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La polarimétrie.
Schéma
d'un polarimètre :
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- Lampe au sodium
- Prisme de Nicol
- Lumière polarisée plane
- Cellule contenant l'échantillon
- Rotation du plan
- Analyseur
- Oculaire
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- Lampe au sodium
- Filtre
- Prisme de Nicol polariseur
- Cellule avec échantillon
- Prisme de Nicol analyseur
- Oculaire
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Source lumineuse :

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Lampe à vapeur de sodium |
| Additionnée d'un filtre (à 589 nm) cette source permet
d'obtenir une source de lumière quasi-monochromatique |
Polariseur et analyseur :
Ce sont des prismes de Nicol
- Cerains cristaux tels que le SPATH d'ISLANDE (CaCO3 cristallisé ) dont le
système cristallin est rhomboédrique ( les six faces sont des losanges égaux) (Fig 1)
ont la propriété de réfracter doublement la lumière : pour un même rayon incident on
obtient deux rayons réfractés polarisés à angle droit) (Fig 2).
Des prismes de Nicol (Spath
coupé perpendiculairement à son axe principal et recollé avec du Baume de Canada)
(Fig 3) permettent
d'éliminer l'un des rayons. Le rayon extraordinaire sort du cristal inchangé. La
lumière qui a ainsi
traversé le prisme de Nicol est dite polarisée.
La plan de vibration de l'onde
est perpendiculaire à la direction de propagation qui est celle du rayon lumineux. Ce
plan peut prendre
toutes les directions perpendiculaires à la direction de propagation.
Le polariseur sélectionne une direction de
vibration ou un plan de vibration.Ce plan peut être tordu ( ou dévié) par une substance
optiquement active qui se trouve dans la cuvette entre le prisme polariseur et le prisme
analyseur.

Si deux prismes, l'un polariseur, l'autre
analyseur sont placés à la suite l'un de l'autre dans la direction de la
propagation , l'intensité de la lumière sera maximale si les axes des polariseurs sont
les mêmes et sera nulle s'ils sont perpendiculaires.
Si on introduit une substance optiquement active dans la cuvette, l'intensité de la
lumière n'est pas nulle ou maximale; pour retrourner à une intensité nulle ou maximale,
il faudra tourner le prisme analyseur d'un angle alpha .

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Vision du champ avec échelle au zéro et sans échantillon. Champ
uniforme. |

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Vision du champ avec échelle au zéro et après l'insertion de
l'échantillon.Champ non uniforme. |

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Vision du champ après l'insertion de l'échantillon et rotation du prisme
analyseur. Champ uniforme. |
Le pouvoir
rotatoire :
- Certaines molécules peuvent exister sous la forme de deux configurations spatiales
différentes non superposables, symétriques l'une de l'autre par rapport à un plan comme
une main droite est l'image dans un miroir d'une main gauche. On dit que cette molécule
est chirale. Les deux configurations de la molécule sont appelées énantiomères,
énantiomorphes ou antipodes optiques.
-

- L'origine de cette isomérie optique est due généralement à la présence dans la
molécule d'un atome de carbone asymétrique. Un atome de C est asymétrique lorsqu'il est
d'hybridation sp3 et substitué par quatre groupements différents.
- Lorsqu'une solution contenant une molécule présentant une isomérie optique est
traversée par un faisceau de lumière polarisée, le plan de polarisation est dévié,
vers la gauche (molécule lévogyre (-)) ou vers la droite (molécule dextrogyre (+)). une
molécule chirale est donc douée de pouvoir rotatoire.
- Les deux isomères (inverses optiques ou énantiomères) ont les mêmes propriétés
physiques et ne diffèrent que par leurs pouvoirs rotatoires qui sont opposés. Si une
molécule possède un pouvoir rotatoire dextrogyre, son énantiomère possèdera un
pouvoir rotatoire de même valeur, mais de signe lévogyre.
- Le pouvoir rotatoire d'une molécule chirale est une propriété physique
caractéristique de celle-ci au même titre que son point de fusion, son point
d'ébullition et sa densité.
- Lorsque deux énantiomères sont présents dans une solution, le pouvoir rotatoire de
celle-ci est la somme des pouvoirs rotatoires des espèces présentes. Si les deux
énantiomères sont présents en quantité égale, la rotation de l'un des composés sera
annulée par l'autre et aucune activité optique ne sera observée. De tels mélanges sont
appelés mélanges racémiques. La structure cristalline du mélange racémique lui
confère des propriétés physiques différentes.
- L'activité optique des composés organiques est mesurée au moyen d'un polarimètre et
selon la loi de Biot :
J
= [ J ]
D . l . C
J est
l'angle mesuré expérimentalement
l est la longueur de la cellule en dm
C est la concentration de la substance en g/cm3
[ J ]
0 est le pouvoir rotatoire spécifique d'un composé chiral,
à une t°C bien déterminée et pour une longueur d'onde correspondante à la raie du
sodium à 589,3 nm.
- Les indices L et D se font par comparaison avec la structure du 2-hydroxypropanal
(glycéraldéhyde). On attribue, par convention, la configuration D à la molécule dans
laquelle le groupement OH est à droite et la configuration L si l'OH est à gauche.
Par extension, si le groupement
NH2 d'un acide aminé est à droite, on a la configuration D et L si le
groupement NH2 est à gauche.


- Les glucides possèdent un ou plusieurs centres de dissymétrie ou centres de chiralité
: ils sont donc optiquement actifs et sont dosables par polarimétrie.
- Pour les glucides réducteurs, il faut tenir compte du phénomène de mutarotation (par
exemple le glucose J
se transforme au cours du temps en glucose ß d'oùil ne faut utiliser que des solutions
stabilisées (conservées à 4°C) ou en ajoutant une goutte d'ammoniaque concentré.

Applications :
Mesure
du pouvoir rotatoire spécifique du dextrose.
Mode opératoire :
- Dissoudre 10,00 g de dextrose dans 80 ml d'eau distillée, ajouter 1 goutte d'ammoniaque
diluée. Laisser reposer pendant 2 heures et compléter à 100 ml avec de l'eau
distillée.
- Rincer le tube polarimétrique et régler le zéro avec de l'eau distillée.
- Effectuer la lecture en ayant préalablement rincé le tube avec la solution à doser.
Formule :
valeur de l'angle
lue x 100
[ J ]
D
= --------------------------------------------------------------------------
masse (au 1/1000 de g). d (: 2 si tube de 20 cm). [ (100 - % d'eau)/100]
Résultat :
[ J ]
D à 20°C = + 52,5°
à + 53,0°
Dosage du lactose du
lait.
Mode opératoire:
- Prélever 50 ml de lait à analyser avec une pipette jaugée.
- Prélever 50 ml de réactif d'Esbach avec une pipette jaugée.
- Mettre le tout dans un erlenmeyer, agiter et laisser déféquer.
- Filtrer. On obtient un filtrat jaune.
- Verser le filtrat dans le tube polarimétrique et effectuer la lecture.
Réactif d'Esbach :
- Dissoudre 2 g d'acide citrique et 1 g d'acide picrique dans un jaugé de 100 ml avec de
l'eau distillée.
Formule :
(2 x Lecture) + 0,01 [ D - 17]
% de lactose =
------------------------------------- x
100
52,3
2 x Lecture : car le lait a été dilué 2 fois avec le réactif d'Esbach.
D : nombre de degré Dornic obtenu lors de l'analyse de l'acidité du lait. Normalement :
17°
52,3 : [ J ]
D du lactose.
Notes :
- La teneur normale est de 49 g de lactose par litre de lait. Ce taux sera réduit en cas
de mouillage ou d'une transformation en acide lactique due à une présence excessive de
lactobacilles suite à une mauvaise conservation.
- Le lactose est un disaccharide qui par hydrolyse produit du D-galactose et du D-glucose


Détermination du % de
saccharose dans une betterave.
Notes : un tube de 40 cm de long renfermant une solution de 26,026 g de
saccharose dans 100 ml d'eau correspond à 100 degrés saccharimétriques ; la rotation
provoquée par une telle solution est de 34,65°P.
100° saccharimétriques correspondent donc à 34,65° polarimétriques.
1° saccharimétrique correspond à 0,3465 ° Polarimétrique.
1° polarimétrique correspond à 100/34,65 = 2,886° saccharimétrique.
Le saccharimètre n'est autre qu'un polarimètre gradué de telle
manière qu'il indique directement la concentration en sucre saccharose d'une solution.
On appelle Poids Normal d'un sucre, la quantité de sucre qui,
dissoute et portée à un volume de 100 ml avec de l'eau distillée, donne avec la
lumière jaune du sodium, à la température de 20°C et sous une épaisseur de 40
cm, une lecture de 100 degrés saccharimétriques.
Le poids normal est caractéristique pour chaque substance. Pour le saccharose, il est
de 26,026 g.
Technique d'analyse.
- Laver une betterave. On peut la peler. La raper avec une bonne rape de cuisine.
- Introduire 26 g de cossettes dans un godet "Ledocte".
- Introduire 177 cm3 de sous-acétate de Plomb dilué (3%) [ PbO.Pb(CH3COO-)2]
à l'aide d'un dispositif doseur ( 172 ml d'eau + 7 cm3 de sous-acétate de
plomb conc. à 77%). Le sous-acétate de plomb joue le rôle de défécant.
- Sans agiter, en ayant couvert le godet, placer le tout au bain-marie à 80°C pendant
1/2 heure.
- Enlever du bain-marie, refroidir en agitant lentement.
- Filtrer deux fois successivement.
- Si le liquide est encore trouble, ajouter quelques gouttes de CH3COOH
concentré.
- Faire la lecture au saccharimètre ou au polarimètre avec un tube de 400 mm.
Calculs.
Par exemple la lecture = L = 3,8°P avec un polarimètre et une cuvette de 20 cm.
L = 3,8 x 2 pour un tube polarimétrique de 40 cm.
Donc le résultat est : 3,8 x 2 x 2,886 = 21,964 %
N.B :
Le saccharose est un disaccharide de glucose et de fructose. Ce n'est pas un sucre
réducteur.
L'hydrolyse du saccharose ( [ J ]
D = 66,5°) en
D-glucose ( [ J ]
D = + 52,5°) et en D-fructose ( [ J ]
D = -
92°) est souvent appelée "inversion" puisqu'elle s'accompagne d'un changement
de la rotation optique du dextrogyre vers le levogyre en cas de composition equimolaire en
glucose et en fructose. Ce mélange est appelé sucre inverti.

