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Club Afrique
 

Plusieurs articles sont parus dans la presse :

 

Les Africains et leurs Amis

  • L'autre diaspora, n°1112, 2000

Par G-H. B. Lonsi Koko

Africains, africanistes et africanophiles partisans des relations franco-africaines se retrouvent régulièrement au sein de "Club Afrique" en vue de définir le contour d’une nouvelle coopération pour le XXIe siècle.

Association à but non lucratif régie par la loi française du 1er juillet 1901, "Club Afrique" est une force de réflexion, un lieu d’échanges intellectuels et culturels, pour promouvoir une meilleure intégration des populations issues des flux migratoires. Cette association se veut aussi un lieu de rassemblement des hommes et des femmes de bonne volonté, afin de réfléchir sur la démocratie et l’économie en Afrique, en vue d’un développement durable.

La vérité, rien que la vérité

Tout en prenant des positions politiques, "Club Afrique" met l’accent sur les progrès que fait sans arrêt le continent africain mais aussi sur tout ce qui ne marche pas. Contrairement à certaines informations diffusées très souvent par les médias occidentaux, force est de constater que l’Afrique ne rime pas seulement avec les images catastrophiques, mais aussi avec la fraternité, la solidarité, la volonté de s’en sortir, etc.

Les membres de "Club Afrique" ne prétendent nullement détenir le monopole de l’information sur l’Afrique, mais ils tiennent à juste titre à ce que les gens disent la vérité. En cas de mensonge, ils n’hésiteront guère à s’octroyer le droit de riposte rectificative.

Moyens et objectifs à long terme

À cœur vaillant, rien n’est impossible. Malgré ses modestes moyens financiers, ne fonctionnant que grâce aux cotisations de ses adhérents, "Club Afrique" mène plusieurs actions dans l’espoir de faire vivre autrement la coopération franco voire europeano-africaine. L’association ouvre entre autres pour une meilleure intégration de la communauté africaine en France sans oublier, non plus, les problèmes des africanistes et africanophiles sur le territoire français et en Afrique.

Comment fonctionne "Club Afrique" afin de faire connaître ses actions et ses idées ? En recourant davantage aux débats, conférences, colloques, manifestations culturelles e t articles de presse. L’association intervient également auprès des structures appropriées (gouvernements, partis politiques, organismes internationaux, ambassades, etc.) pour dénoncer ou régler, dans la mesure du possible, certains problèmes qui interpellent la conscience des Africains et de leurs amis.

Le devenir de la coopération franco-africaine

En tout cas, "Club Afrique" s’efforce d’apporter un plus à la coopération franco-africaine. À l’orée du troisième millénaire, les données de la coopération franco-africaine, voire le dialogue Nord-Sud, ne sont plus les mêmes. Les choses ont beaucoup changé. Face à cette évolution, on doit plutôt s’interroger sur la nouvelle coopération pour le XXIe siècle. Dans un pays comme la France, où vivent de plus en plus de citoyens français d’origine africaine, il est grand temps de penser à leur confier certaines responsabilités en rapport avec l’Afrique. Ces Négropolitains sont à cheval sur les deux cultures – africaine et française – et à même de défendre sans partialité les intérêts des uns et des autres.

Le rôle de la Francophonie

Les valeurs d’échanges culturels, technologiques, etc. sont indispensables dans le cadre de la mondialisation. La Francophonie, sans conteste, est une tribune internationale idéale pour l’Afrique dans la mesure où les pays africains sont majoritaires en son sein. Que les Africains cessent de se lamenter à longueur de journée. Ils doivent plutôt prendre le taureau par les cornes. Les circonstances leur sont favorables. On doit façonner l’argile quand elle est humide. Il leur revient de faire adopter leur point de vue au sein de cette organisation. Si la Francophonie signifie "les plus riches font la loi", que les Africains acceptent alors le verdict actuel. Mais c’est la majorité qui détermine la position finale, il est du devoir des États africains de faire valoir leur vision des choses auprès des Occidentaux.

En guise de conclusion

Avec "Club Afrique", les Africains, africanistes et africanophiles sont persuadés qu’il faut une dose d’imagination, de force et de conscience pour orienter dans le bon sens le dialogue Nord-Sud et rendre enfin indépendant le continent africain. L’Afrique gagnera beaucoup le jour où ses enfants entreprendront une sorte d’autocritique indispensable à l’introspection. Mais il faudrait surtout éviter que ce retour aux sources n’enferme dans le solipsisme ce continent aux potentialités immenses.

Afrique Souveraine - L’Autre Afrique - La Lettre Afrique Expansion

  • Afrique Souveraine, n°2, Avril 2000

Entretien avec l’honorable Banacek LONSI-KOKO, président de Club Afrique.

1) Afrique Souveraine : Pouvez-vous nous présenter Club Afrique ?

Banacek LONSI-KOKO : Association à but non lucratif régie par la loi française du 1er juillet 1901, Club Afrique est une force de réflexion, un lieu d’échanges intellectuels et culturels, pour promouvoir une meilleure intégration des populations issues des flux migratoires. Club Afrique se veut aussi un lieu de rassemblement des hommes et des femmes de bonne volonté, afin de réfléchir sur la démocratie et l’économie en Afrique, en vue d’un développement durable. Tout en prenant des positions politiques, notre association tient à mettre l’accent sur les progrès que fait sans arrêt le continent africain mais aussi sur tout ce qui ne marche pas. L’Afrique ne rime pas qu’avec les images catastrophiques, mais aussi avec la fraternité, la solidarité, la volonté de s’en sortir.

2) A. S. : Quels sont vos moyens d’actions ?

Banacek LONSI-KOKO : Malgré nos modestes moyens financiers, vu que nous vivons seulement des cotisations de nos adhérents, nous tenons à tout prix à faire vivre autrement la coopération franco, voire europeano, africaine. Nous avons des idées et ne manquons pas non plus de volonté. Le reste viendra avec le temps. Nous travaillons pour une meilleure intégration de la communauté africaine en France. Nous n’oublions pas non plus les problèmes de nos amis africanistes et africanophiles aussi bien sur le territoire français qu’en Afrique. Franchement, dans l’espoir de sensibiliser l’opinion publique française aux problèmes des immigrés en matière d’acquis sociaux, moraux, matériels et intellectuels, nous avons besoin de tous nos amis français. Leur participation à nos côtés ne peut que faire avancer les choses.

3) A. S. : Pensez-vous que Club Afrique pourrait apporter un plus à la coopération franco-africaine ?

Banacek LONSI-KOKO : Je le crois fermement. J’en ai fait allusion tout à l’heure. À l’orée du troisième millénaire les données de la coopération franco-africaine, voire du dialogue Nord-Sud, ne sont plus les mêmes. Les choses ont beaucoup changé. Face à cette évolution, nous devons plutôt nous interroger sur la nouvelle coopération pour le vingt et unième siècle. Dans un pays comme la France, il y a de plus en plus de citoyens français d’origine africaine. Le moment est venu, osons le dire, de leur confier certaines responsabilités en rapport avec l’Afrique. Ces Négropolitains sont à cheval sur les deux cultures – africaine et française – et à même de défendre sans partialité les intérêts des uns et des autres. La coopération ne doit pas se réaliser qu’à sens unique, compte tenu ne serait-ce que du préfixe “co”. Il faudrait que le Sud, à son tour, apporte quelques idées novatrices au Nord.

4) A. S. : Comment évaluez-vous l’action du gouvernement Jospin ?

Banacek LONSI-KOKO : Vis-à-vis de l’Afrique ? Je pense sincèrement que le gouvernement Jospin, jusqu’à présent, n’a apporté aucune touche nouvelle à la politique africaine de la France. Par rapport à d’autres gouvernements, c’est “bonnet blanc blanc bonnet”. Franchement, je ne vois rien d’intéressant. Que l’on comprenne mon intransigeance. Qui aime bien châtie bien ! Le Parti Socialiste doit, je l’espère, pallier cette faiblesse. Si la France veut réellement impulser une nouvelle orientation aux relations franco-africaines, elle doit impliquer de plus en plus les Français d’origine africaine. Les Américains l’ont fait à l’égard de l’Europe de l’Est, par le truchement de Madeleine Albright. Pourquoi la France, pour qui l’Afrique représente des enjeux énormes, ne prendra-t-elle pas une pareille initiative ? Mais il revient aussi aux Français originaires d’Afrique de se battre pour que cela se produise. L’homme ou la femme politique ne comprend qu’un seul langage : celui du rapport de force. Appliquons-nous pour qu’il nous soit favorable. Rien ne nous empêche, dans la perspective des élections présidentielles à venir, de prendre notre bâton de pèlerin et de sillonner la France dans l’espoir de mobiliser notre électoral potentiel. Notre pourcentage électoral, en tout cas, nous devons le négocier.

A. S. : Pour en finir, pouvez-vous nous donner la raison qui conduit les électeurs français à voter pour les Français d’origine étrangère ?

Banacek LONSI-KOKO : Faire de la politique, c’est pendre en compte plusieurs paramètres. Il se trouve qu’en France, les électeurs issus de l’immigration deviennent de plus en plus nombreux – équilibrant, de ce fait, les pesanteurs institutionnelles. Plus de soixante pour cent de futurs naturalisés, en ce qui concerne la mise en application de la loi GUIGOU sur la nationalité, sont d’origine africaine. Kofi YAMGNANE, député du Finistère et maire de Saint-Coulitz originaire du Togo, est la meilleure illustration du vote des Français en fonction de la compétence de la personne concernée et non de la couleur de sa peau. À leurs yeux, le “Celte noir” est un enfant du pays. Sur ce plan, reconnaissons-le, le Parti Socialiste français est en avance par rapport à d’autres partis politiques. À la fédération socialiste de Paris, deux secrétaires de section et trois conseillers fédéraux sont noirs : Blaise EKODO, originaire du Cameroun (Paris IXe) et Soulé DIAWARA, originaire de la Mauritanie (Paris XVIIe). Moi-même, qui suis originaire de Kinshasa, je suis secrétaire adjoint de la section François Mitterrand (Paris XVe) et conseiller fédéral, sans compter ma collaboration auprès du Groupe socialiste au Conseil de Paris. Il nous revient, dans le cadre de nos responsabilités, de nous montrer exemplaires afin de ne pas donner prise à certains esprits malveillants. Je suis convaincu que, dans les années à venir, beaucoup d’hommes d’État à la peau noire, ces Gaulois exotiques, contribueront sans complexe à la splendeur de la France.

Propos recueillis par SASSE Sylvain-Koffi

  • La Lettre Afrique Expansion n° 618 du lundi 15 novembre 1999

Club Afrique organise un colloque qui sera consacré à l’Afrique centrale, en particulier, à la problématique de la République Démocratique du Congo (RDC). Colette Braeckman développera, lors de cette rencontre, les thèmes présentés dans son ouvrage intitulé “L’enjeu congolais : l’Afrique centrale après Mobutu” (éditions Fayard) et débattra ensuite avec le public. Ce colloque se déroulera le 22 novembre à Paris. Conseil Régional d’Île-de-France, 35, boulevard des Invalides, 75007 PARIS.

  • L’Autre Afrique n°94 du 4 au 17 août 1999

"Avec le Club Afrique, nous autres, Africains socialistes, nous nous sommes donné une liberté que nous avions pas forcément au sein du parti socialiste [PS français]”, raconte Banacek Lonsi-Koko, président du Club Afrique, chargé de mission et secrétaire adjoint du PS dans le XVe arrondissement de Paris. Le Club Afrique, créé à la fin de l’année 1998 pour réfléchir et “faire vivre autrement la coopération franco-africaine”, d’une part, et pour défendre les intérêts de la communauté africaine, d’autre part, revendique sans complexe sa filiation de gauche. Africains, africanistes, africanophiles s’y retrouvent depuis mars 1999 pour “montrer ce qui ne va pas, mais aussi ce qui va sur le continent”, précise Banacek Lonsi-Koko. “Libre, ensuite, à ceux s’en face de prendre ou pas ce que nous proposons”. Première manifestation d’envergure, organisée par le Club : la rencontre qui s’est tenue au Sénat, en juin dernier, avec Guy Penne, ancien conseiller de François Mitterrand, et Claude Wauthier, autour de leur livre “Mémoires d’Afrique” (Fayard), réunissant une centaine de personnes. A la rentrée, le Club Afrique renouvellera l’essai avec la journaliste belge Colette Braeckman, auteur de “l’Enjeu congolais : l’Afrique centrale après Mobutu”. Coté défense de la communauté, le Club mène un combat pour que les minorités qui ont leur place dans la société française soient enfin visibles. En politique, par exemple, où peu d’élus sont noirs. Ou à la télévision qui se borne toujours à présenter aux Français un certain “type” de Noirs...