LES DOLOMITES

LES DOLOMITES

 

Situées dans les Alpes orientales, au nord-est de l’Italie, les Dolomites occupent une place unique dans les Alpes. C’est en effet le seul endroit de l’arc alpin où l’on rencontre des monolithes calcaires de cette ampleur. On est ici dans le paradis du grimpeur, dans un univers minéral exceptionnel. Le nom de Dolomites vient d’ailleurs de sa roche puisque c’est le savant français Dolomieu qui est venu le premier étudier cette roche particulière et qui lui a par la suite donné son nom. La dolomie est une forme de calcaire très compacte et solide, très propice à la formation de tours et de piliers comme l’on en voit nulle part ailleurs.

Les Dolomites présentent donc un aspect différent des autres grands massifs des Alpes car il s’agit moins d’un groupe glaciaire comme, par exemple, le Valais ou l’Oberland – bien que l’on trouve quelques glaciers dans les Dolomites, notamment dans le versant nord de la Marmolada (3343 m), point culminant. On pourrait plutôt parler des Dolomites comme d’un jardin de cimes rocheuses exceptionnellement verticales et impressionnantes qui est pour le grimpeur un terrain de jeu unique en Europe.

Nombre de sommets et de parois ont en effet atteint la renommée mondiale et sont bien connus des alpinistes. On peut ainsi citer les fameuses parois nord des Tre Cime di Lavaredo – chères à Comici, Cassin, Livanos… –, de l’Agnèr (haute de 1600 m !), la paroi nord-ouest de la Civetta (3220m), les faces sud de la Marmolada (3343 m) et de la Tofana di Rozès (3225 m) pour ne parler que des Dolomites orientales…

Les Dolomites ne constituent pas véritablement un massif homogène mais plutôt un ensemble de groupes. On parle souvent des Dolomites occidentales (ou groupe de Brenta) et orientales (plus vastes) car ces deux ensembles sont nettement séparés, l’un au nord-ouest du lac de Garde et l’autre au nord-est. Il s’agit donc d’un relief complexe et les vallées s’insinuant au pied de ces montagnes sont nombreuses et variées. Les plus connues sont certainement le Val Gardena (à l’est de Bolzano) et la vallée de Cortina d’Ampezzo, nichée au cœur d’un cirque de sommets prestigieux, tels que la Tofana di Rozès (3225 m), le Cristallo (3221 m), l’Anteleao (3263 m) et le Sorapiss (3205 m).

Administrativement, les montagnes des Dolomites sont partagées entre deux provinces : le Trentin-Haut-Adige et la Vénétie. Le Trentin-Haut-Adige est pour une bonne part un vestige de l’ancien Empire austro-hongrois et beaucoup de régions, dans le Tyrol du Sud, sont encore aujourd’hui germanophones – bien qu’elles aient été annexées par l’Italie après la fin de la première guerre mondiale. Durant ce conflit, précisément, la frontière entre l’Italie et l’Autriche-Hongrie – pays ennemis à partir de 1915 – était encore située sur une ligne de crêtes qui séparait les Dolomites orientales entre le Nord autrichien et le Sud italien. C’est pour surveiller cette frontière stratégique que les militaires construisirent avant et pendant la guerre de véritables voies aménagées dans les versants abrupts qui suivaient la fameuse ligne de crêtes. Cet aménagement était nécessaire pour pouvoir circuler au cœur de ces montagnes qui, rappelons-le, sont plus verticales et monolithiques que les autres massifs alpins. Les soldats de l’époque fixèrent des barreaux de métal voire des échelles dans les passages les plus difficiles ou exposés, creusèrent des galeries et vivaient dans des casemates construites dans les parois dolomitiques. Une fois la paix revenue et les anciennes régions autrichiennes des Dolomites annexées à l’Italie, ces itinéraires militaires subsistèrent. Il sont en réalité à l’origine des via ferrata actuelles, même si, à l’époque, leur utilisation était loin d’être ludique !

Les Dolomites sont ainsi le paradis des via ferrata, d’autant qu’aux itinéraires militaires (réaménagés) se sont ajoutées des voies plus récentes. On compte ainsi une centaine de via ferrata dans les Dolomites. Il faut également noter que ces itinéraires se déroulent le plus souvent en haute montagne (contrairement aux via ferrata récentes françaises et suisses) et permettent d’atteindre le sommet de montagnes prestigieuses telles que la Marmolada, la Civetta, la Tofana di Rozès, le Monte Agnèr, le Schiara…Cependant, cela ne signifie pas que l’accès à ces sommets soit rendu ainsi plus aisé : bien souvent, les via ferrata dolomitiques sont difficiles, physiques, longues et éprouvantes, ce qui les apparente à de véritables courses en haute montagne.

 

PHOTOGRAPHIES

 

Faces nord des Tre Cime di Lavaredo (juillet 2003)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo : Damien Augias.

Face sud du Petit Vernel, dans le groupe de la Marmolada (juillet 2003).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo : Damien Augias.

Coucher de soleil au sommet de la Marmolada (3343 m), point culminant des Dolomites (30 juillet 2003).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo : Damien Augias.

Face nord de la Cima Grande di Lavaredo (2999 m) en juillet 2003.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo : Damien Augias.

Dans le groupe du Cristallo (3221 m), passerelle de 27 m dans la via ferrata Dibona. Au fond, le refuge Lorenzi (juillet 2003).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo : Damien Augias.

Le Cristallo (3221 m) – juillet 2003.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo : Damien Augias.

La Tofana di Rozès (3225 m) vue du Passo Falzarego (juillet 2003).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo : Damien Augias.

 

 

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