LES ORIGINES DE CERTAINS MOTS
| SERVICE
- Vers 1050, le mot service s'écrivait servise et il n'a pris
l'orthographe que nous lui connaissons aujourd'hui que vers 1155.
Service issu du latin classique servitium qui signifiait tout à la fois
: condition d'esclavage, esclavage et classe des esclave. Il a ensuite
pris le sens de office dans le latin ecclésiastique. Il est dérivé du
latin servus signifiant esclave et qui nous a donné serf.
Service est un mot du vocabulaire religieux (vers 1050) et féodal (1080). Il désigne d'abord l'obligation de servir et l'activité qui en résulte, et, notamment le culte rendu à Dieu aussi appelé service de Dieu (vers 1207). Par extension, on l'utilise vers 1175 pour l'ensemble des pratiques destinées à honorer Dieu spécialement de la messe et des prières pour les morts (vers 1175) d'où viendra l'expression service du bout de l'an (1690) pour le premier anniversaire d'un décès et au XIXème siècle (1876) l'expression service funèbre. Avec la même notion d'obligation, service désigne dès la fin du XIème, siècle dans le système féodal les charges du vassal envers son supérieur, spécialement dans le service de l'ost (l'armée) qui donnera le terme hôte au XIIIème siècle. Au XIIème siècle, le mot s'emploie vers 1185 (services 1270) en parlant de l'ensemble des devoirs envers une collectivité (service public) Ces deux valeurs se maintiennent au XVIème siècle où homme de service désigne dès 1538 un homme qui servait dans les armées. Le terme est encore employé à l'époque classique où service désigne alors (1549) la fonction de ceux qui servent l'État et les activités militaires exercées pour le compte d'un pouvoir ; on parle ensuite de service militaire pour ces activités (XVIIIème - vers 1720) devenu institutionnel en 1798. Il est appelé depuis 1971 en France service national. On trouve également les expressions courantes : faire son service et pendant son service. Être de service signifie occupé par sa fonction (1671) et s'emploie en particulier pour un militaire. Être service et service-service signifient (1901) être très pointilleux dans un registre familier. Parallèlement, service désigne une activité particulière que l'on doit accomplir auprès d'une personne, les obligations de la personne qui sert un maître (vers 1170), un employeur et, en général, ce que l'on fait pour quelqu'un tout d'abord dans la locution rendre malvais service à quelqu'un signifiant lui nuire (1080) devenu en français moderne rendre un mauvais service. On trouve aussi les expressions : offrir un service (1170), faire un service à quelqu'un (1370) et rendre service (1610) seul demeuré en usage. De là viennent les sens de salaire, rémunération pour son service (1155) et fin du XIIème siècle, hommage rendu à la femme que l'on courtise. employé au pluriel dans la langue classique (1670). le mot est complètement sorti de l'usage à propos de l'attachement que l'on porte à une femme (XIIIème). Dès le XIIIème siècle, service se spécialise et désigne l'action, la manière de servir à table (faire le service à table au début du XIIIème) et plus généralement la situation, la fonction de domestique. Lié à la fonction de domestique, service s'emploie depuis le milieu du XVIIème siècle pour désigner le travail de la personne qui sert, la manière dont elle le fait, le temps pendant lequel elle sert et aussi (1694) ce qu'un maître exige d'un serviteur. Avec cette valeur, on trouve escalier de service (1842) et porte de service destinés aux employés de maison et aux fournisseurs. Par extension, service est employé dès 1175 pour désigner les plats que l'on apporte à table : premier, deuxième service signifiant vers 1552 première, seconde série de plats servis, repris au XXème siècle (1935) pour première, seconde série de repas servis à la fois, par exemple dans un wagon-restaurant. Le mot s'emploie enfin (fin du XVème, service de table - 1508) pour l'ensemble de la vaisselle et du linge utilisés pour servir à table. Il se spécialise en vaisselle, argenterie (service à café), vénerie. La locution argotique "service trois pièces" (vers 1930) équivaut à parties génitales de l'homme. Service a eu le sens général (1508) d'activité utile demeurant dans des expressions avec la valeur d'usage, de fonctionnement comme dans les expressions : mettre en service (1883), être en service, être hors service (1893), usuelles à propos d'une machine, d'un dispositif automatique. La variante hors service en abrégé H.S. signifie au figuré épuisé. Par ailleurs, service désigne dès 1580 les avantages que l'on tire de quelque chose et s'emploie dans la locution rendre service à quelqu'un (l'aider) (1610). La locution "A votre service" (mil. du XVIIème) s'est employée comme réponse à la question Comment allez-vous ? En matière sportive, au XVIIème siècle, c'est l'idée d'activité qui se réalise qui prévaut. Le service étant l'action de mettre la balle en jeu de paume (1669) et spécialement le jeu pendant lequel on sert (1690, côté où est celui à qui l'on sert la balle). Service a été repris au tennis (1894), au ping-pong pour désigner le premier coup d'un échange. Depuis le XIXème siècle, service désigne un organisme chargé d'une fonction administrative (av. 1835 selon l'Académie). L'expression service public (institutions administratives, mission d'intérêt général - 1835) a pris dans l'usage courant un sens beaucoup plus large. Au sens d'obligation envers la collectivité, service public avait désigné le fait de servir dans l'administration dès 1580. En économie, le mot se dit dès 1875 d'une activité qui représente une valeur économique sans correspondre à la production d 'un bien matériel, surtout utilisé au pluriel : les biens et les services, société de services. Service désigne également (1876) une organisation chargée d'une branche d'activité dans un établissement public, en particulier dans l'armée (1888), par opposition aux unités combattantes. Le mot entre au XXème siècle dans de nombreux syntagmes : services sociaux, service après-vente (1969) en abrégé : S.A.V. Avec la valeur de "action de servir quelque chose", c'est au XIXème siècle que service a pris le sens de distribution d'un journal (1867) employé spécialement dans service de presse (XXème) - envoi d'un livre, d'un disque aux journalistes, d'où par métonymie exemplaire adressé gratuitement, en abrégé S.P. Service signifie également invitation à un spectacle (1871 : aussi billet de service) En zoologie, le mot, en relation avec un sens spécialisé de servir, équivaut (1904) à saillie d'un étalon. |
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