Louis XIII, 1610-1643

La naissance
Conscience de roi
Heroard
Sacre
Le grand orage
Sommaire époque moderne
Sommaire général

Né en 1601 à Fontainebleau, Louis XIII passe la plus grande partie de son enfance à Saint-Germain-en-Laye. La naissance de Louis fut pour son père un grand bonheur : "les larmes coulaient sur la face aussi grosses que des petits pois". Son éducation est rude ; il souffre d'un manque d'affection. Mélancolique, il passe beaucoup de temps à réparer des armes ; il aime le dessin et la musique, l'équitation et la chasse. Il déteste le luxe vestimentaire. Sa santé est précaire comme en témoigne le journal de son médecin Héroard (bile noire, neurasthénie, angoisses, migraines, entérite (intestin), tuberculose). Il meurt à 42 ans seulement. Sa mère est hystérique. Son mariage consommé 4 ans après la cérémonie (1615 à 1619). Il est ensuite amoureux de la reine qui fait trois fausses couches. L'absence de dauphin est ressentie comme un drame. Louis se réfugie souvent dans des retraites plutôt solitaires à Noisy-le-Roi et Versailles pour y chasser. Il reste fidèle à son acolyte Richelieu. Intraitable lorsqu'il s'agit des affaires de l'Etat, il est aussi roi-soldat et très chrétien.

"Louis a forte conscience, dès l'âge de sept ans, de la position éminente qui est la sienne. "Mon rang est partout" rétorque-t-il à son frère naturel, "Féfé Vendôme", qui l'exhorte, croyant bien faire, à prendre sa place dans un ballet de cour à Fontainebleau." Il est très vite conscient de sa place après la mort de son père : "Réjouir le peuple, craindre Dieu, faire justice, telle est la multiple fonction de Sa Majesté". Tallemant des Réaux lui prête des tendances homosexuelles et critique le récit de Héroard au début de la vie de Louis : "vous ne voyez rien, sinon à quelle heure il se réveilla, déjeuna, cracha, pissa, chia...". Remarquable chasseur, il a déjà tué huit cerfs à neuf ans. Il tue les animaux et les collectionne. Attiré par les matières artistiques, il est en revanche bègue et fort peu latiniste. Coléreux, il est capable aux bons moments de sang-froid.

Héroard a écrit 11 054 pages sur l'enfance de Louis. Au début, il explique que Louis bébé est simplement frotté de corps gras. Comment s'étonner alors de l'apparition de croûtes, rouges au ventre et aux jambes, de la gale sur la tête et des oreilles ensanglantées. Il raconte les premiers sourires à sa gouvernante qui n'hésitera pas ensuite à manier le fouet (avec la bénédiction de son père : "je veux que vous le frappiez jusqu'au sang") ; les balbutiements à 10 mois ; ses sentiments de supériorité à l'égard de Féfé chevalier (le fils d'Henriette d'Entragues) et ses crises de colère (132 entre 1601 et 1610). L'enfant apprend par coeur des poèmes comme les Proverbes de Salomon et les Quatrains de Pibrac. Pieux, le petit roi sait des prières en latin et en français. Rejeté du conseil, il y entre enfin le 2 juillet 1609.


Louis XIII est sacré dans sa neuvième année à Reims (Henri IV avait été sacré à Chartres). La province de Champagne tenait à ce lieu. L'événement se déroule le dimanche 17 octobre à midi. Le roi demeure quelques jours à Corbeny lieu où sont entreposées les reliques de saint Marcoul, pieux abbé à l'invocation duquel les rois de France auraient été redevables de leur pouvoir de guérison. Selon Héroard, le roi toucha près de 900 malades.

Louis XIII doit pour gouverner s'affranchir de la régence de sa mère Marie de Médicis qui gouverne avec autorité pendant son enfance. Concini aide Marie de Médicis dans sa tâche. C'est elle qui marie son fils à l'infant Anne d'Autriche. À 16 ans, Louis se débarrasse de Concini. Enfant maladif, inquiet, "opiniâtre" d'après son médecin Héroard ; passionné de vénerie, d'armes à feu, il ne se livre qu'à son maître de fauconnerie Luynes. Il fait de ce dernier son principal ministre dont l'action sera aussi impopulaire que celle de son prédécesseur. Marie est reléguée à Blois d'où elle se sauve en février 1619. Avec l'aide de Richelieu, elle revient même sur le devant de la scène.

Louis s'occupe de rétablir la religion catholique dans le sud-ouest de la France. Les affaires intérieures et les problèmes avec les Habsbourg dans les années 20 conduisent Louis à accepter Richelieu dans son Conseil (1624). Entre 1626 et 1628, le problème protestant trouve une solution après le siège de La Rochelle. Le parti dévot animé par le cardinal de Bérulle, la reine-mère, Gaston, frère du roi pousse le roi et Richelieu à prendre des mesures radicales pour extirper le protestantisme du royaume. "Le grand orage" éclate le 10 novembre 1630 : Louis renouvelle sa confiance à Richelieu ; le parti dévot est démantelé et Marie de Médecis obligée de s'exiler aux Pays-Bas.

A partir de 1630, la lutte contre les Habsbourg est l'objectif privilégié (guerre de trente ans). Richelieu met aux ordres les provinces et utilise des expédients pour enrayer le déficit du budget. Les complots se multiplient. Clergé et parlements entrent dans une résistance larvée. La pression fiscale engendre des révoltes populaires dans les campagnes (1636 : Les Croquants entre Loire et Garonne, les Va-nu-pieds en Normandie en 1639).

Le 4 décembre 1642, Richelieu disparaît. Le roi meurt le 1er mai 1643 alors qu'aucun des problèmes du royaume n'a trouvé de solution.

D'après Y.M Bercé La naissance dramatique de l'absolutisme, H. Methivier Le siècle de Louis XIV, F. Lebrun, le XVIIe, E. Leroy Ladurie, L'ancien régime. J. Cornette, "Louis XIII, enfant-roi", L'histoire, n°200.