Protectorat français à Berkane
Protectorat Français à Berkane:
Origine du nom de la ville de Berkane: Berkane est le nom simplifié du marabout sidi Ahmed Aberkane (Aberkane) signifie le noir en Berbère Zénete.
Quelques dates importantes:
Le 1° janvier 1908 un détachement de la colonne française du nord, plante le drapeau français au sommet de Ras Foughal et, pour commémorer l'évenement grave une inscription sur la pierre.
Le 12 Janvier 1908 les notables de quelques tribus des "Triffa" et "des Béni Snassen" présentent leur soumission au général Lyautey.
Pour faciliter la surveillance et les mouvements des Beni Snassen des postes militaires ont été établis à Taforalt, Berkane et Ain sfa ...etc, centre de rayonnement destinés à surveiller le territoire.
A partir de 1908-Installation des familles Françaises à Berkane-: la sécurité encourage l'émigration Européenne. Les familles arrivent de France, d'algérie et de la zone Espagnole.
L'armée organise leur installation et jette les premiers fondements de Berkane. elle s'inspire des villages de la colonisation en algérie:
rues larges, spacieuses, bien alignées, bordées d'arbre, faux poivriers, mûriers, acacias, une plantation d'eucalyptus assèche les marais près de l'oued et ceinture le camp militaire fleuris de mimosas et d'aubépines.
Les terrains sur lesquels est bâti le village de Berkane appartient à un des grands colons de la région Mr. Girardin qui est en le prête nom de l'administration, il a cédé gratuitement l'emplacement des rues, des places, de la gendarmerie, de l'école de la maison communale, et du marché. les lots de village sont vendus au prix uniforme de 10 centimes le mètre carré.
Des maisons confortables remplacent petit à petit les baraquement, les quartiers se dessinent. Un marché s'ouvre, vite fréquenté par les Béni Snassen et les triffa. Il devient lieu de rencontres avec les européens.
Dès 1907, les pemiers colons tentent de s'implanter dans la plaine des trifa mais les Marocains répugnent à cédert leur terrs à des non-musulmans, il faut donc avoir recours à un intermediaire. de 1910 à 1914 le mouvement prend de l'ampleur. En vue d'éluder le consentement du maghzen, toujours difficile à obtenir, tous les européens qui ont acheté des terres ont eu recours aux bons office d'un intermédiaire indigène algérien qui, en sa qualité de musulman, était cencé pouvoir acquérir des biens immobiliers en territoire chérifien, sans avoir à demander l'autorisation prévue par les taités (acte d'Algésiras, art 60 et convention de Madrid 1880)
Dans la pratique, l'intermédiaire algérien achetait les terres aux indigènes marocains par actes d'adoul régulièrement établis, puis il les cédait à l'européen, véritable acquéreur et bailleur de fonds. soit par acte sous seing privé, soit par acte passé devant un notaire d'Algérie.
Cette procédure était préconisée par la légation de Tanger et l'administration Civile d'Oujda. Mais les inconvénients pouvaient en résulter pour les acquéreurs Européens. qui, en fait, ne sont pas régulièrement propriétaires, au regard du maghzen et de la législation Chérifienne, des immeubles cependant payés de leurs deniers.
On a paré dans une certaine mesure en faisant donner :
1° - Par le Maghzen, au haut Commissaire Chérifien à Oujda, les pouvoirs nécessaires à l'effet d'autoriser les Cadis à établir, directement, les actes de vente au profit des acquéreurs européens qui se trouvent ainssi propriétaire en nom des terres par eux achetées, sans avoir recours à un intermédiaire.
2° En autorisant le haut commissaire chérifien à prendre les mesures nécessaires pour régulariser les ventes consenties sous le couvert d'intermédiaire Algérien, de telle façon que l'Européen, véritable acquéreur, puisse être considéré comme propriétaire au regard du Maghzen.
Depuis le mois d'octobre 1912, tous les cadis établissent donc directement les actes de vente au nom de l'Européen, après y avoir été autorisé par le haut commissaire chérifien.
Par conséquent,et dès l'instant où un acte, constatant une vente postérieure au mois d'octobre 1912, est fait au nom d'un acquéreur Européen, c'est que le consentement régulier du Maghzen prévu par les traités a été donné par le haut Commissaire. Partant. Pourtant, les ventes de l'espèce sont parfaites au regard de la législation chérifienne. et emportent incontestablement mutation de propriété. Si par hasard elles portaient sur des immeubles inaliénables, la faute en serait au cadi et aux autorités locales.
Par contre, le Maghzen a décidé que tous les actes établis antérieurement au mois d'octobre 1912, au profit d'indigènes algériens (intermédiaires ou nom), considérés comme étrangers , sont entachés d'irrigularité, en ce sens le Maghzen n'a pas donné officiellement son agrément aux ventes qu'ils consacrent.
Afin de faire disparaitre cette irrigularité et conférer au contrat toute sa valeur, L'administration supérieur a délégué tous pouvoirs au haut commissire Chérifien pour donner le consentement prévu par les conventions diplomatiques avec effet rétroactif au jour de vente.
Ce consentement n'est accordé qu'après une enquête analogue à celle faite préalablement à toute aliénation.
Une fois ratifié dans les conditions sus-indiquées, l'acte de cadi portant vente par les Marocains à l'indigène algérien est parfait etet confère à ce dernier - premier acquéreur étranger- la propriété incommutable de l'immeuble.
Les particuliers propriétaires fonciers peuvent donc se diviser en trois catégories suivant la nature de leur titre de propriété.
1° ceux qui sont propriétaires en vertu d'actes sous seing privés ou notariés., intervenus entre eux et leur intermédiaire algérien, bénéficiare, lui-même, d'un acte ratifié par le haut Commissaire Chérifien. Bien que non régulièrement établi au regard de la législation chérifienne il faudrait en effet que la deuxième cession ait été consacrée par acte d'adoul- le droit de ces acquéreurs est néanmoins induscutable car on doit considérer que les aliénations dont bénéficiaient leurs auteurs auxquels ils sont substitués ont été autorisés par le Maghzen. La mention de ratification est inscrite à l'encre rouge sur l'acte originaire.
2° Ceux qui sont propriétaires en vertu des mêmes actes, mais sans que l'acte originaire (du marocain à l'indigène Algérien)ait été ratifié par le haut Commissaire Chérifien.Ces contrats sont révisables puisqu'il est admis en théorie, que le Maghzen ne les a jamais reconnus.
3° Ceux qui son propriétaires en vertu d'actes établis postérieurement au 1° Octobre 1912 et dont les droits sont inattaquables, sauf pour vice de fond inhérent au droit Musulman (Chefâa-Hbous privé, inconnu au moment de la vente, rahnia, etc...)
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C'est en s'inspirant de cette réglementation que la commission a examiné le titres des divers occupants des terrains de Maghzen.
Mr Jonville : Acte de juin 1909
Mr Amilhak : Acte d'avril 1910
Mr Vautherot: Acte de juin 1910
Mr Burgis : Acte de septembre 1912
Mr Troismonts : Acte de août 1913
Mr Félix : Acte de juin 1914
Mr levau et la société civile des Triffa représentée par Mr Dardoise, Mr Amilhac et Mr Deport acte de Mai 1909
Statistiques de la décomposition de la population de quelques centres urbains en 1911
| - | Français | Etrangers européens | Musulmans Algériens | Israéliens marocains | Musulmans Marocains | Total |
| Oujda | 150 | 163 | 50 | 1190 | 5.276 | 6.829 |
| Berkane | 154 | 106 | 14 | " | 94 | 368 |
| Ahfir (martimprey) | 112 | 68 | 45 | " | 91 | 316 |
Dirigés par les autorités militaires, les aménagements de routes et les empierrements de pistes carrossables constituent les seuls travaux en cours d'exécution.Dirigés par les autorités militaires, les aménagements de routes et les empierrements de pistes carrossables constituent les seuls travaux en cours d'exécution.
Les bataillon d'Afrique construisent la voie qui relie Martimprey (Ahfir) à Berkane(25 km). On étudie les projets: adduction d'eau, éclairage public, voirie.
Fin 1909, plus de 5000 hectares passent entre les mains des européens dans la région de Berkane, 1500 Ha dans la région de Martimprey (Ahfir), 400 Ha dans la basse Moulouya soit près de 7000 Ha au total.
En 1911, on comptera 15.000 Ha. Ces terres achetées en 1908 de 40 à 50 francs l'hectare, se vendent dès 1911, de 100 à 150 francs.
Pour fonder un domaine d'une certaine importance, il est necessaire de disposer d'un capital de 100.000 francs environ. On recommande la plus grande prudence dans les achats de terrains. dans les triffa, l'hectare vaut de 100 à 150 francs et il faut compter en plus 120 francs à l'hectare pour pour le défrichement. les grandes cultures de céréales pourraient être terntées dans dans certaines parties de la plaine.
1910 année de disette en France, année d'abondance dans les Triffa, les récoltes sont superbes, A Berkane se construit une minoterie , première petite industrie.
Malheureusement il ne tombera plus une goutte de pluie durant trois ans.
"Mois d'avril pluie abondante on prévoit de bonnes récoltes après trois années de sécheresse et de rendement très médiocres." B.O du 20 Mai 1914.
Ces trois années de sécheresse ruinent le minotier louis Lucia. Endetté, il voit ses biens sous scellés. Le tribunal de première instance d'Oujda procède à la "vente des immeubles et matériel de minoterie" le 04 Février 1914.
Les pluies tombent en Mai 1914 (BO du juin 1914).
Les pluies abondantes consécutives qui sont tombées ces derniers temps ont fait le grand bien. Les forrages promettent d'être abondants.
1913: Berkane compte déja 185 maisons et le nombre d'habitants et en voie d'accroissement continu.
Il s'ouvre un certain nombre d'établissement, bazar,épicerie, hôtel-restaurant, boucherie. Il manque encore un magasin de vêtements et de chaussures.
Maghnia (Algérie) vient d'être reliée à Oujda par un service de transports automobiles effectués par des autobus.
Le trajet de 25 km qui s'accomplissait jadis péniblement et avec perte de temps considérable dans des véhicules mal commodes s'est effectué aujourd'hui rapidement et à peu de frais.B.O Chérifien du 19-12-1913
Eglise Saint-Agnès (1910)
Le village prend son essor. Chacun plante ses racines, pose ses repères. Au printemps 1910, Les catholiques adressent deux requêtes aux Franciscains d'Oujda, il désirent un prêtre et la construction d'une église. Déja sollicités par les chrétiens de Martimprey (Ahfir), les religieux déléguent le père Réginald Maillard* qui part en reconnaissance dans les triffa le 22 Avril.
Le voyage se fait en diligence. lors des opérations militaires, les bataillons d'Afrique avaient tracé les chemins de terre qui permettaient la liason des camps : Oujda, Maghnia, Bou djenane, Bab El Assa, Marimprey, Berkane.
Du Maroc au Maroc par le biais de l'Algérie.
Toute une aventure sur une route encore hostile, semée de piège, creusée d'ornières. L'attelage gagne enfin le poste militaire de Martimprey, l'ancienne redoute du général, bâtie en 1859 sur Ahfir.
Réginald ne s'attarde pas, dès le lendemain soir il est à Berkane
La rencontre prévue avec les autorités militaires: Le commandant Farriau** responsable du camp et le lieutenant Robin, chef des affaires Indigènes, est très cordiale. L'atmosphère conviviale du village séduit le franciscain et emporte la décision: La seconde église du Maroc Oriental sera implantée à Berkane.
Pour hâter sa construction, Mr Mares, professeur à l'école départementale d'agriculture d'alger, qui vient de créer une ferme modèle, offre, à titre gracieux, un terrain de 500 m². le père réginald rejoint Oujda le 27 Avril 1910.
De retour à Berkane le 22 juillet, il est reçu chez Mr Dardoise, de la société civille des Trifa.
Le dimanche 25, le prêtre célèbre la messe dans un local mis à sa disposition pa Mr Yanine Choukroun qui a ouvert une cantine pour la troupe.
On fixe la date de la commission Solonnelle le 9 Aout. Elle se déroulera dans un hangar de la ferme Jonville.
Le manque de ressources financières retarde la mise en chantier de l'église.
1912 -La construction s'achève en septembre 1912. Erigée en bordure d'un chemin de terre, la petite église refète la simplicité franciscaine, lignes sobres, sans proche ni tour. Une haie de jujubiers sauvages ferme ses cotés.
Emouvante et fragile, l'église est placée sous la la protection de Sainte-Agnès jeune martyre de 13 ans.
1916 -La qualité médiocre des matériaux accélère la détérioration de l'édifice qui menace de s'écrouler. les autorités civiles donnent l'ordre de fermer l'église et de la détruire.
Il faut attendre la fin de la grande guerre pour entreprendre les travaux de reconstruction.
Au printemps on achète à Mr Krauss deux terrains attenants. Le chantier démarre en Novembre.
1920 -L'église est officiellement ouverte le jour de la communion solonnelle en juin 1920. L'architecture déçoit. Les volumes mal répartis alourdissent et déséquilibrent la tour. Les lignes s'écrasent sous la masse du clocher. La construction manque d'unité.
1923 - Le dimanche 22 janvier 1923 on y célèbre, pour la première fois, la fête de sainte-Agnès. Un tableau coloré dans la tradition des présentations religieuses du moyen âge . ne fillette vêtue de blanc, un agneau dans les bras rappelle la jeune romaine du IV siècle. Durant plus de 25 ans on fêtera avec éclat Sainte-Agnès.
1928 - Différents prêtres ont succédé au père Réginald Maillard. Le 1° Novembre 1928 arrive à Berkane, le père paul Grasselli. Grande est la déception du curé face à son église.
"La batisse ressemblait à un vaste entrepôt, un hangar surmonté, à l'entrée d'une tour carrée, coiffée d'un casque Allemand"
A la désillusion s'ajoute l'inquiétude
A l'intérieur, la voûte menaçait de s'effondrer ...laissait passer la pluie, des plâtras s'en détachaient, les mûrs se lézardaient.
Bilan préoccupant, pris en urgence, on consolide. on se débarasse du fatras Saint-Sulpicien, du mobilier hétéroclite.
Obsédé par la vision de l'oeuvre à accomplir le nouveau curé quémande, sollicite, interpelle, harcelle, mobilise ses paroissiens.
Sou le désenchantement premier, perce maintenant un attachement, une passion sans limite pour saint-Agnès. Elle poussera le prêtre à consacrer toute son énergie, tout son enthousiasme à modéler et remodéler la construction. Les travaux dureront 21 ans et resteront inchevés.
1932 à 1949 Souci esthétique majeur : La façade.
Pour asseoir la tour, on construit une large bâtisse en saillie. L'unité et l'harmonie se trouve dans l'équilibre des volumes et leur parfaite cohésion.
Pour rythmer la monotonie des verticales et des horizontales, on surmonte les ouvertures d'arc en plein cintre.
Enfin, pour corriger la solennité d'une symétrie trop marquée, on plonge sur la gauche la chapelle de la sainte vierge.
Le père grasselli reporte la démolition du déplaisant "casque Allemend" le clocher aurait eu un toit comme celui des cinq lanternes du cloître. Quatre pentes, une architecture proche des chapelles italiennes.
L'imagination du curé ne connait aucun repos. la passion qui l'habite décuple ses dons artistiques.
Pour embellir Sainte-Agnès il est peintre, brosse fresques et tableaux.
Il construit un cloître et devient sculpteur. Taille mascarons et gargouille. Des centaines de figures prennent place pour dire la création.
Il grave cisèle, compose, plante, multiplie les projets, les rêves, les idées, les arrangements... ...quand, parvient de Rabat, le 20 Mai 1949, une lettre de l'évêque .Il est muté en Martinique.
Brisé, le père Grasselli quite Berkane... et entre dans la légende.
Jamais plus il ne verra saint-Agnès. Jamais plus il ne touchera un pinceau, un ciseau ou un compas. "Mon coeur est resté à Berkane" écrit-il.
le père Grasselli a fêté ses 99 ans le 03 septembre 1997.
1913 -Ecole Saintejeanne d'Arc.
Le père Réginald Maillard encourage les religieuses de la doctrinne chrétienne de Nancy à fonder une école à Berkane.
L'établissement ouvre le 1° Mai 1913, jour de l'ascension. Trois classes, une cinquantaine d'élèves, sous la direction de Mère Renée Mourot.
Le pont d'oued Cherrâa:
1914 Début des travaux de construction du pont d'oued Cherrâ: L'oued cherrâa est un filet d'eau qui peut brûtalement se gonfler si un orage éclate dans la montagne. La violence de la crue ne dure que quelques heures mais emporte tout sur son passage.
Pour faciliter les communications entre Berkane et Taforalt, la constructrion d'un pont est jugée nécessaire -1914-1915.Les travaux sont confiés à l'entreprise pécouil.Mr petrucchi, maçon s'occupe du montage. La grande guerre stoppe, un temps l'ouvrage, le pont sera achevé en 1918.
Acceuil
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