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The Motley Fool

You Have More than You Think Investment Guide Rule Breakers Rule Makers

Avec les livres du Motley Fool, c'est comme Star Wars, une trilogie avec quelques anachronismes, puisque le premier épisode fut le deuxième à être publié. L'Empire n'a qu'a bien se tenir, voici les chevaliers Jedi !


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D'ailleurs le Motley Fool incarne lui aussi la résistance à l'establishment financier, un esprit communautaire à l'origine du Web, puisque le Motley Fool s'est d'abord installé sur AOL en 1994, puis a migré sur la toile par la suite (www.fool.com). La communauté du Motley Fool est désormais forte d'environ 2 millions de membres et c'est un des tous premiers sites financiers aux Etats-Unis. Pour une revue des sites financiers américains et français, par ici... Le Motley Fool, dans un élan de croissance, avait développé des ramifications au Royaume-Uni et en Allemagne, mais le site allemand a été fermé, et le site anglais pène à se maintenir...

Littéralement, Motley Fool signifie "le Fou [du roi] à l'habit bariolé", et nous avons deux bouffons: les frères David et Tom Gardner.


Au premier épisode "You have more than you think", soit "Vous en avez plus que vous ne le pensez", les frères Gardner vous donnent des conseils qui portent sur l'intégralité de votre vie financière. Comment sortir des crédits-revolving et autres crédits à la consommation qui vous coûtent une fortune, tenir un budget, comment vivre au-dessous de vos moyens, et puis ensuite économiser, investir (en bourse de préférence). Pour faire tout cela, comme le dit le titre, vous avez plus d'alliés que vous ne le pensez. Un de vos grands alliés est le Temps qui vous permettra, avec son amie la composition des taux d'intérêt, de devenir riche... Un bon livre d'introduction, ponctué de citations de Shakespeare et de traits d'humour typiquement Gardnériens... parfois contre les gestionnaires de Sicav et autres "Money managers" qui vivent sur vos commissions !

Attention le livre colle aux problèmes des ménages américains (surendettement, épargne-retraite des plans 401k, etc) mais devient par là-même moins intéressant pour le public européen.


Le deuxième épisode c'est "The Motley Fool Investment Guide", soit le "guide d'investissement du fou bariolé", et se préoccupe beaucoup plus de l'investissement proprement dit. Les frères du fou bariolé racontent leur histoire - qui a commencé en 1993 - et leur concept: la "Folie" de gens comme vous et moi contre la "Sagesse" de Wall Street qui vous répètent que vous n'y connaissez rien à la bourse et que vous devriez laisser des "pros" gérer votre argent.

Le Motley Fool est une communauté qui profite d'internet pour faire partager des informations, des idées, des techniques et des résultats. Beaucoup de travail d'écriture et de réflexion, peu d'images, d'animations musicales ou de vidéos sur leur site. Ici on pense ! Le livre commence par la description du monde des Sicav américaines, les Mutual Funds (littéralement fonds mutuels). Elles sont peut-être pour vous... ou peut-être pas - vous savez déjà la réponse. Les Sicav indexées sont un moindre mal pour les frères Gardner, puis viennent leurs stratégies:

- The Dow Dividend Strategy, comme son nom l'indique, est basée sur des valeurs de l'indice Dow Jones Industrial Index (DJIA) - qui comprend 30 valeurs. La "stratégie des dividendes du Dow" sélectionne les valeurs à haut rendement parmi les 30, celles qui donnent de forts dividendes (aux U.S.A. les dividendes sont souvent trimestriels). Un sous-groupe de ces "hauts rendements", les valeurs d'un prix plus faible que la moyenne, montre un retour plus élevé que l'indice DJIA sur une longue période.

Toutes les variantes sont expliquées, les résultats historiques soutiennent les stratégies présentées, cependant l'évolution récente de la composition du DJIA (introduction de valeurs technologiques à faible rendement comme Microsoft et Intel), une vérification sur une plus longue période (qui s'est révélée moins efficace) et le manque d'explication rationnelle du phénomène constaté ont affaibli ce groupe de stratégies. Le Motley Fool a alors décidé de la laisser tomber [discontinue]. Leurs explications:


- La deuxième stratégie se concentre sur les valeurs de croissance à faible capitalisation. Plusieurs études montrent que ce sous-groupe promet beaucoup. Entendons-nous, les faibles capitalisations dont on parle ici sont celles qui sont inférieures à 500 millions de dollars (soit 575 millions d'euros ou 3,8 milliards de francs), et cette stratégie peut vous exposer à une certaine volatilité. Vous êtes prêt ? Comment les sélectionner ? Avec la check-list:

Vous pouvez tirer d'autres renseignements plus subtils de l'étude des résultats trimestriels des sociétés. Utilisez comme critère ultérieur le "Fool ratio" (le ratio dingue), égal au PER divisé par la progression prévue du BNPA. Cette notion est aussi appelée PEG pour "Price to Earnings to Growth ratio". Plus le ratio est faible, mieux cela vaut pour vous (ou plutôt pour les candidats à votre portefeuille). A partir d'un ratio égal à 1 vous devriez vendre. Au delà de 1,4 vous devriez vendre à découvert - ce sont les frères Gardner qui le disent.

Pour nous aider à sélectionner ces valeurs, nous avons toujours le site qui vous proposera des valeurs adéquates [Ce site est désormais payant]

Vous devriez aussi avoir une stratégie de vente, n'importe laquelle, mais celle-ci plaît aux frères Gardner: Vous vendrez "quand vous aurez trouvé une meilleure place pour investir votre argent".


- La troisième stratégie porte sur les ventes à découvert, mais comme votre serviteur pense qu'on a pas trouvé de meilleur insomnie-fère depuis longtemps, je ne vais pas m'appesantir sur cette partie.

Le livre se termine sur des conseils d'ordre général. Par ici.

Que penser de ce deuxième épisode ? La partie qui semble la plus intéressante, et la moins accessible au commun des mortels (assurant probablement une meilleure pérennité), est bien l'investissement dans de petites valeurs de croissance. Dans les critères retenus vous aurez noté une convergence avec Warren Buffett (pour la marge nette et la valorisation non excessive), avec William O'Neil (pour le RS) et aussi avec Peter Lynch (pour les valeurs de croissance en général), ce qui forme un tout agréable. On manque de recul, il n'y a pas de test historique de cette stratégie et c'est bien dommage. La stratégie portant sur le Dow a été mise à mal ces derniers temps et manque de soutien rationnel. La stratégie portant sur les ventes à découvert manque aussi de test sur une longue période et d'une technique pour limiter les risques, à moins que vous n'en trouviez une (vous pouvez toujours m'écrire ...).


Le Troisième Episode, dans une trilogie, finit toujours bien. C'est "Rule Breakers, Rule Makers" [Briseurs de règles, Faiseurs de règles], qui va plus loin dans l'élaboration du portefeuille idéal de valeurs de croissance. Toujours dans un esprit shakespearien, c'est David Gardner qui va commencer en nous expliquant ce que sont les "Briseurs de Règles", ces valeurs qui, bien que ne répondant pas aux canons des gourous de l'investissement "classique", ont connu un succès foudroyant en bourse - tellement foudroyant que certaines sont restées foudroyées en l'an 2000. Comment repérer ces briseurs de règles ? En faisant appel à votre jugement. En voici les critères de sélection.

Attention vous avez votre Rule Breaker ? En grandissant il va subit une crise d'adolescence, devenir un "tweener", "entre deux états" et le taux de mortalité des "tweeners" est assez élevé...

En direct du portefeuille "Rule Breaker" !


Vient le tour du chevalier Jedi Tom Gardner, qui vous présente les "Rule Makers", ceux qui font la loi sur leur marché, leurs concurrents et leur petit monde. Vous connaissez déjà ces méga-sociétés (Cisco, Disney, etc.) et le Motley Fool vous a préparé une check-list pour classer leurs mérites:

  1. Jugement du message (au monde, à leurs clients).
  2. Donnez 0 ou 1 point pour chacun de ces caractères qualitatifs

  3. Jugement de leur position (dans le marché).
  4. Donnez de 0 à 2 points pour ces caractéristiques

  5. Jugement de leur évolution financière.
  6. Donnez 0, 1, 2 ou 3 points pour ces caractéristiques.

  7. l'autorité sur son marché.
  8. Donnez de 0 à 4 points pour ces critères.

  9. Votre propre attrait pour la société et les produits


  10. Donnez 0 ou 1 point (c'est probablement symbolique à ce stade !)

N'oubliez pas que vos candidats doivent être déjà des sociétés bien assises sur leur marché et de belle taille. Le C.A. devrait être supérieur à 1 milliard de dollars. Les meilleurs candidats devraient obtenir entre 50 et 60 points, et en dessous de 30 vous ne devriez même pas les regarder... ni les garder dans votre portefeuille !

En direct du portefeuille "Rule Maker" !


Que penser du troisième épisode ? Publié à la fin de l'année 1999, ce livre venait à point nommé après une année exceptionnelle pour les valeurs de croissance. Après plusieurs mois terribles pour les anciennes stars de la bourse, on peut se poser d'autres questions sur la validité des deux modèles, et en particulier les "Rule Breakers". Investir dans un "rule breaker", c'est un peu faire le travail qui était autrefois assuré par les banques d'affaires et les sociétés de capital-risque. Historiquement ces sociétés mettaient sur le marché des sociétés devenues bénéficiaires, après plusieurs années de démarrage et un taux d'échec assez important. Maintenant, avec les rule breakers, c'est à l'investisseur privé de prendre le risque que le business-plan ne tienne pas ses promesses...


L'aventure du Motley Fool a-t-elle participé à l'exubérance irrationnelle de 1999-2000 ? En tout cas, les temps sont plutôt difficiles pour le Motley Fool qui a dû trancher dans ses effectifs permanents, en passant de 400 à 70 employés, et qui a dû rendre certains de ses services payants.


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