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GENÈSE DE LA GUERRE DE GUÉRILLA DANS LES ANDES


Ce site est destiné à présenter le Journal de José Santos Vargas (1814-1825) et à tenter de résoudre certaines de ses énigmes. Il se veut aussi un espace de débat sur les débuts de cette forme moderne de la guerre que représente la guérilla.

Sommaire


 

Le Journal de José Santos Vargas (1814-1825)

Un document exceptionnel sur la guerre d’indépendance


À l’âge de dix-huit ans, un orphelin dont la guerre civile a bousculé la vie décide de s’engager dans des troupes de guérilla, afin — dira-t-il plus tard — de tenir un journal et d’écrire une histoire qui lui paraît grandiose, celle de la liberté de l’Amérique. Cet engagement a lieu en novembre 1814 dans le Haut-Pérou (l’actuelle Bolivie), dans la province de Sicasica. Ce très jeune homme se nomme José Santos Vargas.

Jusqu’à la fin de la guerre, en même temps qu’il fait la preuve de ses qualités guerrières en poursuivant une jolie carrière militaire, José Santos Vargas rédige son journal dont la version la plus complète comprend 320 folios.

Il s’agit du seul document de cette importance dont on dispose pour l’ensemble de l’Amérique espagnole, ce qui suffirait à justifier que des historiens lui consacrent du temps. Mais il se trouve aussi que l’histoire que raconte le guérillero se situe dans l’une des provinces les moins connues des Andes ; qu’elle révèle des aspects surprenants de la formation des bandes de francs-tireurs, en ce temps où s’invente la guerre de guérilla moderne ; qu’elle insiste tout particulièrement sur la participation des communautés indiennes àla guerre d’indépendance ; et qu’elle décrit comment est né un type de commandement appelé à un bel avenir, celui du caudillo.

L’auteur lui-même offre bien des énigmes. Fils de notables d’Oruro et frère d’un prêtre chapelain de guérilla suffisamment lettré pour avoir obtenu le grade de docteur, José Santos Vargas opte, à la fin de la guerre, pour le statut d’Indien en devenant, à vingt-neuf ans, indio originario de l’ayllu Vilacha dans la communauté de Mohoza. Il léguera à sa lignée le statut d’Indien soumis au tribut, le plus bas qui soit alors dans la jeune république bolivienne.

Un dernier point : Vargas, à l’écriture complexe, tantôt savante tantôt rugueuse, Vargas qui écrivait en castillan alors qu’il parlait l’aymara, est sans doute l’un des rares grands écrivains boliviens du XIXe siècle. Un écrivain qui ne parvint jamais, de son vivant, à publier son œuvre



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