Qcm général (joué 18198 fois): 60%
Qcm histoire (joué 329 fois): 48%
Qcm étudiants (joué 505 fois): 50%
Qcm légendes (joué 373 fois): 38%
Qcm personnages (joué 359 fois): 52%
L’Almanach de Liège ou Almanach Matthieu Laensberg Aussi orthographié Lansberg, Lansbergh, Lansbert ou encore Laensbergh. date du XVIIe S et était publié annuellement. La plus ancienne édition retrouvée est datée de l'an 1636.
L’Almanach de Liège était très populaire, tant dans les milieux des petites gens que dans la bourgeoisie ou la noblesse et cela largement au-delà des frontières de la principauté. Il est d'ailleurs cité par de nombreux grands auteurs dont Voltaire, Honoré De Balzac, Victor Hugo, Gustave Flaubert, Alexandre Dumas mais aussi par des révolutionnaires comme Babeuf.
L'ouvrage a toujours conservé une couverture de papier bleu foncé. Fort de son succès, il se grossit du double ou du triple de son contenu originel et de ce fait fut aussi appelé Double ou Triple Liégeois.
Malgré son contenu ésotérique qu'on aurait vite tendance à qualifier d'hérétique surtout dans une principauté écclésiastique, l'Almanach de Liège reçut l'assentiment des organes du pouvoir en vigueur jusqu'à la fin du régime. En plus du contenu habituel des almanach, celui de Liège a tenu sa réputation grâce aux prédictions d'un certain Mathieu Laensberg. On ne sait pas très bien qui était le personnage qui se cachait sous ce pseudonyme mais il s'agissait dit-on d'un chanoine de l'église Saint-Barthélémy. Aucune preuve n'a jamais encore été apportée pour conforter cette théorie.
L'Almanach liégeois utilisait parfois des pictogrammes. Officiellement celui-ci s'adressait aux illettrés pour être lu comme un rébus mais certains y voient des images codées qui seraient des moyens de communication pour certaines sociétés secrètes comme la Rose-Croix Ordre hermétiste chrétien, relevant de la « tradition ésotérique » et « initiatique », dont les premières mentions remontent au début du XVIIe S en Allemagne. L'existence de l'ordre et ses origines sont controversées. ou la franc-maçonnerie Apparue en écosse au XVIIe S, elle se décrit, suivant les époques, les pays et les formes, comme une « association essentiellement philosophique et philanthropique », comme un « système de morale illustré par des symboles » ou comme un « ordre initiatique ».. Encore une fois, ce ne sont là que des suppositions, certe alléchantes, mais difficilement vérifiables.
Le Matthieu Lansbergh fut ensuite, sous occupation hollandaise, un quotidien diffusant les idées libérales, puis unionistes du trio Paul Devaux, Joseph Lebeau et Charles Rogier.
Aujourd’hui un Almanach de Liège est édité chaque année par Noir Désir Production. De vieux exemplaires sont conservés au Fond Ulysse Capitaine de la bibliothèque des Chiroux.
Voltaire
Jusqu'à quel point on doit tromper le peuple 1756
(...) C’est une très grande question, mais peu agitée, de savoir jusqu’à quel degré le peuple, c’est-à-dire neuf parts du genre humain sur dix, doit être traité comme des singes. La partie trompante n’a jamais bien examiné ce problème délicat; et de peur de se méprendre au calcul, elle a accumulé le plus de visions qu’elle a pu dans les têtes de la partie trompée.
Les honnêtes gens qui lisent quelquefois Virgile, ou les Lettres provinciales, ne savent pas qu’on tire vingt fois plus d’exemplaires de l’Almanach de Liège et du Courrier boiteux que de tous les bons livres anciens et modernes. Personne assurément n’a une vénération plus sincère que moi pour les illustres auteurs de ces almanachs et pour leurs confrères. Je sais que depuis le temps des anciens Chaldéens il y a des jours et des moments marqués pour prendre médecine, pour se couper les ongles, pour donner bataille, et pour fendre du bois. Je sais que le plus fort revenu, par exemple, d’une illustre académie consiste dans la vente des almanachs de cette espèce. Oserai-je, avec toute la soumission possible, et toute la défiance que j’ai de mon avis, demander quel mal il arriverait au genre humain si quelque puissant astrologue apprenait aux paysans et aux bons bourgeois des petites villes qu’on peut, sans rien risquer, se couper les ongles quand on veut, pourvu que ce soit dans une bonne intention? Le peuple, me répondra-t-on, ne prendrait point des almanachs de ce nouveau venu. J’ose présumer au contraire qu’il se trouverait parmi le peuple de grands génies qui se feraient un mérite de suivre cette nouveauté. Si on me réplique que ces grands génies feraient des factions et allumeraient une guerre civile, je n’ai plus rien à dire, et j’abandonne pour le bien de la paix mon opinion hasardée (...).
Essai sur les mœurs et l’esprit des nations 1756
(...)La plupart des prédictions étaient comme celle de l'Almanach de Liège. Un grand mourra; il y aura des naufrages. Un juge de village mourait-il dans l'année, c'était, pour ce village, le grand dont la mort était prédite ; une barque de pêcheurs était-elle submergée, voilà les grands naufrages annoncés. L'auteur de l'Almanach de Liège est un sorcier, soit que ces prédictions soient accomplies, soit qu'elles ne le soient pas ; car, si quelque événement les favorise, sa magie est démontrée : si les événements sont contraires, on applique la prédiction à toute autre chose, et l'allégorie le tire d'affaire.
L'Almanach de Liège a dit qu'il viendrait un peuple du nord qui détruirait tout ; ce peuple ne vient point ; mais un vent du nord fait geler quelques vignes : c'est ce qui a été prédit par Matthieu Laensbergh. Quelqu'un ose-t-il douter de son savoir ? Aussitôt les colporteurs le dénoncent comme un mauvais citoyen, et les astrologues le traitent même de petit esprit et de méchant raisonneur.
Alexandre Dumas
Le Testament de M. de Chauvelin 1849 - Chapitre XII, "La mort de Louis XV
(...) C'est que le temps s'écoulait, c'est qu'on était entré dans le deuxième mois, depuis la mort du marquis de Chauvelin, c'est qu'on était arrivé au 3 mai, et que le 28 du mois il y avait juste deux mois que le marquis était mort. Puis, comme si tout conspirait pour se joindre au présage lugubre, l'abbé de Beauvais avait prêché à la cour et, dans son sermon sur le besoin de se préparer à la mort, sur le danger de l'impénitence finale, il s'était écrié. « Encore quarante jours, sire, et Ninive sera détruite. »
De sorte que lorsqu'il avait pensé à monsieur de Chauvelin, le roi pensait à l'abbé de Beauvais, de sorte que lorsqu'il avait dit au duc d'Ayen : - Il y aura, au 28 mai, deux mois que Chauvelin est mort, il se retournait vers le duc de Richelieu, et murmurait : C'est quarante jours qu'il a dit, n'est ce pas, ce diable d'abbé de Beauvais ?
Et Louis XV ajoutait :
- Je voudrais que ces quarante jours fussent passés. Ce n'était pas le tout : l'almanach de Liège, à propos du mois d'avril, avait dit : « Dans le mois d'avril, une dame des plus favorites jouera son dernier rôle. » De sorte que madame Du Barry faisait chorus aux lamentations du roi, et disait du mois d'avril ce qu'il disait des quarante jours, c'est-à-dire : - Je voudrais bien que ce maudit mois d'avril fût passé.
Dans ce maudit mois d'avril qui effrayait tant madame Du Barry, et pendant ces quarante jours qui étaient la passion du roi, les présages se multiplièrent. L'ambassadeur de Gênes, que le roi voyait fréquemment, fut frappé de mort subite. L'abbé de Laville venant à son lever pour le remercier de la place de directeur des affaires étrangères qu'il venait de lui donner, roula à ses pieds frappé d'apoplexie, en sa présence. Enfin, le roi étant à la chasse, la foudre tomba près de lui (...).
Honoré De Balzac
Etudes de moeurs. 2e livre. Scènes de la vie de province. T. 4. Illusions perdues. 1. Les deux poètes
(...) - Les vieux outils sont toujours les meilleurs, dit-il. On devrait en imprimerie les payer plus cher que les neufs, comme cela se fait chez les batteurs d'or. D'épouvantables vignettes représentant des Hymens, des Amours, des morts qui soulevaient la pierre de leurs sépulcres en décrivant un V ou un M, d'énormes cadres à masques pour les affiches de spectacles, devinrent, par l'effet de l'éloquence avinée de Jérôme-Nicolas, des objets de la plus immense valeur. Il dit à son fils que les habitudes des gens de province étaient si fortement enracinées, qu'il essaierait en vain de leur donner de plus belles choses. Lui, Jérôme-Nicolas Séchard, avait tenté de leur vendre des almanachs meilleurs que le Double Liégeois imprimé sur du papier à sucre ! eh ! bien, le vrai Double Liégeois avait été préféré aux plus magnifiques almanachs. David reconnaîtrait bientôt l'importance de ces vieilleries, en les vendant plus cher que les plus coûteuses nouveautés.
- Ha ! ha ! mon garçon, la province est la province, et Paris est Paris. Si un homme de l'Houmeau t'arrive pour faire faire son billet de mariage, et que tu le lui imprimes sans un Amour avec des guirlandes, il ne se croira point marié, et te le rapportera s'il n'y voit qu'un M, comme chez tes messieurs Didot, qui sont la gloire de la typographie, mais dont les inventions ne seront pas adoptées avant cent ans dans les provinces. Et voilà.(...)
Victor Hugo
Le Rhin 1845 - Tome III Lettres à un ami, pg 60-61
(...) - Quand on entre dans la chambre des archives, on entend un bâillement efroyable; c'est le grand coffre qui s'ouvre. - Je reprends. Une vaste armoire du même temps, à mille tiroirs. J'ai ouvert quelques uns de ces tiroirs; ils sont vides. Dans un ou deux j'ai trouvé de petites gravures représentant Zuricht, Berne, ou le mont Rigi; dans le plus grand il y a une image de quelques hommes acrroupis autour d'un feu; en bas de cette image, qui est du goût le plus suisse, j'ai lu cette inscription: Bivoic des Bohémiens. Ajoutez à cela quelques vieilles bombes en fer posées sur l'appui d'une fenêtre, une masse d'armes, deux épieux de paysan suisse qui ont peut être martelé Charles-le-Téméraire sous leur quatre rangés de clous disposées en mâchoir de requin, de médiocres reproductions en cire de la Dance macabre de Jean Klauber, détruite en 1805 avec le cimetière des dominicains; une table de fossiles de la Forêt-Noire; deux briques en faïences assez curieuses du seizième siècle; un almanach de Liège pour 1837, et vous aurez les archives de la cathédrale de Bâle. (...)
Les Misérables 1889 - Tome III "Marius", chapitre II Trouvaille
Un jour de cet hiver-là, le soleil s’était un peu montré dans l’après-midi, mais c’était le 2 février, cet antique jour de la Chan- deleur dont le Soleil traître, précurseur d’un froid de six semai- nes, a inspiré à Mathieu Laensberg ces deux vers restés juste- ment classiques :
"Qu’il luise ou qu’il luiserne, L’ours rentre en sa caverne."
Marius venait de sortir de la sienne. La nuit tombait. C’était l’heure d’aller dîner ; car il avait bien fallu se remettre à dîner, hélas ! ô infirmités des passions idéales !
Gustave Flaubert
Madame Bovary 1857 - pg 113
(...) — Entrez, dit-elle ; votre petite est là qui dort. La chambre, au rez-de-chaussée, la seule du logis, avait au fond contre la muraille un large lit sans rideaux, tandis que le pétrin occupait le côté de la fenêtre, dont une vitre était raccommodée avec un soleil de papier bleu. Dans l’angle, derrière la porte, des brodequins à clous luisants étaient rangés sous la dalle du lavoir, près d’une bouteille pleine d’huile qui portait une plume à son goulot ; un Mathieu Laensberg traînait sur la cheminée poudreuse, parmi des pierres à fusil, des bouts de chandelle et des morceaux d’amadou. Enfin la dernière superfluité de cet appartement était une Renommée soufflant dans des trompettes, image découpée sans doute à même quelque prospectus de parfumerie, et que six pointes à sabot clouaient au mur. (...)
- remonter la page - Contact - sources - signer le livre d'or -
Conception: Fabian BOUTON ( voir les conditions d'utilisation ). Site version 4.0, optimisé pour Mozilla Firefox