre, La Rochefoucauld, La Grande Demoiselle (voir texte).
Une mondaine
Mme de Sévigné se consacre de plus en plus à ses enfants et particulièrement à sa fille. En 1669, "la plus jolie fille de France" se marie. Les époux, la mère et son fils vivent dans un hôtel particulier loué en plein Paris. Mais, un an plus tard, Grignan, le beau fils de Mme de Sévigné, est nommé lieutenant général du roi en Provence. C'est une douloureuse séparation pour l'écrivain qui voit partir sa fille. Elle lui écrit donc régulièrement, plusieurs fois par semaines, tout en poursuivant parallèlement sa correspondance avec son cousin, le conte de Bussy, notamment. Elle visite couramment sa fille, et c'est en Provence qu'elle meurt en 1696.
Une mondaine
L'originalité de son œuvre repose sur deux points importants : tout d'abord, celle que nous considérons aujourd'hui comme la maîtresse de l'art épistolaire au XVIIe siècle, n'a jamais souhaité que ses lettres soit divulguées en dehors du cadre privé ou des salons (où elle était lue et très appréciée), elle est devenue en quelque sorte un "écrivain malgré elle". Le second point marquant de ces lettres, c'est qu'elles ne sont pas exclusivement destinées à des mondains, contrairement à la correspondance de Voiture ou Balzac. Bussy publia un recueil en 1697 dans lequel figuraient les Lettres de Mme de Sévigné, mais elles ne seront publiées séparément qu'en 1726.
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