CONTREPÈTERIE, n.f.
Expression dans laquelle l'échange de la place d'au
moins deux lettres aboutit à une expression différente,
dont le sens est le plus souvent grivois.
Sur cette planète, les plages étaient vertes.
(journalisme)
Synonyme : Contrepet CORRECTION,
n.f.
Reprise oratoire d'une idée qu'on vient d'exprimer et
qu'on corrige, nuance, amplifie.
Le temps s'en va, le temps s'en va, ma Dame;
Las ! le temps, non, mais nous nous en allons (P. de
Ronsard)
DÉRIVATION, n.f.
Proximité, dans le discours, de termes remontant à la
même racine lexicale.
[
] les tentatives comme les tentations des
chercheurs
(J. Lacan)
DIALOGISME, n.m.
Insertion, au milieu d'un récit, d'éléments au
discours direct (dialogue ou monologue censément réels,
ou reproduisant la pensée des personnages ou du
narrateur, ou bien présentant un débat fictif entre le
narrateur et des personnages réels ou imaginaires).
Mme de Coulanges dit: Voilà qui est bien difficile à
deviner; c'est Mme de La Vallière. - Point du tout,
Madame. - C'est donc Mlle de Retz ? - Point du tout, vous
êtes bien provinciale. - Vraiment nous sommes bien
bêtes, dites-vous, c'est Mlle Colbert. Encore moins. -
C'est assurément Mlle de Créquy. - Vous n'y êtes pas.
(Mme de Sévigné)
DIATYPOSE, n.f.
Description vive d'une scène animée.
Tour dessus tour, bond dessus bond se roule
Ce gros morceau qui rompt, fracasse et foule
Les bois tronqués, et d'un bruit violent
Sans résistance à bas se va boulant ;
Mais, quand sa chute en tournant est roulée
Jusqu'au profond de la creuse vallée
S'arrête coi : bondissant il ne peut
Courir plus outre (P. de Ronsard)
DIGRESSION, n.f.
Changement temporaire de sujet dans le cours d'un récit
ou d'un discours (la digression devenant une parabase si
un récit est interrompu pour permettre à l'auteur de
s'adresser au lecteur et d'exprimer directement ses
opinions).
Digression sur le prétendu droit des fils de France de
présenter des sujets pour être faits chevaliers de
l'Ordre. (Saint-Simon) - (Manchette prévenant le lecteur
de la digression à venir)
DORICA CASTRA, n.m.
Répétition d'une même syllabe à la fin d'un mot et au
début du mot suivant.
J'en ai marre / Marabout / Bout dficelle / Sell' de
chval
ELLIPSE, n.f.
Suppression de certains éléments d'une phrase pour la
rendre plus ramassée et plus frappante sans toutefois en
modifier le sens.
Je taimais inconstant ; qu'aurais-je fait fidèle ?
(J. Racine)
Synonyme: Brachylogie
EMPRUNT, n.m.
Reprise avouée de thèmes, d'idées, de formes
d'expression appartenant à des artistes antérieurs.
O Fontaine Bellerie,
Belle fontaine chérie
De nos Nymphes... (P. de Ronsard)
(cf. Horace : 0 fontaine de Bandusie, plus limpide que le
verre
Synonyme: Imitation
ÉNALLAGE, n.f.
Remplacement d'un trait grammatical par un autre, pouvant
affecter les modes et temps verbaux (infinitif pour
indicatif ... ), les catégories grammaticales (adjectif
pour adverbe ... ), la personne ou le nombre (singulier
pour pluriel...)
C'est dire que je me méfie atroce ! (L. F. Céline)
[ ... ] la Faculté confondue, les valets éperdus, le
courtisan bourdonnant, se poussaient les uns les autres
(Saint-Simon)
ÉNUMÉRATION, n.f.
Accumulation, à la suite les uns des autres, de
plusieurs éléments de même niveau syntaxique
coordonnés ou non.
Fuyards, blessés, mourants, caissons, brancards,
civières... (V. Hugo)
ÉPANADIPLOSE, n.f
Répétition d'un élément identique au début d'un
membre d'une structure et à la fin du membre suivant ( A
- / - A ).
Et rose elle a vécu ce que vivent les roses (F. de
Malherbe)
ÉPANALEPSE, n.f. Voir Répétition
EPANORTHOSE, n.f. Voir Palinodie
ÉPIPHONÈME, n.m.
Remarque de portée générale formulée par un auteur au
début, à la fin, ou dans le cours d'un récit qui en
illustre la justesse.
Deux coqs vivaient en paix: une Poule survint,
Et voilà la guerre allumée.
Amour, tu perdis Troie ; et c'est de toi que vint
Cette querelle envenimée,
Où du sang des Dieux même on vit le Xanthe teint.
Longtemps entre nos Coqs le combat se maintint
(J.
de La Fontaine)
ÉPIPHORE, n.f.
Répétition d'un élément identique à la fin de
plusieurs membres successifs d'une structure ( - A / - A
).
Sans bruit je quitt' la maison, tout est gris dehors,
comm' d'habitude.
J'ai froid, je relèv'mon col, comm' d'habitude... (C.
François)
Synonyme : Épistrophe, antistrophe
ÉPIPHRASE, n.f.
1. Bref commentaire, sous forme d'incise, d'un auteur à
propos de l'idée qu'il développe.
Sa fortune était sinon faite, on ne faisait pas sa
fortune auprès du roi, mais sa position assurée. (A.
Dumas)
2. Bref ajout à la fin d'un discours, qui permet d'en
développer une dernière fois, et de manière
imprévisible, l'idée finale.
Ils ont rompu ma robe en rompant mes cités,
Rendant mes citoyens contre moi dépités,
Ont pillé mes cheveux en pillant mes églises,
Mes églises, hélas ! que par force ils ont prises,
En poudre foudroyant images et autels,
Vénérable séjour de nos saints immortels. (P. de
Ronsard)
ÉPISTROPHE, n.f. Voir Épiphore
ÉPITHÈTE D'ORNEMENT, n.f.
Épithète qualifiant un substantif de manière non
nécessaire, c'est-à-dire de manière qualitative et non
déterminative.
Quand le front de l'enfant, plein de rouges tourmentes,
Implore l'essaim blanc des rêves indistincts... (A.
Rimbaud)
ÉPITHÈTE MORALE, n.f.
Épithète qui, se rapportant syntaxiquement à un
substantif qu'elle ne saurait normalement qualifier sur
le plan sémantique, et ne pouvant par ailleurs se
rattacher sémantiquement à aucun autre terme de
l'énoncé, a pour fonction de caractériser le climat
d'ensemble de la phrase où elle apparaît.
[ ... ] leurs tours populeuses ou leurs avenues
urgentes... (J. L. Borges)
ÉPITHÈTE TRANSPOSÉE, n.f.
Hypallage affectant une épithète qu'on fait se
rapporter au terme métaphorique plutôt qu'au terme
propre.
Le blond torrent de mes cheveux immaculés... (S.
Mallarmé)
ÉTYMOLOGISME, n.m., ÉTYMOLOGIE
SAVANTE, n.f. Voir jeu étymologique
EUPHÉMISME, n.m.
Expression ou appellation adoucie - ayant recours à une
périphrase, à une litote, etc. - par laquelle on
remplace une formule plus directe et qui est considérée
comme choquante.
[ ... ] la chambrette où les rois ne vont pas à cheval.
" (A. Cohen)
[
] ce salaud [est] le fils d'une femme de mauvaises mœurs. (A. Cohen)
EXPLÉTION, n.f.
Ajout de mots inutiles au sens comme à la syntaxe.
Mon manège à moi, c'est toi. (É. Piaf)
FAUSSE INTERROGATION, n.f.
Tournure interrogative destinée non pas à questionner
mais à affirmer fortement - et le plus souvent avec
ironie - quelque chose.
[ ... ] Quelque Troyen vous est-il échappé ? (J.
Racine)
FIGURE ÉTYMOLOGIQUE, n.f. Voir
Accusatif d'objet interne
GRADATION, n.f.
Série de plusieurs termes ayant même nature et même
fonction, et exprimant à peu près la même idée de
manière de plus en plus forte (gradation ascendante) ou
au contraire de moins en moins vigoureuse (gradation
descendante ou inverse).
- J'attends, je demande, j'implore... (V. Hugo) -
-... [je suis] ravie - heureuse - contente... " (M.
Proust)
Synonyme : Climax (gradation ascendante), anticlimax
(gradation descendante)
HARMONIE, n.f.
Ensemble des moyens qui aboutissent à l'adéquation de
la forme d'un texte au contenu de celui-ci.
Un ruisseau se rencontre, et pour pont une planche,
Deux Belettes à peine auraient passé de front
Sur ce pont. (f. de La Fontaine)
Synonyme: Harmonisme
HARMONIE IMITATIVE, n.f.
Imitation, par les sonorités d'une phrase, de la
réalité qui y est évoquée.
[
] gemmes rouges de jus (P. Valéry)
HARMONISME, n.m. Voir Harmonie
HENDIADYS, HENDIADYIN, HENDIADYN, n.m.
Remplacement d'un syntagme unique (substantif +
qualifiant) par deux éléments (substantifs)
coordonnés.
[
] il est tout à fait hors de saison de rappeler
Van Gogh et sajolie... (P. Gauguin)
HOMÉOTÉLEUTE, HOMOIOTÉLEUTE, n.f.
Utilisation à intervalles rapprochés de mots
présentant des finales identiques,
[ ... ]spectacle dantesque, gigantesque, burlesque,
grand-guignolesque. (San Antonio)
HYPALLAGE, n.m. ou f.
Déplacement d'un mot dans une phrase, qui lui fait
assurer une fonction syntaxique différente de celle que
le sens exigerait.
- Les moissonneurs posant leurs faucilles lassées(P. F.
Guyot Desfontaines)
- Louer super, c'est Citer. (Publicité)
HYPERBATE, n.f.
Disposition des mots d'une phrase aboutissant à un
éloignement remarquable de deux termes unis par la
syntaxe.
Comme on voit sur la branche, au mois de mai, la rose...
(P. de Ronsard)
HYPERBOLE, n.f.
Expression exagérée ou amplifiée d'une idée ou d'un
fait.
Je m'en vais vous mander la chose la plus étonnante, la
plus surprenante, la plus merveilleuse, la plus
miraculeuse... (Mme de Sévigné)
HYPOTYPOSE, n.f.
Description précise et riche qui est censée mettre sous
les yeux du lecteur, de l'auditeur, la scène ou l'objet
décrits.
Figure-toi Pyrrhus, les yeux étincelants,
Entrant à la lueur de nos palais brûlants,
Sur tous mes frères morts se faisant un passage,
Et, de sang tout couvert, échauffant le carnage
Songe aux cris des vainqueurs, songe aux cris des
mourants,
Dans la flamme étouffés, sous le fer expirants ;
Peins-toi dans ces horreurs Andromaque éperdue (J.
Racine)
IMITATION, n.f.
1. Utilisation dans une langue donnée d'une structure caractéristique d'une autre langue ou d'un état de langue
différent ou antérieur.
By Jove, mon ketchup est maintenant deux !
(Publicité)
2. Voir Emprunt
INVERSION, n.f.
Inversion de l'ordre dans lequel apparaissent normalement
les termes d'une séquence syntaxique donnée.
Chutes à terre elles fussent demain. (P. de Ronsard)
IRONIE, n.f.
Manipulation du contenu sémantique d'un énoncé
consistant à dire autre chose que ce qu'on veut faire
entendre (à l'aide d'une antiphrase, d'une litote, voire
d'une hyperbole, etc.).
Quelle raison aurais-je à combattre vos vux ?
Le parti, de soi-même, est fort avantageux.
Monsieur Tartuffe ! Oh ! oh ! N'est-ce rien qu'on propose
?
Certes monsieur Tartuffe, à bien prendre la chose,
N'est pas un homme, non, qui se mouche du pié,
Et ce n'est pas peu d'heur que d'être sa moitié.
(Molière)
JEU ÉTYMOLOGIQUE, n.m.
Utilisation d'un mot dans son sens étymologique.
Charmes . [titre d'un recueil de poèmes cf. fat .
carmina, "vers" ] (P. Valéry)
Synonyme: Étymologie savante, étymologisme
KAKEMPHATON, n.m.
Calembour portant sur deux séquences phonétiques
identiques ou voisines, dont l'une est incongrue ou
malsonnante.
Et le désir s'accroît quand l'effet se recule... (P.
Corneille)
LAPALISSADE, n.f.
Évidence indiscutable (truisme) présentée sous une
forme naïve ou humoristique.
[ ... ] on part du principe que plus les choses sont
simples, moins elles sont compliquées. (San Antonio)
LATINISME, n.m.
Imitation de la langue latine, fréquente chez les
écrivains des XVI et XVIIème siècles.
Ainsi ceux qui jadis soulaient, à tête basse,
Du triomphe romain la gloire accompagner (J. Du Bellay)
LIEU COMMUN, n.m.
Idée banale et rebattue.
"Avec cette difficulté de trouver du personnel, il
faut être reconnaissant de ce que Dieu nous envoie comme
domesticité, même si ce n'est pas de premier ordre. [
... ] Ces domestiques n'en font pas d'autres. Enfin, nous
sommes à leur merci." (A. Cohen)
Synonyme: Poncif
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