A PROPOS DE L'HYPOGLYCEMIE
L'entrave la plus fréquente à l'exercice physique est l'hypoglycémie. Or, s'il est aujourd'hui acquis qu'il faut tendre vers la normoglycémie, il faut reconnaître que cet objectif n'est atteint qu'au prix d'hypoglycémies plus fréquentes : l'équilibre glycémique optimal expose à un risque plus élevé d'hypoglycémies. L'activité physique augmente significativement ce risque.
Durant l'exercice, la dépense énergétique du corps est augmentée. La plus grande part de l'énergie nécessaire est fournie par les glucides : réserves musculaires d'une part et fourniture hépatique d'autre part. Lorsque la consommation de glucose dépasse la production, il apparaît une hypoglycémie.
Après l'exercice, l'organisme doit reconstituer ses réserves en glycogène, alors même que l'exercice a amélioré la sensibilité à l'insuline. Ces deux facteurs expliquent la fréquence des hypoglycémies en phase de récupération, en particulier la nuit suivant l'effort.
Le seuil de perception des malaises hypoglycémiques est variable d'une personne à l'autre et pour une même personne évolue avec le temps. Initialement les premiers signes adrénergiques sont sensibles vers 0,60 g/l (par adrénergiques, on entend les signes qui sont en rapport avec la riposte hormonale à l'hypoglycémie, en particulier les signes liés à la production d'adrénaline, hormone de stress : palpitations, pâleur...). Les signes neurologiques sont quant à eux nets vers 0,50 g/l (il s'agit des signes liés au manque cérébral de glucose : maux de tête, vertiges, troubles visuels...). Toutefois la répétition des hypoglycémies tend à abaisser ces seuils.
La perception des hypoglycémies varie aussi selon les individus et selon les situations. Ainsi, au cours de l'exercice, la perception est parfois traître car difficile à différencier d'une sensation de fatigue. D'autre part, la concentration nécessaire à tel ou tel exercice peut éloigner l'attention portée à ses propres symptômes. Sans énumérer les signes classiques d'hypoglycémie, on pensera à l'hypoglycémie en cas d'instabilité sur ses deux jambes, en cas de transpiration, en cas de tristesse ou de fâcherie soudaine.
A distance de l'exercice, en particulier dans la nuit qui suit l'effort, les hypoglycémies sont fréquentes. Elles peuvent réveiller brutalement le dormeur mais sont souvent asymptomatiques. La glycémie du réveil n'est pas un indice fiable : si l'hyperglycémie rebond existe, il semble qu'elle soit bien moins fréquente après l'hypoglycémie qu'on ne le pensait hier. L'existence d'hypoglycémies nocturnes prolongées asymptomatiques est aujourd'hui confirmée par les mesures continues de la glycémie.
Pour limiter ces malaises hypoglycémiques au cours et après le sport, il est donc nécessaire de suivre correctement les mesures de prévention classiques :
- diminuer la dose d'insuline efficace au cours de l'exercice donc l'insuline injectée avant l'effort.
- diminuer la dose d'insuline efficace pendant la phase de récupération, donc l'insuline injectée après l'effort (le soir).
- compenser par des collations glucidiques la dépense d'énergie inhérente à l'exercice à la fois durant l'effort mais aussi après l'effort.
- enfin se coucher avec une glycémie de sécurité (1,60 g/l) pour limiter le risque d'hypoglycémie nocturne.
Mais reconnaissons la difficulté de cet exercice d'équilibriste qui consiste à toujours se rapprocher de la ligne normoglycémique sans franchir la limite hypoglycémique.
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dernière mise à jour le 15.11.2003