Bref historique de Cuba
BREF HISTORIQUE DE CUBA
A Cliquer : Le 16éme
Le 17éme et 18éme siécle
Le 19éme Le
20éme
Le
16éme siécle
27 octobre 1492 : Découverte de l'île et des habitants
locaux, les indiens Arawaks et Guanahacabibes, par le navigateur gênois
Christophe colomb.
1508 : Cristobal Colombus reste persuadé qu'il a découvert
les Indes; Sebastian de Ocampo prouve en la contournant entiérement
qu'il s'agit bien d'une île.
1509 : Institution de l'Inquisition par cédule royale dans
toute l'amérique.
1518 : Edification de la premiére cathédrale à
Barracoa, rapidement transferrée à Santiago en 1522.
1519 : Hernan Cortés passe au Méxique à la
tête de 660 hommes.
Jusqu'en 1538 : Les anciens conquistadores qui se nomment désormais
los adelantados, résident à Santiago.
1540 : On fait le choix trés rapidement du port de la Havane
pour concentrer les activités de commerce vers Séville au
détriment du développement de Santiago..
1570 : Heureusement pour les natifs qui échappent à
l'anéantissement, les réserves d'or s'épuisent trés
rapidement et pousse l'Espagne à se lancer à la conquête
du Golfe du Méxique.La capitale devient La Havane.Il ne reste cependant
plus que 270 familles d'indo-cubains à cette date qui vivent dans
une indigence absolue.
Fin 16éme : Généralisation des propriétés
délimitées pour le bétail et les porcs; dans la même
période, la culture de la canne à sucre tend à devenir
massive. Les propriétés des espagnols se nomment les villas.
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Dans la même période, le manque de main d'oeuvre entraîne
l'utilisation massive d'esclaves noirs africains dont les conditions de
vie inhumaines provoquent rapidement l'apparition de groupes de résistance,
los cimarrones, ainsi que de milices chargées de les poursuivre,
los rancheadores.
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Source:Encarta 95 ©
En 1588, l'empire Espagnol compte déjà le Mexique,
l'Amérique centrale, le Pérou , le Chili et les Philippines
(Regroupant l'actuelle Colombie, Bolivie, Argentine, Paraguay et une partie
du Méxique).
Le 17éme et le 18éme
1620 : Début de l'exportation massive du sucre vers l'espagne;
on trouve déjà une cinquantaine d'exploitations qui produisent
environ 500 tonnes de sucre par an. L'unité de mesure est l'arroba,
encore utilisée aujourd'hui (environ 11,5 Kg). Cuba exploite désormais
le bois d'ébéne et le café.
De 1620 à 1762 : L'île connait un développement
assez lent de ses exploitations rurales et gére les structures qu'ont
mis en place les colons espagnols. Ceci est dû en grande partie au
pacte de monopole commercial qu'a passé l'espagne avec Cuba et qui
provoquera d'ailleurs, au début du XVIII éme une révolte
des producteurs de tabac (les vegueros en 1717, 1721 et 1723). En
effet, ceux-ci se heurtent aux latifundiaires à qui ils doivent
payer un loyer et au Trésor qui en 1680 contrôlle les cours
du tabac.
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Le port de la Havane et son essor attirent les corsaires anglais, français
et hollandais. Ces aventuriers organisent la contrebande de produits et
permettent à une classe de grands propriétaires terriens
créoles (los criollos) de vivre indépendamment du
pouvoir colonial espagnol et notamment de La Compagnie Royale de Commerce
de la Havane. Ces hommes ont forgé l'identité culturelle
moderne de Cuba et joueront un rôle décisif dans les luttes
pour l'indépendance qui vont s'initier dés la seconde moitié
du XIX éme siécle.
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Le tabac est devenu dés le XVII éme siécle la production
nationale. Ce n'est qu'à la seconde moitié du XVIII éme
siécle que le sucre devient majoritaire dans la production de l'île
: Le paysage est remodelé voire défiguré par l'arrachage
massif de palmeraies.
1762-63 : Occupation de la Havane par les Anglais qui est à
l'origine d'une trés forte croissance économique due à
l'introduction de capitaux dans les moulins sucriers (los ingenios).
Il est fondamental de noter que la préference anglaise va au développement
de la production de matiéres premieres et non à celle d'un
embryon de secteur industriel. La G.B. s'assure ainsi l'appui des latifundiaires
créoles.
1776 : Evénement d'importance que constitue l'indépendance
des 13 Etats-Unis d'Amérique; L'élite intellectuelle latino
américaine reçoit ce message de liberté avec enthousiasme
même si elle ne représente qu'une infime minorité.
La Grande Bretagne cherchera pendant plus d'un siécle à freiner
l'implantation des E.U. (Etats Unis) en Amérique Latine.
1789 : La révolution française et la déclaration
universelle des droits de l'homme finissent d'établir l'idée
d'un droit naturel des hommes à naître libres et égaux
(Article 1er de la D.D.H.).
1791 : Le début de la guerre d'indépendance à
Haïti provoque l'effondrement de l'économie sucriére;
Cuba devient le principal producteur.
Le 19éme siécle
Entre 1810 et 1824 : Le général José de San
Martín (Argentin, né d'aristocrates espagnols, soldat de
formation et libérateur de l'Argentine et du Chili) et Simon Bolivar
(Créole Vénézuelien mort en 1830, libérateur
de la Grande colombie - Vénézuela, Equateur et Colombie-
et du Pérou) finissent de libérer avec la bataille d'Ayacucho
en 1824 (vice-royaume du Pérou) le continent latino-américain.
Bolivar, dans sa "Réponse d'un américain méridional
à un habitant de la jamaïque" datée de 1815 définit
sa vision de l'A.L. (Amérique Latine) : Union des pays hispanophones
(idée de panaméricanisme trop souvent attribué au
président U.S. James Monroe), démocraties autoritaires ("...de
la morale et des lumiéres...") et appel à l'appui militaire
de la G.B. à qui S. Bolivar propose de destituer l'Espagne en tant
que puissance coloniale.
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Les élites créoles cubaines, échaudées par
la catastrophe haïtienne ( cf 1791 ), ne promeuvent pas l'idée
d'indépendance : Politiquement, elles dépendent toujours
de l'Espagne, économiquement, les anglais ont mis en place un ordre
néo-colonial basé sur l'importation intensive de matiéres
premiéres provenant des caraïbes (sucre, tabac, bananes...),
d'Argentine (viande), du Chili et du Pérou (Cuivre,guano); ce systéme
permettra à la G.B. d'exporter sa révolution industrielle
en conservant le monopole de la vente de machines outils. La domination
espagnole est politique, l'anglaise est économique.
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2 décembre 1823 : Les Etats-Unis ne sont
pas une puissance comparable à la France et à la G.B. .Néanmoins
le président James Monroe (ci-contre en portrait) énonce
les principes de politique extérieure de son pays et fait le bilan
de l'union; la dîte doctrine monroe ne concerne que quelques paragraphes
et ne sera évoquée en tant que doctrine qu'en 1854 : Non
intervention de l'Europe dans les affaires des pays nouvellement émancipés
(il parle d'hémisphére); possibilité de guerre en
cas de non respect de cette notion; reprenant une partie du discours de
S. Bolivar, il énonce le principe d'un panaméricanisme sous
tutelle des Etats-Unis. Le texte est prudent : Il ménage
l'Espagne car il ne fait pas référence à Cuba et à
Puerto Rico qui sont encore des colonies espagnoles; mais il met en garde
implicitement contre les tentatives de la Sainte Alliance de rétablir
le pouvoir de l'espagne absolutiste en Amérique Latine ("Ligue des
Rois contre les peuples" -Russie,Autriche, Prusse-) avec son alliée
de 1822, la France. Nous noterons que le président ne reconnaît
pas ces nouvelles républiques sous gouvernement provisoire et qu'il
se contente d'énoncer une notion géopolitiquement vague :
"L'Amérique aux américains". La portée de ce discours,
concernant Cuba, se fera pleinement sentir au moment de son "indépendance"
en 1898.
1826 : S. Bolivar organise la premiére conférence
Interaméricaine (Hors U.S.).
1828 : Toutes les industries U.S. ont pour base des matiéres
premiéres nationales; afin d'accélérer et de protéger
le developpement d'un Nord industriel, les Etats Unis imposent au Sud (plus
libre échangiste) l'ancêtre du U.S. Trade Book, à savoir
le "tariff of abominations". Complétées en 1864, ces barriéres
douaniéres protectionnistes assureront la protection de l'industrie
U.S. jusqu'en 1945. Il est fondamental de comprendre que les Etats Unis
ont promu des solutions libérales, donc non protectionnistes, pour
les pays qui leur fournissaient des matiéres premiéres non
concurrentielles sur leur marché. Ne représentant pas une
menace pour leur production, ils ne pouvaient qu'inciter ces pays, dont
cuba, à produire pour exporter.
1850 : Le XIX ème siécle est le siécle du tabac;
les usines s'agrandissent et les ateliers mécanisés apparaîssent.
En 1850, la Havane compte 15000 ouvriers du tabac dont 5000 seront chômeurs
dix ans plus tard. Les boites de cédre décorées rendent
les premiéres marques cubaines célébres dans le monde
entier. Mais les barrières douaniéres U.S. provoqueront une
grave crise de cette industrie naissante. Pendant cette même période,
Cuba perd sa position de troisiéme producteur mondial de café
du fait de ces mêmes barriéres douaniéres : l'ile devra
procéder à l'arrachage de nombreuses plantations pour les
remplacer par de la canne à sucre. L'île dépend désormais
dans ses tentatives de développement des besoins et des décisions
de son voisin. La rapide élévation du niveau de vie aux Etats
Unis entraîne un trés fort accroissement de la consommation
de sucre cubain qui devient son premier fournisseur.
1858 : Le Sénateur Stephen A. Douglas prononce un discours
à la Nouvelle Orléans qui fait suite à la proposition
de "rachat de Cuba" par les E.U. à l'Espagne : " C'est notre destin
de posséder Cuba et ce serait une folie même de débattre
de cette question : Cuba appartient par nature au continent
américain" (cf 2 décembre 1823) Nous noterons, non sans
sourciller, la "confusion" faîte entre continent américain
et Etats Unis d'Amérique.
1868 : Début de la premiére guerre d'indépendance
du pays qui va durer dix ans; Antonio Maceo et Maximo Gomez sont les deux
chefs les plus prestigieux de l'insurrection qui voit s'affronter , d'un
côté les latifundiaires créoles et de l'autre, le pouvoir
colonial. C'est un propriétaire terrien, Carlos Manuel de Céspedes,
qui lance le mouvement depuis son exploitation sucriére de Demajagua;
force est de constater d'une part, que cette insurrection doit beaucoup
à la pauvreté endémique (l'esclavage ne sera aboli
qu'en 1886 !) qui mine les ouvriers de la canne à sucre et que,
d'autre part, les créoles ne parviennent pas à poser clairement
la question de l'indépendance à l'espagne à laquelle,
en définitive, ils doivent tout. Le pacte de Zanjon met fin aux
combats en 1878, en échange, non pas de l'indépendance, mais
de la promesse de réformes démocratiques.
1869 : Jose Martí publie, sous la direction de Mendive,
son pére spirituel, "La Patrie Libre". Fils créole d'un modeste
sergent de l'armée cubaine, travaillant comme commis d'épicerie
pour subvenir aux besoins familiaux, il est considéré, avec
raison, comme l'âme même de la nation cubaine. Martí
a seize ans lorsqu'il se fait arrêter pour s'être moqué
des volontaires de l'armée coloniale et du drapeau espagnol;
ardent défenseur de l'indépendance absolue de l'île, cette
moquerie lui coutera six ans de travaux forcés. Bénéficiant
d'une mesure de clémence, il est déporté à
Madrid en 1871 où il terminera brillament une licence de droit et
une autre de philosophie. Homme d'action, intellectuel , visionnaire, Martí
est perçu, de nos jours, comme le premier révolutionnaire
cubain. : écrira
Fidel Castro.
1875 : Martí va vivre au Mexique, au Guatemala et au Venezuela.
Journaliste et enseignant, il multiplie les voyages et fait de courts séjours
à Cuba d'où il est à nouveau exilé, en 1879,
pour « menées conspiratrices ». Dans les années
qui suivent, il poursuit ses activités à la fois politiques
et littéraires ; il affirme ses dons d'orateur en participant à
diverses réunions et conférences, et certains gouvernements
d'Amérique latine lui confieront même des tâches diplomatiques.
De 1878 à 1895 : Les Etats Unis n'ont plus rien à
envier aux puissances occidentales : Son P.N.B. en 1880 s'élève
à environ 7 milliards de dollars, la production industrielle représente
plus de 35% de son P.N.B., ses points forts sont les industries du bois,
du textile, de la chaussure, du fer et de la machine outil qui se développent
au diapason de l'industrie d'armement. C'est tout naturellement que le
continent latino américain passe de la tutelle économique
anglaise et allemande à celle des E.U. .
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1884 : Martí se consacre plus âprement à son
« projet révolutionnaire ». Il prend contact avec les
deux chefs militaires les plus prestigieux de la guerre des Dix Ans, Máximo
Gómez et Antonio Maceo. Martí s'efforce, en outre, d'assurer
au Parti révolutionnaire cubain, dont il est l'un des fondateurs,
de solides assises politiques et financières.
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1886 : Abolition officielle de l'esclavage provoquée par
la G.B. qui souhaite rendre plus difficile l'approvisionnement en main
d'oeuvre de l'espagne. Le trafic clandestin d'esclaves continue cependant
et provoque une flambée des prix.
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1889 : La seconde conférence Interaméricaine (Hors
U.S.) a lieu à Washington. Contrairement à celle de 1826,
convoquée par S. Bolivar, celle ci réunit plus de pays dont
le but est de définir une politique internationale commune. Le delegué
argentin, Roque Saenz Peña , donne le ton : "...si les Etats
Unis ont pour seul objectif d'exporter leur bonheur (allusion à
leur constitution de 1787 et à leurs amendements de 1791), pourquoi
ne commencent-ils pas par nous imposer leur capitole." Ce futur président
d'Argentine souligne que "...jamais il ne fut donner de droit d'intervention
pour détruire un systéme politique ne menant pas au bonheur...".
Dans l'ordre économique, Martí, en 1889, s'élève
contre le mal irréparable créé par cette première
Conférence panaméricaine et exprime son opposition catégorique
à toute participation de l'Amérique du Nord à la bataille
pour l'indépendance car « une fois les États-Unis à
Cuba, qui les en sortira ? . Martí refuse pour les peuples
de « notre Amérique » toute forme d'aide économique
et fait l'inventaire des ambitions annexionnistes des États-Unis,
dont il prédit qu'elles s'étendront au-delà du continent
hispano-américain. Cela vous interpelle -t-il quelque part ?
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1891 : Martí participe comme représentant de l'Uruguay
à la conférence monétaire des républiques d'Amérique
et s'oppose à toute réciprocité commerciale. Il est
le premier à instruire le procès du panaméricanisme
des Etats Unis antinomique avec celui de S. Bolivar." Rien de pratique
ne peut sortir qui ne soit ce qui convient aux intérêts nord-américains,
qui ne sont pas bien entendu les notres ".
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1895 : Les Etats Unis ont investi à Cuba environ 50 000 000
de dollars via des compagnies supercapitalisées comme la Sugar Trust
pour le sucre, ou la Juragua Iron Co (ex- Bethlehem Pensylvania Steel)
qui obtient l'exclusivité de l'exploitation du fer dans les mines
de la province de Santiago. Le sucre cubain ne peut échapper à
la mainmise des E.U. qui rachétent à bas prix des plantations
ravagées par la guerre d'indépendance. Le régne absolu
du dollar sur le sucre commence et Cuba connaît alors de profondes
mutations : l'île passe du capitalisme colonial au néocolonialisme
financier.
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Le 25 mars : Martí entreprend avec Maceo la rédaction
du fameux Manifiesto de Montecristi , dans lequel il exprime ses
idées révolutionnaires, puis rejoint, les côtes cubaines.
L'armée de libération le nomme major général.
Le délégué du parti fait place à l'homme de
guerre : ce sont les longues marches dans la sierra cubaine en vue de soulever
l'île entière, les discours aux patriotes, les décisions
stratégiques, les combats contre les troupes coloniales espagnoles
et la mort enfin, au cours de l'embuscade de Dos Ríos.
1897 : L'espagne, trés affaiblie, accorde l'autonomie, mais
la lutte pour l'indépendance continue.
Le 15 février 1898 : Le gouvernement des E.U. qui attend
depuis longtemps cette occasion, décide d'envoyer deux croiseurs
de sa flotte, en tant "qu'observateurs". Le "Maine" explose sur le port
de la Havane dans des circonstances non élucidées (la même
technique sera utilisée au Vietnam en 1964 dans le golfe du Tonkin);
Washington accuse alors l'Espagne et lui déclare la guerre au nom
de la "liberté et de l'indépendance de Cuba".Trois
ans après la mort de Martí, le 10 décembre 1898, l'Espagne
vaincue est contrainte de signer le traité de Paris le 20 avril
1898 instituant l'indépendance,au moins formelle, de la République
cubaine et le transfert de souveraineté vers les E.U. des Philippines
(Presque totalement transformé en pays anglophone en 50 ans !)et
de Puerto Rico. Ce traité engageait le Président des
Etats Unis à ne pas exercer leur souveraineté sur l'île.
De 1899 à 1901 : L'armée espagnole quitte l'île
au 1er janvier; le général Wood, commandant des troupes d'occupation,
est promu Gouverneur en attendant la formation d'un gouvernement. Il organise
l'élection censitaire (réservée aux gens sachant lire
et écrire, ayant combattu et possédant au moins 250 pesos
soit 40 000 votants pour 1 500 000 habitants)d'une assemblée constituante
qui, sitôt élue, vote la constitution le 21 janvier 1901.
Le 20éme siécle
1901 : Pendant que l'assemblée constituante vote la constitution,
le Sénat des E.U. vote l'amendement Platt, destiné
à modifier une loi d'ouverture de crédits militaires (Army
Appropriation Bill) . Par ce texte, les E.U. sont autorisés à intervenir
par la force armée ou par la pression diplomatique dans les affaires
intérieures de l'île pour "sauvegarder son indépendance
et soutenir un gouvernement stable, capable de protéger les vies
humaines, les propriétes et les libertés...". Les E.U.
ont de plus le droit d'établir des bases militaires (encore présentes
aujourd'hui à Guantanamo) et navales et ont un droit de véto
sur les traités ainsi que sur les engagements internationaux des
futurs gouvernements. Le général Wood spécifie qu'il
occupera l'île tant que l'amendement ne sera pas accepté et
un gouvernement formé : l'assemblée est contrainte d'accepter.
Six mois plus tard, elle organise des élections présidentielles
où le "candidat" recommandé par le département d'état
est élu : D'un mot, la "démocratie cubaine" vient de naître
et l'expression officielle pour désigner cette mise sous tutelle
est celle de "République médiatisée" au sens de "placée
sous domination".
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La frustration ressentie par toute la population est grande dans la mesure
où le combat contre l'espagne ne débouche pas sur l'indépendance.
Cette amertume , présente chez les intellectuels, les propriétaires
terriens et les créoles en général sera aussi manifestée
par les Historiens cubains qui n'auront de cesse de démontrer tel
Emilio Roig de Leuchsenring que Cuba ne doit pas son indépendance
aux Etats Unis. La seule vertue de l'occupation de l'île par le Géneral
Wood réside en une campagne d'éradication de la fiévre
jaune menée par le savant cubain Carlos Finlay.
De 1901 à 1905 : Aprés s'être assurés
la domination politique, les E.U. provoquent la signature d'un traité
de " réciprocité commerciale " qui institue de manière
organique l'importation de biens d'équipements U.S. contre l'importation
de matières premières cubaines. Environ 13000 américains
deviennent propriétaires terriens durant cette période.
Cette politique aurait pu stimuler l'économie cubaine
entre 1901 et 1958 à trois conditions :
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L'équipement des installations possédées
par les firmes américaines auraient dues être fabriquées
à Cuba.
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Les investissements dans le secteur agricole auraient dues être
majoritaires; or elles ont diminué de 50 % entre 1929 et 1958.
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Au lieu de pratiquer le réinvestissement ( bénéfices
réinvestis ) qui représentent 50 % de la marge brute d'autofinancement,
les nouveaux investissements U.S. restent marginaux.
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Le congrés des Etats Unis d'Amérique fixe unilatéralement
le quota d'exportation de sucre. Dans la même période, les
E.U. accordent des concessions tarifaires sur le sucre et certains autres
produits controllés par des firmes U.S. En échange, Cuba
abaisse de 20 à 40 % ses droits de douane sur 497 produits.
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1902 : Les autorités d'occupation interviennent
en faveur du candidat Tomas Estrada Palma conservateur au détriment
du démocrate Bartolomé Maso. Les troupes U.S. quittent
dés lors l'île; ce n'est qu'aprés la réelection
frauduleuse de Maso qui débouche sur une insurrection de la droite
libérale que celui ci demande l'application de l'amendement Platt.
Une commission U.S. arriva sur l'île pour "garantir" cette élection.
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1903 : Signature d'un traité permanent qui officialise l'amendement
Platt et construction de la base navale de Guantanamo qui assure aux Etats
Unis le control des Caraïbes et du canal de Panama.
1906 : C'est l'année de la deuxiéme intervention
des Etats Unis qui dura trois ans; durant cette période,
le secrétaire U.S. à la guerre s'autoproclame "Gouverneur Général de l'île".
1912 : Le général Mario Garcia Menocal succéde au général José Miguel Gomez. C'est l'âge d'or de l'économie cubaine qui grâce à la guerre en Europe voit son industrie
du sucre rapporter des millions avant que le phénoméne ne s'inverse littéralement en 1918.
1917 : Menocal demande sa réelection mais les libéraux
se soulévent de nouveau et cette fois ci prennent le pouvoir le
7 février. Le 8 mars, les troupes américaines débarquent
sur l'île et Menocal est déclaré "réelu".
1918 : Emergence d'un phénoméne politique singulier
et propre à L'Amérique Latine, la réforme Universitaire.
Il se caractérise par la participation trés active des étudiants
à la vie politique locale.
1920 : Les élections cubaines sont annulées par les
Etats Unis. En 1921, le Dr Alfredo Zayas est élu président.
Cet ancien autonomiste fait peu de cas de ses anciens idéaux
et tire tout le profit possible de la soumission de l'île aux banquiers
U.S. . Cette période se caractérise par la présence
du Général U.S. Crowder à bord du cuirassé
Minnesota; son rôle fut de conduire la politique cubaine et de transmettre
les directives du président Harding soucieux de garantir
les intérêts U.S. . La corruption des sphéres gouvernementales
provoque l'émergence d'un mouvement de colére en latence
parmi les étudiants, dirigé par Julio Antonio Mella.
1923 :J.A. mella a vécu aux Etats-Unis pendant son adolescence
et c'est donc en connaisseur qu'il prend la tête du mouvement des
Universités Populaires. Fondateur du Parti Communiste Cubain
en 1925, il propage la connaissance du marxisme dans le pays et se
consacre à son projet radical-réformiste. Fidel Castro, à
cette époque étudiant en droit fait partie de ces organisations
étudiantes. Mella contribue par son militantisme à former
une génération d'étudiants trés impliqués
politiquement.
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C'est cette même année qu'a lieu le premier Congrés
National des Etudiants de la Havane; typique de l'activité intellectuelle
en Amérique Latine, la réforme Universitaire voit le jour
en Argentine du fait de la nécessaire réponse à un
enseignement archaïque (Le Che est étudiant de médecine
en Argentine). Trés influencé par la révolution méxicaine
de 1910 et la russe de 1917, ce mouvement anti-féodal favorise l'émergence
de mouvements révolutionnaires indigènes tels l'APRA
(Alliance Populaire Révolutionnaire Américaine) au Pérou
en mai 1924. Il consacre la crise de confiance envers les idées
libérales (à ne pas confondre avec le libéralisme
actuel...) qui avaient porté l'Amérique Latine depuis l'indépendance.
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Les deux axes de critique les plus profonds ont trait : A l'impérialisme
U.S. et à l'oligarchie qui domine tout et qui trouve un intérêt
à se faire la championne de politiques de soumission à l'étranger.
Les intellectuels Henri Barbusse, Romain Roland ou Russel (G.B.) s'inscrivent dans cette lignée d'internationale de la pensée; de façon générale,
l'Amérique Latine agit comme un mirroir de l'Europe et fait sienne l'idée de progrés social, de liberté et de rupture radicale avec le féodalisme.
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De radical-réformiste, les organisations ouvriéres et paysannes
deviennent souvent des sections de la troisiéme internationale communiste
(1919) avec pour visions de la lutte :
- un affrontement violent avec les minorités qui absorbent tout
du pouvoir,
- la combinaison d'actions légales et illégales,
- la diffusion du marxisme dans l'armée,
- le renoncement au social patriotisme...
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Néanmoins L'APRA constitue une adaptation des vues de la 3éme
internationale aux problémes propres de l'Amérique Latine.
1925 : Concrétement Mella réussit à soulever
les ouvriers de la compagnie U.S. United Fruit Co. . Zayas comprenant les
dangers d'une "contamination" des esprits entreprend une politique de travaux
qui malheureusement profite surtout aux investisseurs de Wall Street. Le
Général Machado, personalité violente et inculte
prend la présidence.
1928 : Machado qui affirmait qu'il ne tolérerait pas une
gréve de plus de cinq minutes, réforme la constitution pour
pouvoir prolonger sa présidence en l'autorisant à se présenter
comme candidat unique. L'opposition crie son indignation; c'est alors qu'il
prend la décision de former une police politique chargée
de liquider l'opposition. Julio Antonio Mella meurt assassiné
par cette police en 1929 au Méxique. Puis vint le tour de Rafaël
Trejo, étudiant de gauche et l'arrestation d'un enseignant émérite,
Enrique José Varona (parmi les plus connus...) en 1933.
1933 : Grève
générale durement réprimée, fuite de
réfugiés cubains à Miami pour fuir la dictature de
Machado. Devant ce trop plein de zéle, les E.U. dépêchent
l'ambassadeur Mr Welles pour convaincre le dictateur de se retirer. L'opposition
refuse cette médiation qui court circuite, une fois de plus, l'idée
d'autodétermination. Une rumeur de départ du Machado fait
descendre le peuple cubain dans la rue pour se faire, au final, mitrailler
par la police (160 morts). Cet ami de l'amérique devient encombrant
et les Etats Unis font pression sur l'armée pour le chasser; ce
qu'il fît en s'enfuyant le 11 août 1934 vers les Bahamas. Mr
Welles "installe" au pouvoir Carlos Manuel de Cespedes qui assura
la présidence pendant trois semaines.
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3 septembre 1933 : Coup d'état organisé par des révolutionnaires
de droite (étudiants et sous-officiers dont le chef n'est autre
que le triste sire Fulgencio Batista sergent de son état)
qui établit un collége de cinq menbres, lequel nommera le
Dr Ramon Grau San Martin Président de la République.
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Mesures progressistes adoptées durant cette période
: Abrogation de l'amendement Platt, création d'un Ministére
du travail et adoption de la journée théorique de huit heures.
Mais rapidement, le régime voit se succéder des présidents
que l'Histoire ne nomme presque jamais tant il est convenu qu'ils étaient
les hommes de paille de la droite cubaine, de l'armée et des Etats
Unis . Cette longue et nauséabonde tradition d'obéissance
partisane aux U.S. ne cesse de se confirmer en tant que pratique politique
rituelle d'une ultra-minorité dirigeant tout. C'est Batista, devenu
colonel, qui depuis sept ans déjà dirige tout en sous-main.
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N.B. : A ce stade de la lecture j'espére que vous
aurez compris qu'il vous faut vous départir de votre vision ethnocentriste
de la politique pour comprendre les labyrinthes du pouvoir cubain; en effet,
il faut comprendre que L'Amérique latine en général
et a fortiori Cuba et ses dirigeants a souvent pratiqué le faux
en prêchant le vrai; celui qui gouverne n'est absolument pas automatiquement
celui qui est en poste. Le jeu politique a souvent consisté à
donner le change pour rendre plus ardue toute réaction extérieure
où intérieure.
1935 : Répression sanglante d'une nouvelle grève
générale et assassinat du leader de l'opposition,
Antonio Guiteras.
1940 : Convocation d'une assemblée constituante et projet
d'élections générales. Les prisonniers politiques
survivants fûrent libérés et l'opposition eût
le droit de faire campagne. Curieusement, les pouvoirs publics ne votèrent
pas de loi d'aide publique aux frais de campagne ce qui mit l'opposition
dans la situation d'un pot de terre luttant contre un pot de fer intensivement
appuyé (en dollars U.S.) par Roosevelt et la C.I.A. : Batista feu
le dictateur fut élu "démocratiquement" président
de la république et la constitution proclamée.
1944 : Le Dr Grau San
Martin est de nouveau porté au pouvoir; ce mandat démocratique
marque l'état de corruption, d'affairisme, de gangstérisme
syndical et de détournements le plus avançé de toute
l'histoire de l'île. Le président lui même fut accusé
du vol du diamant du capitole.
1948 : Carlos Prio Socarras est élu président;
il se contente de perpétuer le même type de gouvernement ce
qui entraînera, fait remarquable du reste, à la fois le mécontentement
des bourgeois aspirant à l'intégrité administrative
et celui des miséreux affamés de "mieux-vivre".
10 mars 1952 : Quelque temps avant les élections,
le colonel Batista appuyé par les Etats Unis prend le pouvoir
par un coup d'état militaire qui vient officialiser sa situation
dominante et le consacre président. C'est durant les sept années
qui suivent que le sort de l'île va se jouer.
1953 : Fidel
Castro, en juriste confirmé, se sert de l'arsenal législatif
mis à sa disposition et porte plainte pour non respect du code de
procédure législatif par Batista (forcément puisqu'il
n'y eut pas d'élection). Le Tribunal d'Exception de la Havane est
saisi de la plainte et bien évidemment déboute le demandeur
Castro. Cette farce finit de convaincre Fidel Castro que le seul moyen
d'action reste, dans un tel contexte, la LUTTE ARMEE.