


Howard Phillips Lovecraft naquit à Providence, dans l'état du Rhode Island en Nouvelle-Angleterre, le 20 août 1890. Il passa toute sa vie dans cette région, et fit seulement quelques brèves excursions dans les villes les plus anciennes du continent nord-américain pour satisfaire sa passion des choses antiques. Il ressentit très tôt le besoin d'écrire ; il fit sa première excursion dans la fiction dès l'âge de six ans avec son premier écrit The Little Glass Bottle (La petite bouteille de verre). Un an plus tard, il composa son premier poème (ou le plus ancien conservé) The Poem of Ulysses. C'est à cette période qu'il se passionna pour le théâtre de Shakespeare. Alors qu'il n'avait que huit ans, mourut son père qui était interné à l'hôpital psychiatrique de Providence depuis cinq ans suite à un accès de démence après lequel il ne devait plus jamais retrouvé la raison. Sa mère, qui souffrait également de troubles mentaux, entra dans ce même hôpital dix sept ans plus tard pour ne plus jamais en ressortir. Dans sa jeunesse, une maladie chronique fit de lui un lecteur vorace. Il se passionna pour les sciences. Il créa diverses gazettes scientifiques notamment sur l'astronomie qui le passionnait ainsi que des fanzines où il s'exprimait sur divers sujets, n'hésitant pas à déclencher des polémiques. Il écrivit également dans divers journaux quelques essais et textes sur des sujets aussi variés que la chimie, les mythes de l'Egypte antique ou des articles contre l'astrologie, l'alcoolisme, le bolchévisme, etc. Il fut également membre, parfois fondateur, de quelques cercles d'étudiants et d'écrivains amateurs. Solitaire et anglophile extrémiste, il avait un caractère froid, presque snob et tranché sur certains sujets. L'auteur qu'il admirait le plus était Edgar Allan Poe. L'influence de Poe, prince de l'horreur, se manifesta dans ses écrits par un goût fiévreux pour l'ombre, les cauchemars terrifiants de la nuit, le macabre, la peur de forces inconnues et monstrueuses tapies dans les ténèbres, les visions d'horreur d'un monde ignoré qui menace la vie ou la raison des hommes. En octobre 1926, L'Appel de Cthulhu, qui allait être la plus grande œuvre de la Dark fantasy, fut refusé par le magazine Weird Tales parce que "trop lent et obscur" ! Il finira par paraître dans cette revue en février 1928. Le 20 juillet 1930 débutait ses relations épistolaires avec Robert Ervin Howard, pilier de Weird Tales, maître incontesté de la littérature dite d'épée et de sorcellerie : l'Heroic fantasy. Lovecraft, lui, allait rénover le fantastique en lui donnant une dimension cosmique. En deux romans et dix-huit nouvelles, il imagina que les mythes et légendes de tous les continents et de toutes les époques n'étaient que les manifestations d'un culte secret et unique. Culte de l'immense et monstrueux Cthulhu, l'un des Grands Anciens qui régnèrent il y a des millions d'années sur la terre et rêvent de la reconquérir. Il créa ainsi tout un Panthéon mémorable et unique des êtres mythiques qui devint le célèbre mythe de Cthulhu. "Le retour des Grands Anciens... Telle est la menace qui pèse sur la planète Terre et que Lovecraft distille dans son œuvre. Menace d'autant plus redoutable qu'elle est ignorée de tous, sauf des traîtres à l'espèce humaine qui espèrent, avec la complicité des étoiles, ouvrir les portes de la Terre à des monstres auxquels Lovecraft réserve les adjectifs : hideux, répugnants, puants, obscènes, impies, blasphématoires. Si, par hasard, un humain prend conscience du péril, il en est épouvanté." (Francis Lacassin dans le livre qu'il consacra à Lovecraft dans la collection Bouquins chez Robert Laffont - Février 1995). Mais Lovecraft ne fut pas seulement le plus grand écrivain américain avec Poe dans le domaine du conte d'horreur, il écrivit également des contes à la fois philosophiques et poétiques vraiment remarquables. Il mourut le 15 mars 1937 d'un cancer de l'intestin. La renommée de Lovecraft n'a pu survivre jusqu'à nous que grâce au dévouement d'un petit cercle de fidèles qui sauvèrent de l'oubli les oeuvres d'un des maîtres du fantastique.
"Le titre original était Al-Azif, Azif étant le terme utilisé par les Arabes pour désigner le bruit nocturne (produit par les insectes) supposé être le murmure des démons.
Composé par Abdul al-Hazred, un poète fou de Sanaa, au Yémen, qui aurait vécu à l'époque des califes Omeyyades, vers l'an 700. Il visita les ruines de Babylone et les souterrains secrets de Memphis et passa dix années dans la solitude du grand désert au sud de l'Arabie, le Roba el-Khaliyeh ou "espace vide" des anciens et le Dahna ou "désert écarlate" des Arabes modernes. On dit que ce désert est habité par des esprits qui protègent le mal et des monstres de mort. Ceux qui prétendent y avoir pénétré racontent qu'il s'y produit des choses étranges et surnaturelles. Pendant les dernières années de sa vie, Al-Hazred vécut à Damas, où il écrivit le Necronomicon (Al-Azif) et où circulent des rumeurs terribles et contradictoires concernant sa mort ou sa disparition, en 738.(...)" (HISTOIRE DU "NECRONOMICON" par H.P. Lovecraft)
"Si la publication du Necronomicon, écrit en 730 par l'Arabe dément Abdul al-Hazred, n'a été entreprise que très récemment, c'est sans aucun doute parce que tous les contacts avec ce livre se sont terminés tragiquement au cours des âges. De nombreuses personnes, parmi lesquelles l'éminent Charles Dexter Ward, de Providence, Rhode Island, sont devenues folles ou ont simplement disparu après la lecture du Necronomicon ; aussi ce livre a-t-il été banni dans la plupart des pays du monde. (...) Bien que l'existence du Necronomicon ait été prouvée de longue date, une école de pensée prétend, sous la direction de l'éminent universitaire élève de Lovecraft, S.T. Joshi, de la Miskatonic University, dont la thèse est parfaitement convaincante, que le Necronomicon n'a jamais existé ; s'il semblait exister, ce n'est que parce que le célèbre écrivain H.P. Lovecraft, spécialiste de littérature d'horreur et de mystère, en a fait une telle exégèse que c'est sa prose qui lui a donné une vie propre. (...) Cependant, en dépit de la qualité impressionnante des preuves que le Pr Joshi rassemblait à l'appui de sa thèse, le témoignage de ceux qui ont vu le Necronomicon et l'ont réellement eu en main est tout aussi saisissant. (...)" (Préface de Paul-R. Michaud du livre Le Necronomicon publié en France en mars 1995).
"Quant à moi qui ai lu quelques chapitres de ce livre maléfique dans la version anglaise du Dr Dee, je me dois de vous mettre en garde. Ecoutez, ô coeurs intrépides, les paroles d'un explorateur de la connaissance et de la vérité qui, ne craignant ni hommes ni dieux dans sa jeunesse, tremble à présent quand approche l'obscurité et n'ose plus sombrer dans le sommeil avec son cortège de cauchemars terrifiants. Ecoutez-moi, et si vous possédez un peu de sagesse, fuyez au plus loin cet ouvrage démoniaque, où votre raison pourrait bien vaciller et s'effondrer dès les premières pages." (L. Cogan)