NAISSANCE D'UN "NOUVEAU ROMAN"
MADAME DE LA FAYETTE (1634-1693)
Une courtisane
Marie-Madeleine Pioche de La Vergne naît à Paris en 1634. Elle est de petite noblesse mais très riche, cultivée, et belle, ce qui lui ouvre vite les portes des salons. Elle est nommée Demoiselle d'honneur de la reine Anne d'Autriche à seize ans. Cinq ans plus tard, elle épouse le conte de La Fayette, de vingt ans son aîné, mais de très noble origine. Après un court séjour auprès de son mari en Auvergne, de retour à Paris, elle se fixe dans son prestigieux hôtel de la rue Vaugirard et y ouvre son propre salon. Elle a comme amis sa cousine, Mme de Sévigné (cf. biographies et textes), Henriette d'Angleterre, la belle-soeur du roi, et surtout, La Rochefoucauld (cf. biographies et textes), son ami le plus dévoué, mais aussi un collaborateur car, poussée par deux de ces amis, elle s'est mise à écrire.
L'écrivain discret
En tant que femme noble, Madame de La Fayette refuse de prendre un pseudonyme, mais il n'est pas question pour elle de signer de son véritable nom. Elle fit donc paraître des oeuvres anonymes ou choisit le mon de l'un de ses amis. Leur collaboration à l'écriture de ses romans est d'ailleurs prouvée. Dès 1662, elle publie une nouvelle historique : La Princesse de Montpensier, puis Zaïde, un livre en deux tomes qui reçut un vif succès ; en 1678, la Princesse de Clèves, provoque comme Le Cid, l'admiration la plus vive tout en déclenchant une polémique non moins animée. Cinq ans plus tard, après avoir perdu son ami de toujours, La Rochefoucauld, et son mari, elle se retire pour se consacrer à la religion. En 1720, paraissent une Histoire de Madame, des Mémoires de la cour de France pour 1688 et 1689, et une nouvelle : la Comtesse de Tende.