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Cette partie a pour but d'expliquer le plus simplement possible la méthode de repérage et de dessin de ces astres chevelus.I. BUT
Mener à terme une observation quelle qu'elle soit, en réalisant des travaux sérieux, impose de bien se préparer. Il est donc nécessaire de posséder un minimum de moyens.II. MOYENS NECESSAIRES
Ce minimum comprend de la documentation et du matériel.
La documentation
Les éphémérides de la comète. C'est à dire la position de l'astre en : l'ascension droite (Est-Ouest, en heure (h), minutes (m) et éventuellement en secondes (s)), la déclinaison (Nord-Sud, en degrés (°), minutes (') et éventuellement en secondes ('')), pour plusieurs dates successives, ses positions géocentriques et héliocentriques, ses magnitudes, son élongation, etc... (annexe 1). Ces éphémérides peuvent être trouvés dans les revues d'astronomie comme Astronomie Magazine, Ciel et Espace ou dans la rubrique "Observations et Travaux" de l'Astronomie éditée par la Société Astronomique de France ; dans l'Annuaire du Bureau des Longitudes ; dans le Bulletin de la Commission des comètes ; ainsi que sur bien d'autres sites...
Des cartes célestes à petite échelle qui montrent une ou plusieurs constellations comme celles de la "Revue des Constellations" de la Société Astronomique de France, le "Star Atlas 2000.0" voire même le "Sky Atlas 2000.0" de Will Tirion.
Des cartes célestes à moyenne échelle qui vous permettent de cheminer d'étoiles en étoiles jusqu'à la position de la comète, telles celles de l'atlas de l'American Association of Variable Stars Observers (A.A.V.S.O.), ou le Becvar.
Des cartes célestes à grande échelle qui représentent une position infime du ciel, avec si possible les étoiles à la magnitude visuelle accessible avec l'instrument, telles que les cartes du Smithonian Astronomical Observatory (S.A.O.), du Falkauer Atlas, de l'atlas Uranometria 2000.0 de Will Tirion, de l'atlas Stellarum, ou bien de cartes créées à l'aide de logiciels comme Skymap Pro par exemple pour ne citer que lui.
Une feuille de calque ou de rhodoïd sur laquelle sont tracés à l'échelle de vos cartes, des cercles correspondant au champ de vision des oculaires utilisés pour l'observation.
Des fiches d'observation standard, type I.H.W (International Halley Watch), type R.C.P. 639 (Recherche Coopérative sur Programme) ou personnelles.
Le matériel
| Date
JD
Mag Geo R.A.
Geo Dec El
° Distance Rise
Set
21 janv. 2001 2451930.5000 6.8 15h 52m 07.0s +03° 44' 36" 68.1 1.3175 03:27:36 16:09:41 24 janv. 2001 2451933.5000 6.9 16h 00m 29.9s +06° 35' 30" 70.1 1.3051 03:11:36 16:18:57 27 janv. 2001 2451936.5000 6.9 16h 08m 51.6s +09° 30' 22" 72.0 1.2958 02:55:03 16:28:46 30 janv. 2001 2451939.5000 7.0 16h 17m 11.7s +12° 28' 18" 73.8 1.2897 02:37:49 16:39:13 02 févr. 2001 2451942.5000 7.0 16h 25m 29.6s +15° 28' 16" 75.5 1.2869 02:19:51 16:50:24 05 févr. 2001 2451945.5000 7.1 16h 33m 44.7s +18° 29' 09" 77.2 1.2876 02:00:59 17:02:24 08 févr. 2001 2451948.5000 7.2 16h 41m 56.6s +21° 29' 48" 78.7 1.2918 01:41:05 17:15:23 11 févr. 2001 2451951.5000 7.3 16h 50m 04.4s +24° 29' 05" 80.2 1.2995 01:19:56 17:29:35 14 févr. 2001 2451954.5000 7.4 16h 58m 07.5s +27° 25' 58" 81.5 1.3106 00:57:12 17:45:19 17 févr. 2001 2451957.5000 7.5 17h 06m 04.8s +30° 19' 27" 82.6 1.3251 00:32:29 18:03:02 20 févr. 2001 2451960.5000 7.6 17h 13m 55.5s +33° 08' 41" 83.7 1.3429 00:05:03 18:23:33 23 févr. 2001 2451963.5000 7.7 17h 21m 38.4s +35° 52' 54" 84.6 1.3637 23:21:57 18:48:25 26 févr. 2001 2451966.5000 7.9 17h 29m 12.5s +38° 31' 30" 85.3 1.3875 22:40:16 19:21:29 01 mars 2001 2451969.5000 8.0 17h 36m 36.7s +41° 04' 03" 85.9 1.4141 21:28:14 20:24:34 04 mars 2001 2451972.5000 8.1 17h 43m 50.0s +43° 30' 13" 86.4 1.4431 --:--:-- --:--:-- 07 mars 2001 2451975.5000 8.2 17h 50m 51.3s +45° 49' 49" 86.8 1.4745 --:--:-- --:--:-- 10 mars 2001 2451978.5000 8.3 17h 57m 39.6s +48° 02' 50" 87.0 1.5079 --:--:-- --:--:-- 13 mars 2001 2451981.5000 8.5 18h 04m 13.6s +50° 09' 18" 87.2 1.5433 --:--:-- --:--:-- 16 mars 2001 2451984.5000 8.6 18h 10m 32.2s +52° 09' 23" 87.2 1.5803 --:--:-- --:--:-- 19 mars 2001 2451987.5000 8.7 18h 16m 33.7s +54° 03' 16" 87.2 1.6187 --:--:-- --:--:-- 22 mars 2001 2451990.5000 8.9 18h 22m 16.8s +55° 51' 09" 87.1 1.6584 --:--:-- --:--:-- 25 mars 2001 2451993.5000 9.0 18h 27m 39.7s +57° 33' 17" 87.0 1.6992 --:--:-- --:--:-- 28 mars 2001 2451996.5000 9.1 18h 32m 41.0s +59° 09' 56" 86.8 1.7410 --:--:-- --:--:-- 31 mars 2001 2451999.5000 9.2 18h 37m 18.9s +60° 41' 19" 86.5 1.7834 --:--:-- --:--:-- |
Il faut savoir que ce n'est qu'une magnitude estimée et que la comète peut apparaître plus ou moins brillante, et/ou avoir des sursauts d'éclat.
Tracé de la trajectoireIl s'agit de déterminer la position de l'orbite cométaire sur la voûte céleste.
Pour cela, sur les cartes à petite échelle,
vous reporterez pour chaque date les coordonnées de la comète.
Procédez soigneusement en effectuant une croix (+) à l'endroit
prévu, et non pas un point (.) qui peut être pris pour une
étoile.
Pour la même raison, le jour et le mois des
dates seront séparés par un slash (/).
Attention, la majorité des éphémérides
cométaires sont calculées d'après l'équinoqe
1950, il serait judicieux que vos cartes soient établies d'après
cette référence.
Si ce n'était pas le cas, comme pour le Sky
Atlas 2000 qui est basé sur l'équinoxe 2000, il vous faudra
corriger les coordonnées de la valeur de la précession pour
la période séparant ces deux dates.
Déterminez maintenant vos périodes
d'observation.
Position de la comèteSur les cartes à moyenne et à grande échelle correspondant à vos périodes d'observation, vous situerez par une croix (+), aussi finement que possible la position de la comète.
Il est recommandé de positionner la comète pour des périodes allant un peu au-delà, avant et après, de celles retenues pour vos observations. Vous aurez ainsi les positions supplémentaires qui vous facilitent le traçage de l'orbite cométaire et vous permettent de la rendre régulière et juste. Les trace-ellipses, pistolets et perroquets, sont des gabarits de courbes coniques qui conviennent très bien pour la réalisation de ces tracés.
Vous noterez les particularités et les phénomènes rencontrés - passage à proximité d'objets remarquables, occultation d'étoiles, etc... - et vous en concluerez l'heure afin de ne pas être surpris au moment de l'observation.
Etalonnage des oculairesIl vous faut connaître le champ de vision des oculaires du chercheur ainsi que de l'instrument utilisé. Si cela n'a pas encore été fait, voici une méthode d'étalonnage d'oculaires à réaliser après avoir mis l'instrument en station.
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Le champ de l'oculaire sera = T x 15 x cos d
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T
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Temps de défilement de l'étoile en secondes de temps |
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15
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Conversion des secondes de temps en secondes d'arc |
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Delta
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Déclinaison de l'étoile ayant servi à la mesure de T |
Ensuite dessinez sur une feuille de calque des cercles représentant les différents champs de vos oculaires à l'échelle des cartes utilisées. Repérez vos cercles sur la feuille de calque en fonction des champs et des cartes. Une feuille de calque avec les champs par carte est souhaitable.
Il est nécessaire que l'instrument à monture équatoriale soit en station, c'est à la table équatoriale bien horizontale et l'axe horaire parallèle à l'axe des pôles. Avec un peu d'habitude, la méthode de Bigourdan permet une assez rapide mise en station.IV. POINTAGE DE L'INSTRUMENT
Cette opération n'a pas pour but particulier le suivi de la comète, car il est rare qu'une orbite cométaire soit parallèle à l'équateur céleste, mais elle permet un pointage soigné à l'aide des cercles de coordonnées, et de conserver l'astre dans le champ de votre oculaire durant toute la réalisation de votre dessin grâce à l'entrainement horaire de votre instrument.
Trois méthodes s'offrent à vous pour pointer l'instrument vers la comète. Vous choisirez l'une ou l'autre de ces méthodes, en fonction de la qualité de votre mise en station, de la finessse des graduations des cercles de coordonnées et de votre habitude à manier l'instrument.
Pointage par calage sur l'heure sidéraleIl s'agit de régler le cercle horaire sur l'heure sidérale du lieu d'observation. C'est une opération assez complexe car il faut tenir compte de la longitude du lieu d'observation et cela nécessite d'effectuer quelques calculs.
Puis il suffit de positionner l'instrument de façon que les coordonnées de la comète se lisent sur les cercles d'ascension droite et de déclinaison.
Pointage par calage différentielIl s'agit de pointer d'abord une étoile assez brillante située plus près de l'équateur céleste que la comète et dont vous connaissez les coordonnées que vous afficherez ensuite sur les cercles de votre monture. Connaissant les coordonnées de la comète au moment de l'observation, il suffit de faire pivoter l'instrument dans le bon sens de la valeur de la différence entre les coordonnées.
Assurez-vous que les coordonnées de l'étoile repère et de la comète soient bien selon le même équinoxe.
Pointage par la méthode du cheminementCette méthode a l'avantage de ne pas avoir recours aux cercles de coordonnées, ce qui lui permet d'être utililisée par les possesseurs d'instruments sur montures azimutales.
Il s'agit en partant d'une étoile assez brillante, facile à trouver dans le chercheur de votre instrument, de cheminer d'étoile en étoile jusqu'au champ stellaire comprenant la comète.
Ce cheminement sera d'autant plus facile qu'à chaque phase d'avancement deux étoiles-jalons seront contenues dans le champ de l'oculaire.
Il ne vous reste plus maintenant qu'à essayer d'identifier la comète recherchée en comparant le champ stellaire vu à l'oculaire à celui de la carte inscrit dans le cercle de la feuille de calque correspondant au champ de votre oculaire, surtout si l'aspect cométaire n'est pas évident.
Il est impératif d'être parfaitement adapté à la complète obscurité. Alors qu'une vingtaine de minutes suffit pour une première adaptation à la vision nocturne, une heure amène une amélioration importante pour la détection des sources faibles.V. OBSERVATIONAdaptation à l'obscurité
Vous profiterez de cette période d'adaptation pour vous orienter dans la voûte céleste et reconnaître les champs stellaires.
Vision et grossissementDerrière l'oculaire, la vision décalée ou indirecte est utile pour chercher un objet ou un détail faible à la limite de la sensibilité de l'oeil. Elle est recommandée pour rendre les nuances. Déplacez l'oeil dans le champ observé. Evitez de toujours fixer le même endroit de champ car cela crée des images fantômes subjectives.
La vision directe est utilisée pour saisir les régions les plus éclatantes.
Le grossissement à employer est égal à la moitié du diamètre, exprimé en millimètres, de l'objectif de votre instrument (G =D/2). Pour les détails, noyaux, jets gazeux, etc.., il faut forcer un peu l'amplification. Mais il n'est pas avantageux que le grossissement dépasse le diamètre, exprimé en millimètres,de l'objectif de votre instrument (G=D).
Vous pouvez toujours grossir plus, de manière à assurer la résolution, mais ce sera au détriment des détails moins contrastés, détails qui peuvent être les restes de structures ou de jets anciens.
I1 est utile de changer souvent de grossissement, rester trop longtemps avec le même oculaire entraîne de la fatigue, de l'imagination, et de la buée.
J'aborderai dans le chapitre suivant le dessin au chercheur (ou à l'oculaire de faible grossissement), et le dessin à l'oculaire (de grossissement plus important).
Le dessin a l'avantage sur la photographie d'être exploitable de suite, sans connaître pour l'amateur les incertitudes de la prise de vue et du développement, de ne pas nécessiter de matériel onéreux et d'être à la portée de tous.VI. LE DESSINGénéralité
Ce n'est pas une oeuvre d'art qui est demandée, mais un document technique objectif et honnête sur ce que vous avez observé.
La qualité de votre travail dépendra
de votre familiarisation avec le matériel, familiarisation qui n'est
fonction que de la fréquence d'utilisation de ce matériel,
et de l'éducation de votre oeil à l'observation astronomique.
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Éducation de l'oeilPour acquérir cette éducation, il vous faut observer souvent ; passez de longs moments à l'oculaire en respectant des poses fréquentes en fermant l'oeil par exemple pour éviter la fatigue et les mauvaises interprétations. Il faut saisir les moindres détails, représenter ce que vous observez.
Commencez par dessiner des choses simples, nettes et contrastées, dans de bonnes conditions de visibilité, tels les cratères lunaires près du terminateur, limite de la partie sombre et de la partie éclairée.
Puis augmentez la difficulté en choisissant des astres moins nets et moins lumineux, dans des conditions qui peuvent être plus ou moins favorables, telles les planètes.
Si vous maîtrisez cette technique, passez à des objets faibles qui sont fixes par rapport aux repères stellaires, telles les nébuleuses et les galaxies, les amas ouverts pour apprendre à schématiser les configurations stellaires.
Et vous terminez par les comètes qui, du fait de leur approche et de leur éloignement au Soleil, de leur position relative à la Terre, se présentent comme des objets nébuleux pouvant montrer des structures et des détails plus ou moins contrastés.
Fiche d'observationCe document comprend le dessin et les informations utiles et nécessaires pour l'exploitation de ce dessin.
Les dessins devront être à l'échelle, c'est à dire respecter les positions relatives des astres, des détails. Les ombres et les dégradés seront fidèlement exprimés. L'orientation sur la voûte céleste par rapport aux étoiles du champ, la direction du mouvement diurne et l'échelle seront précisées sur le dessin.
Vous ajouterez votre nom, celui de l'astre observé, la date, l'heure et le lieu d'observation, ainsi que l'instrument et le montage optique utilisés.
Une fiche technique standard accompagnera votre dessin. Elle comportera : Nom et prénom de l'observateur, coordonnées du lieu d'observation, conditions météorologiques, caractéristiques de l'instrument, les montages optiques et les accessoires utilisés, le nom de l'astre observé, les heures de début du dessin, de mise en place de la comète et de fin de dessin (pour les planètes vous noterez les heures de mise en place des détails), toutes informations utiles à l'exploitation du dessin.
À défaut de fiche standard, et si vous
ne désirez avoir qu'une seule feuille vous pouvez créer votre
propre fiche...
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Mais si vous désirez travailler au sein d'associations ou communiquer vos travaux à de grands organismes, il est vivement conseillé, pour que vos observations soient prises en considération, d'utiliser les fiches standard émises par ces associations ou ces organismes.
Dans ce genre de dessin il ne faut pas se laisser emporter par son élan. Restez sur le cratère, la montagne ou le détail choisi et ne vous étendez pas sur les formations avoisinantes. Sinon vous ne représenterez que des reliefs faciles au détriment des petits détails. Maîtrisez-vous car c'est une tentation à laquelle résiste peu l'astrodessinateur débutant.
Avec de faibles grossissements ce sont déjà de respectables formations qui apparaissent, avec des grossissements plus importants c'est une multitude de détails qui s' offre à l'observation.
Ne cherchez pas immédiatement le détail qui vous fera perdre le sens des proportions générales. Représentez d'abord la configuration générale du site choisi, puis mettez en place les détails par leurs contours en commençant par les plus grands. Les plus petits s'en trouveront ainsi mieux disposés. Puis ombrez, grisez votre dessin, les taches claires en premier car il est plus facile de foncer que d'éclaircir.
Votre dessin prend corps, il a de l'allure, mais il lui manque les informations techniques pour être exploitable, échelle, nord, etc... Nous aborderons cela dans le dessin cométaire.
Il vous faut tenir compte des vitesses de rotation des zones équatoriales et tempérées qui sont très rapides et différentes. Comme vous le savez Jupiter tourne sur elle-même en moins de 10 heures, 36" (secondes) d'arc environ à la minute, ce qui entraîne un applatissement aux pôles sensible à l'oculaire. I1 est donc nécessaire au préalable d'établir un gabarit.
Commencez par situer les différentes bandes. Travaillez par bandes successives, équatoriales, tropicales, tempérées, en positionnant d'abord les formations qui,de par la rotation de la planète,vont disparaitre. Notez les heures de mise en place de ces formations.
Puis fignolez les détails, peaufinez le rendu des nuances, et établissez votre fiche d'observation.
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Dessin cométaireLes comètes, comme les planètes, se déplacent sur la voûte céleste, mais leur grande vitesse relative et la proximité de leur périhélie font que leur éclat et leur morphologie subissent des variations rapides et deviennent saisissables à l'oculaire.
L'évolution d'un phénomène est de quelques heures, vous avez donc intérêt d'effectuer un dessin toutes les heures, mais cette fréquence peut être déterminée en fonction de l'évolution structurale de la comète et du déplacement de l'astre sur la voûte céleste.
Prenez votre temps pour faire cette mise en place, elle peut durer plusieurs minutes. N'oubliez pas de noter l'heure de début du dessin, le Nord, le sens du mouvement diurne.
Pour connaître le Nord, appuyez légèrement sur votre télescope coté miroir primaire,ou éventuellement soulevez le du coté miroir secondaire, tout en conservant l'oeil à l' oculaire. La direction opposée au mouvement des étoiles vous indiquera le Nord.
Pour le mouvement diurne, il suffit d'arrêter le mouvement horaire de votre instrument, le sens de défilement des étoiles vous indiquera l'Ouest.
Bien souvent sur les fiches standardisées on vous demandera le Sud et l'Est.
Puisque le mouvement horaire est arrêté, profitez-en pour étalonner votre dessin.
Revenez sur la comète et choisissez deux étoiles-repères brillantes, assez éloignées l'une de l'autre et sensiblement de même déclinaison, c'est à dire situées sur la même horizontale Est-Ouest.
Placez le fil vertical de votre réticule sur celle qui est à l'Ouest et déclenchez votre chronomètre. Lorsque la deuxième étoile-repère arrive derrière le fil vertical du réticule arrêtez votre chronomètre. Vous avez ainsi le temps de défilement entre les deux étoiles. Cela vous servira au moment de la réduction de votre observation, à déterminer la distance angulaire entre les deux étoiles, et par voie de conséquence l'échelle de votre dessin, 1 cm par ' (minute) d'arc est une bonne échelle.
Revenez sur la comète et remettez le mouvement horaire. Positionnez le plus soigneusement possible le centre de l'astre, la partie brillante supposée être le noyau, sur le fond d'étoiles que vous venez de dessiner,et notez l'heure de cette mise en place.
Ensuite commencez l'esquisse des structures perçues en respectant les contrastes, les assymétries. Des poses à l'oculaire de plusieurs dizaines de secondes seront nécessaires pour saisir les faibles détails.
Observez alternativement autour de la condensation nucléaire et représentez son éventuelle allongement, dédoublement ou la présence de condensations secondaires, les zones plus claires et les plus contrastées.
Notez l'heure de la fin du dessin. La durée d'un tel travail est d'une dizaine de minutes. Au delà vous vous fatiguerez et si la comète se déplace rapidement sur la voûte céleste, elle ne sera plus au même endroit et vous risquerez d'en exagérer en plus ou en moins ses dimensions et de fausser l'orientation des structures.
De plus, ce vaste champ peut contenir simultanément plusieurs étoiles d'éclat assez important pour faciliter l' orientation du dessin.
Un soin tout particulier sera apporté à la représentation des dimensions et à la direction des jets et des structures internes.
Dans le cadre d'une campagne d'observations cométaires et si vous possédez plusieurs instruments, il est conseillé de toujours travailler avec le même instrument afin que vos travaux restent homogènes.
Mais cela ne vous empêche nullement, entre deux dessins, de faire une observation dans un autre instrument.
Pour être validée, votre observation doit être confirmée par une seconde réalisée aussitôt après et si possible par une autre personne, surtout en cas de phénomène important.
Par ce terme il faut comprendre la remise au propre du dessin que vous avez élaboré, l'oeil à l'oculaire de votre instrument et dans des conditions plus ou moins confortables.VII. RÉDUCTION DES OBSERVATIONS
Pour reproduire le plus fidèlement possible le dessin initial, servez-vous d'une feuille de calque.
Respectez les dimensions et les orientations des détails cométaires, structures et jets. N'enjolivez pas et ne modifiez pas votre impression première.
Rendez fidèlement les nuances entre les différents éclats.
A l'aide d'une carte vérifiez l'orientation de votre dessin, puis déterminez-en l'échelle. Pour cela plusieurs solutions s'offrent à vous en fonction des précautions prises et des moyens disponibles.
Méthodologie de réduction avec un atlasVous n'avez pas mesuré le temps de défilement entre des étoiles repères, vous n'avez pas de catalogue, mais vous disposez d'un atlas. Voici une méthode pour réduire votre observation.
Mesurez avec précision sur la carte, l'écartement entre deux étoiles contenues dans votre dessin et toutes deux situées, si possible, sur la même ascension droite.
Mesurez avec précision sur la carte la distance entre les lignes de déclinaison les plus écartées et au droit de votre paire d'étoiles. Faites une règle de trois.
La précision de cette méthode dépend de la finesse des mesures et de l'échelle de la carte utilisée. Plus l'échelle sera grande, plus les mesures seront précises.
Méthode de réduction avec atlas et catalogueVous n'avez toujours pas mesuré le temps de défilement entre deux étoiles repères, mais vous disposez d'un atlas et d'un catalogue.
I1 y a deux façons de procéder selon que vous choisissez deux étoiles de même ascension droite, ou deux étoiles de même déclinaison.
Ce sont deux étoiles qui sont situées sur la même ligne Est-Ouest.Vous recherchez dans le catalogue leur ascension droite, donnée en heures, minutes, secondes, et vous en faites la différence. Puis transformez cette valeur de temps en valeur angulaire.Deux étoiles de même déclinaison
Les lignes Est-Ouest n'ont pas la même développée, la même longueur. Cette longueur varie en diminuant, de l'équateur (déclinaison 0°) aux pôles (déclinaison 90°).
Il faut donc multiplier la valeur angulaire de l'écartement calculé précédemment par le cosinus de la déclinaison des étoiles. Ce qui donne la formule :
(a2-a1).15.cos d = A
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a1
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ascension droite en secondes |
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a2
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ascension droite en secondes |
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15
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conversion des secondes de temps en secondes d'arc déclinaison des étoiles |
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d
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déclinaison des étoiles |
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A
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distance angulaire entre les deux étoiles |
Cette méthode est meilleure que la précedente car elle est basée sur des mesures astrométriques de position en ascension droite et en déclinaison, mais elle nécessite que les étoiles repères du dessin soient repertoriées sur la carte et dans le catalogue.
Méthode de réduction par mesure observationnelleLors de la mise en place du champ stellaire, vous avez mesuré le temps de défilement entre deux étoiles-repères.
La distance angulaire A entre les deux étoiles-repères est donnée par la formule : T .15.cos d = A
C'est la même que ci-dessus, mais la différence des ascensions droites (a2-a1) a été replacée par la mesure du temps de défilement (T).
C'est donc la méthode idéale car elle ne nécessite ni mesures sur un atlas, ni recherches d'étoiles repertoriées dans un catalogue pour déterminer l'échelle de votre dessin.
Mais la déclinaison pour connaître cos d, me direz-vous ?
Vous l'avez, car aux secondes près, c'est celle de la comète, et elle vous est donnée dans les éphémérides.
Alors! N'oubliez pas de mesurer le temps de défilement entre deux étoiles-repères, cela vous évitera bien du souci lors de la réduction de votre observation.
La technique d'observation, le dessin astronomique et les méthodes pour y parvenir peuvent paraître ardus à celles et à ceux d'entre-vous qui débutent dans le domaine de l'observation visuelle des comètes.VIII. CONCLUSION
L'observation instrumentale est une école de patience où il faut savoir se maîtriser et profiter des moments propices que nous offrent les conditions atmosphériques.
La manipulation et le pointage de votre instrument vous deviendront familiers et votre main deviendra l'outil idéal et complémentaire de votre oeil pour exprimer vos impressions et vos émotions.
La méthode exige de la rigueur dans son application. Tous ses points ont leur importance, et suivis consciencieusement et chronologiquement ils vous permettront de mener à bien, confortablement et avec un minimum de temps, vos observations et vos travaux astronomiques.
Et que de joies ressenties par celles et ceux qui persévèrent et qui parviennent à saisir les objets et les détails qu'ils ne soupçonnaient pas autrement que par la lecture.
Que de satisfaction vous éprouverez lorsque vous analyserez vos dessins qui mettront en évidence le déplacement de la comète, l'allongement de la chevelure, le développement de la queue et l'apparition de structures, et la rotation de jets.
Epaulé et guidé par un organisme structuré auquel vous adhérerez et enverrez vos travaux, vous serez encouragés, vous progresserez et deviendrez, je l'espère, un mordu de comètes.
Que la lecture de cette page et le suivi des conseils qu'elle mentionne vous apportent une réussite personnelle.