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En effet, au XVIIe siècle, les Racine, Corneille… admirent tant ces auteurs, pour leur durabilité et l'universalité de leur analyse psychologique notamment qu'ils écrivent eux-mêmes des tragédies semblables dans une langue poétique et majestueuse, décrivant une action simple et noble, suivant rigoureusement les codes rédigés par les doctes à la suite de la querelle du Cid (cf. II : Les impératifs de la tragédie classique).
Au XVIIIe siècle, la tragédie est "passé de mode" car elle ne permet pas, sous sa forme la plus rigoureuse, la critique et la divulgation des idées des lumières. Mais Voltaire reste un grand admirateur de la tragédie classique et de Racine, à tel point qu'il considérait ses propres tragédies (Œdipe, Brutus, Zaïre, Mahomet, Mérope ) comme la seule partie importante de son œuvre.
La tragédie est, au XIXe siècle, contestée par les romantiques, particulièrement dans le manifeste du mouvement : la préface de Cromwell publié en 1827 où Hugo ridiculise les règles classiques, en prenant comme exemple Cinna de Corneille. La tragédie est donc totalement oubliée tout au long du siècle, et à l'aube du XXe siècle, elle a totalement disparue.
Sous l'impulsion de Cocteau, avec Orphée (1927), la France de l'entre-deux-guerres redécouvre les mythes antiques et pour vingt ans les légendes grecques ou latines sont réactualisées et réorientés vers les interrogations philosophiques modernes, la guerre notamment comme dans La guerre de Troie n'aura pas lieu (Giraudoux). Les grandes tragédies de cette période sont : Antigone de Anouilh, Electre, Amphitryon 38, Ondine de Giraudoux.
II - Les impératifs de la tragédie classique
A la suite de la querelle du Cid, la tragédie classique est codifiée par les doctes. Le but principal de la tragédie classique était de faire naître, chez le spectateur, l'impression d'être "le témoin privilégié d'une aventure authentique et tragique". Ces règles, ce que l'on appellerait aujourd'hui dramaturgie, sont, pour la plupart inspirée de la Poétique d'Aristote. Les personnages sont obligatoirement illustres ou au statut social élevé. Tout ce qui les caractérise découle de cette appartenance (langue soutenue, sentiments, comportements)… L'action doit se situer dans le passé, l'antiquité grecque et latine est préférée. Les trois heures et demie environ du spectacle sont impérativement divisée en cinq actes. La tragédie doit être écrite en vers. L'alexandrin est le mètre noble. La tragédie obéit à la règle des trois unités définie par Boileau de la manière suivante : "Qu'en un lieu, qu'en un jour, un seul fait accompli / Tienne jusqu'à la fin le théâtre rempli". La tragédie doit également respecter les règles de la bienséance : pas de violence sur scène, encore moins de mort (NB : il n'y aucune obligation de faire mourir un ou plusieurs personnages à la fin de la pièce), aucune action "basse" : on ne mange pas sur scène… Le souci de vraisemblance classique est primordial. L'action qui se déroule sur scène est privilégiée par rapport au récit.
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