10-60) Quand l'arrivée des armmes micro-ondes dérangent le lobby du GSM  
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: SCANDALES FRANÇAIS
Chapitre : X°) Les effets des téléphones portables GSM 
  et des antennes relais GSM sur la santé
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10-72°) Rapport Zmirou de la DGS du 16/01/2001 des experts officiels :

En Bleu: Ce rappport de la DGS a été commenté dans cette couleur par les propos de Marc Filterman plus spécialisé dans le domaine militaire.
 
II - Radiofréquences et santé : éléments de physique et de biologie
 

La téléphonie mobile se développe depuis quelques années de façon considérable dans notre environnement. Elle utilise des champs électromagnétiques dans une gamme de fréquences définie, les radiofréquences (RF). Les radiofréquences ont également des applications :

* domestiques         : fours micro-ondes,
* professionnelles    : presses haute fréquence, soudure, radiocommunications
* grand public         : badges de contrôle, d'identité ou de titres de transport,
* médicales diagnostiques (IRM : Imagerie par Résonance Magnétique)
   et thérapeutiques (physiothérapie, hyperthermie, etc. ...)(1).

(1) Pourquoi on n'a pas mis électroencéphalograhpie et magnétoencéphalographie ?
C'est pourtant la preuve que pour contrôler l'état du cerveau, on mesure des fréquences de très faible amplitude. L'électroencéphalograhpie est un genre de voltmètre ultrassensible qui sert à mesurer une tension, alors que la magnétoencéphalographie peut s'apparenter à un gaussmètre qui sert à mesurer un champ magnétique. On reonnaît dans la littérature scientifique que les champs magnétiques qui dépasse un certain seuil sont la causse de l'apparition de  leucémie ou de cancer.
 

Afin de mieux évaluer les effets sur la santé qui pourraient résulter de ces radiofréquences, il est nécessaire de rappeler les bases physiques des champs électromagnétiques, les mécanismes d'interaction des radiofréquences avec les organismes vivants(2), les normes et le principe de fonctionnement de la téléphonie mobile.

(2) Les premiers effetss des champs életromagnétique sur le biologique ont été découvert dès 1893 par d'Arsonval. Nos experts officiels ont donc un siècle de retard.
Année 1893: Archives de physiologie normale et pathologique -
     pages 664 à 669 : Jacques Arsène d'Arsonval -
     Publication d'un article sur l'influence de l'électricité sur la faune microbienne -
     Modification de la pression artérielle lors d'exposition à une onde radio -
     Inactivation de la toxine diphtérique sans élévation de température lors d'une
     exposition à une fréquence de 200 KHz -
 

1.  Bases physiques des champs électromagnétiques

A - Définition d'un champ électromagnétique

Un champ électromagnétique est l'association d'un champ électrique et d'un champ magnétique qui varient dans le temps et se propagent dans l'espace. Ces champs sont susceptibles de déplacer des charges électriques. Les champs électromagnétiques sont caractérisés par plusieurs propriétés physiques dont les principales sont leur fréquence ou leur longueur d'onde, leur intensité et leur puissance.

Fréquence: La fréquence d'un champ électromagnétique est le nombre de variations du champ par seconde(3). Elle s'exprime en Hertz (Hz) ou cycles par seconde, et s'étend de zéro à l'infini.  Une classification simplifiée des fréquences est présentée ci-après, et quelques exemples d'applications dans chaque gamme sont indiqués.

(3) C'est le cas aussi pour le 50 Hz du 220 V, ce qui donne 50 sinusoïdes par seconde.
 
FREQUENCE GAMME EXEMPLES D'APPLICATIONS
00 Hz Champs statiques Electricité statique
50 Hz Extrêmement basse fréquence (ELF) Lignes électriques et courant domestique
20 KHz Fréquences intermédiaires Ecrans vidéo, plaques à induction culinaires
088-107 MHz Radiofréquences Radiodiffusion FM
300 MHz-3 GHz Radiofréquences micro-ondes
400-800 MHz
900 MHz et 1800 MHz
1900 MHz - 2,2 GHz
Téléphonie mobile
Téléphone analogique, Radiocom, TV
GSM, standard européen
UMTS (standard téléphone-internet) 
003-100 GHz Radars Radars
102-105 GHz Infra-rouge Détecteurs anti-vol, télécommandes
105-106 GHz=0,8-0,4 µ (microns) Visible Lumière, lasers
0,4-10-1 µ Ultra-violets Soleil, photothérapie
10-1-10-2 µ Rayons X Radiologie
10-2 µ et moins Rayon gamma Physique nucléaire

Les rayonnements X et gamma peuvent rompre les liaisons moléculaires et être à l'origine d'ionisations, facteur cancérigène(4). Les rayonnements ultra-violets, visibles et infra-rouges peuvent modifier les niveaux d'énergie au niveau des liaisons au sein des molécules. Les radiofréquences n'ont pas suffisamment d'énergie pour perturber les liaisons moléculaires.

Intensité et puissance. L'intensité d'un champ peut être exprimée à l'aide de  différentes unités :

- pour le champ électrique, le volt par mètre (V/m)

- pour le champ magnétique, l'ampère par mètre (A/m) ou le tesla (T)      1 A/m = 1,27 µT

- selon le rayonnement d'exposition, en densité surfacique de puissance (DSP, en W/m2).

- La DSP est proportionnelle au produit du champ électrique par le champ magnétique :
DSP = E x H = E² / 377 = 377 x H² ,  ou encore : E = racine de 377 x DSP

- La puissance globale contenue dans un champ électromagnétique peut aussi s'exprimer en watts (W).

(4) Idem pour certains champs électromagnétiques. Mais quand un rapport est réalisé en écrivant que les CEM sont cancérigènes, on vire leurs auteurs systématiquement, et ont met le rapport à la poubelle. C'est ce qui s'est passé avec l'EPA, l'agence de l'environnement américaine. Un de nos experts officiels, René De Sèze déconseille aujourd'hui à des enfants d'habiter dans des lieux où le champ magnétique peut dépasser 0,4 µT.
 

Autres propriétés :
* La polarisation :  orientation du champ électrique dans le rayonnement
* La modulation :  d'amplitude (AM)
                           de fréquence (FM)
                           par impulsions (PW)
                           pas de modulation = émission continue (CW)

Lorsque l'émission est modulée, il faut différencier la puissance maximale, appelée puissance-crête, et la puissance moyenne résultant de la modulation. Par exemple, dans une émission radar avec des impulsions d'une durée de 1 ms toutes les secondes, la puissance moyenne est 1000 fois inférieure à la puissance-crête dans l'impulsion(5).

L'uniformité du champ.

(5) C'est précisément cette impulsion émise à la puissance de crête qui est dangereuse, les militaires en savent quelques chose, sinon on ne ferait pas passer des tests à tous les équipements militaires notamment dans les labo du CEILAR de Rennes, pour vérifier si l'électronique est capable de résister à des signaux transitoires. Une impulsion de quelques nanosecondes peut détruire l'électronique. On a d'ailleurs créé la norme Tempest dont on ignore si les critères adoptés sont suffisants face à certaines menaces. Si certains de ces signaux impulsionnels sont capables de détruire l'électronique, il est stupide de penser lors d'émission permanente comme pour les radars, qu'ils ne sont pas capables de détruire les cellules biologiques. Il est courant de trouver des oiseaux morts à proximité de certains radars, surtout militaires de trè forte puissance. C'est ce que nous appelons dans notre jargon une onde pulsée.
 

B - Mécanismes d'interaction des RF avec les systèmes biologiques

Toute matière vivante contient des charges électriques (ions, molécules...) et des matériaux isolants ; c'est donc un milieu faiblement conducteur (appelé diélectrique)(6). Quand le tissus est soumis à un champ RF, une partie du champ est réfléchie, et l'autre pénètre dans l'organisme.  Le rayonnement produit par cette interaction doit être quantifié, car il peut être à l'origine d'effets biologiques. Certains facteurs peuvent influencer l'interaction :

Commentaire MARC FILTERMAN:
(6) FAUX. Nos experts semblent ignorer précisément que les laboratoires Bell ont greffé dès 1988 des neurones de râts sur des pastilles de silicium. Le seul problème, c'est que l'excitation d'un neurone par un courant inadapté, provoque son oxydation, donc ce qu'on appelle la dégénérescence des cellules, un cancer, une leucémie... Mais dans ce cas, n'est ce pas le même problème que l'on retrouve chez les personnes exposées à des sources de rayonnement artificielles ? Si un expert me répond non, à mon avis il a du loupper quelques épisodes sur les études qui ont été menées et celles qui sont en cours. Des scientifiques estime que l'ADN est 400 fois plus sensible, et qu'il ferait d'ailleurs un magnifique conducteur dans une nouvelle race de circuit intégré. Ce n'est pas de la science fiction, puisque les recherhes sont en cours depuis au moins 1999.

En 1993, l'institut de Max-Planck de Martinsried, a greffé un neurone de sangsue sur une puce électronique. Des calculateurs biologiques composé de puces contenant des protéines, des enzymes, des neurones biologiques, sont une réalité dans les centres ou laboratoires ultra-secrets américains, comme celui du Naval Research Laboratory de Washington DC.

1995: Peter Fromherz, un pionnier de l'Institut de biochimie de Martinsried près de Munich a mis au point un système de contacts sans électrodes métalliques, donc sans courant, mais faisant appel à la polarisation d'un champ électrique, induisant une charge. Ce mode déclenche un processus électrochimique modifiant l'état d'un neurone. C'est l'électrochimie qui donne la naissance à des tensions électriques, dans le corps humain, ce qu'on appelle influx nerveux, et qui permet de commander nos muscles. Il en est de même pour nos capteurs sensitifs.  Au lieu d'utiliser une électronique à deux états, on devrait faire appel, à une électronique basée sur les amplis opérationnelles, dotés de multiples entrées analogiques.

En 1997, les laboratoires IXL et celui de neurobiologie et physiologie comparée de l'université de Bordeaux ont réalisé des puces électroniques simulant des neurones réels. Ils sont basés sur les équations de Hodgking et Huxley, faites en 1952, qui recopient l'activité électrique des neurones biologiques. Un neurone biologique fonctionne par diffusion d'ions de calcium, de sodium et de potassium à travers une membrane, créant une onde électrique se propageant dans l'axone. Le neurone électronique a trois canaux ioniques simulant exactement ces 3 flux ioniques biologiques. Il devient possible d'interfacer un neurone artificiel avec un neurone biologique pour qu'ils échangent des données. Cette expérience a été réalisée avec des neurones venant de homard, et de thalamus de furet à l'institut Fêtard du CNRS. On peut donc penser réaliser des réseaux hybrides de neurones artificiels et biologiques, qui peuvent devenir la base des futurs ordinateurs. Les chercheurs du Californien Institute of Technology de Pasadena, avait eu cette idée dès 1991.

Ce qui est bizarre, c'est de voir comment sont ignorés certains travaux, qui permettent de comprendre le fonctionnement de certaines cellules. Arsonval avait déouvert dès 1890 que le champs magnétique pouvait provoquer l'échauffement des tissus, mais cela semble ignoré de nos experts.

1. les paramètres physiques d'émission
    - fréquence
    - puissance incidente (crête ou moyenne)
    - polarisation(6)
    - modulation
    - uniformité du champ
    - proximité de l'émetteur
    - dimensions et nature de la chambre d'exposition
2. les paramètres physiques des systèmes biologiques
    - propriétés diélectriques des tissus
    - dimensions, forme, position et orientation du système biologique exposé, notamment
      par rapport à la longueur d'onde ; on différencie ainsi une exposition locale ou corps-entier
    - relations spatiales entre les organismes exposés
3. les facteurs de l'environnement
    - température
    - humidité(7)

(6) Il est intéressant de signaler que les plaies et aussi tumeurs cancéreuses ont une polarité négative, mais beaucoup de médecins semblent aussi ignorer ce qu'est l'électrobiologie. Dès 1960, des chercheurs comme Andrija Puharich décrivait les cellules nerveuses comme des composants électroniques, ou plus précisément comme un circuit résonnant. On a du mal à comprendre nos experts officiels, quand ils nous expliquent que les CEM n'ont aucun effet sur les systèmes biologiques et donc sur la santé.

(7) Question, la résonance cyclotronique, pour parler clairement le champ géomagnétique terrestre, on en fait quoi dans l'histoire. C'est aussi une composante importante qui permet d'expliquer pourquoi on trouve des différences importantes entre plusieurs labo lors de la reproduction d'expérimentations. Je passerai sur l'activité de la lune qui n'est pourtant pas non plus sans conséquence ou les tests lors de périodes orageuses, aurores borréales, activités solaires. Les résultats sont en effet différents.

D'autres facteurs influencent l'effet biologique résultant :(8)

1. les variables liées au test biologique
    - technique de prélèvement
    - ligne de base de la réponse
    - désordres métaboliques et fonctionnels
    - prédisposition génétiques
2. les variables expérimentales
    - procédures d'acclimatation
    - relation animal - chercheur
    - état et confinement des animaux (anesthésie, contention, ...)
    - période de l'exposition dans la journée
    - durée de l'exposition
    - nombre des expositions
    - temps écoulé entre exposition et prélèvement.

(8) Autres facteurs non pris en compte ici, la nourriture et son mode de cuisson par exemple, le type d'éclairage. Il y a aussi un autre phénomène curieux qui a un impact significatif sur le biologique, la LUNE, élément non pris en compte, alors qu'on sait depuis longtemp qu'elle a des effets importants.

Dans les tissus, le champ électrique peut déplacer les charges libres comme les ions, ou orienter des molécules polarisées comme des acides aminés(9).  Il induit de la part du milieu exposé, des forces de réaction proportionnelles à la viscosité de ce milieu. Une partie de l'énergie électromagnétique est ainsi transformée en chaleur (effet thermique).

(9) On semble oublier la modification des liaisons chimiques ou la recomposition des brins d'ADN de façon pas très ordthodoxe, ce qui va déboucher sur des cancers. Nos experts oublies de préciser, et pour cause, que ces champs électromagnétique créent des radicaux libres qui sont précisément cancérigènes. C'est une des raisons pour lesquelles, il est fortement déconseiller de ccuire des légumes fraiss dans un four à micro-ondes. C'est une information qui là non plus n'est pas divulguée.

Le champ qui pénètre à l'intérieur des tissus peut être calculé à l'aide de modèles électromagnétiques. La validité des calculs peut être confirmée par la mesure du champ dans des 'fantômes' contenant un milieu équivalent aux tissus biologiques.  La dose d'énergie absorbée par transformation en chaleur est quantifiée par la puissance absorbée par unité de masse de matière biologique exposée. Elle est définie par le débit d'absorption spécifique (DAS, ou SAR en anglais) et s'exprime en W/kg (cf. Annexe dosimétrie).  Le niveau de champ correspondant à un DAS donné peut être calculé lorsqu'un organisme de caractéristiques déterminées se trouve exposé en entier et à une distance suffisante de la source appelée "champ lointain". Cette méthode, pertinente pour la caractérisation de l'exposition du public aux champs des stations de base, n'est pas facile à appliquer lorsque le système biologique exposé se trouve près de la source (condition dite « de champ proche »), ce qui est le cas lors de la communication avec un téléphone mobile. L'estimation de la puissance absorbée nécessite alors le recours à des méthodes de modélisation complexes(10).

(10) Disons que la méthode est d'autant plus complexe pour l'opérateur, quand celui-ci tente de minimiser les valeurs démontrant que les tissus humains absorbent 50 % de l'énergie rayonnée par un téléphone portable, en atteignant même les parties les plus profondes de la tête. Si une onde traverse un mur, elle traverse à plus forte raison la tête, n'est ce pas.


2 - Effets biologiques des champs électromagnétiques radiofréquences

A - Notion d'effets thermiques

Dans le domaine des radiofréquences, les champs de forte intensité, comme ceux émis par un radar, induisent des effets thermiques manifestes(11).

(11) C'est peut être vrai pour le radar, mais c'est aussi vrai pour la téléphonie mobile. Le rapport de la DGS oublie de dire qu'EDF a référencé un four micro-ondes qui fonctionne lui en 900 MHz. De plus cette découverte remonte à 1893 et a été faite par d'Arsonval. Nos chercheurs du siècle dernier n'avaient aucun moyen technique et pas d'ordinateurs, mais visiblement ils étaient plus performants que ceux que nous avons aujourd'hui malgré leurs batteries d'ordinateurs. De plus, je rajouterai qu'un radar aérien à un lobe de rayonnement dont le maximum de puissance est pointée en altitude, et qu'il se trouve toujours entre 4 et 10 km des premièrres habitations. En revanche, une antenne GSM est elle sur votre tête ou en face de chez vous, et en plus son lobe de rayonnement est pointé généralement à -10° vers le bas. Un habitant situé donc dans le lobe de rayonnement d'une antenne GSM peut être beaucoup plus irradié qu'un habitant qui se trouve à côté d'un aéroport.
 

Accidents de surexposition par échauffement excessif. Quelques rares accidents ont été provoqués par la mise en route inopinée d'un système d'émission ou par la déficience d'un système de sécurité. Le dégagement de chaleur qui résulte habituellement de telles expositions entraîne le plus souvent un réflexe de défense de l'organisme avec retrait de la partie exposée du corps hors du champ nocif. Cependant dans certains cas, le retrait n'a pas été possible et les personnes ont présenté des brûlures.  Lorsque la tête était dans le champ d'exposition, des céphalées ont parfois été décrites(12).

(12) Pourquoi le rapport ne mentionne-t-il pas la durée d'exposition pour un portable GSM qui doit être de 41 V/m ou de 450 µW/cm² mais pour 6 minutes. Le fait même de ne pas le signaler et d'informer les utilisateurs est un délit. Quand des chercheurs comme le Pr Hardell constate un plus grand nombre de tumeur du cerveau chez les utilisateurs de portable, ce type d'information est volontairement étouffé. Plus grave, les services gouvernementaux refusent d'ordonner les enquêtes épidémiologiques nécessaires. On doit donc en conclure qu'ils ont peur des résultats. Autre anomalie, comment se fait-il que la DGCCRF, la répression des fraudes, n'impose pas aux construteur d'écrire sur la notice ou sur le téléphone portable GSM, une durée maximum d'utilisation ou d'exposition.

Expérimentations chez l'homme : mise en jeu des processus de thermorégulation au décours d'un effort. Le métabolisme basal de l'homme au repos est de l'ordre de 1,5 W/kg. Au décours d'un effort modéré, il s'élève à 2,5 W/kg.  Une exposition locale expérimentale à un DAS de 8 W/kg pendant 45 minutes chez des sujets au repos s'est traduite par des réactions physiologiques de thermorégulation : vascularisation cutanée augmentée sans sudation, avec maintien d'une température centrale stable. Lorsque l'exposition était précédée d'un effort modéré, la même exposition a provoqué une augmentation de vascularisation avec sudation [Adair, 2000]. Les effets d'une exposition donnée sont donc variables en fonction de l'état métabolique de l'individu.

(13) Ce qui veut dire aussi que certains peuvent être plus sensibles aux effets des micro-ondes et que le seuil d'électrosensibilité est différente.

Expérimentations chez l'animal : perméabilité de la barrière hémato-encéphalique. Des expériences ont été menées à différents niveaux d'exposition thermiques en utilisant successivement plusieurs molécules radio-marquées. Ces expérimentations ont démontré, d'une part, une élévation du volume sanguin cérébral, et, d'autre part, une modification de la captation pinocytaire variable selon la molécule concernée ; ces deux phénomènes sont en relation avec l'augmentation de la température corporelle. Les auteurs concluent que l'augmentation de la perméabilité de la barrière hématoencéphalique sous l'effet des micro-ondes est simplement liée à la variation de la température cérébrale [Baranski, 1973 ; Lin et Lin, 1980].

Expérimentations chez l'animal : cataracte . Des études animales ont montré qu'une cataracte pouvait être provoquée par une exposition d'une heure à une densité surfacique de puissance de 100 à 150 mW/cm2 [Williams et al., 1955 ; Carpentier, 1960 ; Zaret et al., 1975].  Une telle intensité n'est jamais atteinte dans l'environnement public, et rarement en exposition professionnelle(14). Même au décours d'une surexposition, aucun cas de cataracte n'a été décrit chez l'homme.

(14) Est ce que des mesures ont été faites ? Est-ce que les effets peuvent être cumulatifs ? Quand on compose le numéro de son correspondant, il me semble que l'on met le portable en face de ses yeux. Mais il est surtout très intéressant de se demander pourquoi Santé Canada qui devait faire une norme par rapport au taux de rayonnement des micro-ondes absorbée par les yeux, a laissé tomber. En somme quand on découvre qu'il peut y avoir des efftets pour les tissus humains, on ne fait plus de norme, comme ça après on affirme qu'il n'y a aucun danger.

Remarque sur la thermostatation in vitro. Dans certaines études, l'échauffement est prévenu par un système de refroidissement. Il n'y a donc pas d'élévation mesurable de température. Cependant, l'énergie absorbée dans les milieux exposés est considérable et on ne peut pas dire que l'exposition dans ces études soit « de faible intensité » [Maes et al., 1993].

(15) Les échauffements peuvent aussi avoir lieu en faible intensité, sauf que là elles sont d'ordres moléculaires ou même bactériologiques. Cela a été découvert dès 1893 par d'Arsonval, voir ses études. Le fait de refroidir des tissus biologiques artificiellement en raison d'une exposition à des micro-ondes, démontre d'office un trucage des expérimentations réalisées, dans le but de fausser les résultats, en les rendant plus acceptables pour le grand public.

B – Notion d'effets non thermiques

  Stimulation auditive des micro-ondes. Un effet spécifique aux radiofréquences est la perception auditive des micro-ondes émises par les radars ou "microwave hearing".  Lorsque les micro-ondes arrivent au niveau du crâne, l'énergie absorbée est convertie en chaleur et produit une élévation de température, très rapide mais faible (10-6 °C en 10 µs). Le gradient thermique génère une onde de pression thermo-élastique dans le tissu cérébral,(16) qui se propage jusqu'à la cochlée où elle est détectée par les cellules de l'oreille interne [Rissman et Cain, 1975 ; Cain et Rissman, 1978 ; Chou et Guy, 1979 ; Lin, 1981 ; Chou et al., 1985]. Il s'agit donc là d'un effet « micro-thermique » obtenu avec une puissance moyenne faible ne conduisant pas à une élévation de la température globale du tissu. Avec les téléphones mobiles, l'énergie des impulsions est trop faible pour être à l'origine d'une stimulation auditive.

(16) Il faut aussi parler et plus simplement de la modification artérielle, qui a lieu lors d'une exposition à un champ életromagnétique. Dès études ont été menées dès le début de la deuxième guerre mondiale pour provoquer des hémorragies. Le Japon avait dépensé 2 millions de Yens en 1942 pour mettre au point ce type d'arme. Allen Frey dont les études sont prises en compte au parlement européen, démontraient qu'il était en mesure d'arrêter un coeur et de le faire redémarrer.

Effets indirects : courants induits par l'intermédiaire d'une masse métallique exposée à un champ électrique. Lorsqu'une masse métallique importante est soumise à un champ radiofréquence, elle peut se charger et provoquer lors du contact avec un individu des décharges électriques responsables de douleurs (17) ou a minima de sensations désagréables, pouvant entraîner des accidents liés aux lâchers d'objets. Un individu qui toucherait un véhicule soumis à un champ d'exposition de 200 V/m entre 10 kHz et 300 MHz (radar), ressentirait de telles décharges [Chatterjee, 1986].

(17) Une masse métallique peut aussi servir de réflecteur, si elles sont exposées face à des faisceaux micro-ondes. C'est le principer même de fonctionnment du radar, qui capte l'écho de la masse métallique qui a reflété l'énergie de l'antenne.

Interactions avec les stimulateurs cardiaques. Des interférences des radiofréquences avec les stimulateurs cardiaques sont théoriquement possibles. Il s'agit d'un problème de compatibilité électromagnétique, compliqué par l'environnement biologique que constitue le corps du patient [Gagny, 1994].  De nombreuses expérimentations ont été effectuées avec les téléphones mobiles. Aucun effet n'a été observé lorsque les radiotéléphones étaient tenus à plus de 10 cm des stimulateurs(18). A une distance inférieure, des perturbations mineures de l'ECG ont pu être enregistrées avec quelques modèles de téléphones. Des filtres électroniques équipent aujourd'hui les nouveaux modèles de stimulateurs, les rendant insensibles aux champs des téléphones.

(18) Il est intéressant de noter qu'il n'existe aucune liste des stimulateurs cardiaques qui peuvent présenter des défaillances lorsqu'ils sont exposés à des téléphones cellulaires GSM. Que fait la DGCCRF, le service de la Répression des Fraudes ? RIEN dans ce domaine. Le malades ne sont pas informés et ne savent pas si leur stimulateur est fiable. C'est un acte carrément criminel.

Autres effets non thermiques. En dehors des effets thermiques, d'autres effets ont été rapportés [Thuéry, 1989 ; de Seze et Veyret, 1996]. Ils sont au cœur du débat sur les effets sanitaires des RF. L'analyse des rapports de synthèse et de la littérature scientifique récente, dans le chapitre IV de ce rapport, est principalement consacrée à ces autres effets biologiques, qui sont ne sont évoqués ici que pour mémoire(19).

(19) Je ne vois pas pourquoi les autres effets biologiques ne seraient évoqués que pour mémoire, ils ont aussi leur importance, car les effets biologiques sont aussi nocifs que les effets thermiques.



 
3 – La téléphonie mobile: aspects technologiques

A - Principe de la téléphonie mobile

Le téléphone transforme la voix en champs radiofréquences qui se propagent par l'intermédiaire de l'antenne du téléphone jusqu'à une antenne relais (station de base). Le signal est ensuite transmis par le réseau filaire jusqu'au correspondant. Chaque antenne relais couvre une portion de territoire constituant une « cellule », d'où le nom de téléphonie cellulaire.

B - Système GSM (Global System for Mobile communications)

Les champs utilisés dans la téléphonie mobile sont standardisés selon différents systèmes en fonction des régions et des pays. En France, les 2 systèmes actuellement en place sont le système GSM 900, développé par les opérateur Itineris et SFR, et le système GSM 1800, plus récent, développé par l'opérateur Bouygues Telecom.

Dans le système GSM 900, la fréquence porteuse est dans la gamme des 900 MHz. Elle s'étend de 872 à 960 MHz (20). Dans le système GSM 1800, la fréquence porteuse est dans la gamme des 1800 MHz. Elle s'étend de 1710 à 1875 MHz.

(20) Pour le fonctionnement en détail du GSM, voir ma page:
10-08°) Principe de fonctionnement du GSM (cliquez ici) =
http://www.multimania.com/orruptn/10-08.htm

A l'intérieur de ces gammes, les antennes relais attribuent à chaque utilisateur une bande plus étroite de 0,2 MHz pour chaque communication (découpage fréquentiel). Cette bande est aléatoire et peut notamment être amenée à changer lorsque l'utilisateur se déplace ; sa communication est alors relayée d'une cellule à une autre.  A l'intérieur de chaque bande utilisée de 0,2 MHz, il existe aussi un découpage temporel : l'information est émise par impulsions, à raison d'une impulsion de 576 µs toutes les 4,6 ms (fréquence de répétition des impulsions : 217 Hz ; rapport cyclique de 1/8).  Ceci permet que chaque bande étroite de fréquence soit utilisée à tour de rôle par 8 utilisateurs différents. La communication est ensuite "reconstituée", après décodage, le tout dans un temps suffisamment court pour qu'elle semble continue.

C - Téléphones

Les téléphones commercialisés fonctionnent en GSM 900, GSM 1800, ou les deux (téléphones bi-bandes). Certains sont même compatibles avec le système nord-américain (tri-bandes)(21).  Les modèles se différencient par leur autonomie, leur encombrement et leur poids. L'autonomie maximale, et le faible poids de la batterie seront permis par l'utilisation de la plus faible quantité d'énergie possible pour les communications, donc par une puissance d'émission minimale.

(21) De nombreux sites deviennent progressivement bi-bandes. L'arrivée de l'UMTS fera passer les sites en tri-bandes, augmentant dangereusement la pollution électromagnétique et surtout les risquess pour la santé.

La puissance d'émission des téléphones est limitée à 2W au maximum pour le GSM 900 et 1 W maximum pour le système GSM 1800. L'émission par impulsions permet de diviser par 8 la puissance moyenne émise, soit 0,25 W pour le GSM 900 et 0,125 W pour le système GSM 1800.  Cette puissance d'émission est de plus régulée en fonction de la distance à l'antenne relais : elle est inversement proportionnelle à la qualité de la communication (250 mW à plusieurs kilomètres de l'antenne, 10 mW à proximité).

Le champ émis par un téléphone à puissance maximale à 2-3 centimètres est de l'ordre de 400 V/m. Il décroît très rapidement avec la distance.

Interaction téléphone - utilisateur
La part de la puissance absorbée dans la tête est environ de 40% de la puissance émise (au maximum 100 mW pour le GSM 900). Sur une tête de 3 kg, le DAS correspondant est en moyenne de l'ordre de 30 mW/kg. Cependant, comme la puissance absorbée décroît exponentiellement en fonction de la profondeur, le DAS local est d'autant plus important qu'il est calculé sur un petit volume : pour 10 g, il est de 0,4 à 1 W/kg.

Deux principes techniques contribuent à minimiser le DAS dans la tête des utilisateurs :
la qualité de la communication nécessite que la majorité du rayonnement émis par le téléphone le soit en direction de la station de base, ce qui implique que la partie absorbée par la tête de l'utilisateur soit minimale ;
la recherche de l'autonomie maximale du téléphone, qui est optimisée par un dispositif de contrôle de puissance.

Le dispositif de contrôle de puissance a pour objet de réduire les interférences entre utilisateurs dans une même cellule, et de permettre la diminution du volume de la batterie, grâce à une moindre consommation. Lors de la connexion de l'utilisateur du mobile avec son correspondant, la puissance émise est ajustée à un niveau élevé permettant d'avoir une communication immédiate optimale, puis le contrôle de puissance réduit celle-ci par paliers de 2 dB, en quelques secondes, jusqu'à se stabiliser au niveau minimum compatible avec une bonne qualité de la communication. Le champ reçu varie donc, en un point donné, avec le temps (sur une échelle de 20 à 30 secondes). Le déplacement de l'utilisateur (lors de la marche ou  d'un transfert en voiture, par exemple), fait prendre le relais par plusieurs stations de base successivement, chacune démarrant sa communication à un niveau élevé, puis abaissant la puissance. Ainsi, l'exposition reçue est le produit d'une série de champs variant sur une amplitude de quelques centièmes à de l'ordre de 0,5  à 1 W/Kg. C'est donc lors de l'utilisation d'un mobile en situation de déplacement que l'exposition est la plus élevée, ou encore lors d'une conversation dans une lieu à médiocre réception, qui astreint l'antenne et le mobile à rester à des niveaux de puissance élevés.

D - Antennes relais

On distingue plusieurs types d'antennes relais ou stations de base, selon le territoire couvert et la densité des communications transmises :
les stations macro cellulaires, les plus courantes peuvent émettre à une puissance maximum de 20 à 30 watts par bande de fréquence. En milieu rural, la puissance sera élevée pour couvrir des zones étendues (10-30 km) sur un nombre limité de bandes de fréquence utilisateur, tandis qu'en milieu urbain, la puissance sera répartie sur de nombreuses bandes utilisateur dans un périmètre restreint (500 m).
les stations micro cellulaires ont une puissance moindre et sont utilisées pour couvrir des zones peu étendues de forte densité d'utilisateurs, comme des gares ou des centres commerciaux par exemple,
les stations pico-cellulaires sont installées à l'intérieur de bâtiments comme des bureaux.

Du point de vue physique, le champ dans l'environnement des antennes se présente de la façon suivante :
strictement en face de l'antenne, le champ à une distance de 1 mètre d'une station micro-cellulaire est de 50 V/m. Les niveaux de référence fixés par la recommandation européenne 1999/519/ CE  sont de 41 V/m à 900 MHz et de 58 V/m à 1800 MHz ; il suffit donc pour être sûr de les respecter de se tenir à une distance de l'ordre de 1,5 m d'une station micro-cellulaire, et de 2,5 m d'une station macro-cellulaire. Les résultats de campagnes de mesure du champ sont présentés plus loin (cf II-4.a).
en arrière de l'antenne, une plaque métallique réfléchit complètement les champs émis dans cette direction. Une distance de 50 cm est cependant recommandée pour garantir le respect des valeurs recommandées.
dès que l'on s'éloigne de l'axe de l'antenne en dessus ou en dessous (cas le plus courant, ces antennes étant habituellement disposées à une hauteur de 20 m environ), le champ est au maximum de 1 à 2 V/m. Le faisceau émis est directionnel ; légèrement incliné, avec une large ouverture horizontale de l'ordre de 120° et une faible ouverture verticale de quelques degrés, il n'atteint le sol qu'à une distance de l'ordre de 50 à  200 mètres selon la hauteur de l'installation et l'inclinaison de l'antenne (voir le schéma).
 

Diffusion du faisceau électro-magnétique depuis une antenne de macrocellule
 

E- Les nouvelles gammes de fréquences : technologies émergentes et futures

GSM

Rappelons ce qu'est le protocole GSM introduit en 1992 : il s'agit d'un signal TDMA (time division multiple access). La fréquence de répétition est de 217 Hz. Le taux de remplissage est de 1/8 pour le téléphone mobile et varie de 1/8 à 8/8 pour la station de base (sauf pour le canal balise -BCCH- dont le taux de remplissage est toujours de 8/8).

Des améliorations à ce protocole de deuxième génération sont le HSCSD (High Speed Circuit Switched Data) qui permet d'obtenir des débits de 38,4 kbps (email, fax, etc.) et le GPRS (General Packed Radio Service) qui permet d'atteindre  115 kbps.

UMTS (Universal Mobile Telecommunications System)

L'UMTS est la version européenne de l'IMT-2000 (International Mobile Telecommuni-cations-2000) universel. Ce protocole permet un débit important pour de nouveaux services (multimédia, etc.). Trois échelles de cellules sont prévues (macro, micro, et pico).
 
 
Type de cellule Macro Micro Pico
Rayon < 20 km < 1000 m < 100 m
Antenne Toits Façdes Plafonds, murs
Application Campagnes,
Banlieues, 
Villes
Haute densité d'activité Bâtiments Centres villes
Services limités Tous services
Débits de données < 144 kbps < 384 kbps < 2 Mbps

 Deux protocoles complémentaires sont utilisés : W-CDMA et TD-CDMA (Wide-Band ou Time-Division Code Division Multiple Access) dans les bandes de fréquences 1900-1920 MHz et 2010-2025 MHz respectivement. La puissance utilisée est de 0-50 W pour la station de base et de 2 W maximum pour le téléphone mobile (en pratique beaucoup moins grâce au contrôle de puissance).

DECT (Digital Enhanced Cordless Telecommunications)
Depuis 1988, les téléphones mobiles DECT sont répandus dans les résidences et les bureaux. La fréquence est située entre 1,88 et 1,9 GHz. Le protocole est le TDMA comme pour le GSM et la puissance moyenne pour la base est de 250 mW, et de 10 mW pour le terminal, avec une portée de 300 m environ.

TETRA (Terrestrial Trunked Radio)
TETRA est, depuis 1995, le nouveau système de communication privé en développement pour la police, les ambulances, etc. Il s'agit d'un protocole TDMA avec 4 canaux (contre 8 pour le GSM). Les bandes de fréquence sont en Europe de 380-383 MHz et 390-393 MHz pour les urgences et jusqu'à 921 MHz pour les autres situations. La puissance de la station de base est de 15 W et celle du terminal de 1 W.

TFTS (Terrestrial Flight Telecommunications System)
Le système TFTS permet aux avions en vol de communiquer avec le sol (téléphone). Les fréquences utilisées sont 1800-1805 MHz pour la liaison descendante et 1670-1675 MHz pour la liaison ascendante. La puissance est de 10 W environ. La taille des cellules est très grande (350 km).
 

Liaisons RF individuelles

De multiples applications à courte portée sont déjà effectives ou en développement :
Contrôle à distance  (voitures, engins, jouets, etc.)
Liaison pour la HiFi, ou la vidéo,
Télémétrie et identification de personnes, de véhicules, etc.
Radar pour la   mesure de distances.

Pour le transfert de données numériques à faible distance, plusieurs protocoles sont en développement:
Hiperlan/2 (Hight Performance Radio Locale Area Networks)
Système de lien RF à fort débit (< 54 Mbps), de grande flexibilité (voix, données, vidéo). La fréquence se situe dans les bandes 5150-5250 MHz et 17,10-17,30 GHz. Le protocole est de type CDMA avec une puissance moyenne de 100 mW.

Bluetooth
Le système de liaison à courte distance Bluetooth (du nom d'un roi viking du 10ème siècle) est issu d'un groupe fondé par les sociétés Ericsson, IBM, Intel, Nokia et Toshiba. La fréquence utilisée est dans la bande 2400-2483,5 MHz et la puissance typiquement de 1 mW pour une portée de 10 m seulement (liaison entre appareils dans une maison ou entre le téléphone mobile et l'écouteur-micro). Le débit peut atteindre 1 Mbps.

Progressivement, les communications fondées sur les technologies analogiques vont être remplacées par les systèmes numériques. Cela permet à des transmissions de plus en plus rapides ainsi qu'à des efficacités spectrales plus grandes. Les puissances d'émission peuvent être abaissées en raison des moindres interférences que cela autorise. Globalement, le développement des technologies nouvelles décrites ci-dessus va conduire à une multiplication des sources dans notre environnement. Néanmoins, il est probable que le niveau ambiant global ne croîtra pas de façon significative, même si une augmentation transitoire est à prévoir en raison de l'introduction de nouvelles technologies cohabitant avec les anciennes. La contribution des multiples sources de faible puissance et situées à proximité sera aussi grande que celles des sources puissantes mais éloignées (Radio et télédiffusion), dont la puissance, malgré le passage au numérique ne diminuera pas sensiblement (20 kW).
 


 
4. Implantation des stations de base et exposition des personnes

Mesures des champs au voisinage de stations de base
Le groupe d'experts a demandé aux trois opérateurs de téléphonie mobile en France de lui faire connaître, afin de les inclure dans son rapport, les résultats des mesurages ponctuels ou des campagnes réalisées sur le territoire (courriers du 11 novembre 2000). La même demande avait été adressée le 5 octobre (demande renouvelée le 5 décembre) à l'Agence Nationale des Fréquences. Lors de la rédaction de ce rapport, seul Bouygues Telecom avait fourni certaines des données sollicitées (cf plus loin) ainsi que, de manière plus limitée, France Telecom Mobiles. Le groupe d'experts s'étonne de cette situation qui ne lui permet pas de fournir au public l'ensemble des informations attendues. L'Agence Nationale des Fréquences a indiqué au groupe d'experts par courrier de son directeur général en date du 13 novembre 2000, que les résultats dont elle disposait ne pouvaient être considérés comme représentatifs, en l'absence actuelle de protocole de mesure établi au niveau national et permettant de conduire une telle campagne sur des bases bien définies. L'Agence s'est fixé pour objectif d'élaborer un tel protocole de mesures de référence, permettant de couvrir l'ensemble du domaine des radiofréquences, afin de lancer une campagne de mesures sur un échantillon de sites représentatifs de la situation dans notre pays. De son côté la compagnie Cégétel a communiqué quelques résultats de mesures réalisées sur deux sites par un organisme de contrôle technique d'une part et par l'ANFR d'autre part. Les deux mesures ont été réalisées selon des protocoles très différents : dans un cas avec une sonde à très large bande à faible sensibilité, et dans l'autre avec une antenne sélective en bande étroite. Ces méthodologies différentes ne permettent pas de réaliser une synthèse de ces documents.

Par ailleurs, différents organismes ont effectué des mesurages dans d'autres pays européens, et en ont publié les résultats au moyen d'articles scientifiques ou de rapports. Ces différentes informations sont réunies dans cette section, de manière synthétique.
 

Cartographie des sites typiques GSM 900, données France Telecom Mobiles

France Telecom Mobiles a communiqué au groupe d'experts copie d'une étude relative à une cartographie, par simulation, des sites typiques GSM 900, l'environnement  considéré prenant en compte l'absorption des parois, mais pas les phénomènes de réflexion. Par ailleurs, selon les constructeurs d'antennes, des disparités peuvent apparaître en ce qui concerne les lobes arrières et les lobes secondaires, donc sur ce point les modèles ne donnent que des ordres de grandeur. Les simulations ont été réalisées en supposant un trafic plein sur 4 canaux, sans tenir compte des variations en cours de journée.

Pour une antenne macrocellulaire 900 MHz (Kathrein K736863) ayant une ouverture verticale de 8° et une ouverture horizontale de 90°, le périmètre de sécurité correspondant à la limite d'exposition de 41 V/m est de 2m en face de l'antenne, 20 cm derrière l'antenne ainsi que au-dessus et au dessous, et 1 m sur les cotés de l'antenne. La simulation d'une antenne sur pylône de 23 m de haut conduit aux résultats suivants : 15 V/m à 10 m en face de l'antenne, 7 V/m à 20 m en face de l'antenne , 3 V/m à 50 m  en face de l'antenne, 2,25 V/m à 5 m sous l'antenne à une distance horizontale de 20 m du pied du pylône et 1 V/m à 10 m sous l'antenne à une distance horizontale de 20m du pylône.

Pour une antenne à 1m de la bordure d'un toit terrasse en béton armé, la simulation met en évidence une valeur maximale de 0,5 V/m à 2 m sous l'antenne (dans l'étage situé en dessous). Pour une antenne macrocellulaire en façade,  le champ est de 15V/m à 1 m sur les cotés de l'antenne  et de 1,5 V/m à 1 m derrière l'antenne en tenant compte d'une absorption de 10 dB par le mur.

Pour les sites microcellulaires en facade (antenne Kathrein K736350), le périmètre de sécurité correspondant à la valeur de 41 V/m est de 10 cm autour de l'antenne ainsi que au dessus et au dessous. La valeur de champs est de 3 V/m à une distance de 1 m derrière l'antenne, 10 V/m à 1 m sur les cotés de l'antenne, et 1,5 V/m à 15 m en face de l'antenne. Pour les sites picocellulaires, le périmètre de sécurité défini dans les mêmes conditions est de 10 cm autour de l'antenne et de 5cm au dessus et au dessous de l'antenne.

Des mesures sur sites ont été réalisées par France Telecom ; les résultats diffèrent très sensiblement selon les moyens de mesures utilisés (sensibilité, isotropie, sélectivité en fréquence). Avec une sonde isotrope de type Melop Thomson, sélective en fréquence, des mesures ont été réalisées en 9 lieux publics très fréquentés dans Paris. Les valeurs maximales de densités de puissance spécifiques mesurées s'échelonnent de 0,72 à 0,0056 mW/m² dans la bande GSM 900 et de 0,13 à 0,018 mW/m² dans la bande DCS 1800. La même mesure a été réalisée en sommant l'ensemble des densités de puissance dans la bande 85 à 1900 MHz couvrant, outre  les stations de base,  les spectres radio FM et télévision; les valeurs s'échelonnent de 19 à 1,2  mW/m², la valeur la plus élevée étant relevée à proximité de la Tour Eiffel, elle correspond à un champ de 2,7 V/m. Selon ces mesures, à l'intérieur des valeurs de densités de puissance liés à l'ensemble des sources de radiofréquences, les stations de base de téléphonie mobile ne représenteraient qu'une part relativement modeste aux points de mesures considérés. En effet, le rapport entre le maximum de densité surfacique de puissance dans la bande GSM 900 et la densité surfacique de puissance totale dans la bande 85 à 1900 MHz s'échelonne d'un maximum de 0,142 à Notre Dame à un minimum de 0,001 à Montmartre (14% à 0,1%). Dans la bande DCS 1800, ce rapport est moins variable, il s'échelonne de 0,032 Place de la Concorde à 0,0086 à Montmartre (de 3,2% à 0,86%).

France Telecom Mobiles a fourni par ailleurs 3 compte rendus de mesures de champs réalisés par des organismes de contrôle technique, sur des terrasses ou en appartement. Ces mesures ont été réalisées avec des sondes isotropes à très large bande de faible sensibilité (Wandel Golterman ou Chauvin Arnoux) ; elles ne peuvent être considérées comme représentatives des seules stations de base, mais de l'ensemble du spectre de radiofréquence.
 

Campagne de mesure de champs dans les écoles parisiennes proches de stations de base (données fournies par Bouygues Telecom).

A l'initiative de Bouygues Telecom, la société ETDE (organisme de contrôle technique) a réalisé une campagne de mesures de champs électriques dans des écoles parisiennes proches d'une station de base du réseau Bouygues Telecom. Les résultats de cette étude n'ont pas encore été publiés, mais présentés lors d'un congrès en décembre 2000, ils ont été adressés pour information à la direction des Affaires Scolaires de la mairie de Paris et à la Direction générale de la santé.
 

1/ Méthodologie

Une liste de 100 écoles maternelles et d'enseignement élémentaire, proches d'une station de base du réseau Bouygues Telecom a été établie sur les 338 écoles maternelles et 335 écoles élémentaires existant dans Paris intra-muros. Soixante neuf d'entre elles, dépendant de la Direction des Affaires scolaires de la Ville ont été visitées au cours du mois d'août 2000. Pour chaque école, trois points de mesure ont été retenus : centre de la cour de récréation, salle de classe au centre du bâtiment, et hall d'entrée. En l'absence de protocole de mesure harmonisé au niveau national ou européen, les opérateurs se sont fondés sur les projets de normes en cours d'élaboration. La valeur efficace du champ électrique a été mesurée en bande étroite dans les bandes FM, TV, GSM 900 et GSM 1800, à l'aide d'un analyseur de spectre couplé à des antennes spécifiques à chaque bande. Les résultats sont exprimés en V/m et en pourcentage du niveau de référence fixé par la recommandation européenne du 12 juillet 1999.
 

2/ Résultats

La distance horizontale en mètres de l'école à la station de base GSM 1800 la plus proche s'échelonne de 30 à 372 mètres, la distance aux stations de base GSM 900 et aux autres sources de radiofréquences n'a pas été évaluée dans cette étude. Le trafic maximum a été évalué par extrapolation pour les bandes GSM 900 et GSM 1800 à partir des données du canal de service, lequel fonctionne en permanence à la puissance nominale, en tenant compte du nombre de canaux par antenne (en général 4 à Paris). L'ensemble des signaux des émetteurs FM d'un coté et télévision de l'autre a été agrégé pour définir un niveau de signal global pour ces deux bandes.

Exprimés en pourcentage du niveau de référence de champ, ils montrent : dans la bande FM, des valeurs comprises entre 1/100.000 et quelques pour cents du niveau de référence, pour la bande TV et la bande GSM 900 des valeurs comprises entre 1/100.000 et 1/1000 du niveau de référence, pour la bande GSM 1800, des valeurs comprises entre 1/1.000.000 et 1/10.000 du niveau de référence (cf figure ci-après). Le niveau de référence de 58 V/m  est plus élevé dans la bande GSM 1800 que dans la bande GSM 900, 41 V/m ce qui pourrait expliquer en partie la différence, le résultat étant exprimé en pourcentage du niveau de référence. Le nuage de points dans chaque bande ne permet pas de mettre en évidence une différence apparente des niveaux de champs entre les mesures réalisées dans les classes, dans les cours ou dans les halls d'entrée, sauf pour la bande FM dont les valeurs apparaissent systématiquement plus élevées dans les cours. Ce point aurait mérité une analyse statistique plus fine. La relation entre la distance à la station de base et le niveau de champ mesuré a fait l'objet d'une analyse spécifique, site par site dans les cours dans les halls et dans les classes. Dans les cours, le résultat est conforme aux modèles : entre 30 et 100 mètres, le champ est faible et constant, en moyenne de l'ordre de 0,0005 V/m, à l'exception d'un point à 0,003 V/m situé à 70 mètres d'une station de base, probablement lié à la présence d'un faisceau proche. Ensuite de 100 à 150 mètres, le champ moyen augmente avec des valeurs maximales à 0,002 V/m et une forte dispersion des points de mesure probablement en raison de la présence d'obstacles à la propagation. Ensuite le champ décroît pour se stabiliser vers 200 mètres à une valeur inférieure à 0,0005 V/m. Dans les classes, la répartition des champs est un peu différente, on retrouve quelque soit la distance une majorité de points au dessous de 0,0005 V/m. On retrouve le même point que précédemment à 70 mètres avec une valeur de 0,004 V/m et entre 70 et 175 mètres quelques points situés au dessus de 0,001 V/m. Dans les halls les valeurs mesurées sont plus basses en raison de l'effet d'absorption par les murs et homogènes de l'ordre de 0,0002 V/m quelque soit la distance, avec quelques points (6) entre 0,0006 et 0,001 V/m entre 70 et 120 mètres.

Résultats des mesures de champ dans des écoles parisiennes ; comparaison de différents champs RF

Source : Bouygues Telecom, août 2000
 

3/ Conclusion.

Cette étude a porté sur un nombre relativement important de sites, avec sur chaque site trois mesures représentatives de lieux de vie différents, la méthodologie de mesure est correcte. On peut conclure des éléments disponibles que le niveau d'exposition aux radiofréquences dans les écoles de Paris est plus élevé dans la bande FM que dans les bandes GSM et que le niveau d'exposition lié à la bande TV est du même ordre de grandeur que pour les bandes GSM. La relation entre la distance et le niveau moyen de champ mesuré en extérieur est conforme aux modèles, il est faible et constant à courte distance, il augmente avec la distance à partir d'une centaine de mètres pour décroître à partir de 150 mètres. Le niveau de champ mesuré, lié aux stations de base proches apparaît très faible dans ces écoles, la valeur moyenne est inférieure à 0,001 V/m dans les classes ainsi que dans les cours, elle est inférieurs à 0,0005 V/m dans les halls.
 

Analyse du rapport NRPB :  Exposure to radiowaves near mobile phone base stations  NRPB-R 321.

Le NRPB, National radiological protection board, est au Royaume Uni l'organisme public chargé de la radioprotection, y compris pour le domaine des rayonnements non ionisants. Le rapport Stewart publié en mai 2000 avait fait certaines recommandations relatives aux stations de base de téléphonie mobile, notamment la réalisation d'un audit indépendant des industriels, afin de s'assurer que les valeurs limites d'exposition ne sont pas dépassées à proximité des stations de base, en dehors des zones d'accès réservé. C'est dans ce cadre que le NRPB a réalisé une campagne de 118 mesures portant sur différents sites de stations de base de téléphonie mobile, à proximité desquelles le public s'interrogeait sur le niveau de rayonnement émis. Cette étude a fait l'objet de la publication NRPB R 321 en juin 2000

1/ Résumé de la méthodologie

a/  Rappel technique

Le rapport rappelle le mode de fonctionnement des réseaux de téléphonie mobile fondé sur l'existence de cellules à l'intérieur desquelles une station de base assure les communications montantes du mobile vers la station et descendantes dans l'autre sens. Ces cellules sont de taille variable selon les caractéristiques géographiques du lieu, allant en zones rurales de la dizaine de kilomètres, à un kilomètre ou moins en ville, il s'agit alors de macrocellules dont la couverture est assurée par une antenne située en toiture ou sur pylône. La couverture de distances de l'ordre de la centaine de mètres ou moins est assurée par des microcellules ou des picocellules de courte ou très courte portée. Le rapport précise les caractéristiques techniques des antennes et notamment le caractère directionnel du faisceau émis, avec une large ouverture horizontale de l'ordre de 120° et une faible ouverture verticale de quelques degrés. Le faisceau étant légèrement incliné par rapport à l'horizontale, il n'atteint le sol qu'à une distance de l'ordre de 50 à 300 mètres selon la hauteur de l'installation et son inclinaison par rapport à l'horizontale. Chaque panneau d'antenne émet une puissance rayonnée maximale de l'ordre de 10 watts. La campagne de mesures ne porte que sur des antennes de macrocellules, dont la puissance maximum au Royaume uni s'échelonne de 25 à 70 Watts selon le nombre de panneaux. Selon les auteurs du rapport, les antennes de microcellules n'émettent qu'à une puissance maximale de l'ordre du Watt, elle est de l'ordre de 0,1 ou 0,2 Watts pour les picocellules. Le gain de ces antennes de microcellules ou de picocellules est plus faible et les faisceaux moins directifs (donc moins denses). Les distance de sécurité qui en découlent ne dépassent pas quelques décimètres.

b/ Les recommandations nationales et internationales.

Le rapport rappelle les différentes valeurs d'exposition recommandées pour le public et les travailleurs. Dans ce domaine de fréquence, les niveaux maximum d'exposition, exprimés en densité de puissance, retenus au Royaume uni (norme NRPB) sont de 33,2 Watts /m² à 900 MHz et 100 Watts / m² à 1800 MHz. Les valeurs limites d'exposition admises par la recommandation européenne du 12 juillet 1999 et issues de la recommandation de la Commission Internationale de Protection contre les rayonnements non ionisants (ICNIRP) sont, pour le public, de 4,5 Watts /m² à 900 MHz et de 9 W/m² à 1800 MHz.

c/ Matériel de mesures .

Les auteurs précisent que les sondes isotropes à main utilisées pour mesurer des niveaux d'exposition comparables aux valeurs limites recommandées, sont inadaptées pour ce type de mesures car manquant de sensibilité. Les mesures ont donc été réalisées à l'aide d'un analyseur de spectre couplé à différents types d'antennes selon le domaine de fréquence, permettant un seuil de détection inférieur à 1µW/m² et une bonne sélectivité. Les incertitudes de mesures ont été évaluées et sont relativement importantes de l'ordre de 3 dB même avec la méthode de mesure utilisée.

2/ Modélisation.

Les auteurs, afin de vérifier la cohérence de leurs mesures avec les modèles mathématiques généralement utilisés, ont calculé à l'aide de deux modèles mathématiques la distance prévisible de respect des valeurs limites d'exposition devant une antenne de 80 watts composée de 12 éléments. Selon la loi de l'inverse du carré de la distance, la valeur limite d'exposition prévue par le recommandation du 12 juillet 1999 est respectée à 8 mètres en face de l'antenne à 900 MHz et à 6 mètres à 1800 MHZ. Selon un modèle de calcul en champ proche, plus représentatif de la réalité, cette valeur est respectée à 2,5 mètres à 900 MHz et à 5,5 mètres à 1800 MHz. Par la suite, la comparaison des mesures sur site avec ces modèles a démontré une différence importante entre les valeurs issues du modèle et les valeurs réellement mesurées. Cette différence est d'autant plus grande que l'on se trouve à faible distance de l'émetteur, la modélisation peut surestimer la valeur réelle mesurée de densité de puissance jusqu'à 4 ordres de grandeur lorsque le point de mesure ne se situe pas directement dans le faisceau de l'antenne ou lorsqu'un obstacle, tel qu'un mur, constitue un écran. Les modèles de densité de puissance au sol, montrent, pour une antenne située à 15 mètres du sol, une très faible densité de puissance au pied des mats d'antennes jusqu'à une distance de 10 mètres environ, elle croit ensuite progressivement entre 10 et 100 mètres (avec des pics de densité en raison de la présence de lobes d'émission accessoires). Le maximum de densité, prenant en compte les rayonnements réfléchis, est atteint à une distance de 180 mètres du mat, la puissance diminue ensuite en fonction de la règle du carré de la distance, elle est à 300 mètres légèrement supérieure à la valeur estimée à 70 mètres. Le bord inférieur du faisceau principal touche le sol, dans cette configuration du modèle, à une distance de 100 mètres environ.

3/ Les mesures

Les mesures ont été réalisées sur chacun des sites dans la gamme de fréquences s'étendant de 30 MHz à 2,9 GHz afin de couvrir l'ensemble du spectre des émissions de radio FM de télévision et de radiotéléphonie. La technologie de mesure utilisée a permis d'isoler en chaque point de mesure : le signal émis par la station de base la plus proche, l'ensemble des stations de base et l'ensemble des signaux radio dans le spectre considéré. Des mesures ont été réalisées à l'intérieur des bâtiments aussi bien qu'à l'extérieur.

Les résultats de mesures de la densité de puissance liée à la station de base la plus proche sont très dispersés surtout à courte distance. Les valeurs relevées sur les sites situés hors des bâtiments sont de l'ordre de 10 µW/m² à 1 mW/m², soit de l'ordre de grandeur du millième au millionième des valeurs guides européennes. Les densités de puissances relevées à l'intérieur des bâtiments sont généralement inférieures, mais plus dispersées que les valeurs relevées à l'extérieur, s'étageant de 0,1 µW/m² à 1 mW/m². La valeur moyenne des densités de puissance mesurées tend à augmenter entre 0 et 100 mètres de l'antenne puis à se stabiliser ensuite à une valeur de l'ordre de 0,1 mW/m². Cette constatation est à mettre en rapport avec le fait qu'en s'éloignant de l'antenne on se rapproche progressivement du faisceau pour pénétrer ensuite dans son champ. A courte distance, la dispersion des résultats est à mettre en rapport avec l'existence d'obstacles entre le faisceau et le point de mesure, ainsi que la position très variable du point de mesure par rapport au faisceau.

Les résultats des mesures de la densité de puissance liée à l'ensemble des sources de radiofréquence montrent une moins grande dispersion que pour les mesures de la station de base seule. Pour les mesures initiales (station de base seule) supérieures à 0,1 mW/m² l'addition des autres sources a peu d'effet sur le résultat de la mesure totale, alors que les mesures inférieures à 0.01 mW/m² deviennent rares lorsque l'on prend en compte l'ensemble des sources. Si l'on réalise une moyenne géométrique des mesures de densités de puissance liées à la station de base proche, on observe un résultat peu différent de la densité de puissance liée à l'ensemble des autres sources : 33 µW/m² contre 21µW/m².

Si l'on rapporte les valeurs de densité de puissance totale en chaque point de mesure, à la valeur limite d'exposition retenue par la recommandation européenne, le résultat s'échelonne entre le millième et le dix millionième, avec comme il était prévisible, une forte dispersion près des antennes et une valeur stable de l'ordre du dix millième à partir de 100 mètres, ce qui signifie probablement que la densité de puissance liée à la station de base n'émerge plus du bruit de fond électromagnétique ambiant à partir de cette distance. Le rapport entre le signal issu de la station de base et les signaux à l'ensemble des sources est très dispersé à courte distance, il varie entre 0,001 et 100. A partir de 100 mètres, il se stabilise à une valeur de l'ordre de 0,1.

4/ Conclusions.

A courte distance la puissance rayonnée par les antennes peut dépasser les valeurs limites d'exposition lorsque l'on se situe en face de l'antenne dans le faisceau. Les antennes sont directionnelles, dans le plan du faisceau d'émission, et selon les modèles mathématiques, les valeurs limites d'exposition ne sont plus dépassées au delà de quelques mètres. De manière globale, on n'observe pas une tendance à la décroissance du niveau de densité de puissance avec la distance. Sur les sites de mesures de cette étude, la densité de puissance liée aux autres sources est du même ordre de grandeur que celle qui est liée à la station de base proche. La moyenne géométrique des densités de puissances, toutes sources confondues, mesurées dans cette étude à proximité de stations de base (5 à 230 mètres) représente 18 millionièmes des valeurs fixées par la recommandation ICNIRP. Si l'on retire la densité de puissance de la station de base proche, la moyenne géométrique des densités de puissance liées aux autres sources est alors de 5,5 millionièmes des valeurs recommandées par l'ICNIRP, dans les deux cas les valeurs mesurées sont très dispersées.
 

Résumé de l'article : Electromagnetic field pattern in the environment of GSM base stations (paru dans Occupational Medicine and Environmental Health, vol. 12 47-58 1999)

Cet article est issu des travaux du laboratoire des risques électromagnétiques de l'institut de médecine du travail de Lodz en Pologne.

1/ le cadre réglementaire polonais.

Il existe en Pologne des cadres réglementaires différents pour l'exposition du public et des professionnels aux champs électromagnétiques. Pour le public, dans la bande 300 MHz à 300 GHz, la valeur admissible de densité de puissance est de 0,1 W /m² (6,14 V/m). Pour les professionnels il existe 3 classes de risques nécessitant des mesures de protection différentes : > 100 W/m², 20 à 100 W/m² et 0.1 à 20 W/m². Ces deux dernières catégories correspondent aux niveaux observés en milieu professionnel exposé.

2/ les réseaux de téléphone mobile en Pologne .

La situation de ces réseaux n'est pas sensiblement différente en Pologne de la situation de la France, la puissance des antennes de stations de base est de l'ordre de 10 à 20 watts, ces antennes sont installées en toiture d'immeuble, sur les hôpitaux, en murs pignons, et sur des tours essentiellement en milieu rural. Une particularité polonaise est l'emploi fréquent de cheminées d'usines pour l'installation de ces antennes. Les différents types d'antennes utilisés sont conformes à ce que nous connaissons avec environ 25 modèles différents, l'inclinaison des panneaux par rapport à la verticale est de 3 à 9 °. La puissance sans perte est de 20 Watts, la perte moyenne est de l'ordre de 3 dB.

3/ Résumés des mesures et modélisations.

Les méthodes de mesures ne sont pas décrites dans l'article qui renvoie à une norme polonaise et à une procédure de certification cités en référence. Pour une antenne située en toiture sur un mat de 4.8 m, le niveau de référence de 0,1 W/m² est dépassé pour une personne de 1,8 m se déplaçant sur la toiture, située à une distance de l'ordre 8,8 m du pied du mat dans la direction du faisceau principal et si l'inclinaison du panneau est de 15 degrés. Pour une inclinaison moindre, le niveau de référence n'est pas dépassée quelque soit la distance au mat. Si la hauteur du mat est de 3 mètres seulement, le niveau de référence est dépassé à une distance de 3,8 mètres du pied du mat si l'inclinaison est de 15 degrés et à une distance de 11,3 m pour une inclinaison de 3 degrés. Ceci démontre le caractère très directionnel de ces antennes dans le plan vertical, la nécessité de les implanter le plus possible en bordure de terrasse, ce qui ne semble pas être la règle pour les installations polonaises. Vingt sites proches de stations de base ont fait l'objet de mesures de champs, réalisées par des organismes publics. Lorsque les stations de base se trouvent en toiture d'immeuble, sur des mats dont la hauteur varie de 1,65m à 8,5m et l'inclinaison de 0° à 9°, le niveau de référence n'est dépassé en un point de la toiture terrasse que dans 20 % des cas. Les valeurs mesurées s'échelonnent  de 0,025 à 2 W/m². Les auteurs n'ont pas retrouvé de densité de puissance mesurable dans les étages supérieurs des immeubles en question. En ce qui concerne les immeubles environnants, ils ont retrouvé dans deux cas, l'un situé à 42 mètres l'autre à 52 mètres, sur des balcons d'immeubles, des valeurs mesurées de l'ordre du tiers ou du quart du niveau de référence polonais. En ce qui concerne les antennes situées sur des tours ou des cheminées, aucune densité de puissance mesurable n'a été retrouvée aux alentours. Par contre sur ces tours ou  cheminées, dans des zones accessibles seulement au personnel d'intervention, à proximité immédiate des antennes, des valeurs de 0,66 à 1,7 W/m² ont été mesurées. Ces valeurs sont supérieures aux niveaux de référence polonais mais sensiblement inférieures aux niveaux de référence de la recommandation européenne du 12 juillet 1999.

4/ Conclusion.

Les niveaux de référence polonais de densité de puissance, 45 à 90 fois inférieurs aux niveaux de référence de la recommandation européenne, ne sont dépassés sur les toitures porteuses d'antennes de stations de base que dans 20% des cas et dans 5% des mesures réalisées sur des tours ou des cheminées. Aucune mesure réalisée dans des lieux accessibles au public, dans des immeubles proches, à proximité des stations de base ou dans les immeubles supportant les stations de base n'a montré de dépassement du niveau de référence. Le personnel intervenant dans les zones de protection peut être exposé à des niveaux dépassant les niveaux de référence. Par ailleurs pour que soient respectés les niveaux de référence polonais sur les toitures, les faisceaux hertziens de liaison entre les stations de base doivent être installés à une hauteur de 2 mètres minimum pour une fréquence de 23 GHz et de 3 mètres pour une fréquence de 7 GHz.
 

Résumé de la présentation 'Exposure next to base stations in Austria'

Par G. Neubauer, Austrian Reserch Center Seibersdorf A 2444 Seibersdorf Austria

Il s'agit d'une étude menée par l'ARCS, présentée lors de congrès mais non encore publiée dans la presse scientifique. L'étude a été conduite dans le cadre d'un projet européen soutenu par le COST 244 bis, afin de vérifier le respect des niveaux de référence sur différents sites proches de stations de base de téléphonie mobile, en Autriche, Belgique, Hongrie et Suède. Ces résultats feront l'objet d'une publication commune dans le cadre du COST 244 bis.

1/ Méthodologie

Il existait fin 1999, un peu plus de 8500 stations de base en Autriche, fonctionnant sur les réseaux 900 et 1800 MHz. 202 mesures de niveaux des champs en bande étroite ont été réalisées par des organismes de contrôle technique, a proximité de ces stations de base, dont 100 en milieu urbain et 102 en milieu rural. Les mesures ont été réalisées à l'aide d'un analyseur de spectre couplé à des antennes spécifiques, des mesures en bande large ont été également réalisées. Les distances et la géométrie des lieux ne sont pas précisées dans la présentation de cette étude

2/ Résultats

Les résultats, exprimés en densités de puissance ont montré une valeur maximale mesurée en bande étroite sur la fréquence de la station proche, de 13,4 mW/m²  (2,24 V/m) soit 0.28% de la valeur de référence retenue par la recommandation européenne pour les densités de puissance.  La densité de puissance maximale mesurée en bande large est de 66,3 mW/m² (5V/m), dans ce cas la densité de puissance mesurée est liée essentiellement à d'autres sources que la station de base proche.

Globalement 8 mesures en bande étroite sur les 202 réalisées ont montré un résultat égal ou supérieur à 1mW/m² (0,6 V/m) , 40 se situaient entre 0,1 et 1 mW/m² , 43 se situaient entre 0,01 et 0,1 mW/m² , 61 se situaient entre 0,01 et 0,001 mW/m² (0,02 V/m). Enfin 50 mesures montraient un résultat inférieur à 0,001 mW/m².

3/ Conclusion

Ces résultats sont cohérents avec ceux d'autres études ayant mesuré les champs en bande étroite centrée sur la fréquence de la station de base proche. Exprimées en pourcentage du niveau de référence pour la densité de puissance, les valeurs mesurées sont de l'ordre du millième à une valeur inférieure au millionième. Globalement les densités de puissances dues aux différentes sources autres que les stations de base sont du même ordre de grandeur et peuvent même être largement supérieures.

Avis du groupe d'experts sur ces campagnes de mesures et leurs résultats.

La méthodologie de mesure

Les résultats de ces différentes études récentes sont cohérents entre eux, les mesures ont été réalisées selon des protocoles proches mais pas identiques, ce qui peut expliquer certaines différences de niveau dans les résultats. Il apparaît donc nécessaire de définir au plus vite des protocoles de mesure harmonisés au niveau européen par la voie de la normalisation, fondés sur une méthodologie éprouvée. Toutes ces mesures de stations de base (publiées dans des articles scientifiques) ont été réalisées en bande étroite, en utilisant des antennes spécifiques. Cette méthodologie est la plus appropriée actuellement en l'absence de sondes isotropes sélectives en fréquence et ayant une très bonne sensibilité, notamment en raison des faibles niveaux de champ mesurés dans les zones accessibles au public et du fait que les autres sources de radiofréquence peuvent conduire à des niveaux de champ très largement supérieurs à ceux d'une station de base proche. Ceci est parfaitement compréhensible lorsque l'on sait que, par exemple, un émetteur de télévision de 1 mégawatts représente en termes de puissance rayonnée près de 2 fois la totalité des stations de base de téléphonie mobile du territoire français. La mesure sur site, à l'aide de sondes isotropes à large spectre est à rejeter, la mesure n'étant pas alors représentative de la seule station de base mais de l'ensemble du spectre de radiofréquence, et les sondes étant trop imprécises à de tels niveaux de champ. Cette méthode de mesure doit rester réservée à la mesure en chambre anéchoïde pour la certification des stations de base.

Évaluation de la puissance maximale

La puissance d'une station de base varie dans le temps dès lors qu'elle dispose de plus d'un canal (canal pilote dont la puissance reste constante). L'évaluation de la puissance maximale de l'antenne ne peut se faire que d'une manière parfaitement rigoureuse, soit à partir du champ issu du seul canal pilote, multiplié par la racine carrée du nombre de canaux, soit en maintenant la station à sa puissance maximum durant la mesure, ou autre méthodologie définie de manière harmonisée. Les normes devront définir une procédure adaptée car toute estimation de la puissance maximale qui serait fondée sur une évaluation arbitraire ne peut être considérée comme représentative de la réalité.

Respect des niveaux de référence à proximité de l'antenne

A proximité immédiate de l'antenne et dans le faisceau de celle-ci, les niveaux de champ mesurés sont susceptibles de dépasser les niveaux de référence fixés par la recommandation du Conseil de l'Union européenne du 12 juillet 1999. En raison du caractère très directionnel de ces antennes dans le plan vertical, la distance à laquelle ces niveaux de référence sont dépassés dans des zones accessibles au public dépend notamment de la géométrie de l'installation, une telle situation ne peut s'observer en pratique que sur des terrasses accessibles, et lorsqu'il est possible de se déplacer devant l'antenne dans le faisceau. Il est donc indispensable de définir au cas par cas, lorsqu'une telle situation se présente, une zone de sécurité matérialisée dans laquelle il conviendra de ne pas stationner et dans laquelle les porteurs de prothèses actives (pacemakers par exemple) ne devraient pas pénétrer. La manière de matérialiser cette zone de sécurité devrait être harmonisée au plan international. Afin de s'assurer du respect de ces dispositions, les modalités d'installation des antennes devraient être conformes à un cahier des charges technique dont l'application devrait être rendue obligatoire. Un tel document est actuellement en cours de réalisation dans le cadre du Centre Scientifique et Technique du Bâtiment et devrait être prochainement publié.
 

Valeurs de champ dans les lieux accessibles au public et  effet de la distance à l'antenne

Dans les lieux de vie, (immeubles d'habitation ou de bureau, établissements scolaires) les niveaux de champ mesurés sont très largement inférieurs aux niveaux de référence définis dans la recommandation européenne. Les valeurs mesurées restent toujours très inférieures aux niveaux de référence, de l'ordre du millième au millionième de cette valeur. Compte tenu de la géométrie des faisceaux, le niveau de champ est très faible sous les antennes et croît progressivement en s'éloignant pour atteindre une valeur maximale à une distance qui dépend de la hauteur de l'antenne par rapport au site de mesure, de la géométrie de l'installation et de la présence éventuelle de constructions faisant écran. Les mesures réalisées par le Centre Scientifique et Technique du Bâtiment montrent qu'un voile de béton armé atténue le faisceau d'un facteur 30 environ et une cloison de plâtre d'un facteur 5. Les constructions constituent donc une bonne protection contre le rayonnement des antennes, en particulier lorsque l'antenne est au dessus de la construction ou à proximité immédiate et qu'en conséquence la construction ne se trouve pas dans le faisceau. Il n'y a donc pas d'argument rationnel qui permettrait de proposer d'éloigner les antennes de certains bâtiments (écoles notamment), la meilleure protection contre le rayonnement étant de se situer sous l'antenne. Par contre, le groupe d'experts estime nécessaire que l'axe des faisceaux principaux des antennes ne soit pas orienté directement vers les lieux de vie à courte distance (moins de 100 mètres), même si les niveaux de champ mesurés sont très faibles et indiscernables du 'bruit de fond' RF, notamment des bandes FM et radio, et cela pour deux raisons : afin d'éviter de diriger le rayonnement de manière inutile vers le public à courte distance, dans le but de maintenir à un niveau le plus faible possible le niveau d'exposition de l'ensemble de la population; mais aussi pour un motif de bon sens : diriger le rayonnement vers des constructions, conduit à une diminution de la portée de l'antenne par absorption ou réflexion partielle. Cette proposition est parfaitement compatible avec le fait de faire passer le faisceau au-dessus ou à côté de ces lieux de vie, même si l'antenne est à courte distance.
 

5. Mise au point sur la question des réflexions et amplifications des ondes

Certaines personnes ou associations véhiculent depuis quelques années, notamment en France et en Belgique, un point de vue relatif à une éventuelle amplification des champs générés par les stations de base dans des structures métalliques situées à proximité. Cette assertion est sans fondement scientifique réel.

Comme toute onde, les champs électromagnétiques radiofréquences sont susceptibles d'être réfléchis par certains matériaux ou surfaces. Ce phénomène de réflexion se retrouve également en optique ou en acoustique. L'importance de la réflexion des champs de radiofréquence dépend du matériau, et elle est plus importante avec les métaux. Ainsi elle est utilisée, par exemple, pour augmenter la densité locale de champ dans des systèmes d'émission ou de réception. C'est le principe  de fonctionnement d'une antenne parabolique qui concentre en son foyer le rayonnement reçu sur une grande surface, comme dans un four solaire en optique. La réflexion se fait à énergie totale constante donc sans amplification du signal. Toutes les surfaces concaves sont susceptibles de concentrer plus ou moins  un faisceau de radiofréquence, mais pour obtenir une concentration importante il convient que ce faisceau soit dirigé vers une grande surface, ayant une courbure régulière. Les surfaces convexes conduisent au contraire à une divergence du faisceau et les surfaces planes à une réflexion plane donc sans effet sur la densité. Dans la pratique, ces phénomènes conduisent à des inhomogénéités de la densité de puissance dans l'espace, que l'on peut modéliser et prendre en compte notamment pour les calculs de portée des antennes. Ce point a été étudié dans le rapport du NRPB sur les stations de base, la conclusion était que ces phénomènes de réflexion pouvaient augmenter ou diminuer le champ local d'un facteur deux au maximum, mais que les modèles n'étaient valides que dans le faisceau principal et à plus de 10 mètres de l'antenne, sinon ils surestimaient sensiblement le phénomène. Un mécanisme d'amplification est tout autre puisque, dans ce cas, l'énergie émise est supérieure à l'énergie reçue. La théorie selon laquelle des structures métalliques seraient susceptibles d'amplifier passivement un champ de radiofréquence est contraire aux principes de base de la physique.
 

6. Au sujet de la co-localisation des stations de base

La question est de savoir si, du point de vue de l'exposition de la population au rayonnement émis par les stations de base (SB), il est préférable de rassembler les antennes de différents opérateurs présents dans une même aire géographique sur un mât commun ou si, au contraire, il y a un avantage à disperser les antennes.

La réponse dépend du critère choisi pour définir l'exposition. Considérons une population théorique uniformément répartie sur un territoire. L'exposition est plus élevée proche de la ST et elle décroît progressivement avec la distance, selon une loi de propagation qui peut être relativement compliquée en site urbain.

Quelque soit la loi de distribution émise, et si la population est uniformément répartie, l'exposition moyenne est la somme des valeurs moyennes des signaux émis par les différents opérateurs (si ces signaux ne sont pas corrélés, ce qui est le cas), indépendamment de la localisation des antennes. Dans ces conditions, la co-localisation ou la dispersion des antennes est indifférente.

Si, au contraire, c'est la valeur maximum qui est utilisé comme critère pertinent d'exposition, alors il y a avantage à séparer les stations.
 

7. Résultats des mesures de champs avec kits mains libres

Les seules données françaises auxquelles le groupe d'experts a eu accès lui ont été communiquées par Bouygues Telecom. Elles résultent d'essais sur fantôme, le kit piéton étant disposé comme lors de l'usage normal du téléphone mobile ; différentes situations ont été testées, en vue d'induire un niveau de DAS maximum au niveau de la tête (orientation du téléphone par rapport au kit, enroulement du fil du kit autour de l'antenne du mobile…). Une quarantaine de mesures ont été effectuées aux fréquences 900 et 1800 MHz, avec 5 modèles de téléphones et 5 types de kits piétons.

Jamais le DAS au niveau de la tête n'a été accru avec le kit piéton. Le DAS, en présence d'un kit, varie de 0,39 à 0,007 W/Kg selon le couple mobile-kit et la configuration d'utilisation. La réduction moyenne est de l'ordre d'un facteur 50 dans les conditions normales d'utilisation, la réduction la plus faible étant de 2 seulement dans le pire cas. L'efficacité de deux kits, pour un même  mobile et dans des conditions normales d'utilisation, varie d'un facteur 1 à 10.

Certes partiels et devant être prolongés, ces résultats sont corroborés par d'autres travaux internationaux réalisés dans des conditions normalisées, ce qui n'a pas toujours été le cas des essais comparatifs qui ont été rendus publics.
 
 

8. Règles techniques relatives au équipements.

L'élaboration de règles techniques de certification des différents appareils téléphoniques mobiles et stations de base relève de la compétence de l'Autorité de Régulation des Telecommunications (ART). Cependant la directive R et TTE (Directive n°99-5 CE du Parlement et du Conseil du 3 mars 1999 relative aux équipements hertziens et aux équipements terminaux de Telecommunication et à la reconnaissance mutuelle de leur conformité) n'ayant pas encore été transposée en droit français, le marquage CE des terminaux et des stations de base se fait actuellement en France sans support législatif ou réglementaire et sans norme harmonisée au niveau européen, en se fondant en général sur la recommandation du Conseil de l'Union Européenne du 12 juillet 1999.

Je dois dire que ça, c'est une découverte.
Question, comment peut on vendre des équipents qui ne respecctent donc pas une norme ? C'est donc la preuve ici avouée, que certaines industries malgré les risques pour la santé ont bien des passe droit.

Un premier projet de norme de base technique harmonisée du CENELEC TC 211, concernant la mesure du débit d'absorption spécifique, relatif à l'exposition des personnes aux champs émis par les téléphones mobiles a été mis en consultation au cours des derniers mois. L'enquête probatoire a pris fin le 5 octobre 2000, cette norme ne pourra donc être publiée avant les premiers mois de  2001. Ce projet dont la parution était prévue en juin 2000 a été retardé par une procédure d'harmonisation avec la norme américaine IEEE, ce qui permettra d'obtenir une véritable norme internationale et donc des résultats de mesures comparables fondés sur des protocoles comparables. Un autre projet de norme produit relatif à la mesure de conformité des téléphones mobiles a été mis en circulation par l'UTE en France le 17 mars 2000. Il a également été soumis à enquête probatoire jusqu'au 5 octobre 2000. Cette norme produit devrait paraître avec la norme de base technique relative à la mesure du débit d'absorption spécifique au début de 2001 et être transposée en norme française.

Une norme relative à la vérification de conformité des stations de base (en laboratoire) est en cours de circulation au sein des comités techniques du CENELEC et devrait être bientôt mise en enquête probatoire. Sa parution n'est pas attendue avant la fin de 2001.

Un projet de norme relatif aux mesures des stations de base in situ est en cours d'élaboration ; cependant il n'existe pas encore de document consolidé, compte tenu de la relative difficulté technique de telles mesures. Parallèlement, l'Agence Nationale des Fréquences élabore actuellement un protocole de mesure en se fondant sur les dispositions de la recommandation du 12 juillet 1999, utilisant un analyseur de spectre et une antenne à bande étroite. Les mesures réalisées avec une sonde isotrope apparaissent trop imprécises et non représentatives de la station de base que l'on prétend mesurer,  puisqu'elles sont sensibles à l'ensemble des sources du spectre de radiofréquence, sources dont le niveau de champ est parfois largement supérieur à celui de la station de base considérée isolément. Dans l'attente de la publication d'une norme européenne harmonisée, cette procédure de mesure des stations de base élaborée par l'ANFR, très demandée par les acteurs du domaine, pourrait servir de méthode de référence en France. Une telle méthode de référence est actuellement indispensable. Ainsi, des résultats de mesure, dont certains ont été publiés dans la presse, ont été obtenus en se fondant sur des protocoles insuffisamment validés, parfois avec du matériel inadapté, ce qui peut conduire à des valeurs irréalistes. Certains organismes de contrôle technique privés se lancent actuellement sur ce marché porté par les craintes de la population ; ils rendent des résultats parfois aléatoires, en tout cas difficilement comparables et vérifiables. Pour l'avenir, il est indispensable de disposer au plan national d'un organisme de contrôle de référence, qui pourrait être l'ANFR, et qui serait en mesure d'agréer ou certifier des organismes de contrôle technique chargés des mesures et se conformant à une procédure de mesure standardisée.
 

Je précise qu'à aucun moment, dans aucun chapitre de ce rapport, on ne parle des durées d'exposition du public face aux champs électromagnétiques, qui sont pourtant mentionnées dans les formules de calcul du document européen du 12/07/1999. Omettre ce type d'information dans un autre domaine, cela s'appellerait une fraude, et pour de petits industriels, la sanction serait lourde de conséquence. Mais là encore, les autorités de répression, curieusement, font preuve d'une passivité extrême.



 
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