Scandales Français: 10-22) Dermatite de l'écran (Institut de Karolinska).  
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: SCANDALES FRANÇAIS
Chapitre : X°) Les effets des téléphones portables GSM 
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 22-01°) Tableaux de présentation.
 22-02°) Résumé.
 22-03°) Introduction.
 22-04°) Matériel et méthodes.
 22-05°) Résultats et discussion
 22-06°) Irradiation aux UV.
 22-07°) Radiations ionisantes / CEM.
 22-08°) Conclusion.
 22-09°) Références bibliographiques.

22°) Article de synthèse sur la Dermatite de l'écran:

22-01°) Tableaux de présentation:

 
Date d'ouverture de cette page  15/03/1999
Titre du document
 

 

Modifications de la peau dans la "dermatite de l'écran" comparées aux lésions dues aux ultraviolets classiques et aux radiations ionisantes - similitudes et différences.
Etude spéculative de deux neurophysiologistes         Pr S. Gangi 
        Pr O. Johansson
Centre de recherche
 
 

 

Unité de dermatologie expérimentale,
Département des neurosciences,
Institut de Karolinska.
17177 Stockholm - Suède.
Téléphone
Télécopie
 46-8-7287096
 46-8-303904
Publication originale
 
 
 
 

 

Experimental Dermatology, 1997-6 / 283-291
Article original imprimé au Danemark,
tous droits réservés.
Copyright - Munksgaard 1997.
Experimental Dermatology.
ISSN 0906-6705.
Traduction du texte publiée avec l'aimable autorisation des auteurs ci-dessus, et de 
Munksgaard International Publisher Ltd. / Copenhague
WEB  http://www.munksgaard.dk/expederm
E-mail  ot@mail.munksgaard.dk
Traduit de l'anglais par
 
 
 

 

Florence Hupon, maître en biologie cellulaire et physiologie, pour l'AEVICEM: Association Européenne d'Aide aux Victimes des Champs ElectroMagnétiques,
Présidente, Martine Charpenet,
1 rue de Pommard,
75012 PARIS.
22-02°) Résumé:
Un nombre croissant de personnes disent présenter des problèmes cutanés ou des symptômes au niveau de certains organes internes, comme le Système Nerveux Central (SNC) et le coeur, à proximité d'équipements électriques. La majeure partie de ces patients sont des utilisateurs d'écran d'ordinateur. Ils disent ressentir des symptômes subjectifs et objectifs au niveau de la peau et des muqueuses, tels que des douleurs, démangeaisons, sensations de brûlure, érythème, papules, pustules. Quant aux symptômes au niveau du SNC, ce sont par exemple des vertiges, de la fatigue et des maux de têtes. Érythème, démangeaisons, sensations de brûlure, oedèmes, et douleurs sont aussi les symptômes des coups de soleil (dermites UV). Dans des populations de cellules dermiques de patients souffrant de cette soi-disant électrosensibilité, on observe des altérations similaires à celles observées pour des lésions de la peau dues aux ultra-violets ou aux radiations ionisantes. Chez les patients électrosensibles on voit un plus grand nombre de mastocytes. On sait que les irradiations UVB entraînent une dégranulation des mastocytes et un relarguage de TNF-a. Le grand nombre de mastocytes présents chez les électrosensibles et le relarguage possible de certaines substances telles que l'histamine, pourraient expliquer leurs symptômes cliniques de démangeaisons, douleurs, oedèmes, et érythèmes. Le plus important changement constaté dans les cellules cutanées, après une exposition aux sources d'irradiation mentionnées ci-dessus, est la disparition des cellules de Langherans. Ce changement a aussi été observé chez les électrosensibles, démontrant une base cellulaire et moléculaire commune. Le résultat de cette étude bibliographique démontre que des changements similaires existent dans la peau des électrosensibles et dans la peau lésée par des rayons UV ou radiations ionisantes, aussi bien que pour les manifestations cliniques que dans les altérations des populations de cellules.
22-03°) Introduction:
Actuellement le débat public s'intéresse à certains points précis, sur les effets des champs électromagnétiques (CEM) sur la santé, tels que les relations entre CEM et différentes formes de cancer: par exemple les leucémies (plus spécialement les leucémies infantiles), les tumeurs du cerveau, les tumeurs hypophysaires, le cancer de la poitrine chez l'homme; les maladies neurologiques: la maladie d'Alzheimer, de Parkinson; les multiples scléroses, l'asthme, les allergies; les effets des CEM sur la fertilité, la grossesse et le développement foetal; ainsi que leur rôle dans le phénomène de l'électrosensibilité.

Le premier rapport public de plainte sur les problèmes de peau chez des personnes exposées aux ordinateurs, vînt de Norvège et des USA à la fin des années 70 et au début des années 80. Depuis lors le phénomène a augmenté et a été décrit dans tous les pays (1). Les patients disent ressentir des symptômes liés à la peau et aux muqueuses: Douleurs, démangeaisons, sensations de brûlure, érythèmes, papules, pustules, etc. (2). Des symptômes au niveau des organes internes comme le coeur et le système nerveux central ont même été rapportés (3). Allergie, hypersensibilité, conditionnement Pavlovien, phobie, et le stress sont les termes qui circulent dans le débat autour de cette prétendue électrosensibilité. Le terme d'hypersensibilité conviendrait mieux, pour expliquer ce phénomène incluant un grand nombre de symptômes, ne pouvant tous être expliqués comme étant une allergie, mais qui sont en forte progression ces temps-ci dans notre société. Les dermatologues cliniciens décrivent souvent ces patients comme souffrant de maladies de la peau déjà connues, et ils considèrent ces symptômes comme étant principalement de nature dermite rosacée (2). Cependant, peu de choses sont connues au sujet de ces problèmes de santé et des recherches plus approfondies sont requises.

Il est bien connu que d'intenses radiations UV ou ionisantes, comme les rayons X (RX), peuvent être très dangereux et entraînent des lésions de la peau. Le rôle des UV dans les cancers de la peau chez les êtres humains fut déjà reconnu dès la fin du 19ème siècle (4), le rôle des UV dans l'émergence des coups de soleil et dans le vieillissement prématuré de la peau est maintenant bien établit. On sait aussi que les irradiations ionisantes, à des doses suffisamment fortes, causent des cancers de la peau, chez l'être humain. La source du facteur  risque le plus important pour l'induction des cancers de la peau, par des irradiations ionisantes provient de l'expérience des personnes exposées aux RX, pour traiter la teigne (tinea capitis) (5/6). Björn Lagerholm, un dermatologue suédois de l'hôpital Karolinska à Stockholm, a décrit précédemment les changements cutanés chez les électrosensibles, qui s'avèrent similaires aux changements observés après une irradiation UV ou ionisante. Cependant cette donnée n'a jamais été entièrement publiée ou reconnue.

Le but de cette étude bibliographique était de comparer les lésions classiques dues aux UV, et aux radiation ionisantes, dont les RX, avec les manifestations observées dans ces prétendues électrosensiblités, dans le but de mettre en avant de possibles similitudes et/ou différences. Un accent particulier a été mis sur les matocytes et les cellules dendritiques. Notre texte doit être abordé comme une tentative de compte-rendu spéculatif dans le très intéressant domaine de la santé publique.
 

22-04°) Matériel et méthodes:
On a sélectionné et étudié des articles de 1955 à 1996 sur les lésions dues aux UV, et aux radiations ionisantes (dont les RX), ainsi que sur les manifestations cutanées observées chez les électrosensibles. Toutes les références se trouvent dans la bibliographie.
22-05°) Résultats et discussion sur la dermatite de l'écran:
Berg cherchait si les maladies de la peau étaient plus courantes chez les personnes exposées aux ordinateurs, que chez les personnes non exposées de son groupe témoin. Il observa que les individus exposés présentaient des symptômes, significativement plus fréquents, non spécifiquement cutanés, avec ou sans légères lésions par rapport au groupe témoin, mais selon lui, elles ne montraient pas une plus grande fréquence de signes visibles au niveau de la peau. On enregistra donc une augmentation de ces sensations subjectives au niveau de la peau des personnes travaillant sur ordinateur.

Une étude descriptive fut réalisée en 89 en Suède, par Arbetsmiljöinstitutet (7) sur un groupe de patients électrosensibles: 97% (31/32) présentaient des symptômes cutanés, d'érythème (75%), de sensation de brûlure (69%) et de démangeaison/irritation/douleur (63%). D'autres symptômes majeurs tels que des vertiges purent être classifiés comme relevant du SNC. La peau et le SNC étaient aussi des zones du corps, où les symptômes apparaissaient en premier. Mais d'autres organes internes semblaient être affectés (3), tel que le coeur.

Dans une expérience libre (8), un patient électrosensible présentait déjà des rougeurs de la peau après une exposition de 10 à 15 minutes face à une télévision ordinaire. Cette rougeur s'aggrava ensuite jusqu'à ce que le patient arrête l'expérience (après 60mn). Sa peau était enflée et donnait une impression d'oedème général. Le patient transpirait aussi un peu et fit état de sensations de fourmillement dans les parties du corps qui faisaient face à l'écran. A la fin de l'expérience, le patient se plaint de vertiges et donna des réponses incomplètes et inadéquates aux questions posées. Il n'arrivait pas à articuler. On lui fit refaire l'expérience deux semaine plus tard, ce qui provoqua les mêmes symptômes objectifs et subjectifs que précédemment. Lors de l'examen de ce patient, 24 H après la fin du test, un grand nombre de papules et de pustules étaient encore visibles sur la peau de son visage. Un autre patient ne réagit  avec aucun symptômes aigu, toutefois les deux patients relatèrent des impressions subjectives de maladies au delà des 24 H  après cette expérience.

Dans une étude sur des personnes présentant des symptômes au niveau de la peau liés aux équipements vidéo-informatiques (EVI), Oftedal et al. (9) démontrèrent que les symptômes subjectifs enregistrés au niveau de la peau du visage diminuaient, avec la réduction des CEM électrostatiques de basse fréquence produit par des équipements informatiques, grâce à la pose d'un écran-filtre électrique devant ces EVI.

Deux types de filtres furent utilisés: actifs et inactifs. Les filtres inactifs n'étaient pas branchés. Ils observèrent que la plupart des symptômes subjectifs étaient moins prononcés avec des filtres actifs. Ils observèrent aussi que certains jours, quand les personnes travaillaient à moins de deux mètres des EVI pendant une longue période, les symptômes étaient plus prononcés que les jours où ils travaillaient près des EVI, pendant une courte période. Oftedal et al (9) suggérèrent que la relation entre les symptômes et la durée d'exposition aux EVI, pourraient être due à différents facteurs de stress physiques liés aux EVI ou aux ordinateurs, et que les champs électriques et magnétiques sont probablement parmi ces facteurs. Ils suggérèrent de plus, que les champs électriques, sont les seuls facteurs, parmi tous les facteurs physiques ou psycho-sociaux enregistrés, qui peuvent expliquer pourquoi des symptômes moins prononcés furent observés avec le filtre actif plutôt qu'avec le filtre inactif.

Cellules mastocytes (Mc):
Les mastocytes du derme synthétisent et sécrètent une impressionnante collection de substance qui ont un effet potentiel sur l'immunobiologie de la peau. De nombreuses études indiquent que les produits des Mc sont essentiels pour provoquer les réactions d'hypersensibilité de contact, (CHS) (10/11) et la pathogenèse de certaines maladies de la peau (12/14).
Dans l'expérience libre mentionnée ci-dessus (8), un plus grand nombre de Mc dans le derme supérieur des patients électrosensibles, comparé à une peau de santé normale, fut observé avant et après l'expérience. Dans une autre étude (3), il fut aussi trouvé que la zone normalement vide entre la jonction dermo-épidermique et le derme moyen supérieur, n'était pas présente chez le groupe de patients électrosensibles, et qu'au contraire, cette zone présentait une forte densité d'infiltration de Mc. De plus, dans le groupe de ces patients, les granules cytoplasmiques étaient plus densément distribués et plus fortement colorés que dans le groupe témoin. La taille des Mc infiltrés s'avéra aussi plus large chez le groupe de patients. Le grand nombre de Mc présents chez le groupe de patients électrosensibles, pourrait très bien s'expliquer à cause des effets de l'histamine, des symptômes cliniques de fourmillement, douleurs, oedèmes, et érythèmes.
 

Cellules dendritiques (CD):
Johansson et al. (8) découvrirent aussi un très grand nombre de CD immunoréactives à la somatostatine dans des biopsies de la peau des patients électrosensibles, avant l'exposition à un téléviseur ordinaire. De façon intéressante, ces cellules somatostatine-positives avaient apparemment disparu après l'expérience. Johansson et al. (8) proposèrent que les cellules étaient encore dans les tissus, mais que pour une raison inconnue, elles n'étaient plus immunoréactives envers les anticorps anti-somatostatine utilisés. Des effets cytotoxiques directs durent aussi être pris en considération, ainsi que la migration des cellules de la peau vers d'autres organes tels que le système lymphoïde.
 
 

22-06°) Irradiation aux UV:
Les coups de soleil (ou dermites UV) sont une réaction de photosensibilité de la peau, due à une exposition aiguë aux UV qui entraîne une inflammation cutanée. Cette inflammation produit les symptômes d'érythème, pustules, papules, sensations de brûlure, douleurs, démangeaisons, etc., suivie du bronzage, et d'un épaississement de l'épiderme. Une exposition chronique aux UV peut mener à un vieillissement prématuré de la peau, et à une carcinogenèse (15). La dose de lumière nécessaire pour produire l'érythème dépend de la longueur d'onde de la lumière qui l'induit (16/18). Par exemple les UVA et les UVB produisent des érythèmes à une plus faible exposition que les UVC. Cette différence dans l'intensité de la réponse inflammatoire à différentes longueurs d'onde de lumière, pourraient être due en partie à la différence de leur pénétration dans la peau.

On pense que les longueurs d'ondes des UVC sont absorbées complètement par l'épiderme, que les UVB pénètrent dans l'épiderme, et que les UVA pénètrent jusqu'au derme profond (19). Le modèle clinique de l'érythème produit après une exposition aux UVB, pourrait être biphasique avec une phase transitoire immédiate commençant en quelques secondes et durant seulement quelque minutes. Une phase retardée prolongée commence après, débutant en général après 72 H (20). Cette évolution en fonction du temps pourrait être différente avec différentes doses d'exposition, de petites doses produisent des érythèmes de courte durée, alors que de plus grandes doses conduisent des érythèmes plus rapides au départ, plus intenses et persistants (21).

Cellules mastocytes:
Chez l'être humain on a montré que les Mc dégranulent et relarguent leur histamine après une exposition aux UV (20/22). Les cytokines telles que les interleukines IL61, IL-6 et le facteur de nécrose tumoral TNF-a, sont les médiateurs les plus importants des dermites UV(23). Dans une étude de Walsh (24), il fut démontré qu'une irradiation aux UV induit la dégranulation des Mc et relargue du TNF-a, qui conduit à l'activation des vaisseaux sanguins du derme et à l'altération du trafic des cellules de Langerhans. Pour résumer, les effets du TNF-a sur les vaisseaux sanguins du derme, et les effets connus de l'histamine expliquent les symptômes habituels des coups de soleil, c'est à dire érythème, oedèmes, démangeaisons, et douleurs.
 

Cellules Dendritiques:
Les cellules de Langerhans (CL) que l'on trouve habituellement dans l'épiderme super-basal, sont des cellules dendritiques (CD) qui jouent un rôle clé dans le systèmes immunologique de l'épiderme. Les CL constituent une sous-population de cellules dérivées de la moelle osseuse morphologique bien caractérisé (3/88); elles portent les récepteur Fc et C3b aux immunoglobines, elles expriment des antigènes de classe II, et elles fonctionnes comme des cellules médiatrices d'antigènes CPA). On pense que la majorité du contenu en CPA, cellules médiatrices d'antigènes d'une peau normale réside dans la population de CL (25). Les CL reconnaissent, transforment et présentent l'antigène aux lymphocytes T (26).

Plusieurs études ont été faites sur les CL épidermiques irradiées avec différentes sources, par exemple les UVA, les UVB, le 8 methoxy-sporalen + UVA (PUVA), les rayon Grenz et X, etc. (27/32). Stingl et al. (26) montrèrent que les fonctions immunologiques des CL sont détériorées par une irradiation UV. Un effet immunologique local, bien étudié, de l'irradiation UV est l'inhibition de la réponse CHS, qui apparaît après l'application d'un sensibilisateur au contact de la peau irradiée de certaines lignée de souris (33). On pense que la réponse CHS est provoquée principalement par les CL (34). Bacci et al (35) proposent que les radiations UV empêchent l'induction de la CHS chez les souris prédisposées, en coupant le cytosquelette des CL, donc en les empêchant de mener à bien leur rôle de CPA (cellule médiatrice d'antigène).

Dans une étude ultrastructurale de CL humaines d'épiderme irradiées avec des rayons Grenz (RX très doux, ou bucky rays) et des UVA, on a trouvé que le nombre de CL diminue après l'irradiation aux rayons Grenz et de hautes doses d'UVA. Toews et al (37) ont rapporté qu'en exposant de la peau à des doses d'UV sous-érythèmales, on altéra l'apparence et on diminua le nombre de CL dans la peau des souris. Ces changements morphologiques furent associées à une fonction immune altérée, avec diminution de la réponse CHS et des réponses des anticorps, due à une présentation d'antigènes altérée dans les CL.

De plus Nordlun et al (39) et Okamoto & Horio (40) démontrèrent que les CL sont sensibles aux lumières UV et perdent facilement leurs marqueurs de surface. Plusieurs études et d'autres chercheurs montrèrent les mêmes résultats (29/37/41). Tow et al (37) proposèrent que l'induction altérée de la CHS est précédée par une décroissance du nombre de CL dans la peau irradiée aux UV, ce qui on le pense, résulterait de la migration de ces cellules vers les nodosités d'écoulement de la lymphe (N.E.L.); quand on introduit des antigènes dans une peau exposée aux UV et au nombre de CL réduit, il y a une dépression marquée dans la naissance de la CHS. Ikaï et al. (42) démontrèrent que l'exposition aux irradiations UVB aboutit à une réduction du nombre de CL et à une diminution de l'activité prostaglandine-D-synthétase, une enzyme localisée dans les CL. Si des changements similaires apparaissent dans les CL/cellules dendritiques chez les patients électrosensibles sous l'influence des EVI, ceci pourrait confirmer l'hypothèse de Johansson et al (8) selon laquelle la disparition des CD immunoréactives à la somatostatine après une expérience libre chez un patient électrosensible, soit dépende de la disparition de l'immunoréactivité envers les anticorps de la somatostatine, soit d'une véritable migration des CL/CD de la peau. Toutefois, des recherches plus approfondies sont nécessaires pour confirmer totalement cette hypothèse.
 

22-07°) Radiations ionisantes / CEM:
L'érythème constitue un symptôme clinique précoce d'irradiation ionisante directement lié à de hautes doses d'irradiation (10 Gy) données à de petites doses (2 Gy/h). Il semble être associé à une lésion des vaisseaux sanguins (43) ou à une dilatation vasculaire immédiate due au relarguage d'histamine ou de sérotonine (44).
Cela persiste pendant environ 2 à 3 jours en conséquence d'une production continue décroissantes des amines vasoactives. Un érythème retardé (l'érythème principal) se développe alors du 8ème au 10ème jour environ après l'irradiation et continue pendant environ 7 à 8 jours. Ce second type d'érythème est dû au relarguage d'enzymes protéolytiques (lysozymes) des cellules épithéliales endommagées (44). Il est bien connu que les UV comme les rayons Grenz ont un effet labilisant sur les membranes lysomales. Les peaux affectées pourraient alors s'épaissir et la couche épidermique s'aplatir. Il pourrait y avoir perte des cheveux et de vives douleurs. Histologiquement un hyperkeratosis prononcé, une progression désordonnée et une atopie nucléaire sont observés. Les amas de collagène sont enflés et montrent souvent des tensions irrégulières. Les vaisseaux sanguins plus superficiels du derme sont largement dilatés. Il y a aussi des structures associées telles que les glandes sébacées et leur follicule qui sont entièrement absentes (44). Ce type de radiodermite chronique conséquente à une sur-exposition professionnelle, fut signalée auparavant dans l'utilisation de radiations ionisantes, et a fréquemment été observée chez les dentistes, les vétérinaires, les travailleurs de l'industrie, et les médecins, plus particulièrement les dermatologue (44).

Les autres symptômes observés après une irradiation à haute dose sont des nausées, de la fièvre, des maux de tête et une déshydratation de la bouche. Toutefois nous n'avons par suffisamment d'information pour déterminer si de faibles doses induiraient les mêmes symptômes ou non.

Henshaw et al. (45) ont récemment signalé dans leurs intéressantes études, l'attraction d'un isotope du radon, Rn222, un carcinogène connu, présent dans l'air ambiant des maisons, et dans les sources de puissance CEM. Les observations montrèrent que les CEM pouvaient concentrer à leur proximité un cocktail d'éléments du radon, et vraisemblablement d'autres agents potentiellement nocifs. Ce phénomène pourrait être compris en terme de physique des aérosols standards. Il résulte de l'oscillation d'aérosols chargés parmi d'autres aérosols d'isotopes du radon, et de leur accumulation due à la polarisation induite de tous les aérosols (45). Ces résultats expérimentaux impliquent clairement qu'une personne située près d'une source CEM recevrait au niveau de la peau une dose supérieure d'isotopes (46), et que la dose augmente aussi pour les organes internes, de par l'inhalation d'isotopes du radon.

Le radon, un gaz inerte, diffuse rapidement à travers la membrane des alvéoles des poumons et il est transporté par le sang à toutes les parties du corps où par diffusion, il est absorbé par les organes, (47). Le lien entre l'exposition aux CEM et les isotopes de radon est d'un intérêt particulier dans l'optique d'un effet carcinogène potentiel des particules a étant délivrées principalement par les nucléides Po218 et Po 214 dérivés du radon. Même à des taux d'exposition naturels les particules a sont unique pour leur efficacité à induire des cassures de la double hélice d'ADN, et leur capacité à engendrer de l'instabilité génétique dans les cellules de la moelle osseuse (stem cells) a récemment été démontrée (48). C'est même du plus grand intérêt dans l'optique des récentes découvertes au sujet des cassures d'ADN dans les cellules nerveuses (CNS) de rongeur observées après l'irradiation par micro-ondes de radiofréquence électromagnétique (49), menant potentiellement à un panorama particulièrement terrifiant pour les humains.

Des études épidémiologiques ont suggéré une association entre exposition aux particule a via le radon et la survenue de leucémies, de tumeurs du cerveau et de cancers du rein spécialement chez les enfants (50/53). Eatough & Henshaw (54) ont montré dans leur étude qu'environ 2% (échelle 1 à 10%) de cancers de la peau (hors mélanome) composés principalement de carcinomes des cellules basales et carcinomes de cellules de desquamation (squamous cells), au Royaume Uni, pourraient être associées à l'exposition au radon. Ils suggérèrent que les cellules cibles pour l'induction par irradiation de cancers de la peau résident dans la couche basale de l'épiderme qui, pour la plupart des aires du corps, est située à 50 µm sous la surface. CE qui est bien dans l'échelle des particules a provenant des noyaux fils du radon et du thoron qui pourraient être engagés à la surface de la peau. Dans ce contexte on devrait noter que l'innervation épidermique est aussi proche des 20/40 µm de la surface de la peau vivante (55) ce qui signifie que les particules a pourraient interagir avec ces fibres nerveuses menant peut-être aux symptômes tels que démangeaisons et fourmillements décrits précédemment. Plus récemment, on a aussi proposé qu'il y aurait une association proche entre de telles fibres nerveuses épidermiques et les cellules de Langerhans (56) qui pourrait être une route pour propager les effets de l'irradiation a. De plus, l'irradiation du derme pourrait n'être même pas nécessaire pour l'induction de cancers de la peau. Leur étude (54) démontra aussi que la dose de radon. relative de la peau couverte par les vêtements est très inférieure à celle des régions découvertes, telles que la peau du visage et du cou. De plus, la dose pour les mains est négligeable à cause de l'épaisseur de l'épiderme. En effet, les patients électrosensibles se plaignent souvent de rougeurs, etc. sur le visage et sur le cou et plus rarement sur les mains. En utilisant les facteurs de risque d'une étude de patients atteints de la teigne, irradié aux RX, Harley et al. (57) ont estimé qu'aux USA 20% des carcinomes de cellules basales pourraient être liés à des radiations d'arrière plan, principalement aux irradiations a associées au radon de la face et du cou. Il est très intéressant de voir que dans une autre étude de patients ayant reçu une irradiation du scalp pour le traitement d'un tinea capitis on a trouvé plus de maladies mentales que dans le groupe témoin. Ces maladies faisaient partie des névroses comme des psychoses (44).

Toutefois, des recherches plus approfondies sont nécessaires pour explorer pour explorer la capacité des CEM à agir sur le radon et d'autres aérosols et, à plus long terme, le rôle des CEM dans la carcinogenèse.

Il est bien établi que des opioïde endogène peuvent affecté l'activité cholinergique centrale (58/62). Une série d'expérience à démontré que les champs magnétiques ont des effets sur la fonction du système opioïde endogène (63/68). Des changement dans l'activité cholinergiques centrale après exposition à des champs magnétiques pourraient d'importantes conséquences sur la physiologie et le comportement d'un animal, puisque les systèmes cholinergiques centraux sont impliqués dans beaucoup de telles fonctions (69). Chez les humains, des changements de l'activité cholinergique du cerveau peuvent mener à divers désordres neurologiques et psychiatriques, tel que la maladie d'Alzheimer (70/71), l'anxiété et la dépression (72/73). Récemment on a signalé que des champs magnétiques pulsés peuvent affecter les fonctions de mémoire spatiale, à cause des effets des champs sur le système cholinergique, comme on l'a mesuré dans un labyrinthe radial, qui est un test de mémoire spatial chez le rongeur (74/75).

Il reste à savoir où, dans le cerveau, et à travers quels réseaux neuronnaux, les épioïdes endogènes transmettent les effets des champs électromagnétiques sur l'activité cholinergique centrale, et comment les champs magnétiques affectent les fonctions du système nerveux. La découverte de matériaux ferromagnétiques dans des organes spéciaux de certaines espèces animales, et, plus récemment dans le cerebellum et le cortex cérébral, suggèrent la possibilité d'un mécanisme biophysique de l'interaction des champs magnétiques chez chez les organismes vivants (76/78). De plus, des cellules sensibles aux champs magnétiques ont été signalées dans la glande pinéale (79/80).

Lai et al. (62) ont rapporté que des micro-ondes, une autre forme de radiations non ionisantes, diminuent l'activité cholinergique dans le cortex frontal et l'hippocampe du rat. Apparemment les champs magnétiques et les micro-ondes altèrent l'activité du système cholinergique du cortex frontal via différents mécanismes neuronaux (81). Lai & al. (82) montrèrent aussi qu'une unique exposition aux micro-ondes cause une rapide décroissance de la concentration de récepteur aux benzodiazépines dans le cortex cérébral du rat. Comme les récepteurs aux benzodiazépines dans le cerveau sont responsables de l'anxiété et du stress, cela soutient l'hypothèse selon laquelle les irradiations micro-ondes de faible intensité peuvent être une source de stress (82). Plus récemment une équipe de chercheurs canadiens (83) a présenté des données épidémiologiques mettant l'accent sur une connexion entre les CEM et la dépression et même le suicide!

Lai & Singh (84) ont étudié les effets de l'exposition aiguë à des micro-ondes de faible intensité sur les lésons de l'ADN dans les cellules du cerveau de rat et ont trouvé qu'elles accroissent les cassures d'un brin d'ADN. Des études précédentes ont aussi montré des lésions d'ADN chromosomique dans les cellules après une exposition aux mico-ondes (85/86). Récemment Lai & Singh (49) ont mesuré les cassures d'un et de deux brins d'ADN dans des cellules isolées du cerveau après une exposition aiguë aux radiation électromagnétiques radio (RER). Ils observèrent une croissance des deux types de cassures d'ADN (simple et double brin) après exposition aux RER. Lai & Singh (49) proposèrent que ces effets pouvaient résulter d'un effet direct des RER sur l'ADN et/ou de la détérioration des mécanismes de réparation de l'ADN
dans les cellules du cerveau. Les lésions d'ADN pourraient mener à la perturbation des fonctions cellulaires, à la carcinogenèse et à la mort cellulaire. Puisque des lésions cumulées de l'ADN dans les cellules du SNC pourraient être la cause d'un vieillissement accéléré et de désordre neuro-dégénératifs, il est impératif que les effets des RER sur l'ADN des cellules du cerveau soit mieux étudié et compris.

Barnothy & Sümegi (87) rapportèrent que les champs magnétiques (CM) suscitent des changements significatifs dans les organes de souris. Ils observèrent, entre autre, des changements dans la zone fasciculée du cortex surrénal. Il proposèrent qu'un déséquilibre hormonal était créé pendant l'exposition aux CM, menant aux changements observés. De plus ils observèrent des anomalies dans les rates et les foies des souris exposées; ces anomalies pourraient être mieux décrite comme résultant d'une stimulation générale du système réticulo- endothélial qui, à son tour, pourrait être une manifestation du mécanisme de défense de l'organisme cintre la stimulation d'un environnement magnétique.

Des effets biologiques des CM de basse fréquence sur les oscillations du Ca++ dans les cellules T leucémiques humaines (88), tout comme des cellules hypophysaires de rat (89) ont aussi été démontré récemment. Ces études très intéressantes pourraient fournir des éclaircissements sur les mécanismes moléculaires qui se cachent derrière ces effets cellulaires induits par les CEM.

Cellules mastocytes:
Dans une étude sur les effets de l'exposition aux radiations électromagnétiques sur un mastocyte analogue, Donnellan et al. (90) observèrent que les taux d'ADN synthétisés et que la réplication d'ADN augmentaient, que la distribution de l'actine et la morphologie cellulaire étaient altérées, et que le taux de b-hesosaminidase (marqueur de la sécrétion granulaire) relargué par un ionophore du calcium, croissait significativement dans les cultures exposées par rapport aux non exposées.

Cellules de Langerhans (CL):
Les rayons Grenz ont été utilisés depuis plus de 60 ans dans le traitement de maladie cutanées, comme les dermites allergiques de contact (ADC), les psoriasis et l'eczéma chronique lichenifié. Des RX de qualité variable sont connus pour diminuer le nombre des CL épidermiques, chez l'animal comme chez l'homme (27/28/31/32), et donc devraient réduire leur fonction immunologique. Une telle altération devrait en partie expliquer pourquoi l'ADC est si bien supprimée par les rayons Grenz. De plus, Lindelöf et al. (32) suggérèrent que la réduction des CL était probablement due à la fois à une absence physique de CL et à une perte de marqueurs de surface pourraient être vue peu de temps après l'irradiation, alors que la réduction pourrait être due à une absence physique de CL plus tard (32). Lindelöf & Forslind (91) ont étudié aussi les effets des rayons Grenz sur les CL, au microscope électronique chez l'homme et rapporte que la diminution du nombre de CL après une thérapie aux rayons Grenz, vue dans leur étude préalable, ne résultait pas d'une perte des marqueurs de surface, mais d'un manque de CL. Toutefois cette disparition de CL reste une énigme et jusqu'à présent nous n'avons aucune réponse quant à ce qui arrive aux CL après exposition aux rayons Grenz.
 

22-08°) Conclusion:
Les résultats de cette étude bibliographique démontrent que des changements très similaires existent dans la peau de patients électrosensibles, tant au niveau de manifestations cliniques, qu'au niveau des altérations dans les populations de cellules, et les lésions de la peau par les UV ou les radiations ionisantes.
Une question intrigante qui aurait besoin d'être clarifiée, consiste à savoir si les écrans de télé et d'ordinateurs par exemple, émettent des champs électriques ou magnétiques de haute fréquence, qui affecteraient nos cellules de façon à imiter les effets observés, par exemple, en cas d'irradiation UV ou de RX de faible intensité. De plus une émission éventuelle d'UV ne peut être exclue, et donc ne peut l'être l'attraction de radon (222Rn) avec une radiation de particules a, menant à des lésions secondaires de la peau superficielle (et peut-être des tissus plus profonds).

Au niveau cellulaire il est très important de déterminer le sort des mastocytes, des CL et des autres types cellulaires après irradiation aux micro-ondes, aux champs électriques radio et/ou magnétiques, aux radars, etc. On devrait aussi porter une attention particulière aux effets non thermiques, puisque les connaissances sur ce sujet semblent très limitées. Peut-être appendrons nous que les différents types de champs, aux niveaux habituellement rencontrés dans la société chez nous comme au travail, imitent les effets, par exemple des rayons Grenz sur les CL.

Donc pour conclure, il est évident que des changements biologiques sont présents chez les patients électrosensibles en présences d'écrans informatiques et de CEM. Selon les récentes études épidémiologiques, mettant en évidence une corrélation entre des expositions à long terme aux champs magnétiques et le cancer (92/93), les résultats des études rassemblées ici doivent être très sérieusement considérés.

Il se pourrait aussi que nos cellules qui se sont développées depuis plus 3,5 milliards d'années, ne soient pas capables de supporter les CEM de hautes et basses fréquences modernes. Les tissus de notre corps ont développé des moyens de protection contre les effets néfastes de la chaleur, des rayons UV; toutefois, puisque la plupart des CEM qui nous environnent désormais sont des inventions de ces dernières décennies, peut-être manquons-nous totalement de moyens de défense cellulaires et moléculaires, autres que les simples alarmes observées: érythèmes, douleurs et démangeaisons. C'est un travail de recherche très intéressant pour les futurs scientifiques, qui devront apporter toute la lumière sur ces questions!
 

22-09°) Références bibliographiques:
 
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Une société s'est spécialisée dans le domaine de la protection contre les rayonnements cathodiques. Elle donne des explications techniques et biologiques sur son site Internet:
http://www.bioshield.ch/

 22-01°) Tableaux de présentation.
 22-02°) Résumé.
 22-03°) Introduction.
 22-04°) Matériel et méthodes.
 22-05°) Résultats et discussion
 22-06°) Irradiation aux UV.
 22-07°) Radiations ionisantes / CEM.
 22-08°) Conclusion.
 22-09°) Références bibliographiques.


 
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