PPDA :Vous m'avez l'air rudement de bonne humeur monsieur Sylvestre
? Qu'est-ce qui vous arrive ?
SYLVESTRE : Tu connais pas la nouvelle ? Mattel, tu sais, la poupée
Barbie, et bah y vont peut-être fusionner avec Hasbro, tu sais, GI
Jo !
Il sort une poupée barbie et un GI Jo et leur fait faire un petit
calin.
PPDA : Ha oui... C'est mignon ça... Un mariage entre Barbie et GI
Jo... C'est poétique presque...
SYLVESTRE : Ouais ! C'est surtout la dote qu'est pas mal : 16 milliards
plus 14 milliards égale 30 milliards de chiffre d'affaires ! Putain
! Avec Bob, sur ce coup, on va se faire un maximum de pognon !
PPDA : Et voilà ! C'est reparti, avec votre monde cynique et inhumain
! Mais qu'est-ce que vous avez à la place du coeur ?
SYLVESTRE : Hein ?
Il se touche au niveau du coeur.
SYLVESTRE : Mon portable, pourquoi ?
PPDA : Non, mais je veux dire: là ce sont des jouets. Ça touche
tous les enfants du monde. Vous pourriez être un peu humain. Généreux.
SYLVESTRE : Et bah justement : figure-toi que Mattel et Hasbro, ils ont
fait une Fondation qui organise une "Opération Piéces
jaunes pour tous les tites nenfants du bout du monde".
PPDA : Ah bon ?
SYLVESTRE : Oui monsieur.
PPDA : Aaaaaah... C'est bien ça ! Les enfants américains
envoient leur pièces jaunes aux enfants du tiers monde ?
SYLVESTRE : Non. C'est Mattel et Hasbro qui envoient les pièces jaunes.
PPDA : Ah bon ? Alors là, bravo, je retire tout ce que j'ai dit !
Et ça se passe comment concrètement ?
SYLVESTRE : Bah le tite nenfant niakoué il reçoit sa tite
pièce jaune. Il est content. Et en échange il travaille toute
la journée pour faire des tites jouets pour les tites nenfants blancs
!
PPDA : Salaud !
SYLVESTRE : Bah quoi : c'est pas poétique ça...
Il se met la main sur le coeur.
SYLVESTRE : ...un tite nenfant tout maigre qui fabrique des poupées
pour son petit frère obèse du bout du monde ?!
PPDA : Arrêtez ça !
Il continue sa vision poétique.
SYLVESTRE : Faut les voir, tous contents, faire bien attention à
leurs tits jouets...
PPDA : Bah il manquerait plus que ça : un jouet fabriqué par
des pauvres enfants exploités ! Il a intérêt à
y faire attention, l'autre enfant obèse !
SYLVESTRE : Nan ! Je te parle pas de lui ! Je te parle de cui qui les fabrique.
Lui il a intérêt à y faire attention à ses jouets,
sinon il est viré ! L'obèse on s'en fout qu'il les péte
! Plus il en pète plus il en achète ! D'façons il s'en
fout, ça coûte rien ces merdes, c'est fabriqué à
l'étranger !
Il balance les deux poupées derrière lui.
PPDA : Sortez.
SYLVESTRE : Quoiiii ?
PPD lui montre la porte.
PPDA : SORTEZ ! Je n'achèterai plus jamais vos jouets !
SYLVESTRE : Ah bon ? Ah bah bravo l'humaniste : pour chaque jouet que t'achèteras
pas, y aura un tite niakoué qui meurt et un gros nobèse qui
pleure !
PPDA : Pffff... La suite. Vite.
VILLIERS : Je suis meurtri. Que notre Sainte Mère l'Eglise
autorise le port du "préservatif" pfft pfft...
Il crache dégôuté et s'essuie la bouche frénétiquement.
VILLIERS : ... ce mot salit ma bouche ! Autoriser le port de ce... cette...
chose c'est... Je suis meurtri.
PPDA : Hum, mais c'est tout de même une avancée... L'église
prend en compte la lutte contre le SIDA...
VILLIERS : Mais monsieur, le seul remède contre le SIDA, c'est la
chasteté contre la débauche.
PPDA : Attendez, on ne peut pas opposer la débauche à la chasteté...
Entre les deux, il peut y avoir l'amour tout simplement...
VILLIERS : Comment !?
PPDA : Ben oui, imaginez des jeunes de 17, 18 ans qui se rencontrent, ils
s'aiment, ils ont envie de faire l'amour, c'est normal qu'ils se protégent
non ?
VILLIERS : Quoa ?! Vous voulez faire copuler des enfants !
PPDA : Attendez 18 ans, ce ne sont plus des enfants...
VILLIERS : Mais ce sont des nourissons... A cet âge, on est scouts,
on construit des ponts de bois, on observe les bêtes, on fait des
appeaux...
PPDA : Ça n'empêche pas l'amour...
VILLIERS : L'amour ça n'est pas ça... L'amour, c'est lire
un livre auprès de l'être aimé devant d'un petit feu
de bois... C'est regarder sa mie qui tricote, un chat sur les genoux...
Puis fourbu, c'est se retirer chacun sur sa couche...
PPDA : Des lits séparés ?
VILLIERS : Des chambres séparées !
PPDA : Oui, certes mais Disons, par exemple des jeunes qui voudraient coucher
ensemble...
VILLIERS : Mais pourquoi voulez-vous qu'ils couchent ensemble ?
PPDA : Parce que c'est bon... Non ?
VILLIERS : Je ne comprends pas... Mais on ne couche pas ensemble parce que
c'est bon, on couche ensemble parce que c'est nécessaire... Pour
donner la vie, une fois l'an, en faisant don de notre Sainte semence...
PPDA : Oui mais... Imaginons, c'est la première fois qu'ils se voient...
ils s'aiment... Ils doivent se protèger non ?
VILLIERS : Ils doivent s'abstenir !
PPDA : Mais l'envie, c'est humain... Des fois, y'a une fille qui est belle...
Avec des roploplos un peu... enfin, on ne contrôle pas toujours...
VILLIERS : Mais si monsieur, j'ai cette volonté...
PPDA : Oui, mais si elle a des seins très beaux, un décolleté
et que... enfin... vous voyez quoi ...
VILLIERS : Non monsieur...
PPDA : Mais si, des fois elles ont des meules énormes avec les têtons
qui pointent comme des capuchons de stylo, on a envie de les prendre dans
ses mains, de les...
PPDA se coupe net. Tous les deux se regardent dans un silence long. Totalement
immobile. PPD se rend compte qu'il est allé trop loin.
PPDA : Je... C'est à dire... Excusez moi de vous poser cette question
mais... La tentation... Je veux dire : vous n'avez jamais d'érection
vous ?
VILLIERS : Certes, je ne suis pas de bois... Mais jamais au grand jamais
je ne recouvrirais de latex la Sainte Trique ! C'est vrai parfois le malin
me met à l'épreuve... Oui, parfois, j'ai un os dans mon pissou...
PPDA : Hum... Oui... et qu'est-ce que vous faites dans ce cas là
?
VILLIERS : Je cours, monsieur...
PPDA : Vous courez ?
VILLIERS : Oui, monsieur... Et après 6 heures de jogging en forêt,
je reviens détendu... Et si cela ne suffit pas, je me flagelle avec
des orties fraichement coupées... On n'est pas obligé de mettre
un préservatif sur une érection, on peut y mettre un survêtement...
PPDA : Merci monsieur De Villiers... La suite...
PPDA : Voilà, sans transition, je reçois Bernard Tapie...
TAPIE : Salut bonhomme...
PPDA : Alors Bernard, où en sont vos démélés
avec la justice... On dirait que ça s'arrange non ?
TAPIE : Tu rigoles ? J'ai pris un an ferme et là, je tourne avec
Lelouch, d'ici à ce que je tombe pour escroquerie, y'a pas loin...
PPDA : Tout de même Bernard... revenons à ce film avec Lelouch...
Le scénario est secret c'est ça ?
TAPIE : Ha ben comme tous les films de Lelouch... le scénar est secret
même après la sortie du film... Même Lelouch il le connait
pas... les films de Lelouch faut être paléontologue pour comprendre,
c'est comme les dinosaures, tu trouves un morceau d'os de deux centimètres
et t'es obligé d'imaginer un bestiau de cent tonnes...
PPDA : Enfin, vous êtes quand même content de faire ce film
?
TAPIE : Bah, je me plains pas ! J'aurais pu tomber plus mal... Parce que
faut voir ce qui nous a pondu avant le Lelouch ! J'aurais pu finir comme
Gérard Lanvin, une barbe de quatre mètres déguisé
en Jésus Christ, ou pire, me retrouver au padock à tringler
Annie Girardot...
PPDA : C'est un peu réducteur Bernard. En plus là, vous n'êtes
pas trop mal loti, votre partenaire, c'est Ophélie Winter...
TAPIE : Ha ouais, là : beau boulot...
PPDA : Elle joue bien ?
TAPIE : J'en sais rien, je te parle physique là... Elle est super
bien re-foutue...
PPDA : Comment ?
TAPIE : Bah hé Y'a pas une pièce d'origine là dessus,
elle est entièrement kitée... C'est pas une gonzesse, c'est
une mobylette de banlieue...
PPDA : Bernard, vous exagérez..;
TAPIE : Attends, de quoi ?... C'est pas des lèvres qu'elle a, c'est
deux pneus. À coté Emmanuelle Béart c'est Daffy Duck.
PPDA : Bon Bernard arrêtez ! C'est inconvenant maintenant !
TAPIE : Attend, elle est canon ! Ophélie Winter, c'est un croisement
entre le bonhomme Michelin et un mérou...
PPDA : Revenons au film Bernard... Vous êtes impatient de le voir
en salle ?
TAPIE : Bah parti comme c'est, je le verrais en taule, en salle télé...
Ha ça va être gai la prison : non seulement je vais me faire
reluire le conduit, mais en plus, je vais me faire foutre de ma gueule !
PPDA : Vous avez une vision archaïque de la prison Bernard...
TAPIE : Non, je crois pas... Y vont se faire un plaisir de m'attrapper,
y vont se payer sur la bête, y z'auront l'impression de récupérer
une partie de leurs impots...
PPDA : Oui... Nous sommes pour l'instant au milieu du tournage, quels enseignements
en tirez-vous ?
TAPIE : Bof... C'est difficile à dire... On ne connait pas le scénario,
on improvise beaucoup... Lelouch tourne autour de nous avec sa caméra
et derrière y'a Nicole Croisille qui chante...
PPDA : Ça fait quelle impression ?
TAPIE : Bizarre... On dirait un baloche de province filmé par un
caméraman sportif... Ha Nicole Croisille, je sais pas ce qu'elle
a comme maladie, mais elle gueule ! Il faut faire quelque chose, il est
évident que cette femme souffre...
PPDA : Moui... Alors bernard, est-ce que c'est une carrière d'acteur
qui s'ouvre devant vous ?
TAPIE : Evidemment bonhomme... Maintenant que j'ai tourné avec Lelouch,
je peux tout faire, c'est un univers qui s'ouvre à moi : je peux
faire des films de karaté, des Godzilla contre Nanard, des pornos
avec Jacky Sardou, je peux même faire les Grosses Têtes, là
je suis blindé.
PPDA : Bon, merci Bernard, je crois qu'on a bien fait le point...
TAPIE : Il me semble... bon faut que je te laisse, j'ai une scène
avec Charles Gérard. On est tous les deux au pieu en témoins
de Jéhovah et y'a Évelyne Bouix qui déboule en Edith
Piaf... Me demande pas...
.
PPDA : Merci... la suite...
ou le sommaire des blagues.