
| Le journal intime est une des pratiques
d'écriture les plus communes de notre société. C'est un genre
littéraire aussi important que le roman ou la nouvelle. Les journaux
intimes naissent à la fin du XVIIIème siècle au même
moment que d'autres formes d'écriture autobiographique. Au départ,
les journaux intimes ne l'étaient pas vraiment. Les jeunes filles
étaient obligées, soit par leurs institutrices, soit par leurs
mères, d'écrire chaque jour le résumé de leur journée afin de
fournir un exercice de mémoire et de rédaction mais en réalité,
plus pour surveiller les pensées.
Celui ou celle qui écrit un journal est appelé diariste. Cet écrit a pour vocation de rester secret et de n'être pas publié mais ce n'est pas toujours le cas : publication sur papier, sur le réseau Internet, sur cassette audio ou vidéo. Certains journaux intimes (ou des fragments) d'auteurs ou de personnalités connues à un titre quelconque sont parvenus à la connaissance du public, le plus souvent à titre posthume : ex : fragments du Journal des frères Goncourt. Ceux d'inconnus n'ont été publiés que fort exceptionnellement. Il relate des événements de la vie privée, de commentaires et de remarques et s'organise chronologiquement selon des rythmes variables : quotidien, hebdomadaire, mensuel... coextensive à la vie toute entière ou bien à une période donnée de l'existence. Les journaux intime qui ont été tenus de façon quotidienne ou presque quotidienne font penser aux journaux de bord des voyageurs. Le journal est un lieu où l'on se confie (d'où l'analogie qui s'impose avec la correspondance), et non une uvre littéraire. Par ailleurs, la relation du journal d'un écrivain avec l'uvre de cet écrivain est tout aussi ambiguë. Le journal, fréquemment plein des échos du travail créateur, est un texte en marge de l'uvre véritable. |
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