Le
massif du Mercantour-Argentera
Cet ensemble montagneux transfrontalier – appelé, non sans raison, la « Suisse niçoise » par le géographe Elisée Reclus – forme les derniers remparts alpins au Sud, déployant des sommets de plus de 3000 mètres d’altitudes, à quelques dizaines de kilomètres de la côte méditerranéenne niçoise et monégasque. Il s’étend en France (Parc national du Mercantour, créé en 1979) et en Italie (Parco naturale delle Alpi Marittime), dans un ensemble assez logique bien que souvent séparé en deux massifs distincts du fait de la frontière (tout comme les Alpes Graies, comprenant Vanoise et Grand Paradis).
Le massif comprend de nombreuses vallées et vallons parallèles, depuis les contreforts de l’Ubaye, au nord-ouest, aux Alpes ligures, au sud-est, en passant par les vallées françaises de la Tinée, du Haut-Var, de la Vésubie et de la Roya et les vallées italiennes de San Giacomo di Entracque, de Terme di Valdieri et de Limone.
Le point culminant du massif, la cime de l’Argentera (3297 m) se situe entièrement dans le Piémont italien. Il s’agit d’une cime visible de loin, notamment de la Côte d’Azur par temps clair. Il peut être atteint à partir de la France, en passant par le vallon du Boréon, dans la Haute-Vésubie. La cime du Gélas, le plus haut sommet français des Alpes-Maritimes, quant à lui, se trouve sur la chaîne frontière, accessible à la fois de la vallée française de la Vésubie (vallon de la Madone de Fenestre et vallon de la Gordolasque) et du refuge italien de Soria, accessible au nord par la vallée d’Entracque. Le nom de la cime provient des glaciers situés sur ses flancs et disparus au cours du XXe siècle.
D’autres sommets dépassent l’altitude de 3000 mètres : la cime de Nasta (3108 m), le Mont Matto (3088 m), la Cime de la Malédie (3059 m), le Corno Stella (3053 m), le Mont Pelat (3050 m), le Mont Clapier (3045 m), le Mont Ténibre (3031 m) et le Corborant (3007 m). Sans l’atteindre, certains sommets sont particulièrement connus ou appréciés des habitants des vallées : le Caïre de Cougourde (2921 m) – à la forme caractéristique et présentant des voies d’escalade très prisées des alpinistes à la fois français et italiens –, le Mont Bégo (2872 m), dominant la célèbre vallée des Merveilles – très souvent parcourue pour ses gravures rupestres –, la Cime du Diable (2685 m), sommet au panorama exceptionnel sur le massif ainsi que sur la Côte d’Azur, et le Marguareis (2651 m), marquant les derniers remparts alpins avant la plongée de la chaîne dans la Méditerranée.
Bien que le Gélas ait été gravi en 1864 par le Comte Paolo di Saint Robert, le massif a été exploré assez tard, ceci s’expliquant certainement par le fait qu’aucune des grandes cimes n’est visible des vallées. Sous l’impulsion notable du chevalier niçois Victor de Cessole – président du CAF de Nice de 1900 à 1932 – et de ses guides (Jean Plent notamment), de nombreux sommets ont été gravis et de nouvelles voies ouvertes, en été comme en hiver.
Le Mercantour-Argentera est un ensemble propice aux randonnées et aux traversées de plusieurs jours, à travers ses cols et ses sommets, accessibles sans corde pour l’essentiel. Du fait de la quasi-absence de glaciers, les courses d’alpinisme y sont essentiellement rocheuses (voies difficiles au Corno Stella, à la Cougourde, au Mont Ponset et à la cime du Marguareis) mais il existe aussi de belles voies neigeuses, surtout au printemps (par exemple le couloir de Lourousa à l’Argentera, voie de la première ascension du sommet par Coolidge en 1879, aidé de ses guides Almer père et fils). C’est aussi l’un des espaces protégés transfrontaliers les plus importants des Alpes, avec l’ensemble Vanoise-Grand Paradis, et la faune (chamois, bouquetins, marmottes mais aussi le loup, depuis sa réapparition en 1992) et la flore y ont particulièrement riches et sauvages.
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Le Gélas (3143 m) – plus haut sommet des Alpes-Maritimes – et la Cime de la Malédie (3059 m), dans la vallée de la Haute-Gordolasque. Photo : Damien Augias. |
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Dans le vallon du Boréon, la Cougourde (2921 m), une cime à la forme caractéristique, chère aux grimpeurs niçois. Photo : Damien Augias. |
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En Haute-Vésubie, la Madone de Fenestre, point de départ pour de nombreuses courses du massif Photo : Damien Augias. |
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Au sommet de la Cime du Diable (2686 m), à cheval entre vallon de la Gordolasque et vallée des Merveilles. Au fond, de gauche à droite, l’Argentera (3297 m), le Gélas (3143 m) et la Malédie (3059 m). Photo : Damien Augias. |
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Le Mercantour recèle de magnifiques lacs d’altitude. Ici le lac de Fenestre, avec, au fond le Ponset (2828 m). Photo : Damien Augias. |
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La Cime de Saint-Robert (2919 m) et le Gélas (3143 m). Photo : Damien Augias. |
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Au sommet du Gélas (3143 m), sur la chaîne frontière. Photo : Damien Augias. |
e-mail : damien.augias@freesbee.fr
Descriptions des massifs : Mont Blanc / Vanoise-Grand Paradis / Ecrins / Valais / Oberland / Bernina / Dolomites / Alpes autrichiennes / Alpes juliennes
Photographies : Mont Blanc / Ecrins / Bernina / Oberland / Mercantour / Valais / Dolomites / Hohe Tauern