ABRUPTION, n.f.
Suppression, dans un dialogue ou dans le passage du
récit au dialogue, des transitions que constituent
d'ordinaire les verbes de déclaration.
[ ... 1 il se mit à considérer tendrement Rosanette, en
lui demandant si elle n'aurait pas voulu être cette
femme.- "Quelle femme ?"
- "Diane de Poitiers " (G. Flaubert) ACCUSATIF DE LA FIGURE ÉTYMOLOGIQUE, n.m. Voir
Accusatif d'objet interne.
ACCUSATIF D'OBJET INTERNE, n.m.
Utilisation d'un complément d'objet dont le contenu
apparaît déjà dans le verbe qu'il complète et fondé
la plupart du temps sur la même racine que ce verbe.
Tournez cent tours, tournez mille tours. (P. Verlaine)
Synonyme : Accusatif du contenu, accusatif de la figure
étymologique, figure étymologique, paregmenon.
ACCUSATIF DU CONTENU, n.m. Voir
Accusatif d'objet interne.
ADJONCTION, n.f.
Mise en facteur commun d'un terme commandant plusieurs
structures syntaxiques identiques.
Immoler Troie aux Grecs, au fils dHector la
Grèce... (J. Racine)
ADYNATON, n.m.
Hyperbole - souvent humoristique - aboutissant à la
description de faits inconcevables et contredisant en
particulier les lois de la nature.
[ ... ] ici, on te sort une glace du frigo et le temps de
te la servir, c'est un grog que tu te tapes. (San
Antonio)
ALLÉGORIE, n.f.
Image résultant de la représentation d'un concept par
un être imaginaire, le plus souvent animé, composé de
traits concrets.
M'apparut tristement l'idole de la France [ ... ]
Comme une pauvre femme atteinte de la mort.
Son sceptre lui pendait, et sa robe semée R
De fleurs de lis était en cent lieux entamée (P. de
Ronsard)
ALLIANCE DE MOTS, n.f. Voir Oxymore
ALLITÉRATION, n.f.
Retour d'une sonorité consonantique à intervalles
rapprochés, plus spécialement à l'initiale des mots.
Où l'air bleu baigne un fouillis de fleurs... (A.
Rimbaud)
Synonyme: Retour de sonorité
ALLUSION, n.f.
Référence implicite mais claire à une uvre
antérieure ou à des éléments culturels notoires.
Quel subit passage des terreurs du sort dEncelade
à la ferme espérance de celui de Phaéton !
(Saint-Simon)
AMPHIBOLOGIE, n.f.
Ambiguïté d'une construction donnant lieu à deux
interprétations sémantiques possibles.
J'ai tué un éléphant en pyjama! (G. Marx)
AMPHIGOURI, n.m.
Discours burlesque accumulant les expressions complexes
et inintelligibles pour ne déboucher sur aucun sens
clair.
Or ces vapeurs dont je vous parle, venant à passer, du
côté gauche où est le foie, au côté droit où est le
cur, il se trouve que le poumon, que nous appelons
en latin armyan, ayant communication avec le cerveau que
nous nommons en grec nasmus [ ... ] rencontre en son
chemin lesdites vapeurs [ ... ] ; et parce que lesdites
vapeurs ont une certaine malignité f ... ] il arrive que
ces vapeurs... Ossabandus, nequeis, nequer, potarinum,
quipsa milus. (Molière)
AMPLIFICATION, n.f.
Hyperbole sérieuse caractéristique du style épique.
Mille ans après les tourangelles plaines
Seront encor de carcasses si pleines
[ ... ]
Que les bouviers en traçant leurs sillons
N'oirront tonner sous la terre férue
Que de grands os heurtes de la charrue. (P. de Ronsard)
ANACOLUTHE, n.f.
Transformation, en cours d'énoncé, de la construction
syntaxique que le début de cet énoncé faisait
attendre.
Après boire, l'homme qui regarde la table et qui
soupire, c'est qu'il va parler. (J. Giono)
Synonyme : Rupture de construction
ANADIPLOSE, n.f.
Répétition d'un élément identique à la fin d'un
membre d'une structure et au début du membre suivant (
-A / A - ).
Mourir pour des idées, l'idée est excellente... (G.
Brassens)
ANAGRAMME, n.f.
Mot (ou expression) composé à l'aide des lettres d'un
autre mot (ou d'une autre expression) placées dans un
ordre nouveau.
Avida Dollars (A. Breton) ( = Salvador Dali )
ANAPHORE, n.f.
Répétition d'un élément identique en tête de
plusieurs membres successifs d'une structure ( A -/A
Sèulete sui et seulete vueil estre,
seulete m'a mon doux ami laissiee,
seulete sui sans compagnon ne maistre,
seulete sui dolente et courrouciee (Ch. de Pisan)
ANTANACLASE, n.f.
Reprise dans une phrase d'un même mot pris dans deux
sens propres différents.
Vous vous changez, changez de Kelton. (Publicité)
ANTICIPATION, n.f. Voir Prolepse
ANTICLIMAX, n.m. Voir Gradation
ANTILOGIE, n.f.
Association en une structure syntaxique plus ou moins
lâche de deux termes antithétiques n'appartenant pas à
la même catégorie morpho-syntaxique.
[ ... ] l'amitié devait pardonner à cette légèreté,
toute pesante qu'elle fût. (Saint-Simon)
Synonyme: Paradoxisme
ANTIPHRASE, n.f.
Expression dune idée par son contraire.
Quelle allégresse aurez-vous dans votre âme
Quand d'un époux si beau vous vous verrez la femme !
(Molière)
ANTISTROPHE, n.f. Voir Épiphore
ANTITHÈSE, n.f.
Rapprochement, à l'intérieur d'une structure syntaxique
binaire et équilibrée, de deux termes de même nature
qui s'opposent sémantiquement.
Il fait un peu l'aumône, il fait un peu l'usure... (V.
Hugo)
ANTONOMASE, n.f.
Synecdoque par laquelle un individu est désigné par son
espèce, une espèce par l'un de ses individus, ou un
individu par un individu de la même espèce.
L'Argentin se précipite au filet...
[ ... ] jamais cette image apocalyptique ne fut mieux
réalisée que par ce Lazare sans cesse rappelé du
sépulcre à la vie par la voix de la jeune fille. (H. de
Balzac)
APOSTROPHE, n.f.
Interpellation soudaine, dans le cours de l'énoncé,
d'une personne, ou bien d'une chose, d'une idée que par
là même on personnifie.
À la fin tu es las de ce monde ancien
Bergère ô tour Eiffel le troupeau des ponts bêle ce
matin (G. Apollinaire)
APPOSITION, n.f.
Nom ou groupe nominal s'ajoutant et se rapportant à un
autre nom, ou à un pronom, pour en préciser ou
développer le sens.
Elle a vécu, Myrto, lajeune Tarentine... (A. Chénier)
ARCHAÏSME, n.m.
Utilisation d'un mot ou d'une tournure désuets, ou bien
totalement sortis de l'usage car appartenant à un état
de langue antérieur.
"Ie cuyde, messire, que nous avons dégénéré ! À
la bonne époque de Loys onzième, voire de Beni . amin
Constant, il y avait plus de mutinerie parmi les
escholiers." (G. Flaubert)
ASSOCIATION, n.f.
Énallage de la personne remplaçant je ou tu par on ou
nous.
L'interprétation est impeccable, mais on a un faible
pour Catherine Deneuve. (journalisme)
ASSONANCE, n.f.
Retour d'une sonorité vocalique à intervalles
rapprochés.
C'était à Mégara, faubourg de Carthage, dans les
jardins d'Hamilcar. (G. Flaubert)
ASTÉISME, n.m.
Feinte consistant à se plaindre de ce dont (ou de qui)
on veut par là faire en réalité l'éloge.
Quoi ! toutes deux contre mon cœur, en même temps !
M'attaquer à droite et à gauche !
Ah ! c'est contre le droit des gens ; la partie n'est pas
égale ; et je m'en vais crier au meurtre. (Molière)
ASYNDÈTE, n.f.
Absence de coordination entre des éléments de même
niveau syntaxique.
Le bruit des portes des voix des essieux grinçant sur
les rails congelés. (B. Cendrars)
ATTELAGE, n.m. Voir Zeugme
AUTONYMIE, n.f.
Fait pour un mot de se désigner soi-même en tant que
mot.
[Ils] trouvent incommode que la rate, femelle du rat, ne
prenne qu'un T, tout comme le viscère. (F. Mauriac)
BRACHYLOGIE, n.f. Voir Ellipse
CALEMBOUR, n.m.
Utilisation d'un mot pris à la fois dans deux sens
différents, ces deux sens résultant de la polysémie
d'un mot unique ou de l'homophonie de deux mots distincts
(ou de deux séquences de mots), voire de la paronymie
existant entre deux mots ou deux séquences.
-J'suis dans un état proch' de l'Ohio... (S. Gainsbourg)
-Je vous dis et vous douze que tous ces médecins n'y
feront rian que de Pian claire... (Molière)
- Pour une sonnerie, c'est une belle sonnerie (B.
Lapointe)
CATACHRÉSE, n.f.
Métaphore ou métonymie figée adoptée par la langue.
Les bras du fauteuil ; le premier violon.
CENTON, n.m.
uvre ou passage composés de morceaux empruntés à
d'autres artistes.
Ah ! C'est vous, beuveurs très illustres, vous, goutteux
très-précieux, et vous, croûtés-levés infatigables,
mignons poivrés, qui pantagruelisez tout le jour... (H.
de Balzac)
CHIASME, n.m.
Disposition croisée de quatre termes répartis en deux
séquences syntaxiques (AB - BA), qui réunit au centre
d'une part, aux extrémités d'autre part, des éléments
de même nature ou ayant même fonction syntaxique.
Ces murs maudits par Dieu, par Satan profanés... (V.
Hugo)
CLICHÉ, n.m.
Expression rebattue, plus ou moins figée, et souvent
caractéristique des productions littéraires - ou
pseudo-telles - de second ordre.
"Dans un vacarme d'enfer, l'avion quitta la piste et
se mit à labourer le champ, à grands sillons, comme une
charrue... " (A. Robbe-Grillet)
CLIMAX, n.m. Voir Gradation
COMPARAISON, n.f.
Rapprochement, à l'aide d'un mot de comparaison, de deux
réalités (le comparé et le comparant) appartenant à
deux champs sémantiques différents et dont on affirme
que, d'un certain point de vue, elles se ressemblent
(comparé et comparant ayant au moins un sème en commun)
- ou bien d'une qualité et d'une réalité qui est
censée manifester cette qualité au plus haut point
(qualité qui est alors l'un des sèmes du comparant).
-Ce tracteur roule comme un bolide.
-Mon esprit est pareil à la tour qui succombe
Sous les coups du bélier infatigable et lourd. (C.
Baudelaire)
- Elle est blanche comme la cornette d'une sur dont
le frère travaillerait chez Persil. (San Antonio)
CONCATÉNATION, n.f.
Succession de plusieurs anadiploses (A/A - B/B - C...)
"Dans le cur des femmes, les plis deviennent
promptement des blessures. Ces blessures saignent
bientôt, le mal augmente, on souffre, la souffrance
éveille des pensées, les pensées s'étalent... "
(H. de Balzac)
CONSTRUCTION PARALLÈLE, n.f. Voir
Parallélisme
CONTREPET, n.m. Voir Contrepèterie
|