La puissance américaine
LA PUISSANCE AMÉRICAINE

Depuis la chute du mur de Berlin et du communisme dans les pays d'Europe de l'Est, les États-Unis d'Amérique demeurent la seule grande puissance. Les critères qui permettent de spécifier cette puissance sont variés.

L'étendue du territoire ne suffit pas à expliquer la place des États-Unis dans le monde même si ce territoire est bien maîtrisé.
La population est d'origine variée : l'excédent migratoire est de 23 millions de personnes sur une période de 45 ans avec une proportion de plus en plus importante d'Hispaniques et d'Asiatiques. Les migrations représentent entre le cinquième et le quart de la croissance démographique. Ce mélange apporte une richesse culturelle et constitue un atout pour les relations commerciales. Les jeunes diplômés contribuent par exemple au succès des États-Unis dans le secteur de la recherche comme en témoigne le nombre de "nobélisés" (80 sur 125 depuis 1975). Les personnes qualifiées sont le tiers des immigrants. Boston est le centre de la recherche avec le MIT et Harvard. Le Massachusets Institut of Technology fondé en 1861 compte 10 000 étudiants et un millier d'enseignants dont plusieurs prix Nobel.
La
production industrielle donne aux Américains une position dominante, en particulier pour des produits de pointe : composants électroniques, ordinateurs et logiciels. Sa production de céréales (62 millions de tonnes) fait d'eux le premier exportateur mondial (avec deux grandes sociétés : Cargill et Continental). Les multinationales américaines employent environ 25 millions de personnes (7 à l'étranger), réalisent deux tiers des exportations américaines et 38 % des importations ; surtout avec les pays développés. Sa monnaie, le dollar, constitue l'essentiel des réserves de change des banques centrales et sert de référence pour les échanges commerciaux malgré la concurrence de l'Euro. Les investissements à l'étranger ont été entre 1973 et 1993 de 420 milliards de dollars dont 40 % en Europe. Les États-Unis représentent 13,3 % du commerce mondial contre 9,4 et 7,6 pour l'Allemagne et le Japon.

Apollo 9

 

Mission Apollo 9 : la conquête de l'espace, un lieu pour mesurer sa puisance.

Le maintien du rang dépend aussi des flux financiers vers le pays : les États-Unis consomment le quart des richesses de la planète.
L'armée américaine fait de plus en plus figure de "police du monde". 4,3 % du PNB américain passe dans les dépenses d'armement (plus que le cumul des dépenses de la Russie, du Japon, de l'Allemagne et de la Grande-Bretagne) ; une bonne partie est exportée. En ex-Yougoslavie, l'intervention militaire des occidentaux a été largement dirigée par les militaires américains.
La
culture américaine est souvent présentée comme un rouleau-compresseur : l'anglais est la deuxième langue parlée dans le monde (470 millions de personnes contre 110 millions de francophones). Les universités accueillent, selon les chiffres de l'UNESCO, 453 000 étudiants étrangers, soit presque le tiers des étudiants expatriés dans le monde. Il y a douze fois plus de biens audiovisuels exportés par les États-Unis que d'importés. Entre 1985 et 1994, la part de marché des films américains est passée de 56 % à 76 % sur les chaînes européennes. CNN est reçue par près de 180 millions de personnes dans le monde et Time magazine est lu par 4,1 millions de gens.

Existe-t-il des limites à la puissance des États-Unis ?

Le déficit commercial américain est considérable et fragilise le pays ; la hausse considérable de la bourse repose en partie sur des investissements individuels financés par crédit ; la parcellisation de l'URSS a engendré la dissémination de son armement : les États-Unis ne parviennent pas à contrôler cette tendance et la diffusion de l'islam intégriste ; la résistance à la culture américaine existe - en France par exemple - et donne des résultats modestes mais réels. Ces nuances ne changent rien à une réalité de cette fin de millénaire : les États-Unis dominent le monde.

D'après G. Dorel dans Documentation photographique