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capoeira est une forme d'expression corporelle des communautés
noires. A l'origine, celle-ci était défensive, car
elle permettait de manière publique de s'exercer à
une espèce de danse, qui, dans le fond, était une
lutte, une manière possible, pour les esclaves, d'être
prêt au combat. D'où cette ambigüité qui
a toujours entouré la capoeira: est-ce une danse?
est-ce une lutte? On penche plutôt pour cette dernière
approche, car dans les luttes d'autrefois (et certainement encore
d'aujourd'hui), il existe l'expression dar uma capoeira,
donner une capoeira, pour terrasser quelqu'un. Et
il n'y a rien de plus redoutable... La
capoeira, une menace?
Lorsque la capoeira avait
été perçue par les autorités comme
une forme de lutte, elle a été interdite ou passible
de poursuites, ce qui fut souvent le cas jusqu'au premières
décennies du XXe s.
L'origine
de la capoeira
Arrivée au Brésil apportée
par les esclaves "bantous d'origine Angolaise" (Aurélio),
la capoeira est cependant une lutte ou une danse authentiquement
brésilienne et s'est transmise de génération
en génération par des Mestres, les détenteurs
des secrets de la capoeira.
Au
son du berimbau
Autour des lutteurs / danseurs, le
public regarde attentif leur démarche souple et agile à
la fois. La prestation se poursuit au son du berimbau, cet instrument
monocorde fait d'un bâton d'un peu moins de 2 m, tiré
aux extrêmotés par un fil de fer, sous la forme d'un
arc. Près de l'un des bouts, celui du bas, il y a une calebace
fixée au bâton, laquelle fait résonner le
fil de fer chaque fois qu'il est frappé par une espèce
de bagutte. Les diverses sonorités sont obtenues en faisant
glisser une pièce métalique cointre le fil de fer,
de haut en bas et vice-versa. Le son de l'instrument est donc
un peu métalique, un peu rauque. La forme simple et le
son mélancolique qui en ressort fait que le berimbau soit
l'un des premiers souvenirs authentiques que les visiteurs voudraient
acheter à Bahia. Même étant l'instrument principal
dans le jeu de la capoeira, le berimbau n'en est pas le seul.
Citons encore les atabaques, les ganzás,
les agogôs et les pandeiros.
Mélancolie
x cri de guerre
Mais attention, il ne faut pas se
fier au apparences, car le berimbau eput tout aussi bien vouloir
annoncer un cri de guerre, lorsque son tempo se fait de plus en
rapide, nerveux, menaçant. Entre la mélancolie et
la menace, il subsiste le mystère, car cet instrument d'une
simplicité étonnante peut exprimer, cependant, un
langage secret que seuls les acteurs en sont les maîtres.
Salvador,
la capitale de la capoeira
C'est à Salvador, la
capitale de Bahia que sa pratique est la plus répandue.
Des dizaines de groupes de capoeira existent dans la ville
et offrent des cours à ceux qui voudraient s'y initier.
Où
peut-on s'initer ou pratiquer la capoeira?
adresses
liens |
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Un
sport et un art
Ces dernières années,
fort heureusement, la pratique de la capoeira gagne de plus
en plus des adeptes et sauvegarde cette tradition si typiquement
brésilienne, expression particulière de la population
noire du Brésil. Un peu partout des groupes se forment et
diffusent cette lutte, ce sport, en un mot, cet art, qui arrive
même à sortir du cadre de nos frontières.
Les
rodas de capoeira
Le déroulement de la danse
a lieu dans un cercle de spectateurs qui entourent les joueurs:
c'est ce qu'on appelle la roda (roue, ronde). Ces spectateurs
applaudissent les mouvements des capoeiras et accompagnent
les sons des instruments.
Les
maîtres (mestres)
Les mestres de capoeira, les
véritables détenteurs de cette tradition, commencent
le spectacle en chantant et se faisant accompagner du berimbau
et des autres instruments.
Les
capoeiras et la chanson
En dehors de l'univers de la capoeira,
une chanson de Vinícius de Morais et de Banden
Powell parlent de la force et de la vigueur du capoeira
et de la capoeira:
Capoeira
me mandou, mandou para dizer, mandou para cantar.
Berimbau me convidou
Capoeira que é bom, não
cai
E se um dia ele cai, cai bem
(Berimbau)
Cette chanson
a fait le tour du monde. Les
mouvements de la capoeira
Lorsque l'on assiste à une
roda de capoeira, on est étonnée par la souplesse,
la rapidité des mouvements et des gestes des capoeiras.
Le grand art consiste à bien maîtriser les mouvements
des mains et des pieds.
L'art
de la dissimulation
Un autre art consiste à savoir
dissimuler d'où partiront les coups visant l'adversaire.
Certes, dans le spectacle-danse, il ne s'agit point de terrasser
l'autre. Mais dans la vraie lutte de capoeira, comme dans
toute lutte, il s'agira de battre son adversaire. D'ailleurs,
n'oublions pas son origine de vraie lutte des esclaves contre
les maîtres blancs. Apparemment, si l'on considère
que les blancs portaient des armes et les esclaves étaient
à priori désarmés, il s'agirait pour ces
derniers d'attaquer les maîtres par le bas, pour les terrasser.
Les
capoeiras
Le danseur/lutteur de capoeira
doit donc avoir un très bon entreînement pour s'appuyer
assez souvent sur les mains et menacer (ou faire semblant de menacer)
son adversaire avec les pieds, visant tantôt la tête
tantôt les jambes de celui-ci.
Pour
en savoir plus
Certes, pour parler de la capoeira
de manière plus approfondie, il y a des dizaines d'ouvrages
à ce sujet. Parmi ceux-ci, nous citerons:
A arte da capoeira (en portugais),
de Camille ADORNO, disponible sous forme électronique.
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