
Croire que le rock'n'roll est une maladie ... Véritable alternative à l'alternatif, les Shériff ne sont pourtant que cela. Le rock'n'roll. Et cette biographie pourrait s'arrêter là. Claire et nette.

Le hasard les fait hélas naître en même temps que le ressac punk Français de 1984. Assimilés illico au salutaire jeu de (macadam) massacre, les Montpelliérains abattent d'un même coup les quilles de l'indifférence et du droit à la différence.

Leur premier album Pan! est pourtant d'une éloquence absolue. Votre humble serviteur, chroniqueur impénitent de six disques sur six, citera six fois les Ramones. Six, six, six... Non pas que les Shériff s'adonnent au Gabba Rank Xerox, mais surtout parce qu'avec le même implacable fun binaire, ils enflamment tout un pan de nos scènes laissé en jachère depuis Starshooter ou Bijou.

J'aime jouer avec le feu annoncera d'ailleurs leur disque suivant 3,2,1,zéro!, avec entre autres Pas de doute et Rien à dire. De ce dernier, justement, il y aurait beaucoup à dire. Véritable pierre d'achoppement dressée entre eux et une critique incapable d'accepter chez elle ce qu'elle gobe des anglophones depuis quarante ans, les textes des Sheriff oscillent entre humour tire-sonnette et simplicité au plus prés de l'os pour n'être au bout du compte que très rock'n'roll.

On y revient. Forcément. Mais ici on préfère encenser les faux poètes et les vrais démagos.
Never mind... S'en fichant comme de leur premier mi majeur, les Shériff accentuent encore le côté Averell psychotonique avec l'album Le grand, le maigre, le petit et le gros et Du goudron et des plumes (produit par Harvey Birrell au Southern Studio).
Désormais à cinq, comme les trois mousquetaires étaient quatre, nos Dalton sudistes campent fièrement sur leurs positions: des titres incisifs, survoltés et denses, saturés de mélodies sympathiques et de guitares généreuses.
En 1992, ils retranscrivent sur disque cette même énergie altruiste qui fait de leurs concerts des instants de pure fiesta interactive. "les deux doigts dans la prise" prend d'office rang parmi les meilleurs live réalisés en France.

Puis ils décochent "Soleil de plomb" en 1993, et Allegro turbo en 1995. Allegro comme ces Tic tac ou Tant de temps, puissant et sucrés à la fois. Turbo comme ce Décollage immédiat, premier single-locomotive extrait d'une collection de seize hits potentiels. Si la calandre de la machine est toujours aussi brillante, ses soupapes gagnent en efficacité nerveuse et en étoffe (de l'Hérault?) pop. Les guitares carburent comme jamais. Les voix frappent juste et droit...

La sage perdure: ce septième épisode en promettrait même beaucoup d'autres si les Shériff ne jouaient pas chaque instant comme s'il devait être le dernier. Des purs.
Depuis est sorti un nouvel album Pagaille générale
Encore un live des Shériff, allez vous me dire ? Et oui, ces musiciens de Montpellier ont une telle énergie sur scène, que les morceaux s'en trouvent quelque part réécrits.
Fab
Lulu
Michel
Olivier
Patrice
La scène redonne à la musique son côté vivant bien mis à mal depuis l'avènement du support, de la radio et maintenant du net. Groupe de rock par excellence, les Shériff se doivent de regraver leurs derniers CD versions live.
1,2,3,4... et c'est parti pour une déferlante de titres plus ou moins enchaînés, à la simplicité efficace. Ils sont aussi célèbres pour leurs textes qu'on pourrait qualifié de "textes à ados", mais là n'est pas franchement le propos, plutôt des mélodies simples portées par un punk-rock de base propre et charmant.
Discographie :
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