Corneille



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Bio n°1/11

Entre théâtre baroque et classique
Corneille (1606-1684)

Débuts littéraires

Corneille naît à Rouen le 6 juin 1606, dans une famille de magistrats. Il fait ses études chez les jésuites, qui accordent à la culture latine et à la formation de la volonté une place prépondérante dans leur système éducatif. Avocat par tradition familiale, il se consacre très vite au théâtre. Mélite (1629), sa première création, une comédie, est confiée aux acteurs qui fonderont plus tard le théâtre du Marais. Le succès et la célébrité sont immédiats. Corneille contribue alors à réhabiliter un genre jugé secondaire : la comédie, qui était alors en crise. Il en écrit en effet six entre 1629 et 1636 (la Veuve, 1632 ; la Galerie du palais, 1633 ; la Suivante, 1634 ; la Place royale, 1634 ; l'Illusion comique, 1636, qui met en scène l'illusion du théâtre dans une pièce étonnante, d'esthétique baroque). Il rédige aussi une tragi-comédie Clitandre (1631), ainsi que Médée (1635), sa première tragédie. Sa réussite lui assure la protection du duc de Richelieu.

Querelle du Cid
L'année 1637 marque un tournant dans la carrière de Corneille : alors qu'il n'est jusqu'alors qu'un auteur de théâtre parmi d'autres (Mairet, Rotrou, Scudéry ou Tristan L'Hermitte), le Cid le consacre comme le dramaturge le plus célèbre de son temps. La pièce est une tragi-comédie qui met en scène les amours de Rodrigue et de Chimène. Elle fait un triomphe, mais déclenche une vive controverse connue sous le nom de " querelle du Cid ". Cette polémique naît sans doute de conflits d'intérêts divers et des jalousies aiguisées par le succès de la pièce, mais elle donne lieu à un débat intéressant qui nous renseigne a posteriori sur la formation de l'esthétique classique, puisque l'on reproche à Corneille de n'avoir pas respecté la règle classique des trois unités et de ne pas avoir écrit une pièce selon les conventions de l'époque.

Les grandes tragédies
Après Le Cid, Corneille se consacre à la tragédie. Entre 1640 et 1644, il fait jouer : Horace (1640), Cinna (1641), Polyeucte (1641) et Rodogune (1645). Dans ces pièces, l'écrivain s'éloigne du théâtre baroque de ses débuts, et se montre davantage soucieux du respect des règles du théâtre classique, avec toutefois de notables exceptions. Très apprécié par le public, Corneille est également reconnu par le pouvoir (il est nommé procureur des États de Normandie) et élu en 1647 à l'Académie française. En revanche Nicomède (1651), malgré un vif succès public, est accueillie avec plus de réserve par les instances dirigeantes, qui y voient un éloge à peine voilé du Grand Condé, à la tête de la Fronde ; ainsi, dès la fin des événements, Corneille est privé de sa charge et de sa pension. Il s'éloigne alors du théâtre, après son premier échec (Pertharite), pour sept ans, durant lesquels il se consacre à une traduction en vers de l'Imitation de Jésus-Christ (1656). Il ne revient au théâtre qu'en 1659 avec OEdipe.

Dernières années
Protégé par Fouquet, puis par Louis XIV, Corneille continue à se consacrer au théâtre, mais Racine a désormais conquis les faveurs du public. En 1670, les deux auteurs se trouvent en rivalité directe lorsqu'ils donnent simultanément des pièces sur le même sujet antique. Racine triomphe avec sa Bérénice, face au Tite et Bérénice de Corneille, qui ne rencontre qu'un succès mitigé. Les pièces de Corneille sont passées de mode, et ses deux dernières créations, Pulchérie (1672) et Surena (1674), sont des échecs. Il meurt à Paris le 1er octobre 1684.

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